


http://www.gouv-exil.org/





Le
Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI
IFTIN
Commandant
le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale






09/04/05
- ELECTIONS MASCARADES - Un certain 08 avril 2005
dans le pays des Droits de l'Homme mais si loin de la Liberté et des Droits
républicains respectés.
Bouh
WARSAMA.
En cette
période de simulacre d'Elections présidentielles, s'appuyant sur
une propagande outrancière à l'égard de l'opposition et des
déclarations mensongères largement diffusées à Djibouti
ces dernières semaines, le président autoproclamé Ismaïl
OMAR GUELLEH n'a eu de cesse de crier haut et fort son supposé attachement
aux Droits humains et à la démocratie, se permettant même
de donner des leçons aux institutions françaises.
Mais
dans les rues de la capitale et derrière les murs des prisons à
Djibouti, le masque va tomber en cette journée du 8 avril 2005 que l'on
peut qualifier d'historique pour toute l'opposition à Djibouti, comme en
exil de par le monde.
Lors
de la manifestation organisée par l'ADD à Paris, une femme - figure
emblématique de la lutte contre l'injustice, le racisme institutionnel,
la corruption, les violences policières à l'égard des femmes
et les viols commis sur ordre de l'Etat djiboutien - Aicha DABALEH va se dépenser
sans compter tout au long de cette journée. Journée qui, en France
comme ailleurs dans le monde, avait pour but de réunir et de consolider
toute l'opposition politique au régime dictatorial d'IOG.






Sur
la place à la sortie du métro Porte Dauphine, dans la foule qui
se pressait on notait la présence
-
d'intellectuels et d'hommes de lettres tels qu'Abdourahman WABERI et Ali COUBA
(président du jeune parti dynamique et rassembleur UGUTA - TOOSA) ,
-
des leaders de mouvements politiques (avec leurs collaborateurs) tels que Mohamed
KADAMI dirigeant l'ADD et Daher AHMED FARAH président du MRD mais aussi
le jeune représentant de l'ARD en France, Maki HOUMEDGABA,
-
Moussa AINACHE ancien " patron " de la RTD et en dissidence depuis le
début des années 80,
-
Ali Abdillahi IFTIN, commandant le Mouvement Djiboutien de Libération Nationale.
C'est
sous une pluie glaciale qu'a débuté en fin de matinée la
manifestation statique " Union contre Guelleh et sa dictature " avec
des slogans lancés par les uns et aussitôt repris en chur par
les autres dans un rythme qui ne faiblissait pas.

La
chanteuse comorienne Nawal et des amis (es) imprimaient à l'ensemble et
dans le même temps un rythme aux allures de fête, au son du tambour
et avec d'autres instruments africains y compris lorsque les chants somalis émergèrent.
Chants qui apportèrent cette nécessaire chaleur humaine qui réchauffait
les âmes malgré une pluie persistante qui glaçait hommes,
femmes et enfants.
Figé
sur place, chacun reprenait avec vigueur les slogans ; large étalage d'appréciations
sans réserve aucune dénonçant tous les crimes, les incohérences
d'un régime dictatorial et cautionné par le " diplomatiquement
correct " français.
"
Surtout pas de vagues à Djibouti, c'est pas le moment ! ", telles
furent vraisemblablement les consignes données à l'administration
préfectorale
.
Dans
les discussions, certains et certaines n'hésitèrent pas à
poser la question de savoir :
"
Pourquoi les autorités françaises ont-elles tergiversé aussi
longtemps avant de donner à l'ADD l'autorisation de manifester et pourquoi
nous interdire de le faire devant l'Ambassade de notre propre pays ? ".
Puis
d'ajouter : " Pourtant la France c'est un peu nous aussi ! ", "
Dans les pires moments de la colonisation, nul ne se serait permis de nous imposer
cela.., IOG le fait et la France le soutient ! "
-
Malgré une rumeur insidieuse, sournoise car manipulée par le pouvoir
djiboutien, laissant entendre que cette autorisation de manifestation serait refusée,
- malgré
les maigres revenus financiers des uns, des unes et des autres qui s'excusèrent
presque contrits de ne pouvoir se déplacer ou n'ayant pas été
en mesure d'obtenir de leur employeur un jour de congé,
-
malgré toutes les odieuses menaces directes et indirectes à l'encontre
de ceux/celles qui manifesteraient et y compris à l'égard de leurs
familles vivant à Djibouti,
tout
au long de cette journée les " Quarante irréductibles "
tinrent le haut du pavé par leur présence et leurs slogans sur cette
Place balayée par la pluie, brandissant banderoles et pancartes
"
IOG assassin ",
"
IOG dictateur autoproclamé président
",
"
NON à la mascarade électorale, NON à l'auto-désignation
d'ISMAÏL OMAR GUELLEH
",
"
La France préfère t-elle un potentat d'un autre âge au peuple
de Djibouti ? "
.

