
En dépit des lois et de toutes les recommandations internationales, notamment sur la liberté d'expression et l'accés libre à Internet, seules la Police politique et les hautes autorités djiboutiennes peuvent se connecter sur notre site dans le "pays des braves".
De quelle bravoure peut ainsi se réclamer le Gouvernement d'Ismaïl Omar Guelleh ?





G 106 - 01/11/08
Si la tempérance représente la justice des appétits, le courage est la justice de la volonté et enfin la sagesse celle de l'esprit (1ère partie)
Bouh Warsama
Pour les uns, chaque président africain autoproclamé et qui décède fut l'un des «dinosaures» de « l’Afrique des tyrannies ». Pour les autres et qui sont très minoritaires, c'était l’indispensable rempart de la stabilité face à des «opposants irresponsables».
Voilà, nous y sommes ! « Opposants irresponsables », l’expression est lancée et permet de montrer d'un doigt accusateur les opposants et de justifier ainsi toutes les propres carences et irresponsabilités, les errements – passés, présents et futurs - d’un pouvoir politique local qui, le plus souvent, s’est autoproclamé à la tête du pays par la falsification grossière et couarde des élections ; avec l’indispensable aide d’étrangers au pays qui y trouvent leurs intérêts. Oser tenter de nous faire croire qu’IOG a réussi à se maintenir au pouvoir sans aide étrangère, ne serait-ce que depuis 1999, relèverait de l’insulte grossière au peu d’intelligence et de compréhension dont on puisse disposer.
J’utilise sciemment le terme de « couardise » pour définir ce qu’il se fait avant, pendant et après les scrutins à Djibouti où IOG éprouve sa puissance falsificatrice sur la faiblesse des Djiboutiens et des Djiboutiennes qui n'ont aucun pouvoir républicain d'expression.
« Couard » est celui qui triche en créant d’artificiels citoyens (nes) sur les listes électorales.
« Couard » est celui qui fait embarquer de force dans des véhicules militaires des citoyens (nes) émigrés pour en faire des Djiboutiens (nes), le temps de mettre le bulletin du seul candidat dans l’urne.
« Couard » est celui qui échange auprès de la misère humaine une carte d’électeur contre quelques kilos de riz ou une paire de sandales pour enfant.
« Couard » est ce candidat unique dans des parodies d’élections et qui arrive à réunir plus de 115 % de votants par rapport aux inscrits dans des bureaux de votes de la capitale.
« Couard » et bien pire encore est cet observateur étranger venu signer en bas d’un document la conformité, régularité et transparence de telles mascarades d’élections.
Généralissime au royaume des « Couards » de Palais est celui qui n’a pas le courage d’accepter l’instauration d’un libre débat démocratique à Djibouti et une réelle pluralité politique.
Depuis qu’il a « viré » le président Hassan Gouled (AMIN) de son trône - tout en lui faisant verser en argent liquide plus de 400 millions de FD « au titre de licenciement et pour solde de tout compte » en matière de respect entre les deux hommes - Ismaïl Bobard 1 er a été confronté à de multiples reprises aux critiques internes et étrangères sur la bonne gouvernance, les droits de l'Homme et son concept bien particulier de la démocratie.
Malgré le résultat catastrophique des expertises, mis en évidence dans tous les Rapports internationaux qui se succèdent chaque année, IOG est resté imperturbable et a persisté mais n’a eu qu’une seule réussite, si réussite il y a ? Celle-ci consistant à imposer une paix dans le pays ; une paix certes, mais obtenue par l’usage du bâton, des armes et de la terreur.
En des temps lointains il ambitionnait de devenir le « Che Guevara » de la Corne Est de l’Afrique, il en deviendra en quelques années « l’Attila économique, social et politique » ; telle une ravageuse pestilence, polluant tout ce qu’il touche et s’approprie d’autorité.
Au lieu du respect dû au chef, son « premier Ministre » et ses « Ministres » ont plutôt la « frousse » de lui et l’épouvante de ses colères exterminatrices.
Epouvantes, au point qu’être convoqué de nuit au Palais d’Haramous on sait ce que cela peut signifier alors que la voiture des SDS ou des GP vous attend devant la porte : ceci soulève de véritables frayeurs car l’on sait que l’on peut ne faire que le voyage aller pour ne jamais en revenir.
- La « République » selon Platon !
