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G 039 - 12/09/08

Eyl ou le Port de la Peur.

Osman B
Ancien Officier de Gendarmerie

- La province du Puntland fait encore parler d’elle.

C’est la zone réputée la plus dangereuse de la piraterie planétaire. Mardi 9 septembre, un voilier avec deux Français à son bord a été intercepté par des pirates surarmés au large des côtes somaliennes. Cette action de piraterie a été confirmée par le ministère français des Affaires étrangères et par le gouvernement du Puntland, région semi-autonome du nord-est de la Somalie.

Il s'agirait d'un voilier de plaisance de 16 m, le Carré-d'As, immatriculé au Venezuela et qui se dirigeait hier soir – après arraisonnement - vers le village d'Eyl ; véritable repaire des pirates qui y « stockent » tous les bateaux pris en otage depuis des mois.


- Eyl, une nouvelle forme de supermarché des otages et des bateaux piratés.

Huit attaques ont eu lieu dans la même zone depuis le début de l'été, et vingt-quatre durant les six premiers mois de l'année. Début avril, un voilier français, le Ponant, était resté aux mains des pirates pendant sept jours avec vingt-deux Français à bord. Une rançon de deux millions de dollars avait été versée, mais une partie aurait été récupérée lors d'une opération des forces spéciales françaises - les commandos Marine - le 11 avril. Six pirates avaient alors été capturés et incarcérés en France le 18 avril.

Lorsque l’on parle de Eyl, on s’imagine un port avec des quais et des infrastructures portuaires. C’est en fait un amas de cabanes perdues dans un désert de pierres et de sable, à l’intérieur de la province du Puntland. C’est de ce sanctuaire des écumeurs de la Mer Rouge et de l’Océan Indien que partent une partie des opérations de piratages lancées contre tout ce qui peut être détourné au large des côtes pour être ensuite revendu.
Dans cette zone quasi désertique ce sont certains chefs de guerre qui règnent en maître absolu et avec aplomb osent prétendre qu’ils combattent la piraterie alors que ce sont eux qui l’organisent, en tirent la majorité des profits qu’ils s’empressent d’investir à Dubaï et dans les banques de Djibouti.

Selon le bureau maritime international, plus de 30 attaques ont été perpétrées – dont certaines ont avorté - au large de ces côtes de la Somalie depuis le début de l'année 2008 et ce qui est certain c’est que ce petit village ne vit pas grâce à la pêche ou au tourisme… mais bien des prises d’otages.

- Règlementer l’accès à cette zone maritime !

Pourquoi n’interdit-on pas, sur le plan international et tout simplement, l’accès à cette zone maritime à tous les navires de plaisance ou dans l’incapacité de se défendre avec efficacité contre les pirates ?


- Contrôles permanents par satellites, pourquoi cette zone maritime n’est-elle pas surveillée ?

A quoi peuvent bien servir les satellites qui pourraient surveiller cette région réputée pour être la plus dangereuse de la piraterie planétaire ?

Bien qu’une grande partie du monde n’en ait pas la moindre connaissance, les satellites sont à même de réaliser des exploits étonnants et souvent menaçants en matière d’espionnage et de précision des renseignements collectés en temps réel.

Ceci ne devrait pas surprendre si on songe à l’effort massif dont a bénéficié la technologie satellitaire depuis que le satellite soviétique Sputnik, lancé en 1957 a déclenché une réaction de panique aux Etats-Unis.

Un satellite espion peut surveiller chaque mouvement d’une personne, même quand "la cible" se trouve à l’intérieur, au centre même d’un immeuble ou bien en train de circuler rapidement sur une autoroute dans une voiture, par tous les temps (couvert, pluvieux, orageux). Il n'existe aucun endroit sur terre où se cacher. Il suffit de trois satellites pour que les capacités de détection couvrent la surface de la terre. Parmi les étonnantes capacités des satellites on compte, en dehors de la possibilité de repérer les moindres actes d’une personne et de relayer les données jusqu’à un écran d’ordinateur sur terre, également la possibilité de lire les pensées d’une personne, de surveiller les conversations, de manipuler les instruments électroniques et d’assaillir physiquement quelqu’un avec un rayon laser.

Lire les pensées de quelqu’un à distance grâce aux technologies satellites est vraiment déroutant cependant cela se fait, c’est une réalité actuellement, pas une chimère issue d’une dystopie futuriste! A l’intention de ceux qui pourraient douter de la véracité de cette description de la surveillance satellite, je citerai simplement un proverbe latin dont la justesse a déjà été vérifiée : le temps révèle toutes choses (tempus omnia revelat).

Aussi extraordinaire que puissent paraître ces capacités secrètes, l’utilisation des technologies satellitaires plus commune en revanche est pour sa part déjà manifeste dans la vie de tous les jours. Les entreprises du secteur spatial avaient paraît-il réalisé, il y a 10 ans, un chiffre d’affaires de 26 milliards de dollars. Nous pouvons regarder des programmes télévisés transcontinentaux diffusés par "satellite," effectuer des appels téléphoniques longue distance relayés par satellite, être informés de la couverture nuageuse et des conditions météorologiques grâce aux images satellites montrées à la télévision et repérer notre position géographique avec l’aide des satellites GPS (Global Positioning System).

Mais derrière la façade de technologies satellitaires utiles se cache une boîte de Pandore de technologies subreptices. Les satellites espions (par opposition aux satellites de télédiffusion et d’exploration de l’espace) n’ont que peu, voire pas d’utilité civile --excepté peut-être pour soumettre son ennemi ou son malfaiteur favori à la surveillance. En ce qui concerne la détection des objets depuis l’espace, Ford Rowan, auteur de Espions Techno, a écrit : "certains satellites militaires américains sont équipés de capteurs infrarouges qui peuvent capter la chaleur produite sur terre par les camions, les avions, les missiles et les voitures, de telle sorte que même par temps couvert les capteurs peuvent traverser la couche de nuages et reproduire les schémas d’émissions de chaleur sur un écran similaire à celui d'une télévision.

Ce qui ne fut jamais révélé, c’est que pendant la guerre du Vietnam des capteurs de rayons infrarouges ont été testés ; ils furent positionnés à une distance élevée dans le ciel et permettaient de détecter individuellement des soldats ennemis marchant au sol." A partir de cette référence, nous pouvons situer approximativement le commencement de la surveillance satellitaire - et la fin d’une quelconque intimité pour plusieurs personnes - aux alentours de 1970.

L’agence du gouvernement la plus fortement impliquée dans les technologies de surveillance par satellite est l’ARPA (Avanced Research Projects Agency = l’Agence des projets de recherche avancée), un « bras » du Pentagone.
La NASA s’occupe de satellites civils mais il n’y a pas de ligne de démarcation stricte et facile à tirer entre les satellites civils et militaires. La NASA lance tous les satellites à partir de Cap Kennedy en Floride ou alors de Vandenberg, la base de l’Air Force en Californie, qu’ils soient exploités par les militaires, la CIA, les entreprises ou qu’ils appartiennent à la NASA.



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