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De quelle bravoure peut ainsi se réclamer le Gouvernement d'Ismaïl Omar Guelleh ?





G 118 - 09/11/08
Djibouti ou le royaume de toutes les incohérences cautionnées !
Kassim B
Fonctionnaire
Djibouti, petit pays d’Afrique de l’Est au carrefour de deux continents est un cas emblématique des pays pauvres en état de faillite pure et simple mais artificiellement maintenu hors de l’eau et d’un naufrage sans précédent pour la simple raison qu’il a acquis - particulièrement ces dernières années - un intérêt géopolitique de première importance.
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Protégé par des boucliers étrangers tant financiers que militaires, tout peut s’y faire, surtout les pires excès.
Depuis bien longtemps les charognards ont fondu sur le pays pour en faire l’un des plus importants paradis financiers et fiscaux qu’il soit où l’on peut faire laver son argent en express pour le rendre rutilant ; à la condition que l’on verse « au système en place » des royalties à la hauteur de ses ambitions négociées.
- Une économie dans le gouffre, les pirates ne sont pas forcément qu’au large de la Somalie
L’agriculture djiboutienne n’est qu’une expression couchée sur du papier et rien de plus, comme l’est d’ailleurs son Ministère de tutelle dirigé par un ministre fantôme.
Faute de véritable politique, l’agriculture est presque réduite à néant et ne permet donc pas d’atteindre l’autosuffisance : près de 500 000 personnes sont dépendantes de l’aide alimentaire du PAM et des autres organismes ou pays qui sont sans cesse sollicités lors de campagnes bidons.
Quant à Ismaïl Bobard, bien avant son autoproclamation à la tête du pays, il a compris quel était le meilleur parti financier qu’il pouvait tirer de tout et notamment d’une artificielle privatisation des Etablissements Publics et Commerciaux (EPIC).
Etablissements soudainement rentabilisés, un à un et sans mise en concurrence d’aucune sorte pour ces juteux marchés publics, après qu’ils soient tombés dans son escarcelle par l’entremise de sociétés écrans implantées à Dubaï.
L’Etat djiboutien paie la quasi-totalité des charges, IOG encaisse plus de 80 % des plus values alors que les miettes reviennent aux finances publiques.
Oui mais voilà à toute mainmise délictueuse, forfaiture et autres délits il y a un envers de la médaille.
Celui-ci étant, qu’à titre personnel, son Excellentissime Sérénité le tyran aurait perdu pour le moins 355 millions d’USD lors du récent crack boursier et qu’en conséquence de quoi il veut imposer à son ex homme d’affaires, Abdourahman Borreh, restitution de la majeure partie des « émoluments et rétrocessions » qu’il lui avait consentis en un temps.
D’autre part et selon des études demeurées confidentielles, Djibouti débourserait pour le moins trois fois plus pour le service de sa dette que pour l’éducation primaire alors que de très gros efforts sont à faire dans ce secteur et que l’arrière pays est quasiment laissé à l’abandon ; seuls importent les grands hôtels et autres bâtiments fréquentés que par une clientèle militaire étrangère et qui, par le fait du hasard, appartiennent soit au pouvoir en place, soit à quelques « mandarins et potentats » locaux .
Le pays manque aussi cruellement de médicaments alors que l’un des grands mensonges d’Etat est d’affirmer que « Soins et médicaments seraient gratuits à Djibouti » omettant volontairement de révéler que cette gratuité ne concerne que 2 à 3 % de la population du pays.
- Une vie politique empêtrée dans la corruption
La présidence par autoproclamation d’Ismaïl Bobard 1 er est qualifiée depuis belle lurette de " Pillage de tout ce qui peut l’être" mais aussi « d’effaçage systématique de tout ce qui est placé sur sa route ».
Tous les observateurs sont unanimes pour le dire, sauf ceux qui ont tout intérêt à se taire - à cautionner tout et même l’invraisemblable - qui signent sans sourciller, confortablement assis dans un fauteuil du Sheraton, tout ce que l’on peut leur présenter pour avoir leur aval.
