
En dépit des lois et de toutes les recommandations internationales, notamment sur la liberté d'expression et l'accés libre à Internet, seules la Police politique et les hautes autorités djiboutiennes peuvent se connecter sur notre site dans le "pays des braves".
De quelle bravoure peut ainsi se réclamer le Gouvernement d'Ismaïl Omar Guelleh ?




G 069 - 18/10/08
Revenir aux fondements du développement et des ressources humaines en Afrique comme l’a souhaité initialement le Général de Gaulle en matière de Coopération française. (2 ème partie)
Bouh Warsama
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Comme nous l’avons écrit, l’Aide apportée à Djibouti au titre de la Coopération a permis le maintien de pratiques désastreuses dans bien des domaines mais elle a aussi encouragé, facilité et alimenté toutes les corruptions cautionnant la tyrannie au pouvoir sous le prétexte qu’il convenait de ménager, voire de faire « copain/coquin » d’avec le président Hassan Gouled qui devenait subitement un grand « ami de la France » tout en fermant les yeux sur toutes les atteintes aux Droits humains et permettre ainsi à Ismaïl Bobard d’éliminer les opposants à sa seule personne et de préparer à son seul profit sa lente montée vers tous les pouvoirs.
Le moment venu, "l'homme de Dire Dawa" aura acquis toute l'expérience et les appuis nécessaires pour pousser sans ménagement le vieux chef , Gouled, vers la sortie tout en plaçant autour de lui une escouade des hommes des SDS informant immédiatement IOG des moindres faits et gestes du président déchu ; prisonnier dans son Palais doré au point qu'il n'en sortira quasiment plus si ce n'est pour servir de "faire valoir" à IOG après son autoproclamation à la tête du pays..
Pour en revenir à ces aides, supposées être attribuées au titre de la Coopération, elles ne furent et ne sont encore utilisées qu’à d’autres fins que ce à quoi elles étaient destinées ; ceci avec une priorité qui fut et reste d’encourager l’incompétence pour qu’elle se maintienne au pouvoir en lui donnant les moyens financiers de continuer de distribuer, çà et là, partie d’une manne providentielle qui lui tient, encore aujourd’hui, de légitimité politique.
- Le scandale du gaspillage face à la pauvreté
Plus de 70 % de l’aide française à Djibouti sert à financer – pour le moins de manière obscure – tout ce qui concerne le « Hors projet », c'est-à-dire tout ce qui est sans obligation de justification d’emploi et de gestion des fonds engagés dans chaque opération.
En clair, on peut faire n'importe quoi pour autant que "donneur et receveur" en soit daccord et que le "partage" soit équitable....
Avant la lettre, on a inventé à Djibouti le
"Commerce politique équitable"
Sans que cela ne dérange ni la « morale » ni la « conscience publique », constat est fait chaque année que des sommes énormes sont englouties sans résultat dans des « programmes sans lendemain » ; dans des initiatives si mal fagotées qu’elles en deviennent indécentes et insultantes face à la misère qui s'est aggravée à Djibouti depuis 1999…
Alors on peut comprendre le pourquoi de la répétitivité de ces « opérations à fonds perdus » lorsque l’on sait que quelques uns n’y trouvent en cela que leur seul intérêt et que ce soit devenu ainsi « le monde du silence » ; celui au nom de qui on peut assassiner en toute "impunité par immunité" car alimentant les caisses des partis politiques et bon nombre de comptes bancaires privés situés dans des « paradis fiscaux ».
Vient à l'esprit la question de savoir ...:
« A quoi ont bien pu servir ces bataillons de supposés coopérants qui durant des années et des années avaient comme mission de permettre de former et de préparer la relève par des compétences nationales ?»
Certains d'entre eux se sont investis pleinement dans leur tâche en essayant d’étouffer l’émergence de toute corruption, les intérêts individualistes, locaux ou étrangers, au profit de leur mission qui était de construire un droit des affaires, un droit de la prévoyance sociale en jetant ainsi les bases d’un futur Etat de Droits sans lequel rien ne sera possible à Djibouti, comme ailleurs…
En France comme à Djibouti et ailleurs en Afrique, l’opinion publique est parfaitement consciente des milliards d’euros qui sont détournées ou gaspillés chaque année – dont nul ne parle dans la presse - et qui pour majeure partie vont remplir les coffres et comptes privés de quelques uns.
