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G 037 - 05/09/08
Lorsque les mains sont liées, la rage monte au cœur !
Slimane
Fonctionnaire de l'Etat
Souvenez-vous et observez les faits. A chaque période difficile, traversée par le régime politique d’Ismaïl Bobard, correspond un ou plusieurs attentats perpétrés dans la capitale ; alors que curieusement aucune enquête ne fut et ne sera diligentée par la Justice pour tenter d’en arrêter les auteurs.
D’affaire classée sans suite à une autre, la question ne se pose même plus sur qui pourrait en être le « donneur d’ordres » et l’on imagine assez mal un juge prenant une initiative alors que le parquet général se garde bien d’ouvrir une information et d’ainsi aller mettre, ne serait-ce que le bout d’un pieds dans les affaires de la Police Politique (SDS).
Café de Paris, Historil….etc. ; les témoins spontanés qui ont mis directement en cause tel ou tel personnel des SDS dans bien des attentats ont préféré se taire depuis et ont soudainement perdu la mémoire…..Sous la menace de la Police politique, la mémoire de certains hommes et femmes est subitement devenue cimetière livré à l’abandon ; lieu de silence et d’oubli où gisent sans honneurs des morts qu’ils ont cessé de chérir et de respecter.
Un conflit bien orchestré avec un Etat voisin, le risque d’un désordre établi et ses explosions sporadiques dans le pays sont les principaux « outils » d’un Ismaïl Bobard passé maître dans toutes les manipulations les plus "tordues" pour se maintenir au pouvoir.
Lorsque les mains sont liées, la rage monte au cœur !
On dit que la rage est bien différente de la colère. L’adulte est maître de sa colère, elle lui donne de la force.
Désespoir, sentiment d’impuissance, peur, potentiel de destructivité gonflé jour après jour par toutes les humiliations, toutes les frustrations, tous les rejets, la jeunesse djiboutienne est prête à se déverser dans les rues de la capitale... IOG a fait créer quelques associations de quartiers pour "canaliser les énergies" mais très vite et par cupidité elles ont montré leurs limites.
Tout cela forme un mélange détonant d’autant plus proche de l’explosion qu’il est collectif car, de plus, le chômage y contribue grandement car touchant plus de 80 % des chômeurs en âge d'obtenir un emploi..
Que certains jeunes sortent brutalement de l’amertume résignée, cela ne peut surprendre. Ce qui est surprenant, c’est qu’ils aient attendu si longtemps...
Manifestations revendicatives = atteinte à la sureté de l’Etat !
L’injustice sociale qui perdure à Djibouti et s’acharne toujours sur les mêmes tranches de populations finira forcément par déclencher de nouvelles manifestations de revendications que le Palais de l’Escale désignera alors comme étant des désordres inacceptables susceptibles de nuire au sacro saint « Ordre public » ; celui de la tyrannie sanguinaire d’un autre temps, d’un autre siècle.
Alors les grandes diplomaties étrangères détourneront leur regard, une fois encore, de ce qu’il s’y passera car selon elles le pays a besoin d’un régime politique fort, puissant fut-il parfois barbare dans ses opérations où les bastonnades aveugles ont laissé la place aux tirs d’armes sur des vieillards, des femmes et des enfants. L’important étant que le sang versé ne soit pas d’une couleur occidentale…mais exclusivement africaine.
Curieusement le représentant local de l’Agence Française de Presse, l’AFP, cumulant cette responsabilité avec celle de fonctionnaire de l’Etat djiboutien, ne relate pas ces manifestations et d’évidence leurs conséquences parfois dramatiques ce qui est une forme indigne de désinformation et permet de penser que « Tout va bien à Djibouti » !
Alors et comme il convient de protéger mordicus la principale route d’approvisionnement en pétrole de l’occident, « l’Ordre doit impérativement régner à Djibouti » et quels qu’en seront les moyens utilisés pour le faire.
Les manifestations des populations djiboutiennes et surtout leurs conséquences seront donc systématiquement passées sous silence.
Car nul n’osera écrire, ne serait-ce qu’une ligne sur ce sujet « épineux » laissant ainsi libre cours à toutes les répressions par les armes et dans le sang ; frappant ça et là vieillards venus réclamer le versement de leur maigre pension, femmes et enfants affamés qui en seront les premières victimes, syndicalistes et simples citoyens…..