Comment pourrait-on parler de démocratie et de transparence alors que toutes les élections sont falsifiées de manière si voyante depuis 1977 que s’en est une véritable insulte aux Droits humains et qu’à Djibouti consigne est donnée par l’Elysée à bon nombre d’observateurs et journalistes pour ne pas voir ce qui pourrait déranger l’opinion française ; cela entrant dans une logique admise qui prône l’idée que cela pourrait être pire avec l'arrivée au pouvoir d'une opposition supposée être irresponsable..
D’aucuns craignent que si l’opposition venait à triompher, ce pourrait être l’ouverture d’une boîte de Pandore et que les mises en accusation pourraient même remonter très haut et à plus de 6 000 km de Djibouti et concerner quelques « jeunes retraités » de la politique française et leurs subordonnés mis au rencart depuis une nouvelle présidence qui disait « vouloir changer les choses et mettre fin à la Françafrique ! ».
Si cette boîte à Pandore s’ouvrait véritablement certains « Hauts falsificateurs des deux Républiques », à Paris comme à Djibouti, auraient du mal à échapper à la justice, à cette même justice de courage que celle dans l’affaire de l’assassinat du Juge Bernard Borrel.
Par évidence, ces escrocs et contrefacteurs mettent tout en œuvre pour tenter de freiner cette justice là ou se protègent derrière l’immunité diplomatique mais avec pleine conscience que ceci ne sera pas éternel face, de surcroît, à une opinion tant nationale qu’internationale qui gronde après avoir longtemps murmuré.
- L’alibi de la participation de la société civile aux mascarades gouvernementales
La société civile à Djibouti est totalement inexistante au sens où on l’entend dans le monde occidental.
L’appareil d’Etat a infiltré et noyauté, depuis 1999, toutes les associations qui existaient et en a créé d’autres en s'appuyant sur sa Police Politique, c'est-à-dire les Services Djiboutiens de Sécurité, qui s'est introduite dans tous les corps de métiers - y compris pour ceux qui furent souvent considérés pourtant comme étant inoffensifs - en y créant non pas des espaces informels libres de discussions et de dialogues démocratiques mais en imposant - par le bakchich et l’octroi d’avantages, gratuité du khat, emploi, logement - une « pensée unique » et par compensation l’obligation à chacun et à chacune d’exprimer un véritable culte à l’adresse d’Ismaïl Omar Guelleh.
De même l’union des marchands à Djibouti – organisme puissant – ne repose plus sur des appartenances religieuses, confessionnelles ou ethniques mais sur sa soumission à l’occupant du Palais de l’Escale qui, périodiquement, fait puiser, par sa garde prétorienne et à pleines mains, dans les caisses desdits marchands suivant ses besoins et surtout son humeur du moment.
Qu’un commerce ou une entreprise soit florissante et aussitôt un agent des Finances publiques - accompagné de Forces de Police - débarque pour effectuer un supposé contrôle qui se traduira quasi systématiquement par un artificiel « redressement » non point au profit des Finances mais du squatter du Palais de l’Escale.
- La logique de guerre entretenue
Les experts s’accordent pour reconnaître et qualifier l’idéologie imposée par Ismaïl Omar Guelleh comme étant totalitaire et proche de l’extrémisme stalinien.
Certains aspects en sont caractéristiques ;
un parti unique, masqué par une artificielle UMP ont chaque parti est aux ordres du RPP,
le culte de la personnalité entretenu à l’égard du « grand guide » Ismaïl Bobard,
une répression de masse inavouée et sournoise alors que face aux manifestants c’est une répression aveugle et sans limite qui est appliquée avec des morts par balles, souvent des femmes et des jeunes dont on masquera les véritables bilans,
une confiscation de la sphère culturelle au profit de la propagande cde l'Agence de désinformation du Palais de l’Escale,
une politique étrangère belliqueuse à l’égard de la France malgré les artifices de façades et qui est prête à toutes les compromissions,
l’exploitation d’un conflit Erythrée/Djibouti afin de tenter de focaliser l’attention des populations djiboutiennes sur l’ennemi du moment, le voisin.

Alors que par ailleurs l’Etat djiboutien relance la procédure d’épuration ethnique contre les populations Afars aux fins de mieux préparer le terrain pour les grands projets futurs tout en remplaçant les occupants actuels par des populations bien plus malléables.

