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De quelle bravoure peut ainsi se réclamer le Gouvernement d'Ismaïl Omar Guelleh ?





G 103 - 31/10/08
L’Homme de bien situe la justice au dessus de tout.
L’homme médiocre et falsificateur qui a une forme de bravoure pour ses seuls intérêts mais qui ignore la justice sera un brigand.
Africanman
- Ibn Khaldoun - le plus grand intellectuel musulman
Peu d’hommes qui se réclament d’un Djibouti « pays des braves » savent qui est Ibn Khaldoun (1332-1406) ; il fut très vraisemblablement le plus grand intellectuel musulman. Il appartenait à une famille hispano-musulmane qui s’était établie dans la province de Séville. Ses ancêtres jouèrent un rôle important dans l’histoire de la Séville arabe et lui même, dans son Autobiographie s’enorgueillit de son passé hispano-musulman.
- Cruauté ou lâcheté ?
Ce que nous prenons pour de la cruauté dans les actes de tyrannie imposés par Ismaïl Omar Guelleh à Djibouti ne sont, presque toujours, que de la lâcheté.
Les attitudes les plus basses, les gestes les plus vils et les machinations les plus ténébreuses ont été ainsi imaginées pour venir en aide à la veulerie d’un occupant du Palais de l’Escale qui n’a ni noblesse, ni loyauté et ni dignité mais s’abrite derrière un slogan usurpé qui est ; « sous IOG, Djibouti, le pays des braves ! ».
A cette mascarade théâtrale d’une image mensongère entretenue localement, nous lui préférons ces opiniâtres bravoures de ces Hommes et de ces Femmes qui se défendent chaque jour et pied à pied, chassés (es) injustement de leur terre vers l’ombre de l’exil, opposés (es) à l’envahissement des turpitudes d’un artificiel pouvoir « bobardisé » qui tend à projeter sur les autres ses propres incuries et toutes les responsabilités du « drame djiboutien » qu’il est dans l’incapacité d’assumer.
La bravoure de ces Hommes et de ces Femmes, devenus parias dans leur pays car adversaires de la tyrannie, n’a jamais cédé devant le grand malheur qu’est l’éloignement de Djibouti et de leurs familles auquel l’actuel squatter du Palais de l’Escale les a contraints (es).
- Djiboutien, debout !
Si nous voulons que les choses changent, alors chaque Djiboutien, chaque Djiboutienne doit prendre ses responsabilités ; savoir ce qu’il (elle) veut et attend de l’avenir.
Lorsque chacun et chacune le saura, alors il faudra avoir le courage de le dire ouvertement. C’est alors que les uns, les unes et les autres auront le courage de le faire ensemble.
Djibouti est devenu, depuis l’indépendance, une république bien particulière et surprenante. C’est l’un des rares pays d’Afrique dans lequel si vous ajoutez dix individus à dix autres vous ne faites pas une addition mais vingt divisions. C’est sur ces divisions là qu’Ismaïl Omar Guelleh a assis ses pouvoirs et les a consolidés en un temps. Il est grand temps que les choses changent !
Il a utilisé les méthodes les plus lâches et les plus perverses pour diviser les clans, tribus et familles en les isolant les uns et les unes par rapport aux autres en les faisant s’affronter.
Il a ainsi fait ressortir de vieilles querelles ancestrales qui n’avaient plus lieu d’être tout en réduisant quasiment à néant le rôle conciliateur et rassembleur et tous les pouvoirs des chefs coutumiers.
Aujourd’hui, s’apercevant des nombreuses défections qui l’isolent de plus en plus et rendent sa position politique presque intenable, il envoie au « casse pipe » son obséquieux serviteur et accessoirement Premier Ministre Dileïta qui après avoir trahi les Afars n’inspire, à justes raisons, qu’une extrême méfiance.
- IOG - Un tyran sanguinaire, terrifié à l’idée qu’il devra répondre de ses actes.
Loin d’être une qualité, l’inquiétude permanente dont fait preuve Ismaïl Bobard constitue un élément important qui influence grandement son pouvoir politique et conduit au dépérissement de l’Etat. Etant souvent le prolongement de l’obstination, cette inquiétude entraîne systématiquement la maladresse dans ses actes et une grande nervosité qu’il ne maîtrise plus.
L’histoire du 19 ème et du 20 ème siècle démontre que bien des leaders politiques qui ont transformé le pouvoir politique en un pouvoir personnel, ont substitué leurs propres visions personnelles aux stratégies globales en remplaçant les décisions politiques rationnelles par des réactions personnelles ; elles-mêmes dictées sur l’instant par l’entêtement et une forte inquiétude.
