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Le
Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI
IFTIN
Commandant
le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale


Lettre
ouverte de M Mohamed SALEH ALHOUMEKANI, porte parole du Gouvernement en Exil de
Djibouti
Madame,
Monsieur,
C'est
avec une solennité et une préoccupation certaine qu'impose la situation
que nous nous adressons aujourd'hui à tous les Djiboutiens et à
toutes les Djiboutiennes sans exception d'aucune sorte mais aussi à M Ismaïl
OMAR GUELLEH qui conduit aux destinées de la République de Djibouti.
S'étant
placé depuis mai 1999 à la tête du pays, il s'apprête
à soumettre à l'appréciation des électeurs et des
électrices un scrutin présidentiel - prévu pour le 8 avril
2005 - dans des conditions contestées par ce que contestables et pour lequel
il est - de surcroît - le candidat unique d'une minorité politique
en charge de l'Etat et de ses institutions.
Malgré
et certainement par ce que la fracture sociale et politique qui sépare
le pouvoir et les populations djiboutiennes - dans leur ensemble - s'est aggravée
ces derniers mois et a conduit à sa seule candidature pour se succéder
à lui-même, nous prenons l'initiative de solliciter M Ismaïl
OMAR GUELLEH et tous les leaders des diverses composantes de l'opposition politique
- présentes à Djibouti ou en situation d'exil - pour que chacun
et chacune accepte le principe de l'instauration d'une pause politique et d'évidence
d'un report desdites élections présidentielles.
Ce
report des élections présidentielles est la condition nécessaire
et préalable à respecter avant toute négociation en vue de
la reconstruction nationale.
Cette
demande de l'instauration d'une pause et de négociations se décline
à partir d'une logique dans l'intérêt prioritaire de notre
pays et de ses populations et du fait que les instances internationales, dont
l'Union européenne, la France, les USA et les autres grands états
de l'Occident comme du Moyen Orient, d'Afrique et d'Asie observent avec grande
attention aujourd'hui les conditions de préparation de ces élections
présidentielles. Elections sujettes à caution et à maintes
défiances pour l'avenir de la démocratie dans notre pays mais aussi
et par conséquent pourraient avoir une incidence négative quant
à l'instauration comme au maintien d'une paix durable dans la région
de la Corne Est de l'Afrique.
L'intérêt
géopolitique de la République de Djibouti comme l'émergence
d'un Etat de Droit et de " bonne gouvernance " sont plus que jamais
à l'ordre du jour, on ose dire à l'air du temps car nous devons
absolument éviter une " togolisation " ou une " ivoirisation
" de la situation économique, sociale et politique dans notre pays
à la lecture a posteriori que chacun peut avoir sur les conséquences
et sur tous les effets pervers auxquels sont confrontés ces pays.
N'oublions
pas que les hommes suivent les exemples mieux qu'ils n'écoutent les conseils
et que par conséquent mieux vaut les faire suivre par le bon exemple que
de les faire fuir devant soi.
Inspirons-nous
de la sagesse d'un Voltaire qui écrivit en son temps
"
Un seul mauvais exemple, une fois donné, est capable de corrompre toute
une nation, et l'habitude devient une tyrannie
"
L'avenir
implique d'évidence le retour des " enfants de Djibouti " sur
leur sol national - pour ceux et celles qui en exprimeraient le souhait - afin
qu'ils et elles puissent contribuer - à partir de leur savoir faire et
leur expérience acquis à l'étranger - à la grande
uvre de reconstruction nationale que nous préconisons de lancer depuis
des années.
Le
réel exil pour chaque Djiboutien, pour chaque Djiboutienne, commence lorsque
le présent lui est confisqué. Quand il est condamné à
rêver sous d'autres cieux, au temps d'avant et d'espérer en un avenir
qui persiste à n'être que le présent, alors même le
printemps dans un pays du monde occidental manque de charme. Le plus beau des
jardins fleuris paraît triste par ce qu'il manque l'essentiel, c'est à
dire nos racines familiales et le parfum de notre terre natale.
L'heure
n'est pas au bruit des armes ni aux palabres sans lendemain.
C'est
l'instant des négociations que nous proposons - sans ambages ni faiblesse
- dans le respect des droits de chacune des composantes au dialogue, ce dans l'intérêt
et pour le progrès de notre pays et de ses populations.
A
cet effet, nous adresserons sous 24 heures et directement à M Ismaïl
OMAR GUELLEH - par l'entremise de son Cabinet - un courrier lui proposant le principe
d'acceptation de l'instauration d'une pause politique et d'évidence d'un
report desdites élections présidentielles.
L'opposition
politique doit continuer à chercher pour trouver une solution. Quand le
soleil se perd dans la nuit, l'espoir guette toujours un reflet.
C'est
ce reflet là que nous devons découvrir ensemble, dans l'intérêt
de notre pays et de l'avenir de ses populations.

Secrétariat
général du Gouvernement en Exil de Djibouti.
50 Avenue
des Roses - 54630 - Richardménil - France.
Téléphone
et télécopie : 00 33 (0)3 83 25 77 26.
exildj@gouv-exil.org