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De quelle bravoure peut ainsi se réclamer le Gouvernement d'Ismaïl Omar Guelleh ?




G 079 - 22/10/08
Les Djiboutiens n’ont pas la mémoire courte, ils savent parfaitement ce qu’il se passe dans le pays. Alors, ils suivent l’exemple et se taisent ou ils se révoltent (1ère partie).
Mohamed B
Ancien haut fonctionnaire en exil
Malgré l’intensification et la récurrence du débat sur l’assassinat du Juge Bernard Borrel, il y a de cela plus de 13 années, « l’immunité-impunité » dont bénéficie ouvertement l’ordonnateur reste l’obstacle principal au traitement des séquelles des violations des principes cardinaux de la Justice à Djibouti.
- Nouveau témoignage - Un scoop ou plutôt un gros flop manipulatoire ordonnancé par Ismaïl Bobard 1er ?
Admettons-le, Ismaïl Bobard 1er a compris a posteriori ce que furent ses erreurs en matière de communication après qu’il ait donné ordre « d’effacer » le juge Bernard Borrel en octobre 1995 à Djibouti.
S'il pensait que le fait que l’exécution de Bernard Borrel se soit produite sur le territoire djiboutien lui garantissait une protection par tous les artifices et le maximum de complicités en matière d’immunité, il ne s’attendait pas à avoir face à lui une Elisabeth Borrel n'hésitant pas à sacrifier sa carrière pour préserver l'honneur de son époux.
Une Femme - avec un grand F - bénéficiant des soutiens indéfectibles et dont IOG a mesuré depuis l’opiniâtreté de la détermination mais aussi l’efficacité pour mettre à mal ses arguments fallacieux et tous ses travestissements de la vérité.
Nul (le) n'est en droit de laisser impunément ou de cautionner l'assassinat de la justice, qu'elle soit française ou djiboutienne.
Après avoir sorti un monceau d’hérésies et d’affabulations qu’il a faites regrouper dans un livre appelé pompeusement « La faille » - qui ne s’est vendu qu’à quelques dizaines d’exemplaires démontrant ainsi qu’IOG a perdu toute crédibilité dans cette affaire et qu’effectivement il confirme ainsi être au bord du précipice - selon un calendrier aux échéances presque immuables, Ismaïl Bobard nous sort de son chapeau de bien mauvais magicien un nouveau témoin afin de tenter, à nouveau, de « noyer le poisson » et d'essayer maladroitement de se disculper.
Cette fois-ci ce n’est plus l’ersatz de procureur général Djama Souleïman – condamné par la justice française pour tentative de subornation de témoin et contre qui un mandat d’arrêt international a été lancé – qui s’occupe de ce témoignage … de dernière minute …mais un simple juge d’instruction, M Abdoulkader Djilani.
Changement de tactique frisant une fois encore le ridicule aux fins de nous donner l’illusion de la transparence de l’audition et pour nous persuader qu’ici on ne mélangerait pas les « torchons et les serviettes » ; les corrompus et les « gens honnêtes » ...
Ceci étant dit, les déclarations de M. Jacques Marie Carlhant, citoyen français qui occupait de 1993 à 1996 les fonctions d’assistant social au sein des Forces françaises stationnées à Djibouti (FFDJ), au moment des faits, et qui a effectué pas moins de 6000 km pour venir témoigner à Djibouti (spontanément et à ses frais ?) nous paraissent tout de même bien curieuses sur divers points.
- Curieuses ou « sujettes à cautions » ?
D'une part, bien qu’étant citoyen français M. Jacques Marie Carlhant a choisi de témoigner à Djibouti devant ce qui fait office de justice locale – dont on sait qu’elle est inconditionnellement aux ordres d’Ismaïl Omar Guelleh – alors que les FFDJ disposent d’une unité de la gendarmerie nationale ; et que d’autre part ce supposé témoin ne semble pas nous apporter des éléments capitaux dans la recherche de la vérité sur l’assassinat du juge Bernard Borrel.
Pour ceux et celles qui ont vécu à Djibouti, et qui ont tenté de comprendre comment le système local « politico-mafieux » fonctionnait sans pour cela avoir gravité en périphérie immédiate du Palais de l’Escale ou d’une certaine ambassade … étrangère, qui n’a pas encore en mémoire aujourd’hui tous les scandales qui ont éclaboussé l’histoire du pays dans les années 80/90.
M. Jacques Marie Carlhant ne nous apprend rien sauf qu'il passe sous silence, un peu trop facilement, les implications de dirigeants djiboutiens dans ces scandales.
Pourquoi ?
(à suivre)