Issus pour la plupart du milieu tribal – au sens péjoratif de ce terme, en dehors de toute noblesse - et porteur de cet esprit, ces leaders politiques conservent ce sentiment même lorsqu’ils s’éloignent provisoirement ou durablement de leurs sociétés.
A la lecture des versets d’Al Kürran (le Coran), constat est fait qu’après l’arrivée de l’Islam le prophète Muhammad (Mahomet) tenta de faire comprendre à ses fidèles les effets négatif de ces comportements dictés par l’énervement et l’inquiétude, car étant liés. Il dit notamment « Le plus fort parmi vous ce n’est pas celui qui peut battre tout le monde mais c’est bien celui qui arrive à maîtriser sa colère dans n’importe quelle circonstance ».
- Le plus brave d’entre nous a peur de ce qu’il est
Dans sa célèbre description des bédouins de son époque, qui n’a pas pris une seule ride tant elle est vivace encore aujourd’hui, Ibn Khaldoum insiste sur la bravoure qu’il juge comme étant une indéniable qualité exceptionnelle des gens du désert « Les Badu (Bédouins)… » dit-il « apprécient généralement bien plus la bravoure que ne le font les Hadre (Citadins) ».
Selon lui, la différence se fait naturellement entre les deux.
Citons ensuite les vertus qui font honneur à l’homme et qui étaient devenues pour les Berbères une seconde nature ; leur empressement à s’acquérir des qualités louables, la noblesse d’âme qui les porta au premier rang parmi les nations...
Les actions par lesquelles ils méritèrent les louanges de l’univers, bravoure et promptitude à défendre leurs hôtes et clients, fidélité aux promesses, aux engagements et aux traités, patience dans l’adversité, fermeté dans les grandes afflictions, douceur de caractère, indulgence pour les défauts d’autrui, éloignement pour la vengeance, bonté pour les malheureux, respect pour les vieillards et les hommes dévots, empressement à soulager les infortunés ; industrie, hospitalité, charité, magnanimité, haine de l’oppression , valeur déployée contre les empires qui les menaçaient, victoires remportées sur les princes de la terre, dévouement à la cause de Dieu et de la religion.
Voilà, pour les Berbères ; une foule de titres à une haute illustration, titres hérités de leurs pères et dont l’exposition ; mise par écrit, aurait pu servir d’exemple aux nations à venir.
Que l’on se rappelle seulement les belles qualités qui les portèrent au faîte de la gloire et les élevèrent jusqu’aux hauteurs de la domination, de sorte que le pays entier leur fut soumis et que leurs ordres rencontrèrent partout une prompte Obéissance.
Parmi les plus illustres Berbères de la première race, citons d’abord Bologguin-Ibn-Ziri le Sanhadjien qui gouverna l’Ifrikïa au nom des Ftémides : nommons ensuite Mohamed-Ibn-Khazer et son fils EI- Kheir, Youçof-Ibn Tachefin, roi des Lemtouna du Maghreb, et Abd el Moumen Ibn Ali, grand cheikh des Almohades et disciple de L’imam ÉI-Mehdi.
Parmi les Berbères de la seconde race on voit figurer plusieurs chefs éminents qui, emportés par une noble ambition, réussirent à fonder des empires et à conquérir le Maghreb central et le Maghreb-el-Acsa.
D’abord Yacoub lbn-Abd El Hack, sultan des Beni-Merin ; puis, Yaghmoracen-Ibn-Zîan, sultan des Béni Abd-el-Ouad ; ensuite, Mohammed-Ibn.Abd-el-Caouï-Ibn-Ouzmar , chef des Béni-Toudjîn.
Ajoutons à cette liste le nom de Thabet-Ibn-Mendïl, émir des Maghraoua, établis sur le Chélif, et celui d’Ouzmar-Ibn-Ibrahim, chef des Beni-Rached ; tous princes contemporains, tous ayant travaillé, selon leurs moyens pour avant tout la prospérité de leur peuple, puis pour leur propre gloire.
La meilleure façon de prédire l’avenir de Djibouti et de ses populations sans se tromper c’est de le créer ; de se donner ensemble les moyens de le créer et de sortir, tout d’abord, des éternelles palabres qui ont toujours fait le jeu d’un Ismaïl Omar Guelleh capable de ne régner que dans un monde divisé et constitué que d’antagonismes qui est son royaume.

