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Dernière modification : le 13-Avr-2005 16:53 (GMT+1 / Bruxelles)

 

 

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Le Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI IFTIN

Commandant le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale

 

 

13/04/05 - DJIBOUTI - Djibouti AUTREMENT !.

 

M Idriss ABDI KORAH.

 

Après cette mascarade d'élections présidentielles du 8 avril 2005, ayant valeur de grande et mauvaise pièce théâtrale sous la houlette d'Ismaïl OMAR GUELLEH, la grande question que l'on se pose est de savoir :

" En dépit de l'illégitimité des falsifications constatées, les grandes diplomaties occidentales présentes à Djibouti vont-elle légaliser cette réélection fantoche d'IOG, donc infliger un nouveau camouflet aux familles djiboutiennes et aux opposants politiques qui ont un ferme espoir qu'émerge enfin une amorce de démocratie dans leur pays ?".

Tout d'abord et afin de mieux comprendre ce que l'on appelle le " diplomatiquement correct " et les incompréhensions qu'il peut susciter dans les esprits , il convient de se référer à la Charte de l'ONU qui est on ne peut plus claire.

Cette Charte prône le respect de la souveraineté des États qu'elle reconnaît.

Ceci veut tout dire ; aucune opposition politique voire rébellion n'est et ne sera membre de l'ONU.

Pour preuve de ce que nous avançons, l'organisation internationale n'a jamais empêché une armée de se déployer à l'intérieur de ses propres frontières et de procéder parfois aux pires exactions sur des populations asservies par une dictature ; comme ce fut le cas à l'époque de la guerre entre le FRUD et l'État djiboutien. Et ce malgré que cette guerre fut fomentée à partir du Palais de l'Escale par quelques affairistes privés qui en ont tiré d'énormes profits financiers.

"Aucune disposition de la présente Charte ne porte atteinte au droit naturel de légitime défense, individuelle ou collective, dans le cas où un Membre des Nations Unies est l'objet d'une agression armée, jusqu'à ce que le Conseil de sécurité ait pris les mesures nécessaires pour maintenir la paix et la sécurité internationales", stipule clairement la Charte des Nations-Unies, en son article 51.

"Les Membres de l'Organisation s'abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l'emploi de la force, soit contre l'intégrité territoriale ou l'indépendance politique de tout État, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies", affirme la même Charte, en son article 2.

Au-delà de ce "verrouillage" du droit international avec la non prise en compte des droits naturels de chacun/chacune à aspirer à la liberté d'expression tout comme aux Droits de l'Humain, la France ne pourrait pas imposer une résolution allant contre la réélection fantoche d'Ismaïl OMAR GUELLEH. Les États-Unis s'opposeraient sans doute à une telle résolution, pour éviter à la communauté internationale un enlisement que veut éviter la France elle-même.

Ceci signifierait-il que l'on pourrait trouver outre-Atlantique moins d'humanisme qu'en France ou en Europe ? loin de là de lancer une telle idée. Il faut savoir que l'administration américaine finance des " Fondations " qui ont vocation d'analyse des situations en Afrique et de conseils. Il suffit de consulter les rapports émis épisodiquement par des organismes dépendant du Département d'État US pour constater que pour ce qui concerne la situation à Djibouti les analyses sont pertinentes et ne s'accordent d'aucune caution au régime dictatorial d'Ismaïl OMAR GUELLEH. C'est, sur ce point, une leçon de pertinence et de lucidité que donnent les " fondations " de l'administration américaine à la vieille Europe et tout particulièrement à la France.

Mais, car il y a un mais,

" Quels qu'en soient les moyens utilisés, l'Ordre doit régner à Djibouti ".

Emergence d'une Résolution allant contre la réélection fantoche d'Ismaïl OMAR GUELLEH ?. D'où qu'elle puisse venir une telle résolution serait vraisemblablement vouée à l'échec car nul n'a intérêt à ce qu'un tel précédent voit le jour.