A la lecture de la « République », qui est un dialogue portant principalement sur la justice dans l'individu et dans la Cité, on constate que Platon analyse comment une démocratie républicaine peut dégénérer en une oligarchie - au sens le plus péjoratif du terme -, c'est-à-dire en un gouvernement d’une poignée d’hommes s’octroyant tous les pouvoirs pour se muer rapidement en une tyrannie la plus extrême.
Si ce scénario n’a eu de cesse de hanter la rhétorique politique en France, aux USA comme dans bien des républiques du monde occidental avec des hommes d’opposition très attentifs à leurs droits et prérogatives, force est de constater que le Palais de l’Elysée ne s’est guère préoccupé de la tyrannie étouffant la légalité républicaine et l’impossibilité d’une alternance politique dans bon nombre de ses anciennes colonies et territoires.
Pire encore, il a été toléré et l’est encore que le Palais de l’Escale, haut lieu de la pensée unique, soit une sorte de terrain des jeux les plus pervers, les plus corrupteurs et à qui on a même concédé a posteriori le droit de faire assassiner la justice française dans ce qu’elle a d’intègre et de soucieuse du respect de la légalité et des lois de la République.
Il ne peut y avoir, à Djibouti comme ailleurs, de régime politique acceptable pour le (la) citoyen (ne) que si les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire sont véritablement séparés. Faute de quoi, les citoyens (nes) sont soumis contre leur gré à une forme de loi unique contre laquelle ils ne peuvent rien.
Ils ne peuvent rien car ils ont bien conscience que l’intérêt géopolitique que représente Djibouti fait passer en arrière plan tous les Droits, y compris les Droits de l’Homme.
De plus Ismaïl Omar Guelleh a un principe de fonctionnement consistant à dominer les populations plus facilement en excitant leurs passions – le conflit contre l’Erythrée en étant l’exemple le plus récent – qu’en s’occupant de leurs intérêts et de leurs problèmes au quotidien.
Nous avons ainsi confirmation qu’occidentales ou africaines, les démocraties sont d’une grande fragilité et faute d’une vigilance collective on verse vite dans l’oligarchie et la tyrannie avec l’accélération soudaine de la concentration de la décision dans une seule main ; une main qui étouffe dans l’œuf toute opposition.
Au regard de ce qu’il se passe à Djibouti depuis mai 1999, on a constaté alors et en quelques semaines une émergence du phénomène de « cour royale » - imposé surtout par l’épouse d’Ismaïl Omar, Kadra Mahamoud Haïd - s’estimant être au dessus de tout et confirmant ainsi l’instauration de deux pouvoirs personnels – parfois antagonistes – au sein même du Palais de l’Escale et à la tête du pays.
Qu’Ismaïl Omar s’absente pour un voyage à l’étranger et la Kabyo se précipite alors vers le secrétaire général de la présidence et convoque le ministre des Finances… Alors que toutes les sommes qui transitent par la Banque Centrale de Djibouti sont soumises à l’appréciation de Kadra Haïd par son frère, M Djama Mahamoud Haïd, gouverneur de ladite banque.
C’est ainsi que des lignes de crédit, constituées par des dons financiers de pays étrangers, disparaissent des écritures alors que le Censeur, chargé du contrôle par le gouvernement, n’y « voit que du feu »….
N’attendez pas que les autorités placées à la tête de l’Etat djiboutien publient et signent un « Appel à la vigilance républicaine » par lequel chacun et chacune affirmerait …….. :
« Son attachement aux principes de la république et en conséquence de quoi, refuserait toute dérive vers une quelconque forme de pouvoir purement personnel dérivant vers la tyrannie…… »
- Ismaïl Omar Guelleh n’est pas responsable de tout !
Par évidence, nul ne saurait prétendre qu’il serait le seul responsable de la hausse des prix dans le pays mais reproche peut lui être fait d’avoir aggravé la crise en réduisant considérablement le pouvoir d’achat des classes moyennes et quasiment à rien celui des classes les plus défavorisées.
L’obligation d’un gouvernement républicain est de gérer une crise et de veiller au progrès des populations, hors il s’avère que les « véritables cartes » économiques et sociales sont dissimulées aux Djiboutiens et aux Djiboutiennes.
Alors qu’il existait encore une vocation de résistance politique d'opposition sous la présidence d’Hassan Gouled, celle-ci a été complètement annihilée depuis l’autoproclamation d’Ismaïl Omar Guelleh à la tête du pays.
à suivre ...................

