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F
792 - 31/05/07 -
Liban
- Une résolution sur le tribunal international attendue pour la semaine
prochaine

25
mai 2007 Le Conseil de sécurité s'est penché sur la
mise au point d'un projet de résolution sur le tribunal international pour
le Liban, a annoncé aujourd'hui le président du Conseil, l'ambassadeur
des Etats-Unis, Zalmay Khalizad, qui a précisé qu'un vote pourrait
intervenir « au début de la semaine prochaine » tandis que
l'ambassadeur de la France a affirmé que le Conseil « ne devait pas
se laisser intimider » par les récentes violences.
Zalmay
Khalizad a précisé, en sa capacité nationale, que les discussions
ont été « sérieuses ». « Les Etats-Unis
ont souligné l'impératif de justice, la prise en compte de l'histoire
du Liban et des attaques actuelles », a-t-il expliqué (webcast).
S'agissant
du fondement de la résolution au regard de la Charte des Nations Unies,
l'ambassadeur américain a justifié la référence au
Chapitre VII, qui prévoit le recours à des sanctions ou à
la force pour mettre en oeuvre la résolution, au motif que le Premier ministre
Siniora avait demandé au Conseil de prendre une « résolution
obligatoire ».
Sur
cette question, l'ambassadeur de la Fédération de Russie, Vitaly
Churkin, avait souligné peu auparavant devant la presse que « toutes
les résolutions du Conseil sont obligatoires » et qu'il était
risqué d'introduire une distinction. « Juridiquement, ce serait une
point vulnérable », a-t-il souligné (webcast).
Vitaly
Churkin avait aussi suggéré d'adopter une résolution qui
laisse un peu plus de temps aux parties libanaises pour accepter que le parlement
ratifie le projet de tribunal international pour juger les auteurs d'attentats
au Liban depuis l'assassinat de Rafik Hariri, qui a été mis au point
avec l'assistance des Nations Unies et approuvé par le gouvernement libanais
et le Conseil de sécurité.
Poursuivant
la discussion juridique, Vitaly Churkin a souhaité que la résolution
parle de « mise en oeuvre » de l'accord conclu entre le gouvernement
libanais et l'ONU, plutôt que « d'entrée en vigueur »,
laquelle devrait en principe résulter des organes compétents au
niveau interne, c'est-à-dire concernant le Liban, un acte du Parlement.
« Je crois
que tout le monde au sein du Conseil estime qu'il serait préférable
que les parties libanaises prennent une décision elles-mêmes, mais
nous connaissons les conditions et nous savons que ce n'est pas possible »,
a-t-il précisé.
La
question de la mise en place du tribunal international a suscité depuis
plusieurs mois une crise politique au Liban, conduisant à la démission
des ministres pro-syriens du Hezbollah et du parti Amal qui estiment que le gouvernement
libanais n'est plus légitime.
En
réponse à une question, le représentant de la Russie a dit
être « conscient des objections du président libanais, Emile
Lahoud », qui a prévenu que l'adoption d'une telle résolution
pourrait déstabiliser le pays. Il a précisé que « le
projet de résolution pourrait faire mention de sa lettre au Secrétaire
général, aux côtés de celle du Premier ministre Fouad
Siniora ».
Pour
sa part, l'ambassadeur de la France, Jean-Marc de la Sablière, s'est dit
encouragé par le soutien accru au projet (webcast).
Jean-Marc
de la Sablière a souligné qu'il s'attendait à ce qu'un projet
soit distribué entre les membres du Conseil vendredi soir.
Interrogé
sur la possibilité d'un « délai de grâce », l'ambassadeur
de la France a souligné qu'il était important de créer le
tribunal au plus tôt, ajoutant que « concrètement sa mise en
place pourrait prendre une année ».
«
Elle aura aussi un effet stabilisateur. Nous ne devons pas être intimidés
par ce qui se passe en ce moment au Liban », a-t-il ajouté.
L'ONU
a signé le 6 février dernier un accord avec le Liban concernant
l'établissement du tribunal spécial pour le Liban visant à
juger les auteurs de l'attentat qui a causé la mort de l'ex-Premier ministre
libanais Rafik Hariri, ainsi que les auteurs d'une quinzaine d'autres attentats
depuis 2004 dans le pays (dépêche du 6.02.2007).
Le
chef de Commission d'enquête internationale mise en place au Liban pour
faire la lumière sur ces attentats, Serge Brammertz, avait affirmé
lors de son dernier passage à New York avoir « rappelé au
Conseil que la suite logique des travaux de la Commission serait la constitution
du tribunal ». « C'est même le fondement de son existence »,
avait-t-il souligné (dépêche du 21.03.2007).