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G 044 - 19/09/08
Somalie – Actes de piraterie, jusqu’où ira-t-on ?
Plus de 15 navires et 150 personnes détenues en otage par les pirates.
Ahmed A
Cadre administratif
Comme cela a été écrit récemment sur ce site, l’impunité semble être presque de règle lors des actes de piraterie qui se multiplient au large de la Somalie et tout particulièrement du Puntland.
A l’inverse de cela, le gouvernement du Somaliland semblerait lutter, quant à lui, de manière efficace contre tous ces actes d’odieuse flibusterie d’un autre temps ; d’un autre siècle.
Force est de constater d’une inefficacité certaine dans la résolution de ces problèmes en Somalie.
En effet, malgré la mise en place et le déploiement de moyens maritimes et aériens très importants, majeure partie de ces actes de brigandage restent totalement impunis ce qui ne fait que conforter les pirates dans leurs opérations de razzias sur les navires, leurs équipages et passagers.
C’est un véritable « business » au rapt de personnes, de détournement, de vols de denrées et de toute autre marchandise qui s’est instaurée dans cette région dont certains chefs de guerre locaux, identifiés et localisés, tirent larges profits.
Les résultats d’une récente enquête internationale, dont les conclusions sont restées confidentielles, ont démontré que d’énormes sommes d’argent sont ainsi « récupérées » par lesdits chefs de guerre qui sont placées à Dubaï, transitent parfois via Djibouti sans qu’aucune banque service de contrôle ou Etat n’exige, en aucun moment ni de quelque
manière que ce soit, d’en justifier l’origine pour les « déposants ».
- La guerre contre la piraterie ne peut pas être gagnée
aussi longtemps qu’elle sera une fausse guerre, une caution à de tels actes qui « occupent les esprits » de l’opinion publique internationale !
Observez qu'il n'y a pas eu de mort parmi les otages.
Les pirates n'en ont fait qu'une "question de fric et que cela !"
Compte tenu de cette situation certains observateurs, sur place comme à l’étranger, en viennent à se poser des questions comme celle de savoir :
« Quelle peut être la stratégie et qui aurait intérêt à maintenir une puissante force navale au large de la Somalie ; tout en engageant contre la piraterie qu’une infime partie des moyens mis en place ? »
Ce sur quoi s’accordent tous les spécialistes sérieux de la question c’est aussi :
« Quelle est l’implication des USA et quels moyens utilise t on pour lutter contre ces actes de pirateries ? ....
Alors que l’on connaît l’efficacité et la précision des satellites de surveillance américains ; quelles que puissent être les conditions météorologiques, de jour comme de nuit !!!!!»
- La France s’engage à protéger ses ressortissants
L'Union européenne a déjà décidé lundi de mettre en place une unité spéciale chargée de coordonner les patrouilles des navires de guerre au large de la Somalie. La France a ainsi décidé, quant à elle, d'envoyer un bâtiment escorter à partir de mercredi les navires civils et s'est engagée, au lendemain de sa seconde opération de libération d'otages par les Commandos Marine, après celle du "Ponant", à protéger ses ressortissants.
Le président Sarkozy a décidé de présenter, en outre, "un projet d’initiative au Conseil de sécurité des Nations Unies" sur ce dossier.
Il ne s'agira pas de la première intervention étrangère destinée à enrayer la progression des arraisonnements de navires civils dans le Golfe d'Aden, une zone stratégique située entre la mer Rouge et l'océan Indien et empruntée par près de 50.000 bateaux chaque année.
Depuis novembre dernier en effet, les navires du Programme alimentaire mondial ont ainsi été escortés par des bâtiments militaires français, danois, néerlandais et canadiens alors que le Conseil de sécurité de l'ONU a déjà adopté en juin une résolution permettant aux marines étrangères d'intervenir contre les pirates dans les eaux territoriales de la Somalie et ce avec l’accord du président somalien.
Mais cette mobilisation n'empêche pas les côtes somaliennes de rester les plus dangereuses du globe, selon le Bureau maritime international (BMI) ; en effet, plus de 40 bateaux y ont été attaqués depuis le début de l'année. "Cent cinquante personnes et au moins une quinzaine de bateaux de toutes les nationalités sont retenus en Somalie par des pirates", a déclaré le président français.
"Il ne s'agit plus aujourd'hui de cas isolés, mais bien d'une véritable industrie du crime", alimentée par le versement de rançons, a-t-il dénoncé avec force.
Pour Paris, qui dispose de forces militaires – Terre, Air et Mer - basées en permanence Djibouti, à l'entrée de la mer Rouge et mobilisables dans des délais relativement courts, il est nécessaire de mettre en place "une forme de police des mers, avec toute la communauté internationale, qui doit mettre des bateaux à disposition, peut-être pas pour accompagner les convois, mais en tout cas pour sécuriser la zone".
C’est une façon pour le président de la République française de répondre aux armateurs de pêche français qui ont demandé la protection de la marine depuis l'attaque à la roquette du "Drennec", un thonier français qui a réussi à échapper à une attaque samedi.
"Je souhaite très clairement qu'en plus de cette action préventive, il y ait des actions punitives", a ajouté le président français.
"Il ne s'agit pas d'envisager une action d'envergure sur le territoire somalien", a-t-il cadré, relevant que la plupart des opérations de prise en otage des bateaux se font désormais en "haute mer" et non à proximité de la zone d'Eyl, sur la côte, là où sont concentrés les bateaux capturés.
"Le monde ne doit rester ni indifférent ni passif", a martelé le président français, qui a reconnu que " la France ne peut porter seule la surveillance d'une zone aussi immense".
"J'appelle les autres pays du monde à assumer leurs responsabilités, comme la France vient de le faire à deux reprises" en s'en prenant militairement contre des pirates, a-t-il lancé.

