
En dépit des lois et de toutes les recommandations internationales, notamment sur la liberté d'expression et l'accés libre à Internet, seules la Police politique et les hautes autorités djiboutiennes peuvent se connecter sur notre site dans le "pays des braves".
De quelle bravoure peut ainsi se réclamer le Gouvernement d'Ismaïl Omar Guelleh ?




G 080 - 22/10/08
Les Djiboutiens n’ont pas la mémoire courte, ils savent parfaitement ce qu’il se passe dans le pays. Alors, ils suivent l’exemple et se taisent ou ils se révoltent (suite et fin).
Mohamed B
Ancien haut fonctionnaire en exil
suite ...................
M. Jacques Marie Carlhant ne nous apprend rien sauf qu'il passe sous silence, un peu trop facilement, les implications de dirigeants djiboutiens dans ces scandales.
Pourquoi ?
La liste est longue pourtant, en voici quelques extraits :
Haut fonctionnaire étranger, pédophile reconnu mais bien placé au niveau des finances ...faisant l'objet de nombreux procès verbaux de gendarmerie et de Police car trouvé totalement dévêtu à diverses reprises dans son véhicule en compagnie de très jeunes garçons. Il conserva son poste durant plus de quinze années !!!
Haute autorié locale, ministre à cette époque, impliquée dans des trafics d'enfants vers l'Europe et le Canada, travaillant avec Kadra Mahamoud Haïd en utilisant des passeports diplomatiques pour protéger l'odieux trafic avec rapts d'enfants préalables dans les quartiers pauvres de la capitale et utilisation le refuge « La Mère et l'Enfant » pour couvrir les délits mafieux.
Militaire de haut rang, dirigeant un réseau impliqué dans le trafic de matières nucléaires en provenance d'Ethiopie et à destination du Moyen Orient. Ce même militaire de haut rang étant chargé d'orchestrer bon nombre de trafics d'achats et de reventes d'armes à destination de la Somalie et superviseur d'attentats perpétrés au Somaliland et en Ethiopie.
Haute autorité locale organisant des soirées particulières avec de jeunes enfants. Décés d'enfants émigrés passés sous silence.
Groupe d'homosexuels (hommes et femmes) fichés, Djiboutiens et étrangers sur qui la Police Polique, SDS d'IOG, effectuaient des pressions par chantages.
Famille MUTI, impliquée dans des trafics, possession, transformation et revente de drogues de type héroïne....Existence de laboratoire de traitement de la drogue dans le port et protégé depuis par la Police Politique (SDS)... car la gendarmerie djiboutienne était trop « fouineuse »...
....etc
Scandales systématiquement « étouffés » quasi immédiatement afin d’éviter que les journaux étrangers spécialisés ne s’en saisissent ou qu’une quelconque commission d’enquête ne soit mise en place sous la pression populaire ou la morale publique...internationale.
Subsistent tout de même de nombreux rapports de « Sécurité Défense » très détaillés car établis avec minutie par des militaires.
Dossiers comportant des films pour certaines affaires - notamment celle sur le transit de matières nucléaires par Djibouti en provenance d'Ethiopie et à destination du Moyen Orient (fait du hasard, à l'époque où le juge Borrel était en poste à Djibouti ...) - qui durant bien des années ne quittérent pas les tiroirs de ceux qui les avaient ordonnés.
Qu'en est-il advenu de ces dossiers ?
Vraisemblablement malencontreusement égarés et introuvables depuis, tout comme le registre du poste de la 13ème DBLE d'Ouéah et celui des FAD ...en octobre 1995 égarés au même endroit que les premières radiographies effectuées à l'hôpital militaire français Bouffard sur la dépouille du Juge Borrel.
Scandales de diverses importances et souvent à haut niveau de responsabilités qui n’ont pas manqué de susciter la condamnation du citoyen Français et Djiboutien, alors que ce dernier n’a jamais eu d’autre choix que celui de se taire, face à la menace effrayante que constitue un séjour à la prison Gabode... quand on en ressort vivant, face aussi à la difficulté de la vie, à celle de faire survivre sa famille, à l’absence de débouchées dans le domaine de l’emploi et à la situation de non-droit, que de prendre les corrompus et les corrupteurs comme mauvais exemple et à l’inverse parfois de les imiter non point pour « faire du fric » mais pour pouvoir faire survivre sa propre famille.
Que dire d‘un fonctionnaire au salaire très modeste, qui de plus ne le perçoit pas depuis plus de quatre mois, accablé par les dettes et qui « emprunte » momentanément un climatiseur dans son service en période de fortes chaleurs comparativement aux délits crapuleux d'un certain général de division et CEMGA qui détourne des ambulances militaires offertes par un pays... étranger... pour en faire des véhicules civils avec de plus des équipement et matériels médicaux, neufs mais réformés, pour être ensuite octroyés gratuitements à la clinique de l’un de ses fils, jeune médecin ?
- Chacun (e) se demande toujours si ceux qui étaient et sont encore de nos jours à l’origine des scandales sont au-dessus des lois, qu’ils soient Français ou Djiboutiens.
Car il et elle restent convaincus encore aujourd’hui, par l’application faite en matière d’immunité, que les vrais coupables « sont protégés » et que , s'affranchissant avec courage de tous les obstacles, si les affaires étaient livrées sur la place publique bien des têtes, et non des moindres, tomberaient sous le couperet du journalisme d’information pour autant qu’il soit libre de s’exprimer.
Pour le simple Djiboutien, de nombreuses affaires n’ont toujours pas livré tous leurs secrets.
Dans les rues de la capitale tout comme dans les mabrazes, on s’interroge toujours sur les conditions réelles, et non sur l’argumentation officielle et bafouilleuse, qui ont conduit à la disparition de Mohamed Djama Elabeh, d’un Ahmed Dini et de bien d’autres hommes politiques. Et comme les scandales se sont multipliés dans bien des domaines, la mémoire djiboutienne garde encore fraîchement en mémoire les fracas des hommes d’affaires et des politiques ; qu’ils soient Djiboutiens ou étrangers au pays.
Aujourd’hui encore, le simple citoyen entend parler de scandales.
Celui du transit par Djibouti de matiéres nucléaires via l'Ethiopie et en direction du Moyen Orient, celui de « l’or irakien » qui pourrait impliquer d’importantes personnalités djiboutiennes et … étrangères …; l'un comme l'autre n’ont pas encore révélé tous leurs secrets.
Les citoyens se disent que pour eux, le pays est encore loin de pouvoir effacer d’un revers de la main toutes les formes de clientélisme, de passe-droits ou de corruption. Ils restent convaincus que seuls les plus naïfs – dont nous sommes - sinon les plus démunis s’accrochent à l’idée de la morale et du droit publics.
De même que seuls les lampistes paient pour les « gros bonnets » dont le flot d’argent et les connaissances influentes leur permettent d’acheter aisément la liberté et la quiétude en même temps que des consciences.
Les Djiboutiens n’ont pas la mémoire courte, ils savent parfaitement ce qu’il se passe dans le pays. Alors, ils suivent l’exemple ou ils se révoltent.