Cette même opinion publique en assez de voir l’aide affectée au titre de la Coopération être détournée de ses objectifs ce qui compromet largement le développement et en sape les bases.
L’aide de la Coopération doit donc revenir à ce à quoi elle est destinée et qui est de contribuer au bon développement des populations, de combattre en tout premier lieu et de lutter efficacement contre la pauvreté.
Ces aides ne doivent plus permettre de financer et d’armer la répression pour un artificiel argument "de respect de l'Ordre public" imposé par un gouvernement des incompétences et de l’irresponsabilité mais bien au contraire de permettre, avec le temps, un véritable décollage en finançant de manière rationnelle des domaines dont on sait qu’ils ne peuvent être rentables, ni à court terme, ni à moyen terme. Par ce que pour en arriver à leur rentabilité maximum ceci ne peut se faire qu’avec le temps.
- Les besoins essentiels
Dès le début des années 70 constat fut fait par les experts qu’il convenait de définir et de donner priorité aux besoins essentiels ; c'est-à-dire :
L’Education de base - avec mutiplicité de l'apprentissage des langues, sans xénophobie ou rejet malsain..mais dans le seul intérêt des enfants afin qu'ils ne restent pas plantés ..sur le bord de la route du progrés...
Les soins de santé primaires - développement de structures médicales dans les villages, campagnes de surveillance médicale et de vaccinations ...etc
Le soutien de formation et de revenu du petit paysan djiboutien - création de "zones greniers" dans des régions favorables au bon développement des cultures de base afin de limiter les importations et tendre vers l'autosuffisance alimentaire...
Le développement des infrastructures locales, partout dans le pays - telles que les écoles, les dispensaires…, les routes et leur maintien en état...
L’accès à l’eau potable et à l'électricité,
Enfin, fixer les populations dans leur village d’origine - tout en facilitant les transports à moindre coût, donc les échanges avec la capitale - éviter l'enclavement et l'isolement ....
Constat est fait ailleurs qu'intervenir efficacement dans chacun de ces domaines et besoins essentiels aurait un effet multiplicateur car chacun d’eux est complémentaire à l'autre et conditionne l’aptitude de la société djiboutienne d’entrer dans la voie du développement durable.
A l’inverse de cela, c’est à une véritable « explosion urbaine » à laquelle nous assistons depuis l’indépendance. Explosion urbaine que le gouvernement traite épisodiquement par l’expulsion contre la grande pauvreté et qu’il croit résoudre à coups de bâtons ou par l’usage des armes à feu contre les « récalcitrants ».
Lutter contre ces « cités de la démesure de la misère », celle des constructions précaires c’est avant tout prendre en considération le fait que ces quartiers sont le résultat et la cause de la croissance économique de la capitale qui concentre l’essentiel du potentiel de production et du commerce du pays.
Dans ses études, la Banque Mondiale (BM) estimait en 1980 que 60 % du Produit Intérieur Brut (PIB) était le fruit de l’activité des grandes villes d’un pays africain ; aujourd’hui c’est plus de 75 % du PIB qui est produit dans ces villes et ce au détriment des villages et de l’arrière pays qui se désertifie.
D’investissements hasardeux en mauvaise gestion, donc en cessation d’activités, les rares entreprises implantées dans des villes telles que Tadjourah, Ali Sabieh ou Dikhil ont soit fermé leurs portes, soit végètent…Quand à Obock, la grande oubliée, il n’y a eu que le récent conflit contre l’Erythrée pour rappeler que la capitale du pays Afar existe encore.
Depuis l’indépendance, l’urbanisation de Djibouti s’est faite dans un contexte d’inégal développement alors que trois habitants sur quatre vit aujourd’hui en deçà du seuil de pauvreté.
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(à suivre)

