ACTUALITÉS (bis)
Dernière modification : le 05-Fév-2005 12:30 (GMT+1 / Bruxelles)

 

 

http://www.gouv-exil.org/

 

Le Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI IFTIN

Commandant le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale

 

 

05/02/05 - FRANCE - L’Ordre National de la Légion d’Honneur.

Historique :

La Révolution abolit tous les Ordres et décorations de l'Ancien Régime. Seul l'Ordre de Saint-Louis, créé par Louis XIV pour honorer la valeur militaire, est préservé pendant quelque temps sous l'appellation de Décoration Militaire. Mais en 1792, il disparaît.

Pour récompenser les actes de bravoure, la Convention et ses généraux prirent l'habitude d'offrir des armes. Rentré d'Orient et ayant réussi le coup d'Etat qui devait amener à l'instauration du Consulat, Bonaparte institutionnalisa ce système en créant les " armes d'honneur ", armes de grand luxe, gravées au nom du bénéficiaire et accompagnées d'un brevet.

Cependant, le projet du Premier Consul de créer un ordre, regroupant autour de lui une élite nouvelle qui représentait toutes les activités de la nation, fut mûri avec les deux autres Consuls, Lebrun et surtout Cambacérès. Le 29 floréal An X (20 mai 1802), la loi instituant ce nouvel Ordre est votée : " une " Légion d'Honneur récompensera les militaires mais aussi les " services et vertus civils ". Cette idée originale d'associer, au sein du même ordre, militaires et civils permettra à la Légion d'Honneur de traverser tous les régimes et de n'être jamais remise en cause.

La première promotion a lieu le 24 septembre 1803. Le premier Grand Chancelier est un civil, le naturaliste Bernard de Lacépède, disciple de Buffon et membre de l'Institut. Le premier Grand Trésorier est un militaire, le général Dejean. Ce n'est qu'après l'avènement de l'Empire que des signes extérieurs sont institués par décret du 22 messidor An XII (11 juillet 1804). Il n'y a alors que deux classes : le petit aigle ou étoile d'argent des légionnaires ; l'aigle d'or ou étoile d'or des gradés (officiers, commandants, grands officiers). Un décret du 10 pluviôse An XIII (30 janvier 1805) ajoute un cinquième degré, le plus élevé, la Grande Décoration, dont les titulaires sont ensuite appelés Grand Aigle puis grand cordon et enfin grand'croix (ordonnance du 26 mars 1816). A cette dernière date, les commandants reçoivent l'appellation de commandeur ; entre-temps, en 1808, les légionnaires avaient reçu celle de chevalier. Depuis, les dénominations ne changent plus et la hiérarchie de l'Ordre de la Légion d'Honneur est fixée.

Louis-Philippe supprime tous les ordres royaux et ne garde que la Légion d'Honneur qui retrouve ainsi sa place de plus haute distinction civile et militaire. Napoléon, Prince-Président, après avoir créé la Médaille Militaire le 22 janvier 1852, signe le 16 mars le décret organique qui en fixe les statuts pour plus d'une centaine d'années. Le Président de la République est de droit Grand Maître de l'Ordre.

Pour la première fois un drapeau est décoré, c'est celui du 2ème Régiment de Zouaves, à Magenta, le 20 juin 1859. Par ailleurs, reprenant un geste tardif de son oncle (qui avait aux Cent Jours remis la Légion d'Honneur à des villes pour leur conduite héroïque : Châlons-sur-Marne, Saint-Jean-de-Losne, Tournus), Napoléon III décore la ville de Roanne en 1864, en souvenir de sa résistance aux envahisseurs en 1814. De même, il essaie discrètement d'ouvrir l'Ordre aux femmes de manière normale, pensée qui sera reprise avec succès par la IIIème République.

Avec la Première Guerre Mondiale, le nombre des membres de la Légion d'Honneur ne cesse de croître, fait normal vue l'âpreté des combats de cette guerre de masse. Mais ce qui l'est moins, c'est le gonflement pléthorique des légionnaires entre les deux guerres. On arrive en 1938 à 200 000 décorés, dont 60 000 à titre civil, les contingents civils ayant plus que doublé. Cette inflation continue jusqu'à atteindre 320 000 membres à la fin de la IVème République.

L'Ordre risque de se dévaloriser.

