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Dernière modification : le 21-Jui-2002 21:19 (GMT+1 / Bruxelles)

 

21/07/02 Mémoire adressé à S.E. Gouled Aptidon pour lui demander de condamner officiellement la politique économique et sociale menée par Ismaël Omar Guelleh.

Bruxelles le dimanche 21 juillet 2002.

Références : n° 02 - 07 - 21 /17 MSA.


Mémoire
(second envoi - Diffusion générale)

Mahamoud Idriss Ahmed,
Président du Gouvernement en Exil de Djibouti

adressé à

SE Hassan Gouled Aptidon,
ancien Président de la République de Djibouti


Objet : Demande de condamnation officielle de la politique
économique et sociale menée par Ismaël Omar Guelleh, de sa politique
étrangère à l'égard des états voisins d'Ethiopie et du Somaliland.
des malversations et des exactions perpétrées par lui
ou sur son ordre et sans l'aval de SE Hassan Gouled Aptidon.


Le 27 juin 1977, notre pays accédait à l'Indépendance et le peuple en liesse, votre peuple, vous acclamait dans les rues de la capitale comme dans chaque ville ou village de notre jeune République de Djibouti.

Cette indépendance nous l'avons acquise 17 années plus tard que la grande majorité des autres nations du continent africain ce qui aurait du nous permettre de ne pas commettre certaines erreurs et lancer notre pays sur le chemin du progrès économique et social ; sur celui du long chemin vers la démocratie.

Nos anciens, nos pères, nos mères et nous-mêmes avions fondé de grands espoirs en cette Liberté mais surtout dans l'homme, le grand leader au charisme certain qui avait conduit notre Nation à l'indépendance et qui se voyait, de par ce fait et à juste titre, porté par son peuple et dans un même élan à la Présidence de la République.

Malgré les engagements d'aller vers le progrès et l'amélioration de leurs conditions d'existence, les djiboutiennes et les djiboutiens sont allés de déceptions en déceptions au point que bon nombre d'entre eux et notamment parmi notre jeunesse, conscients des difficultés proches de la misère qui s'est installée lentement dans notre pays, le fuient depuis des années et s'exilent vers des terres d'accueil ; loin de leurs racines, loin de leurs tribus, loin de leurs familles et des êtres qui leur sont chers.

Face à une situation sociale, économique et politique désastreuse, fortement aggravée depuis quelques années et dans l'impossibilité d'exercer leur métier dans des conditions décentes, les cadres formés à l'étranger choisissent très majoritairement l'exil ; les défections sont nombreuses et s'accumulent les unes aux autres privant ainsi le pays de ces hommes et de ces femmes dont il a forcément besoin.

En facilitant l'accès d'Ismaël Omar Guelleh aux plus hautes instances du RPP, en l'imposant comme votre dauphin dans la perspective d'Elections futures à la présidence de la République vous ignoriez que toutes les conditions d'une scission à l'intérieur de la grande famille des Issas et que des dissensions allaient naître puis être entretenues dans toutes les ethnies et les tribus afin qu'il puisse mieux asseoir ses visées hégémoniques sur la région et son autorité qu'il maintient dans le pays par le clientélisme et par la force.

La guerre qu'il a généré et entretenu en un temps contre nos frères Afars est une blessure à l'âme de notre peuple. Plus que jamais, la Nation djiboutienne n'a nul besoin de ces incitations aux haines d'un autre temps dont elle subit encore à ce jour les effets pervers ni de ressortir de ses caves de vieilles querelles qui n'ont plus lieu d'être et dont nul n'est en mesure aujourd'hui d'en justifier les origines et d'en motiver les raisons.


- La non-reconnaissance par Ismaël Omar Guelleh de l'existence du peuple frère de Somaliland, avec qui nous avons des liens familiaux profonds et des relations d'amitiés,

- Les agressions militarisées dont il s'est rendu coupable notamment à l'égard du peuple frère d'Ethiopie en tentant d'asphyxier économiquement sa capitale,

sont la démonstration évidente de l'indignité d'un homme se réclamant de la Paix et qui a l'outrecuidance de se prétendre Chef de l'Etat djiboutien..

Ce faisant il suscite des dissensions à l'intérieur des peuples Issas et Afars, prolonge son action jusqu'en Ethiopie et au Somaliland en créant ainsi toutes les conditions de l'émergence d'un conflit dont les peuples frères n'ont nul besoin.

On ne construit pas le Progrès d'une Nation par la guerre et les incitations à la discorde mais en mettant tout en œuvre pour que s'instaure une paix durable dans le respect de l'autre.

Sur le plan de la politique intérieure son refus marqué de l'émergence d'une véritable opposition s'exprimant librement dans le cadre des institutions républicaines et des droits s'est traduit par une monopolisation de tous les pouvoirs qui l'a conduit à être l'ordonnateur d'exactions les plus diverses, ce en dépit de la Constitution et des Lois de la République.

Ces actes condamnables sont d'un tel niveau d'importance que nous ne mentionnerons que quelques personnalités politiques qui en ont subi les effets,

- ISMAIL GUEDI HARRED, votre ancien Directeur de cabinet,

- MOUMIN BAHDON FARAH, ancien Ministre des Affaires étrangères puis de la Justice,

- AHMED BOULALEH BARREH, ancien ministre de l'Intérieur puis de la
Défense.

