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De quelle bravoure peut ainsi se réclamer le Gouvernement d'Ismaïl Omar Guelleh ?



 

 




G 100 - 30/10/08

Africain mon frère, la France te doit tout mais elle t'a trop longtemps oublié ; toi qui souvent s’est sacrifié pour que nous existions.(1ère partie)

Bouh Warsama



- Avant propos.

On gratifie aujourd'hui de la légion d'honneur comme on le fit des grades de généraux en des temps passés dans l'armée mexicaine — ce qui suscite généralement notre goguenardise mais aussi un profond reflexe d’indignité lorsque, comme le disent si bien les Djiboutiens, c’est la « Légion du déshonneur » qu’arbore un Ismaïl Bobard ou l’un de ses complices, condamné pour « tentative de subornation de témoin » par la Justice française.

De sorte qu'il n'est nulle raison que les anciens combattants africains, ces hommes considérés comme 1/3 ou 1/2 ...Français mais « Qui ont versé leur sang pour la mère partie, la France » fussent bien moins représentés que les opportunistes dans les promotions politicardes pour dictateurs et leurs collaborateurs, à Djibouti comme ailleurs.

Le mérite d'un individu ne dépend pas de ce qu'il est, mais de ce qu'il fait ou a fait, comme cela est indiqué dans les critères d’attribution de la Légion d’Honneur.

- " Aux champs de la défaite si j'ai replanté ma fidélité c'est que Dieu de sa main de plomb avait frappé la France. "

Léopold Sédar Senghor et son épouse (AMIN)


Le 10 mai 1940, jour de l'offensive allemande contre la Belgique, la France, le Luxembourg et les Pays-Bas, environ 70 000 combattants originaires du continent noir et de Madagascar se trouvent dans la zone des armées.

Dans l'adversité et au milieu de la débâcle générale, ils vont se sacrifier et subir des pertes importantes.

Des généraux ennemis, tel le futur maréchal Rommel, rendront plus tard hommage à leur courage désespéré.
Beaucoup moins chevaleresques, certains de leurs subordonnés ont en revanche procédé à l'exécution sommaire de nombreux tirailleurs prisonniers et désarmés.

Lorsque l'armistice est proclamé, le 25 juin 1940, environ 30 à 40 000 combattants coloniaux ont été tués, blessés ou capturés par l'adversaire.

Certains, portés disparus, errent dans les bois, comme à Buchy près de Rouen. D'autres encore sont hébergés chez l'habitant, tel Zié Ouattara à Grandrupt-de-Bains dans les Vosges. Ce fut le cas également du Béninois Jean Nouatin, caché en 1940 par la population d'Estrée Saint Denis (Oise), où il s'est d'ailleurs fixé après la guerre et où il a terminé sa vie.

Les rescapés sont, quant à eux, regroupés dans la région de Fréjus, Saint-Raphaël et Rivesaltes.

Au fur et à mesure des possibilités maritimes, ils sont rapatriés via le Maroc ou affectés dans des corps stationnés en Afrique du Nord et au Levant.

Les soldats noirs faits prisonniers avaient tout d'abord été conduits en Allemagne.

Mais bientôt, par peur de la propagation de maladies tropicales ou de possibles relations avec les Aryennes, ils sont, dès l'automne 1940, ramenés en zone occupée par l'armée allemande.

Dans 57 camps, qu'on appelait des " Frontstalag ", ils vont subsister dans des conditions misérables.

Beaucoup s'évadent avec la complicité des habitants, d'autres sont rapatriés pour raisons sanitaires, essentiellement à cause de la tuberculose. Le 8 octobre 1941, une mission dénombre 15 777 Africains et 3888 Malgaches encore captifs.

Le 31 décembre 1943, les Frontstalag comptent encore 10 475 détenus de cette origine. Leurs camarades libérés et ceux qui n'ont pu regagner leur pays natal à cause de l'interruption des communications maritimes entre l'Afrique et la métropole, entièrement occupée depuis le 11 novembre 1942, sont incorporés dans six groupements de militaires indigènes coloniaux rapatriables. Ils y sont encadrés par des officiers et des sous-officiers français.