Le général Catroux, Grand Chancelier et le général de Gaulle prennent des mesures pour stopper ce processus. Ce dernier signe le 28 novembre 1962 un Code de la Légion d'Honneur et de la Médaille Militaire qui se substitue à une réglementation complexe et éparse de 80 arrêtés, lois et décrets entre l'An X (1802) et 1961.

Dans le cadre d'une réforme globale des Ordres français, la Légion d'Honneur est revalorisée. Elle retrouve son prestige, son attribution étant réservée aux " mérites éminents ". Parallèlement l'Ordre National du Mérite, deuxième Ordre destiné, lui, à récompenser les " mérites distingués ", est créé le 3 décembre 1963,.

Bien qu'il s'agisse d'une étoile, la Légion d'Honneur est familièrement et respectueusement appelée " la croix des braves ".

L’ordre de la Légion d’Honneur aujourd’hui :

Bénéficiaires et conditions d'admission :

L'Ordre comprend 3 grades (chevalier, officier, commandeur) et 2 dignités (grand officier et grand'croix).

L'accès à l'Ordre ne peut se faire dans un grade supérieur à celui de chevalier. Néanmoins, les étrangers qui ne résident pas en France ne sont pas astreints aux règles de la hiérarchie des grades et dignités de l'Ordre, ceux-ci leur étant conférés en considération de leur personnalité ou des services rendus.

Les membres des Assemblées parlementaires ne peuvent être nommés ou promus dans l'Ordre (sauf pour faits de guerre).

L'admission et l'avancement dans l'Ordre National de la Légion d'Honneur sont prononcés dans la limite de contingents fixés par décret du Président de la République pour une période de trois ans. Ces contingents sont répartis entre les différents ministres qui adressent les propositions au Grand Chancelier.

Le Code actuel de la Légion d'Honneur ne prévoit pas d'admission à titre posthume. Le général de Gaulle disait que " la Légion d'Honneur est une élite de vivants ". Il n'en fut pas toujours ainsi ; pendant la Première Guerre Mondiale, la croix fut décernée aux " Morts pour la France ", militaires ou non, lorsqu'il avaient fait l'objet d'une citation insérée au Journal Officiel. Aujourd'hui, le Premier ministre est autorisé, par délégation du Grand Maître, à nommer ou à promouvoir, dans un délai d'un mois, les personnes blessées ou tuées dans l'accomplissement de leur devoir jugées dignes de recevoir cette distinction.

La distinction :

L'insigne est une étoile à cinq rayons doubles émaillés de blanc, les dix pointes boutonnées. L'étoile et les boutons sont en argent pour les chevaliers, en vermeil pour les officiers. Les rayons sont reliés par une couronne, d'argent ou de vermeil suivant le grade, émaillée de vert et composée de feuilles de chêne (à droite) et de laurier (à gauche) et dont les extrémités inférieures, entrecroisées, sont attachées par un noeud. Le centre de l'étoile présente un médaillon en or avec l'effigie de la République, entourée d'un cercle bleu, portant les mots : " République Française ". L'étoile est suspendue à une couronne, d'argent ou de vermeil suivant le grade, émaillée de vert et composée de feuilles de chêne (cette fois-ci à gauche) et de laurier (cette foi-ci à droite). Au revers, le médaillon d'or porte deux drapeaux tricolores, aux hampes entrecroisées, avec cet exergue : " Honneur et Patrie " et la date de création de l'Ordre : " 29 floréal An X ". La dimension de l'insigne en vermeil des commandeurs est de moitié plus grande que celle des deux premiers grades.

L'insigne est suspendu à un ruban en moire rouge, reprenant la couleur du ruban de l'Ordre de Saint-Louis. Il comporte une rosette pour les officiers. L'insigne des commandeurs est suspendu à une cravate. Les grands officiers portent la croix d'officier mais aussi une plaque sur le côté droit de la poitrine. Les grand'croix portent le même plaque, mais en vermeil, sur le côté gauche de la poitrine. Leur croix de vermeil, presque du double de celle des deux premiers grades, se porte en écharpe, suspendue à un large ruban rouge qui passe sur l'épaule droite.