A
ces " Quarante irréductibles " bravant la pluie glaciale qui
s'abattait sans cesse (au point que l'on en vint à penser qu'IOG avait
même acheté... la pluie pour la faire tomber par bourrasques sur
les manifestants), bien d'autres Djiboutiens vinrent s'ajouter pour quelques moments
et reprendre en chur les slogans, puis ils/elles repartaient pour être
remplacés par d'autres émergeant à leur tour de la bouche
de métro, à deux pas.
Bon
nombre de passants parisiens s'arrêtèrent pour questionner,
"
Pourquoi manifestez-vous ? ".
Alors,
l'un, l'une ou l'autre des Djiboutiens présents se lançait dans
des explications
"
Là bas, nos frères, nos surs meurent dans l'indifférence
de la France ! si nous avions la moitié de vos Droits, nous ne manifesterions
pas contre la dictature, nous construirions enfin notre pays en marche vers la
Démocratie
".
Un
véhicule arrêté aux feux tricolores, une vitre se baisse et
une femme lance quelques mots à l'adresse des manifestants
"
On est avec vous, mon époux a fait son service militaire à Djibouti,
il en a gardé de très bons souvenirs mais pas du président
... "
Lequel
? GOULED ou GUELLEH ? Peu importe, ce fut et reste une seule et même salade,
l'un étant plus finaud que l'autre !!!.
De
temps à autres quelques passants djiboutiens pressent le pas sur le trottoir
d'en face sous les huées et les quolibets des manifestants.
C'est
parfois un cousin, un frère, un membre de sa propre famille qui s'en va
voter ou revient de l'Ambassade de Djibouti.
Alors
on traverse la rue, on s'embrasse comme si l'on ne s'était pas revu depuis
des années et l'on vient à s'expliquer, à tenter de se justifier
à l'abri des caméras et des micros,
"
Je sais que tu as raison....mais ils (SDS) m'ont mis la pression depuis deux mois,
alors j'ai mis une enveloppe vide dans l'urne. Dès que tu rentres dans
l'ambassade tu es sous la surveillance d'AROUBA et de ses hommes. Il a embauché
des Somaliens, tu te croirais à Hargueisa
. ".
On
s'embrasse et on se sépare presque à regrets, Djibouti c'est aussi
cela ; dans l'un et l'autre camp. IOG a détruit cela et bien d'autres choses
par la cupidité insatiable. Sa chance fut et reste d'avoir en face de lui
une population sociable, souvent insouciante et fataliste.
Là
bas, la misère a encore la force de sourire.
L'importance
des liens familiaux est indéfectible, avec des "vieux" que l'on
respecte car ils ont acquis une crédibilité et ont pris de la hauteur
par rapport au régime qu'ils rejettent mais n'ont plus la force de le combattre.
Un
homme observe les manifestants, il est parmi eux, avec eux et malgré ses
sourires auxquels chacun répond son cur est très triste, bien
plus qu'il n'en laisse paraître. Triste pour ses frères et surs
d'Afrique, meurtri au fond de l'âme, ayant presque honte des droits que
lui octroie son pays, la France. Blessé et révolté pour ces
hommes et ces femmes, ces enfants plongés dans la misère et qui
là ont encore dans leur survivance d'exilés ont le courage d'affronter
la pluie glaciale, souvent vêtus légèrement et un sac de plastique
sur la tête pour se protéger scandant sans cesse
"
IOG dictateur, tu affames nos familles à Djibouti".
Brusquement
la nouvelle tombe " IOG a fait tirer sur la foule des manifestants à
Djibouti ! ". Quelques téléphones portables sortent instinctivement
des poches - indispensables liens avec la famille restée à Djibouti.
Dans les regards
se lit l'anxiété en pensant aussi aux opposants de l'UAD emprisonnés
ces derniers jours. Leur seul crime fut d'avoir le courage de dénoncer
cette mascarade d'élections qui n'a rien à envier à l'époque
de Bokassa dans
l'empire Centrafricain.
Impossible
de contacter Djibouti par téléphone, IOG a donné ordre de
couper les liaisons téléphoniques. Seuls quelques numéros
protégés sont disponibles pour la dictature qui s'autoproclame une
nouvelle fois en ce jour du 8 avril 2005.
Vient
le moment de se séparer en mettant fin à la manifestation. Chacun
prend la parole en commençant par Aïcha DABALEH qui n'a rien perdu
de sa verve.
Tenant
en main une feuille l'aidant dans son discours, très vite elle n'y prête
plus attention. Les mots sortent, ils viennent du cur, celui d'une femme
qui réclame Justice pour elle mais aussi pour toutes ses surs victimes
des atrocités perpétrées sur ordre du pouvoir et que peu
osent regarder en face pour dénoncer.
Elle
remercie ceux et celles qui ont participé à cette manifestation
puis cède la parole. Politiques et intellectuels, hommes de lettres, chacun
va rappeler par quelques mots ce pourquoi il combat et souhaite ardemment la fin
du régime dictatorial à Djibouti.

Vient
le tour de l'association française des femmes qui exprime ce qu'est sa
lutte partout dans le monde pour que soient respectés les droits de la
femme et de l'enfant. Les DROITS de tous ceux et de toutes celles que les indifférences
sacrifient sur l'autel de toutes les incohérences de ce monde.
Ali
Couba va conclure par quelques mots bien sentis et dont il a le secret. L'homme
est direct et sans ambages, sans ambiguïtés d'aucune sorte ; il a
confirmé qu'il dépassait de loin la dimension clanique en associant
UGUTA (terme d'origine Afar) à TOOSA (d'origine Somali) à la création
d'un parti politique qui se veut être rassembleur.
Il
rappelle en quelques mots que ce 08 avril 2005 a permis aux différentes
mouvances politiques de l'opposition djiboutienne d'être ensemble mais que
l'essentiel reste à venir.
Alors
on en vient à penser à ce qu'écrivit en son temps le poète
Alfred de Musset :
"
Les larmes du passé fécondent l'avenir ".

Secrétariat
général du Gouvernement en Exil de Djibouti.
50 Avenue
des Roses - 54630 - Richardménil - France.
Téléphone
et télécopie : 00 33 (0)3 83 25 77 26.
exildj@gouv-exil.org