IOG n’a rien inventé, le génie n’est pas indispensable pour mettre en place cette stratégie lorsque le seul droit est de se taire dans un pays. La mémoire historique suffit.
On notera néanmoins que l’influence du monde occidental sur la conduite de l’Etat par Ismaïl Bobard se fait de plus en plus omniprésente. En clair, l’Europe, la France et les USA pourraient fort bien avoir infléchi cette politique de l’aveugle…et peut-être mauvaise conscience de servir de caution à IOG dans toutes ces violences sur les populations de Djibouti dominées, de ces méthodes pitoyablement destructrices et fortement impopulaires.
La violence des « princes » qui gouvernent le monde occidental se veut être rationnelle et discrète pour l’essentiel ; devant servir de modèle.
Elle se déploie avec la froideur bureaucratique qui convient.
Tout y est calculé, même les bavures verbales et les bavures meurtrières.
Il faut que ça flambe pour que le discours musclé soit apprécié dans les chaumières djiboutiennes et dans les taudis des quartiers insalubres.
Le nouveau Ismaïl Bobard est arrivé, avec son état-major de conseillers en communication, new look. Grâce aux renseignements qui lui sont communiqués - son pain quotidien - il sait ce qu’il faut dire, quand il faut le dire et avec quels mots pour caresser dans le sens du poil, une population djiboutienne qui souffre et qui a peur.
Ailleurs aussi, des émeutes permettent au Parti au pouvoir de retrouver une popularité perdue.
Des attentats spectaculaires assurent parfois un résultat comparable.
Un exemple récent qui nous vient à l’esprit.
Ce sont les attentats du 11 septembre 2001 à New York.
Sans qu’on puisse l’affirmer avec une totale certitude mais que l’histoire mettra en valeur, il y a de bonnes raisons de penser que les informations détenues par les Services de sécurité américains auraient permis d’éviter de nombreux morts dans ces attentats.
C’est d’ailleurs ce que pensent beaucoup d’Américains et notamment d’experts qui se sont penchés sur le dossier depuis bientôt 7 années.
7 années de longues enquêtes étayées de témoignages à très niveau de l’Etat américain auraient eu raison de la thèse avancée officiellement par Washington. A ceci s’est ajouté le résultat d’un sondage publié par Zogby International le 30 août 2004 qui rapporte que la moitié (49.3%) des citoyens de la ville de New York et 41% de ceux de l’Etat de New York pensent que les leaders américains "savaient [...] et qu’ils ont consciemment failli à empêcher son exécution".
Ces attentats permirent à Bush petitement élu, de trouver une forte popularité, de gagner sa réélection alors qu’on la pensait perdue d’avance et de se lancer dans les guerres d’Afghanistan puis d’Irak.
Après avoir manipulé l’opinion publique contre les Afars dans les années 90, «épaulé » en cela par un Moumin Bahdon Farah plus que jamais raciste primaire et haineux dans ses propos et attitude à l’égard des habitants du nord du pays, Ismaïl Omar Guelleh a tendu récemment un piège au président de l’Erythrée – Isaïas Afewerki – dans lequel celui-ci s’est engouffré.
Ce faisant, Ismaïl Bobard poursuivait deux objectifs qui étaient :
d’une part, d’envoyer au combat ses meilleurs officiers et sous officiers, qui n’avaient pas de sympathie pour lui, dans une guerre à l’issue connue par avance – les renseignements militaires français l’avaient parfaitement informé du déséquilibre des forces en présence,
d’autre part, essayer de rééditer l'affaire honteuse "Etat contre Afars" des années 90 et ainsi forcer la main au président Sarkozy pour que la France respecte les « Accords de Défense » franco-djiboutien de 1977, qui n’ont pourtant jamais été ratifiés par le Palais de l’escale.
Etant entendu que cette stratégie correspond, tout à fait et par un…hasard, au renforcement de l’implication militaire française dans la région dans la lutte contre le terrorisme souhaitée par Washington qui impose, d’autre part, sa mainmise sur l’ensemble du dispositif, ici comme ailleurs....

