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Dernière modification : le 04-Avr-2005 20:30 (GMT+1 / Bruxelles)

 

 

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Le Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI IFTIN

Commandant le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale

 

 

Au moment où M Ismaïl OMAR GUELLEH invite les électrices et les électeurs djiboutiens à participer à une réédition du simulacre d'Élections présidentielles prévues pour le 8 avril 2005, l'opposition politique djiboutienne, le Gouvernement en Exil et le Mouvement Djiboutien de Libération Nationale n'ont cessé de saisir les opportunités offertes pour rappeler inlassablement toutes les alertes et les appels faits précédemment.

Appels lancés à la communauté et à l'opinion internationales pour que s'instaure une médiation entre le pouvoir politique en place à Djibouti et les représentants de ladite opposition.

Des démarches directes furent effectuées à maintes reprises - tout particulièrement par le Secrétaire général du GED - vers la diplomatie française du Quai d'Orsay avec le souhait qu'elle fasse émerger et coordonne l'instauration d'un dialogue entre toutes les parties en présence. Ces démarches concernaient les violations des droits de l'homme, la grande misère, et l'oppression que vit le peuple djiboutien à la lumière d'un examen de la situation politique, économique et sociale dans le pays.

Parallèlement à toutes ces indispensables sollicitations à une médiation, nos appels à l'émergence d'un dialogue nécessaire que nous n'avons eu de cesse de proposer au régime de M Ismaïl OMAR GUELLEH constituaient bien plus une " Alerte et une mise en garde " d'une grande fermeté qu'un simple message politique notamment sur la violence en période d'Élections avec un risque permanent de soulèvement des populations, surtout de notre jeunesse désespérée car très majoritairement sans emploi.

La réponse qui nous fut opposée ne tarda pas.

M Ismaïl OMAR GUELLEH est le candidat unique à sa propre "réélection aménagée" dans un simulacre de scrutin. Il a pris toutes ses dispositions pour qu'aucun réel candidat de l'opposition ne puisse mener une campagne électorale dans des conditions respectant le Code électoral et son Droit d'expression.

Force est donc de constater que le refus d'instaurer des Élections présidentielles libres à Djibouti, sous un réel et sincère contrôle international, ne permet pas à chacun et à chacune de voter en pleine liberté et responsabilité pour le candidat de son choix.

Face à cette déplorable situation et à leur corps défendant, le Gouvernement en Exil présidé par M Mahamoud IDRISS AHMED, les partis politiques regroupés au sein de l'UAD dirigée par M Ismaël GUEDI HARED, le MDLN et toute l'opposition politique - unis plus que jamais en ces circonstances historiques - n'ont eu d'autre alternative que de lancer conjointement une Campagne de boycott desdites Élections tout en la justifiant.

L'histoire se répète éternellement, face à la dictature la désobéissance civile devient par la force des choses la seule alternative dont disposent les citoyens et les citoyennes. Comme nous l'avons déclaré à diverses reprises, c'est une responsabilité qui appelle à davantage de responsabilités de chacun et de chacune pour que s'instaurent la République et l'État de Droit.

Les chemins de la "pensée unique" dans un pays passent souvent par des lieux qui ne sont que sources de conflits et de misères humaines, voire de morts.

Les événements d'une extrême gravité qui se sont produits ces jours derniers au Nord Est du pays étaient prévisibles. Ils sont la conséquence directe de l'enfermement dans lequel persiste le régime de M Ismaïl OMAR GUELLEH et de l'ignorance dans laquelle il tient les populations de notre pays et leurs droits.

La force et la fraude étant les deux armes principales de la dictature qui règne actuellement à Djibouti, ordre a été donné par le pouvoir de tenter de contraindre par la violence les électeurs de ladite région du Nord Est du pays.

Des affrontements armés s'en sont suivis entre les forces du Mouvement Djiboutien de Libération Nationale et la " garde prétorienne " du régime d'Ismaïl OMAR GUELLEH envoyée sur place pour faire acte de répression.

Bien que limitées dans leur ampleur, ces confrontations armées se sont traduites par des morts et des blessés alors que le Mouvement Djiboutien de Libération Nationale prend de l'ampleur dans la capitale et dans chaque région.

Le sang des Djiboutiens, souvent celui des femmes, des enfants et des hommes sans défense, n'a que trop été versé par le passé. Ceci a laissé des traces dans le coeur de bien des familles dans notre pays. Qui pourrait s'en satisfaire ?.

Pour toutes ces raisons, nous demandons

- aux hautes autorités françaises de faire entendre raison à M Ismaïl OMAR GUELLEH aux fins qu'il reporte les élections présidentielles à une date ultérieure et qu'il accepte l'instauration d'un dialogue vers l'émergence d'un véritable pluralisme politique avec le respect de ses droits dans notre pays.

- aux Forces Armées étrangères présentes sur notre sol national, de ne pas s'ingérer - en aucun moment et de quelque manière que ce soit - dans les événements qui pourraient suivre - dans les jours et les semaines à venir - et de confirmer ainsi leur indispensable neutralité.

La France étant le premier bailleur de fonds des Finances publiques djiboutiennes, nous considérons qu'elle a la faculté diplomatique et la capacité pour faire évoluer le régime actuel de M Ismaïl OMAR GUELLEH vers une ouverture à la démocratie avec la nécessaire émergence du respect des libertés publiques.

Une fois encore, nous réaffirmons le fait incontestable que les événements qui se sont déroulés dans la région du Nord Est de notre pays - et qui pourraient s'étendre si le régime en place venait à persister dans son enfermement politique - furent, sont et seront demain une " affaire de Djiboutiens entre Djiboutiens ".

L'intérêt géopolitique de la République de Djibouti est évident pour les grands pays alors que l'émergence d'un État de Droit et de " bonne gouvernance " doit être la priorité des grandes diplomaties étrangères présentes sur notre sol et qui disposent d'une influence indéniable.

Ceci fait donc obligation, aux uns et aux autres, de mettre tout en œuvre afin d'éviter une " togolisation " ou une " ivoirisation " de la situation économique, sociale et politique dans notre pays.

Plus que jamais, chaque geste entraîne après soi une responsabilité éternelle.

L'histoire récente des pays d'Afrique le confirme, il y eut des gestes omis qui furent condamnés. Au-delà des populations, c'est l'histoire qui l'a fait et le ferait demain car elle a grande mémoire.

 

Bruxelles le lundi 04 avril 2005.


Secrétariat général du Gouvernement en Exil de Djibouti.

50 Avenue des Roses - 54630 - Richardménil - France.

Téléphone et télécopie : 00 33 (0)3 83 25 77 26.

exildj@gouv-exil.org