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De quelle bravoure peut ainsi se réclamer le Gouvernement d'Ismaïl Omar Guelleh ?





G 090 - 27/10/08
« Pirate » Voici une reconversion réussie et qui rapporte gros aux Chefs de Guerre en Somalie et aux...« associés/complices » dans ces affaires lucratives - 1ère partie.
Bouh Warsama
Au Puntland, cette région autonome de Somalie, les navires marchands et les migrants suscitent de plus en plus la convoitise de gangs organisés.
Bienvenue dans ce pays mythique qui fut celui de la myrrhe et de l'encens mais qui n’a plus la même vocation. Pays qui plus récemment a été projeté sur la scène internationale de ce qu’il se fait de plus « efficace et rentable » en matière de trafic d'êtres humains et de pirates.
Tirant son nom du mythique pays de Punt (ou Pount), d'où les pharaons égyptiens faisaient venir les parfums les plus rares.
Egalement appelé Ta Nétjer, qui signifie « Pays du dieu », c’est une région commerciale qui apparaît dans les récits de L'Egypte antique, mais dont la localisation est encore incertaine encore de nos jours.
La majorité des auteurs situent aujourd'hui le site sur la côte africaine de la Mer Rouge, allant des confins érythréo-soudanais au nord de l'actuel Somalie.
D'autres ont proposé une localisation de part et d'autre de la Mer Rouge incluant le sud de la péninsule arabique, d'autres plus rares enfin le Levant.
L'essentiel de la réputation moderne du Puntland tient aujourd'hui bien plus de la piraterie et du trafic d'immigrants clandestins qui prospèrent le long de ses côtes et qui majoritairement se dirigent en direction du Yémen à bord de boutres en piteux état ; bateau de la mort qui souvent soit font naufrage, soit sont arraisonnés au large du Yémen ou sont coulés par des pirates et pillards dans une traversée maritime de tous les risques.
Au fur et à mesure de l’aggravation de la situation en Somalie, le Puntland est ainsi devenu l'un des principaux points de transit des migrants clandestins d'Afrique de l'Est. Migrants qui pour la plupart sont somaliens et parfois éthiopiens qui payent des passeurs pour traverser le golfe d'Aden jusqu'au Yémen, d'où ils espèrent gagner les riches émirats pétroliers du Golfe pour y exercer des métiers de manœuvres dans la construction de bâtiments et si installer en famille.
Autoproclamé, situé à l'extrémité est de la Corne de l'Afrique, comme l’est son voisin le Somaliland avec qui il est en perpétuel conflit, l’état du Puntland n’a aucune existence officielle aux yeux de l’ONU, ce qui ne veut pas dire grand-chose depuis l'éclatement, il y a dix-huit ans, de la Somalie en entités, soit semi-autonome ou totalement indépendante.
À la faveur de cette anarchie généralisée entretenue de l’extérieur car chaque région du grand pays que fut la Somalie étant sujet à toutes les convoitises pour les richesses essentielles du sous sol, connues et largement à découvrir, les clans somaliens de la Corne de l’Afrique ont abandonné petit à petit la pêche – qui était pourtant l’une des grandes ressources et richesses du pays - pour des activités beaucoup plus lucratives et vraisemblablement bien moins fatigantes.
Par principe, détenir une arme est un signe de force et de respect que l’on inspire ; à l’inverse, ne pas être armé c’est être l’objet des pires contraintes et pillages, voire viols perpétrés sur les femmes car ici c’est « la loi du plus fort » qui prime en l’absence de lois internationales inapplicables dans un tel état de non droit.
La région de Bosasso, la principale ville portuaire du Puntland, est devenue ainsi un point de ralliement pour tous ces voyageurs, qui embarquent, au vu et au su de tous les observateurs locaux et occidentaux, dans des boutres surchargés à outrance et pour une périlleuse traversée.
Manœuvrant difficilement car chargés au maximum de leur capacité de transport, sans aucun dispositif de sauvetage en cas de naufrage (exception faite parfois pour les membres d’équipage), ces bateaux sont souvent repérés car se déplaçant lentement et pris en chasse par les garde-côtes yéménites qui tentent ainsi, depuis des lustres de repousser ce flot d’immigrés qui ne cesse de déferler sur ses côtes.
Pris en flagrant délit, les passeurs qui savent les sanctions qui les attendent - avec la saisie systématique de leur boutre et la prison – n’hésitent pas un seul instant à jeter par-dessus bord tous leurs passagers, qui ont déjà payé leur traversée, plutôt que de risquer l'arrestation. Bon nombre ne sachant pas nager, certains y perdent la vie alors que les garde-côtes yéménites tentent de les sauver en abandonnant toute poursuite en mer à l’encontre des bateaux des « passeurs ».
Il arrive aussi à ces embarcations, souvent en mauvais état et surchargées, de chavirer lors d’une manœuvre hasardeuse ou de heurter un récif après que le moteur ait rendu l’âme.
Nombreux sont les naufrages de ces bateaux alors que certains ont provoqué la noyade de plus de 200 personnes.
L’année 2007 fut «une année tragique dans le golfe d'Aden», avec plus de 1.400 morts et disparus pour 30.000 émigrants environ – estimations car aucun chiffrage exact n’est possible - ayant traversé le golfe d'Aden. Mais ces drames ne découragent pas le flux de migrants et les « passeurs » qui font de « bonnes affaires » et qui n’ont aucun respect ou quelconque considération pour la vie humaine.
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La piraterie en mer, une « mode » et surtout un travail très lucratif !
L'autre activité en vogue au Puntland et qui gagne le sud de la Somalie est la piraterie organisée. Certaines femmes n'hésitent pas à avouer leur penchant pour les pirates et déclarent ouvertement qu'elles souhaiteraient que l'un d'eux les épouse...
On peut affirmer que la piraterie fait « tâche d’huile » car force est de constater que se multiplient, depuis des mois et tout au long de la côte sud de la Somalie, des « Bureaux annexes de piraterie », qui ont pavillon sur rue et particulièrement situés dans les ports alors que s'alignent au mouillage, coque contre coque, tous les navires pris par les pirates et qui commencent à devenir encombrants.
On aurait tort de croire que les actes de piratages perpétrés, et qui s’accroissent de semaine en semaine, pourraient être le fait de petits groupes d’individus agissant au coup par coup et au hasard des rencontres en mer.
.................à suivre.............