Le 5 juin 1944, 1757 Africains et 8016 Malgaches se trouvent dans les rangs de ces organismes où ils se livrent à des travaux agricoles et forestiers, voire à des tâches destinées à édifier des fortifications le long des côtes de la Méditerranée.


- Des soldats convoités

Ces hommes disciplinés, militairement instruits et combattants chevronnés vont faire en 1944 l'objet d'une triple convoitise.
Les généraux collaborationnistes de Vichy manifestent l'intention de les faire servir dans une armée française reconstituée, participant à l'effort de guerre de l'Allemagne.
Le Président Laval, chef du gouvernement du maréchal Pétain veut, de son côté, les transformer en gardiens de prison et de camp d'internement.
Les chefs des maquis qui se créent de plus en plus en France désirent, quant à eux, les armer, étant donné leurs aptitudes à combattre. Ainsi, le colonel Chaumel commandant la brigade Charles Martel, écrit en juin 1944 : " L'attaque du Frontstalag 180 à Amboise abritant des prisonniers africains a permis de récupérer quelques-uns de ces soldats d'élite. "

Bien entendu, les deux premiers projets de récupération préconisée par les collaborateurs vont échouer devant le refus catégorique des cadres des GMICR, en général acquis à la Résistance. En revanche, lors de la libération de la France durant l'été 1944, environ 2000 à 3000 Africains ou Malgaches servant dans les Forces françaises de l'intérieur vont entrer en action dans une trentaine de départements.
Certains y trouveront une mort glorieuse.

Il est impossible de retracer des opérations de grande ampleur, la majorité des cas les tirailleurs ayant lutté isolément ou en petits groupes avec leurs camarades clandestins métropolitains. Ainsi, si des unités africaines ont combattu au Vercors et des formations malgaches en Haute Garonne et dans le Cher, un seul tirailleur sénégalais se trouve au maquis Fantome dans la Meuse.

Henri Nogueres, dans son Histoire de la Résistance, cite le cas d'un FFI africain du maquis André, capturé en Côte-d'Or. Alors qu'il est interrogé par un officier allemand, le maquisard réussit à s'emparer de l'arme de ce dernier et l'abat. Il rejoint plus tard ses camarades, malheureusement, l'histoire n'a pas retenu son nom.

Dans le même ordre d'idée, lors de la libération de Paris en août 1944, un Africain surnommé Duckson ou le Lion noir du XVIIe abat tous les occupants d'un char ennemi. Les actualités de l'époque montrent un militaire sénégalais en uniforme de 1940, blessé, ainsi que le Général de Gaulle un bref instant escorté par un FFI africain, alors qu'il descend triomphalement les Champs Elysées.
Le 20 septembre 1944, le tirailleur malgache Randriamazy Pierre, se sacrifiant pour protéger le repli de ses camarades est tué à Yves (Charentes) en compagnie du soldat Lanz âgé de 18 ans.

Ce sont quelques-unes de ces tirailleurs qui se sont illustrés dans la résistance que nous nous proposons ici de faire revivre.


- Les premiers maquisards

Le 4 janvier 1941, le cadavre d'un soldat indigène âgé d'une vingtaine d'années, vêtu d'un uniforme en haillons, est découvert gisant sur la neige dans un petit bois du village de Bosc Bordel, commune de Buchy (Seine maritime). Cet inconnu appartenait à un petit groupe de trois tirailleurs sénégalais qui, après les sanglants combats de la Somme en juin 1940, s'étaient réfugiés en ces lieux pour échapper à l'ennemi. Ils avaient construit une hutte de branchage à l'africaine et subsistèrent durant tout un rigoureux hiver en chapardant quelques volailles dans les fermes des alentours et en déterrant des légumes dans les champs.

Au début de l'année 1941, un paysan intrigué par des traces sur le sol finit par découvrir les deux survivants qui s'enfuirent. Leur sort demeure inconnu, mais nul doute que dans un coin de la campagne normande les trois fusils de ces maquisards avant la lettre sont encore enfouis. En effet, les tirailleurs sénégalais n'avaient pas coutume d'abandonner leurs armes à leurs adversaires. Le corps du militaire décédé a été inhumé au cimetière du village. Sa tombe est toujours entretenue par la population qui considère l'Africain venu mourir si loin de son pays comme son " tirailleur inconnu ".


