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De quelle bravoure peut ainsi se réclamer le Gouvernement d'Ismaïl Omar Guelleh ?




G 053 - 06/10/08
Quand le crime d’Etat se mêle au sacrilège.
Le sang ni l’amitié n’ont plus de privilège.
Pierre Corneille
Cicéron.
Depuis le début des années 80, le régime imposé par Ismaïl Bobard 1er - indirectement sous Gouled et directement depuis 1999 - est fondé sur la répression, la corruption et tout récemment sur la guerre. La guerre avec ce conflit contre l’Erythrée qui a laissé des plaies indélébiles dans bien des cœurs au sein des Armées djiboutiennes et des familles qui ont perdu un père, un frère, un membre de la famille voire un ami.
Il n’y aura sans doute pas grand monde, en dehors du petit cercle de celles et ceux qui le dirigeaient ou s’y associaient et bénéficiaient d’avantages et de privilèges dépassant de loin l’indécence et le cynisme face à la misère, les uns comme les autres, pour regretter la chute de ce régime tyrannique, officieusement au pouvoir depuis le début des années 80, et de son chef Ismaïl Bobard 1er emporté un jour prochain par toutes les vindictes et les haines succitées dans l'âme d’un peuple asservi depuis tant et tant d’années.
- IOG disparaitra comme il était venu, comme il a vécu, comme finissent la plupart des tyrannies sanguinaires de ce monde : dans la violence et dans le sang.
Car depuis qu’il est devenu officiellement président de la République, par autoproclamation en mai 1999, poussant précipitamment vers la sortie le président Gouled et après avoir éliminé tous les autres concurrents – par emprisonnement voire par empoisonnement - Ismaïl Bobard 1er a sans cesse tout promis, y compris l’impossible pour rassurer les grands pays bailleurs de fond, dont la France.
De mois en mois, il en est arrivé à dénaturer et à altérer toutes les vérités, contrefaisant TOUT sans vergogne ; gouvernant d’une main de fer ...ensanglantée et par l'usage de la terreur apportant au peuple djiboutien que le malheur malgré toutes ses promesses pour des lendemains enchanteurs qui ne furent que désillusions.
En fait, il dirigea aussi en sous main le RPP, qu’il avait intégré très tôt tout en se plaçant au sein du bureau du parti et en étant l’éminence grise de son oncle Hassan Gouled. Un ex président qui se sera montré bien nigaud jusqu’au bout, ignorant toutes les « manipulations » d’un Ismaïl Bobard qui va « lui faire gober » tout ce qu’il voudra et le mènera « par le bout du nez » durant des années !.
On n’en finirait plus de raconter les épisodes illustrant la cruauté et le manque total de scrupules d'Ismaïl Omar Guelleh et du régime qu’il a manipulé pendant près de vingt ans : la chasse aux Afars mais aussi aux Gadaboursis a commencé dès la fin des années 1970, suivie d’une répression impitoyable de ses dirigeants et de ses militants, arrêtés, torturés, emprisonnés ou contraints à l’exil. Le regretté Ahmed Dini - Amin - n'est hélas plus là pour témoigner de ce à quoi il a assisté dans les coulisses d'un pouvoir qu'il quittera la tête haute en le désavouant ouvertement pour ne pas se salir les mains et l'âme.
Cela, alors que les Afars et les Gadaboursis avaient joué un rôle important dans la création et la consolidation de la République de Djibouti lors de la lutte pour l’indépendance du pays.
Pour montrer qu’il était le seul maître à bord d’un régime désormais à parti unique, Ismaïl Omar commença véritablement son règne, en 1999, par une sanglante épuration discrète au sein même du parti du RPP.
Un à un, bien des hommes disparurent ; accident, suicide, ruptures d'anévrisme et crises cardiaques se succédérent à un rythme effréné sans qu'aucune autopsie sur les causes réelles de chaque décès ne soient ordonnée par ce qui fait office de ...Justice à Djibouti.
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Acculé au bord du précipice politique et économique, le tyran n'avait pas d'autre alternative que la guerre pour tenter "d'épurer ses Armées ..."
Comme tous les tyrans, Ismaïl Bobard 1er a trouvé ces derniers mois son salut dans la guerre ; l’ennemi extérieur restant le meilleur moyen de favoriser un conflit permettant d’épurer les Armées djiboutiennes de ces jeunes générations d’Officiers et de Sous Officiers qui devenaient, chaque jour, de plus en plus difficiles à commander ; dans un marasme politico mafieux avec un ersatz de Général de pacotille – accessoirement Chef d’Etat Major Général des Armées - qui pille depuis des lustres les fonds du Ministère et détourne majeure partie des dons en matériels militaires.
En sacrifiant ses meilleurs Officiers et Sous Officiers, sous équipés, face à des militaires Erythréens parfaitement dotés en armements et aguerris, Ismaïl Omar savait d'avance ce à quoi il exposait ces courageux militaires.
Ce faisant, il
se débarrassait, d’un seul coup, d’une partie de ses opposants et tentait parallèlement de faire l’union du peuple djiboutien face à l'Ennemi Erythréen et d’échapper provisoirement aux difficultés auxquelles il était confronté, au sein même de son Palais !!!
Dans ce conflit Erythrée/Djibouti, curieusement les États-Unis, quant à eux, restent quasiment muets sur le plan de la stratégie militaire et opèrent un rapprochement spectaculaire avec un régime dirigé par Ismaïl Bobard qu’ils regardaient jusque-là d’un mauvais œil en raison de ses liens indirects avec Al Quaïda, de ceux avec les chefs de guerre en Somalie qu'il aprovisionne en armes et de sa politique de la Tyrannie sanguinaire.
Le " grand satan " américain et les stratèges de Washington n’ont pas pour habitude de se montrer trop délicats sur la moralité de leurs alliés.
Ceci permet à IOG de renforcer – en toute liberté cautionnée - ses forces de répression, les circuits de corruption et de clientélisme tribal devenus les principales assises d’un régime honni.
Le dernier crime du tyran de Djibouti aura été de refuser de s’effacer – quant il convenait de le faire - en laissant la place à une amorce de démocratie pour éviter à son peuple une nouvelle guerre et à son pays une occupation militaire étrangère « envahissante » du voisin Ethiopien dont nul ne sait quelle sera l’importance ni combien de temps elle durera.
La face politique de la région pourrait être bouleversée au détriment de Djibouti qui pourrait fort bien disparaître de la carte du monde.
Une extension du conflit somalien vers Djibouti est tout à fait envisageable ; ce serait alors un embrasement de toute la région...
ce qui, au fond, pourrait fort bien faire les "Affaires" des USA et certes pas celles de l'Union Européenne ...

