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28-Jui-2002 18:01
(GMT+1 / Bruxelles)
27/07/02
Lettre ouverte de M Mahamoud Idriss Ahmed, Président du Gouvernement
en Exil de Djibouti, adressée à M Ismaël Omar Guelleh
au sujet des conditions de la mort du Général Yacin Yabeh.
Monsieur,
Après avoir
accaparé tous les pouvoirs dans notre pays en falsifiant honteusement
le résultat des Elections présidentielles de 1999, vous
n'avez eu de cesse que de mobiliser toutes les forces du pays en faveur
de l'injustice, de la préférence ethnique et de votre
enrichissement personnel. Le résultat ne s'est pas fait longtemps
attendre, puisque le pays et sa population ont été rapidement
confronté sà une véritable catastrophe économique,
humanitaire et sociale, dont il se ne pourra se relever qu'avec les
plus grandes difficultés.
Par votre obscurantisme
politico-dictatorial, votre absence totale d'humanité et le manque
de respect que vous portez aux familles des prisonniers politiques incarcérés
dans vos geôles, vous avez indigné le peuple djiboutien
et l'opinion mondiale internationale.
En empêchant
volontairement que des soins soient donnés au Général
Yacin Yabeh, vous avez franchi un nouveau pas dans l'horreur et dans
le crime. La victime a payé de sa propre vie, votre arrogance
et votre mépris de la vie humaine.
En plus, vous avez
porté atteinte à l'image de notre pays auprès de
l'opinion et des instances internationales tout en démontrant
votre incapacité à gérer les problèmes auxquels
notre société est confrontée ; l'illégitimité
de vos décisions et les excès de votre pouvoir discrétionnaire
semblent ne plus avoir de limite aujourd'hui.
Ces faits dépassent
la dimension politique d'une " affaire ", car ils transgressent
le jugement prononcé par vos Tribunaux, l'avis d'un médecin
indépendant, les recommandations du Procureur de la République
et les assurances données à une puissance étrangère
et amie.
En effet, le 7 décembre
2000, le Général Yacin Yabeh Galab s'était réfugié
dans une enclave militaire. Les autorités françaises avaient
accepté de vous remettre cette personnalité en échange
d'une garantie de traitement judiciaire et humain en conformité
avec celles d'un Etat de Droit. Le représentant de la France
avait confirmé publiquement que la France avait reçu toutes
les assurances de votre part.
Vous êtes
passé outre les engagements que vous aviez donnés à
la France.
Nous ne pouvons
désormais que nous inquiéter des sanctions légitimes
qui pourraient être décidées par ce pays ami pour
protester contre votre forfaiture et pour restaurer son autorité
morale. Bien que nous ayons confiance dans la sagesse de la France,
les mesures pourraient avoir des conséquences directes ou indirectes
graves pour l'ensemble de la population.
Nous ne pouvons
aussi que nous inquiéter pour l'avenir. Quelle sera la prochaine
victime de votre arrogance et de votre sentiment d'impunité totale
? Un autre membre de l'opposition, dont le nom complètera la
liste des citoyens éliminés et des morts suspectes depuis
plusieurs années ?
Au nom de la Nation
djiboutienne, de l'opposition politique et du Gouvernement en Exil de
Djibouti, je vous accuse publiquement :
- d'être coupable
de la mort du Général Yacin Yabeh Galab, pour avoir refusé
son transfert dans le service spécialisé d'un hôpital
disposant du matériel nécessaire,
- d'avoir transgressé
sciemment les Lois de la République en vous opposant à
une décision émanant du parquet du Procureur qui autorisait
ledit transfert,
Dans les prochains
jours, à l'issue de la période religieuse de deuil, je
vous informe que de nombreuses plaintes pénales vont être
déposées devant les tribunaux occidentaux. Personnellement
et en accord avec tous les membres du Gouvernement en Exil que je préside,
je m'associe à toutes les actions pénales et je mettrai
en oeuvre tous les moyens pour qu'elles soient poursuivies jusqu'au
verdict final qui vous condamnera.
................
Mahamoud
Idriss Ahmed
Président du GED
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Rappel :
La France
a reçu des assurances concernant l'ex-chef de la police.
PARIS, 9 déc
(AFP). La France a reçu des "assurances" que le général
Yacin Yabeh Galab, l'ancien chef de la police limogé et remis
aux autorités djiboutiennes, "serait traité avec
toutes les garanties qu'offre un Etat de droit", a indiqué
samedi le quai d'Orsay dans un communiqué.
"Le général
Yacin est entre les mains de la justice djiboutienne. La France qui
a été en étroit contact avec les plus hautes autorités
de djibouti, a reçu l'assurance que l'intéressé
serait traité avec toutes les garanties qu'offre un Etat de droit",
affirme le communiqué.
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Selon Radio-Djibouti
(officielle), les "autorités françaises à
Djibouti" ont remis samedi aux autorités djiboutiennes le
général Yacin Yabeh Galab, l'ancien chef de la police
limogé et à l'origine, jeudi, d'une mutinerie de policiers
matée par l'armée.
Après avoir
été mis en fuite jeudi en fin de journée par l'intervention
conjointe de l'armée, de la gendarmerie et des policiers restés
fidèles au président Ismaïl Omar Guelleh, le général
Galab avait "pris contact" avec le Quartier Général
des forces françaises à Djibouti et l'ambassade de France,
avait indiqué vendredi à Paris le ministère français
des Affaires étrangères.