- Un spécialiste de l'évasion

Le 4 septembre 1940, le tirailleur malgache Resokafany Justin, fait prisonnier en juin de la même année, s'évade du Frontstalag 135 à Rennes. Aidé par des pêcheurs bretons, il réussit à gagner l'Angleterre où il s'engage dans les Forces françaises libres.
Affecté au 1er régiment d'artillerie, il combat en Libye, en Tunisie et en Italie.

C'est au cours de cette dernière campagne qu'il tombe une nouvelle fois aux mains des Allemands. Ramené en France, il est détenu au Frontstalag 153 à Orléans.

Le 11 juin 1944, pour la deuxième fois, il fausse compagnie à ses gardiens et rejoint les Forces françaises de l'intérieur dans la région de Châteauroux. Dans les rangs des maquisards, il participe activement à la libération de l'Indre avant d'être rapatrié en 1946 à Madagascar.


- Un des premiers résistants

En juin 1940, le tirailleur Ba Adi Mamadou du 12e RTS s'est courageusement battu dans les Ardennes, sur la Meuse et dans la Haute-Marne. Capturé, il est conduit avec ses camarades vers le camp de Neufchâteau (Vosges).

Au cours du trajet, il réussit à s'évader avec une trentaine de ses compatriotes. Après avoir récupéré des armes abandonnées, la petite troupe se réfugie dans les bois de Saint-Ouen les Parey, où elle subsiste misérablement. Faisant courir un danger à la population, ces clandestins, dont quelques-uns sont blessés, sont ensuite évacués vers la Suisse par un groupe de patriotes.

Ba Adi, plus connu sous le nom de Adi Ba, estime que son devoir est de continuer la lutte sur place. Dès le mois d'octobre 1940, il entre en contact avec deux futurs membres du réseau " Ceux de la Résistance ", l'instituteur Froitier et le plombier Arburger.

Intelligent, faisant montre d'un ascendant remarquable sur ses camarades et d'un charisme évident envers la population, le Guinéen fait rejoindre la Suisse à Laurence Horne, un aviateur britannique abattu le 7 novembre 1942 en Haute-Marne, mais qui reprendra la lutte par la suite.

En mars 1943, Adi Ba participe à la création du premier maquis vosgien, dénommé Camp de délivrance, entre Martigny les Bains et Robecourt. L'organisation abrite 80 jeunes Français, 18 Russes et deux Allemands déserteurs de la Wehrmacht.

Le 11 juillet 1943, les deux transfuges Allemands s'enfuient et vont révéler à leurs supérieurs les emplacements du maquis.
Le surlendemain, à l'aube, le camp est investi par des forces ennemies, très supérieures en nombre et en armement. Arrêtés et faits prisonniers, les clandestins sont déportés dans le Reich d'où bien peu reviendront en mai 1945. D'autres, plus heureux, réussissent à s'enfuir.

Absent le jour de l'attaque, Adi Ba est traqué par la police allemande. Il est finalement arrêté le 15 juillet.

Au cours de sa capture mouvementée, il est blessé par une rafale de pistolet-mitrailleur.
Conduit à la prison de la Vierge à Epinal, il est atrocement torturé, mais refuse avec opiniâtreté de révéler les noms de ses compagnons de résistance. Mis en présence de quelques-unes d'entre eux tombés aux mains de la Gestapo, il dit ne pas les connaître.

Adi Ba et son camarade Arbuger sont fusillés le 18 décembre 1943 sur le plateau de la Vierge à Epinal.

Depuis le 11 novembre 1991, une rue de Langeais (Indre et Loire), ville où a vécu le Guinéen avant son incorporation au 12e RTS, porte son nom. Le corps de ce résistant est inhumé à la Nécropole nationale de Colmar. En 2003, 60 ans après son exécution et de multiples démarches, la médaille de la Résistance lui a enfin été décernée.



.........à suivre

 



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