En dépit des lois et de toutes les recommandations internationales, notamment sur la liberté d'expression et l'accés libre à Internet, seules la Police politique et les hautes autorités djiboutiennes peuvent se connecter sur notre site dans le "pays des braves".


De quelle bravoure peut ainsi se réclamer le Gouvernement d'Ismaïl Omar Guelleh ?



 

 

 

 

Pourtant, à Djibouti ce ne sont pas les riches -
2 % de la population - qui sont pris en otage depuis le 27 juin 1977
...mais tous les autres.


G 071 - 19/10/08

Parties de poker avec des otages comme enjeu..

Africanman


Rares sont les pays qui n’hésitent pas à réagir aussitôt pour tout mettre en œuvre aux fins de libérer leurs ressortissants pris en otages dans tel ou tel lieu de la planète.

A la différence du Japon et des Etats-Unis qui donnent le sentiment de ne pas trop se soucier du sort réservé dans ce cas à leurs ressortissants ; exception faite pour les Français résidents à Djibouti ou touristes...la France a au moins ce mérite consistant à ne jamais laisser tomber ces hommes et femmes pris en otages, aussi modestes soit-ils (elles) et quand bien même ne disposeraient-ils (elles) pas d’un yacht ou d’un voilier de plus de 25 mètres avec membres d'équipage.

Souvenons-nous des cas de Florence Aubenas, de Jean Paul Kauffmann et plus près de nous encore de celui d’Ingrid Betancourt qui occupèrent, les unes et l’autre, les pensées voire le cœur des Français mais aussi des Djiboutiens nous tenant tous et toutes en haleine – passant alternativement d’espoirs en déconvenues - durant des années pour aboutir à des libérations auxquelles nous avons tous applaudi, ensemble.

Nous ne sommes pas naïfs au point de croire que ces otages et les conditions de leur libération ne furent pas l’objet d’enjeux politiques, de contreparties dans une forme de jeu de poker pervers qui, fort heureusement, s’est bien terminé.

Sachant cela, devrait-on alors condamner l’exploitation politique qui fut faite pendant les tractations et après leur libération ou ne devrait-on pas limiter nos considérations qu’aux joies de la liberté retrouvée après ces atroces souffrances vécues par ces hommes et ces femmes souvent pris en otages et coupés (es) du monde extérieur durant bien des années dans les pires conditions de détention qu'il soit comme ce fut le cas d’une Ingrid Betancourt à la limite de la rupture psychologique ?

Comment peut-on soustraire notre solidarité aux machinations et manipulations qui conduiront à la libération des otages, aujourd’hui et demain ?

Ce qui est certain c’est que la médiatisation à outrance de telle ou telle affaire de prise d’otages fait monter les enchères certes mais aussi et surtout protège plus qu’elle ne compromet la vie desdits otages et c’est bien cela l’essentiel car rien ne peut remplacer la vie d’un être, quelle que soit sa couleur de peau.

- La prise d’otage est une vieille histoire comme l’est le monde

Que ce soit au large des côtes d'asie et bien plus encore de celles de la Somalie, la piraterie et la prise d’otage ont toujours existé depuis que l’homme a découvert qu’il pouvait se déplacer sur l’eau.

L’économie du brigandage terrestre ou maritime, qu’elle soit sur terre en Somalie ou dans l’Océan Indien, a toujours été très florissante alors que les « chefs de guerre » somaliens ont une nette tendance depuis quelques mois à réorienter leurs « activités » vers le détournement de navires en leur donant de plus en plus d'ampleur avec systématiquement des prises en otage des équipages et des passagers.

Certes, les conflits entre factions et Etats ce sont réglés de tous temps à coups d’enlèvements de civils totalement désarmés mais toujours très influents ou disposant de richesses.

Dans ce cas chaque enlèvement ne s’est pas effectué au hasard et sans préparation ce qui semblerait être aussi le cas dans tous les actes de piraterie perpétrés au large de la Somalie avec des « informateurs » postés dans les ports le long des côtes d’Afrique apportant leur contribution préalable quant à la valeur estimée de la prise.

Dans ces arraisonnements de navires et prises d’otages, le « retour sur investissement » du forfait semble être disproportionné et bien plus rentable que ne le sont les rançonnements ponctuels sur les pistes de la Somalie ayant valeur de collectes tout comme les vols de denrées alimentaires aux ONG.


- Comme le prix de l'or, la valeur de l’otage est à la hausse constante ..

Minimum de risques lors des opérations et maximum de publicité pour les pirates qui n’hésitent pas ensuite à poser dans les magazines pour la photo souvenir en livrant leurs états d’âmes dans des articles afin de tenter de justifier l’injustifiable auprès de l'opinion internationale.

Nous sommes là dans une forme de terrorisme spectaculaire et largement médiatisé dans lequel l’otage occidental a sa place réservée sur la scène du théâtre du grand médiatique.

Spectacle avec mise en scène terroriste devenu tout à la fois mondial et instantané qui inonde nos écrans et fait durer le plaisir des uns, la frayeur voire la condamnation des autres et le total désintéressement d’autres encore car lassés qu’ils sont de la répétitivité de ces actes de piraterie à grand renfort de publicité.


- Spectacle pour spectacle, absurdité pour absurdité nous n’en sommes pas à une près dans la série « les jeux de la débilité  »

Il ne serait pas irraisonné de penser qu’un jour prochain, une grande chaîne de la télévision américaine en mal d’audience pourrait proposer à ses téléspectateurs aux USA un jeu d'un genre encore jamais vu.

Un divertissement avec des équipes « pirates » et « otages » s’opposant par les armes et à balles...à blanc...dans des courses sur l’Océan Indien et filmées sur le vif, en « live » ; chaque téléspectateur participant financièrement tout au long de la soirée, dans un camp ou dans l’autre, soit aux tractations en vue de la libération des otages soit à la défense …des pirates présentés devant les tribunaux aprés arrestation.


Outre atlantique une telle absurdité ne serait pas un obstacle, il suffit d'observer la crise économique actuelle pour s'en convaincre !