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782 - 25/05/07 -
L'Erythrée
accuse Washington pour les difficultés des forces de l'ONU

©
AFP/Archives Gérard Cerles NAIROBI (AFP)
Le
président érythréen Issaias Afeworki a accusé jeudi
les Etats-Unis d'être responsables de l'incapacité des forces de
maintien de la paix de l'ONU à exercer leur mission à la frontière
avec l'Ethiopie.
Issaias
Afeworki a notamment accusé Washington d'être responsable du non-respect
par l'Ethiopie de la frontière définie par l'accord de paix signé
en 2000 à Alger, qui avait mis fin à la guerre de deux ans entre
les deux pays. "Ce n'est pas le Conseil de sécurité de l'ONU,
mais les membres de l'administration américaine qui sont responsables pour
les obstacles (...) et pour les nouvelles entraves et conséquences négatives
qui pourraient survenir dans le futur," a déclaré M. Afeworki.
Il s'exprimait lors d'un discours au stade national de football lors d'une célébration
marquant le 16e anniversaire de la libération de la capitale Asmara. "Le
déploiement de l'UNMEE (mission de l'ONU pour l'Ethiopie et l'Eryhtrée)
est devenu absurde et est exploité à d'autres fins," a-t-il
dit, sans donner davantage de précisions.
Le
secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a récemment
mis en garde contre le risque d'une nouvelle vague d'hostilités avec l'Ethiopie,
soulignant notamment une aggravation de la situation avec d'importants déploiements
de troupes dans la zone-tampon officiellement démilitarisée à
la frontière. Cependant, Afeworki a déclaré que l'Erythrée
avait légalement le droit d'envoyer des troupes dans cette zone pour engager
"un travail de développement". Asmara a également introduit
des restrictions sur les patrouilles de l'UNMEE notamment aériennes, accusant
le Conseil de sécurité de l'ONU d'avoir échoué à
convaincre Addis Abeba de la nécessité de mettre en oeuvre pleinement
l'accord de paix. L'Erythrée a rejeté à plusieurs reprises
des demandes de renégociation de l'accord de paix signé en 2000
sur le contrôle des frontières, qui lui attribue la ville de Badme,
actuellement sous contrôle éthiopien.
Mais
l'Ethiopie estime que le tracé de la frontière doit être modifié
sous peine de séparer en deux des familles et des villages entre les deux
pays. Les deux voisins, qui ont signé en décembre 2000, l'accord
d'Alger, s'engageaient à respecter la décision d'une commission
indépendante sur le tracé de la frontière.
Cette
commission a arrêté sa décision en 2002, mais l'Ethiopie refuse
d'accepter son tracé et demande qu'il soit révisé