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Le
Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI
IFTIN
Commandant
le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale

Au
moment où M Ismaïl OMAR GUELLEH invite les électrices et les
électeurs djiboutiens à participer à une réédition
du simulacre d'Élections présidentielles prévues pour le
8 avril 2005, l'opposition politique djiboutienne, le Gouvernement en Exil et
le Mouvement Djiboutien de Libération Nationale n'ont cessé de saisir
les opportunités offertes pour rappeler inlassablement toutes les alertes
et les appels faits précédemment.
Appels
lancés à la communauté et à l'opinion internationales
pour que s'instaure une médiation entre le pouvoir politique en place à
Djibouti et les représentants de ladite opposition.
Des
démarches directes furent effectuées à maintes reprises -
tout particulièrement par le Secrétaire général du
GED - vers la diplomatie française du Quai d'Orsay avec le souhait qu'elle
fasse émerger et coordonne l'instauration d'un dialogue entre toutes les
parties en présence. Ces démarches concernaient les violations des
droits de l'homme, la grande misère, et l'oppression que vit le peuple
djiboutien à la lumière d'un examen de la situation politique, économique
et sociale dans le pays.
Parallèlement
à toutes ces indispensables sollicitations à une médiation,
nos appels à l'émergence d'un dialogue nécessaire que nous
n'avons eu de cesse de proposer au régime de M Ismaïl OMAR GUELLEH
constituaient bien plus une " Alerte et une mise en garde " d'une grande
fermeté qu'un simple message politique notamment sur la violence en période
d'Élections avec un risque permanent de soulèvement des populations,
surtout de notre jeunesse désespérée car très majoritairement
sans emploi.
La
réponse qui nous fut opposée ne tarda pas.
M
Ismaïl OMAR GUELLEH est le candidat unique à sa propre "réélection
aménagée" dans un simulacre de scrutin. Il a pris toutes ses
dispositions pour qu'aucun réel candidat de l'opposition ne puisse mener
une campagne électorale dans des conditions respectant le Code électoral
et son Droit d'expression.
Force
est donc de constater que le refus d'instaurer des Élections présidentielles
libres à Djibouti, sous un réel et sincère contrôle
international, ne permet pas à chacun et à chacune de voter en pleine
liberté et responsabilité pour le candidat de son choix.
Face
à cette déplorable situation et à leur corps défendant,
le Gouvernement en Exil présidé par M Mahamoud IDRISS AHMED, les
partis politiques regroupés au sein de l'UAD dirigée par M Ismaël
GUEDI HARED, le MDLN et toute l'opposition politique - unis plus que jamais en
ces circonstances historiques - n'ont eu d'autre alternative que de lancer conjointement
une Campagne de boycott desdites Élections tout en la justifiant.
L'histoire
se répète éternellement, face à la dictature la désobéissance
civile devient par la force des choses la seule alternative dont disposent les
citoyens et les citoyennes. Comme nous l'avons déclaré à
diverses reprises, c'est une responsabilité qui appelle à davantage
de responsabilités de chacun et de chacune pour que s'instaurent la République
et l'État de Droit.
Les
chemins de la "pensée unique" dans un pays passent souvent par
des lieux qui ne sont que sources de conflits et de misères humaines, voire
de morts.
Les
événements d'une extrême gravité qui se sont produits
ces jours derniers au Nord Est du pays étaient prévisibles. Ils
sont la conséquence directe de l'enfermement dans lequel persiste le régime
de M Ismaïl OMAR GUELLEH et de l'ignorance dans laquelle il tient les populations
de notre pays et leurs droits.
La
force et la fraude étant les deux armes principales de la dictature qui
règne actuellement à Djibouti, ordre a été donné
par le pouvoir de tenter de contraindre par la violence les électeurs de
ladite région du Nord Est du pays.
Des
affrontements armés s'en sont suivis entre les forces du Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale et la " garde prétorienne " du
régime d'Ismaïl OMAR GUELLEH envoyée sur place pour faire acte
de répression.
Bien
que limitées dans leur ampleur, ces confrontations armées se sont
traduites par des morts et des blessés alors que le
Mouvement Djiboutien de Libération Nationale prend de l'ampleur dans la
capitale et dans chaque région.
Le
sang des Djiboutiens, souvent celui des femmes, des enfants et des hommes sans
défense, n'a que trop été versé par le passé.
Ceci a laissé des traces dans le coeur de bien des familles dans notre
pays. Qui pourrait s'en satisfaire ?.
Pour
toutes ces raisons, nous demandons
-
aux hautes autorités françaises de faire entendre raison à
M Ismaïl OMAR GUELLEH aux fins qu'il reporte les élections présidentielles
à une date ultérieure et qu'il accepte l'instauration d'un dialogue
vers l'émergence d'un véritable pluralisme politique avec le respect
de ses droits dans notre pays.
-
aux Forces Armées étrangères présentes sur notre sol
national, de ne pas s'ingérer - en aucun moment et de quelque manière
que ce soit - dans les événements qui pourraient suivre - dans les
jours et les semaines à venir - et de confirmer ainsi leur indispensable
neutralité.
La
France étant le premier bailleur de fonds des Finances publiques djiboutiennes,
nous considérons qu'elle a la faculté diplomatique et la capacité
pour faire évoluer le régime actuel de M Ismaïl OMAR GUELLEH
vers une ouverture à la démocratie avec la nécessaire émergence
du respect des libertés publiques.
Une
fois encore, nous réaffirmons le fait incontestable que les événements
qui se sont déroulés dans la région du Nord Est de notre
pays - et qui pourraient s'étendre si le régime en place venait
à persister dans son enfermement politique - furent, sont et seront demain
une " affaire de Djiboutiens entre Djiboutiens ".
L'intérêt
géopolitique de la République de Djibouti est évident pour
les grands pays alors que l'émergence d'un État de Droit et de "
bonne gouvernance " doit être la priorité des grandes diplomaties
étrangères présentes sur notre sol et qui disposent d'une
influence indéniable.
Ceci
fait donc obligation, aux uns et aux autres, de mettre tout en uvre afin
d'éviter une " togolisation " ou une " ivoirisation "
de la situation économique, sociale et politique dans notre pays.
Plus
que jamais, chaque geste entraîne après soi une responsabilité
éternelle.
L'histoire
récente des pays d'Afrique le confirme, il y eut des gestes omis qui furent
condamnés. Au-delà des populations, c'est l'histoire qui l'a fait
et le ferait demain car elle a grande mémoire.
Bruxelles
le lundi 04 avril 2005.

Secrétariat
général du Gouvernement en Exil de Djibouti.
50 Avenue
des Roses - 54630 - Richardménil - France.
Téléphone
et télécopie : 00 33 (0)3 83 25 77 26.
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