La décoration à titre collectif :

Les villes, emblèmes et collectivités peuvent également être décorés de la Légion d'Honneur. Actuellement l'Ordre a été remis à :

68 villes dont 4 villes étrangères (Liège : 1914, Belgrade : 1920, Luxembourg : 1957, Stalingrad : 1984),
51 régiments, unités et emblèmes,
24 écoles militaires dont trois écoles étrangères (West Point : 1915, Académie navale d'Annapolis : 1945, Ecole des Elèves Officiers de Dar el Beida : 1956),
21 écoles ou groupes d'écoles civiles,
4 communautés : la Croix-Rouge Française (1946), le Réseau " Résistance PTT " (1946), l'Abbaye de Notre-Dame-des-Dombes (1948), la SNCF (1949).

La fourragère de la Légion d'Honneur :

La fourragère fait partie de l'uniforme et, faisant le tour du bras, se porte attachée au bord de l'épaule gauche. Il s'agit d'un cordon rond tressé à la couleur (rouge) de la Légion d'Honneur. Elle est remise solennellement aux recrues lors de leur présentation à l'emblème de la formation.

Le port de la fourragère n'est pas le privilège des régiments et unités décorés de la Légion d'Honneur, comme on le croit souvent. Il est réservé aux régiments et unités formant corps, cités à l'ordre de l'Armée, suivant des calculs précis :

fourragère de la Légion d'Honneur simple, quand l'unité a été citée 6 à 8 fois,

fourragères de la Légion d'Honneur et de la Croix de guerre, quand l'unité a été citée 9 à 11 fois,

fourragères de la Légion d'Honneur et de la Médaille Militaire, quand l'unité a été citée 12 à 14 fois,

fourragères de la Légion d'Honneur double, quand l'unité a été citée quinze fois et plus.

Les militaires qui ont pris part aux faits de guerre visés dans les citations à l'Ordre qui ont valu au corps l'attribution de la fourragère en bénéficient à titre individuel et la gardent après affectation à une autre unité.

L’organisation de l’Ordre :

Le Grand Chancelier :

Le Grand Chancelier de la Légion d'Honneur relève directement du Grand Maître, le Président de la République. Il demeure en charge pour une période de six ans renouvelable. Choisi parmi les grand'croix, il est dépositaire du Sceau de l'Ordre. Il est de droit Chancelier de l'Ordre National du Mérite et gère la Médaille Militaire. Il est obligatoirement consulté sur les questions de principe concernant les décorations françaises (à l'exclusion de l'Ordre de la Libération et de la médaille de la Résistance qui ont leur propre Chancelier).

Le Conseil de l'Ordre :

Il est présidé par le Grand Chancelier. Il comprend seize membres dont quatorze dignitaires ou commandeurs, un officier et un chevalier, nommés par le Grand Maître, sur proposition du Grand Chancelier. Ses membres offrent un éventail de personnalités civiles et militaires, appartenant à toutes les activités représentatives de la société française.

Les promotions civiles annuelles ont lieu : le 1er janvier, à Pâques et le 14 juillet. Les promotions militaires se limitent à deux fois par an, en principe au printemps pour les Réserves et début juillet pour l'Armée Active.

L’Ordre en chiffres :

Le code de 1962 fixe les limites à ne pas dépasser par grade et dignité, pour un effectif maximal de 125 000 : Dignitaires : Grand'Croix (75), Grand Officier (250). Gradés : Commandeur (1 250), Officier (10 000), Chevalier (113 425). Il y avait au 1er janvier 1999, 113 800 légionnaires.

Répartition :

militaires et assimilés : 65 %
civils : 35 %

Tableau de la représentation socio-professionnelle civile :

Equipement, transports, logement et tourisme 5 %
Sports, arts et lettres 8 %
Elus locaux, responsables syndicaux 10 %
Secteur médico-social, solidarité 13 %
Secteur économique 25 %
Secteur public 30 %
Divers 9 %

En 1912, on ne comptait qu'une centaine de femmes décorées de la Légion d'Honneur, soit 0,25 % des effectifs.

Elles étaient de 10 % sur l'effectif total mais 20,2 % dans les promotions de 1998


Secrétariat général du Gouvernement en Exil de Djibouti.
50 Avenue des Roses - 54630 - Richardménil - France.
Téléphone et télécopie : 00 33 (0)3 83 25 77 26.
exildj@gouv-exil.org