- Feu MOHAMED DJAMA ELABEH ancien Ministre puis Président du PRD, leader incontesté de l'opposition politique djiboutienne.
Décédé sans des conditions particulières fin 1996.

- Feu AHMED ISSA dit CHEIKO, ancien Ministre puis président du front Uni de
l'Opposition Djiboutienne,

- AHMED DINI AHMED ancien Premier ministre et actuel Président du FRUD

- Feu MOUSSA BOURALEH ROBLEH dit irdeh, ancien Ministre,

- ADEN ROBLEH AWALEH, ancien Ministre et actuel Président du PND.

- ABDALLAH MOHAMED KAMIL, 1er Président du Gouvernement de transition lors de l'accession du pays à l'Indépendance puis Ministre des Affaires étrangères,

- SOULEIMAN FARAH LODON, ancien Ministre puis 2ème Vice-Président du PRD de Mohamed Djama Elabé.

- MOHAMED SAID ARAB, ancien Ministre et actuellement réfugié politique en
Belgique.

- Feu le Général YACIN YABEH GALAB, ancien Chef d'Etat Major des Forces Nationales de Police. " Meurtre programmé " par non assistance à personne en danger.


Ces hommes étaient et sont encore pour certains vos compagnons de la Libération de notre pays, ils se sont opposés à la mainmise exercée par Ismaël Omar Guelleh sur tous les pouvoirs et sur l'appareil d'Etat.

Certains sont décédés, d'autres ont fui le pays, d'autres encore furent emprisonnés pour d'obscures raisons sans oublier les Fonctionnaires à tous les niveaux de l'Administration et quelque pouvait être le Ministère d'appartenance qui furent eux aussi emprisonnés à Gabode, torturés physiquement ainsi que toutes les pressions psychologiques ignobles exercées sur leurs familles et sur celles des opposants politiques lorsque les intéressés se sont expatriés pour fuir le régime.

Des hommes des Forces Nationale de Police qui ont respecté les ordres reçus de leur supérieur hiérarchique sont emprisonnés depuis plus de 18 mois dans des conditions innommables et sont les victimes d'une parodie de justice, dégradante pour leur dignité de soldats, insultante pour notre Justice.


Aux injustices caractérisées en dépit des Lois et des Droits, ajoutons la cohorte des " bras cassés " des Administrations, des Forces Armées et des Forces Nationales de Police exclus ainsi par décision d'Ismaël Omar Guelleh et sans justification aucune.

Ceci confirme là encore toutes les injustices dont nos Militaires, Policiers, Fonctionnaires et Enseignants furent et sont encore de nos jours les victimes du régime discrétionnaire d'Ismaël Omar Guelleh.

Excellence, vous êtes responsable, directement ou indirectement, devant la Nation djiboutienne des actes perpétrés par Ismaêl Omar Guelleh qui a jeté le discrédit sur la tribu des mamassams qui en subit aujourd'hui les effets néfastes.


Pour toutes ces raisons,


Nous vous demandons instamment :

- de désavouer de manière officielle toutes les exactions, meurtres programmés, souffrances infligées à la population, assassinats commandités, falsifications et détournements de biens publics, prises d'intérêts illégales commis par Ismaël Omar Guelleh tout en lui laissant la pleine et entière responsabilité des actes perpétrés sans votre aval,

- de condamner de manière officielle la politique d'Ismaël Omar Guelleh consistant à agir par actes d'ingérence dans les " affaires intérieures " des pays limitrophes, par des provocations et des agressions caractérisées à l'égard des peuples voisins et amis du Somaliland et de l'Ethiopie,

- de demander l'appui officiel de l'Organisation des Nations Unies, de l'Union Européenne, de l'ex Organisation de l'Union Africaine et des pays membres de la Ligue Arabe afin qu'il soit procédé dans les meilleurs délais à la mise en place d'une force militaire d'intervention à Djibouti afin de maintenir l'ordre public et placée sous le haut commandement de l'ONU.

- de demander que soient organisées dans les meilleurs délais un Référendum géré conjointement par l'Organisation des Nations Unies, l'Union Européenne, l'ex Organisation de l'Union Africaine et les pays membres de la Ligue Arabe appelant le peuple djiboutien à se prononcer librement et par référendum sur la destitution d'Ismaël Omar Guelleh de la Présidence de la République de Djibouti ou sur son maintien à ce poste.

- de demander que soient organisées dans les meilleurs délais des Elections Présidentielles, gérées conjointement par l'Organisation des Nations Unies, l'Union Européenne, l'ex Organisation de l'Union Africaine et les pays membres de la Ligue Arabe.

- de demander la dissolution de l'Assemblée Nationale et que soient organisées dans les meilleurs délais des Elections Législatives, gérées conjointement par l'Organisation des Nations Unies, l'Union Européenne, l'ex Organisation de l'Union Africaine et les pays membres de la Ligue Arabe.


Fait à Bruxelles le dimanche 21 juillet 2002.

Mahamoud Idriss Ahmed,
Président du Gouvernement en Exil de Djibouti

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