Cette apparente " ignorance " de la situation à Djibouti semblerait toutefois s'infléchir de plus en plus sous la pression de l'opinion publique internationale car tous les embrasements qui se succèdent ailleurs sont autant de signes supplémentaires de la crise grave que traverse l'ensemble de l'Afrique dite " francophone ", avec souvent des États défaits, des armées mutinées, des élections contestées à justes raisons, des populations en survivance et déshérence.

A ceci s'ajoute le fait incontesté que bien plus que ne pourraient être les amitiés, le commerce et les énormes profits sont devenus le plus grand de tous les intérêts politiques. Mais la voix de la sagesse affirme aujourd'hui bien haut que, si elle ne veut pas décevoir autant que lors de l'arrivée de la gauche au pouvoir en 1981, la diplomatie française actuelle doit prendre en compte la signification non pas de la " révolution " d'un peuple pacifique asservi et pris en otage mais de son impérative "ÉVOLUTION" sous peine de voir le pays s'embraser à très court terme, car toutes les conditions sont réunies.

Par ce que les autres pays de l'UE et les États-Unis ont lancé une initiative en direction de ce petit État dit " du bout du monde ", la France n'est plus le "gardien exclusif" économique et politique de Djibouti et doit donc de ce fait tirer les leçons d'un séisme économique et social en préparation qui concourt à modifier les axes géopolitiques susceptibles d'avoir une incidence sur le continent et avant tout sur sa présence dans ses anciennes possessions coloniales devenues " Républiques ou États francophones ".

Par ailleurs, le fait que l'on pourrait ne réduire l'événement historique en cours à Djibouti qu'en une lutte d'influence entre Américains et Français serait trompeur car le problème djiboutien est bien plus diversifié que cela.
De fait, l'histoire retiendra sans doute que, pour la première fois depuis l'accession du pays à l'indépendance, une crise de grande ampleur émerge véritablement sur la scène internationale mais à l'inverse de ce qu'il se passe ailleurs, elle devrait être réglée dans les meilleurs délais par les Djiboutiens eux-mêmes.

Non point par un parti politique français aux véritables desseins inavoués mais exclusivement par toute l'opposition réunie autour d'un seul leader car c'est une affaire de Djiboutiens avant tout, avec une forte implication diplomatique de l'Union européenne qui doit se poser en partenaire privilégié et même en " parrain " (au sens noble) du nouveau pouvoir restant à définir et à constituer.

Au sens où nous l'entendons, être " parrain " de Djibouti c'est imposer une restauration de l'État et de la puissance publique mais aussi d'harmoniser les grandes décisions avec les traditions locales - culturelles ancestrales, sociales et religieuses.

En ouvrant démocratiquement et sans délais la porte à une opposition républicaine structurée et responsable, l'histoire se souviendrait alors que, pour la première fois depuis le 27 juin 1977 et sans rébellion armée, les intervenants externes faisant œuvre de " bons offices " auraient restauré en quelques mois un rapport de forces. Réussissant là où tous avaient échoué par le passé (voulaient-ils véritablement réussir ou s'octroyer quelques privilèges ?), donnant ainsi un avertissement à ceux qui, occupés ailleurs en Afrique à retarder les échéances, à tricher avec les lois et les Constitutions nationales et à maltraiter leurs oppositions, risqueraient d'être désormais confrontés à une condamnation sur le plan international.

Force est d'admettre qu'avec ou sans " médiation sincère ", c'est bien une " autre Afrique " qui tente de s'imposer sur la scène continentale, avec ces nouveaux paramètres : une moindre attention accordée aux partages territoriaux et découpages idéologiques qui ont fait longtemps les beaux jours et la paralysie de l'Organisation de l'unité africaine (OUA). La montée des enjeux autour des matières premières minérales, redevenues essentielles à mesure que les autres ressources économiques du continent s'épuisaient, sous l'effet de l'effondrement des cours des produits agricoles, de la démographie, de la désertification, etc.

La République de Djibouti doit montrer le bon exemple à suivre en étant incarnée par une nouvelle génération de dirigeants responsables, non pas légitimés par la lutte armée de libération (extrémité vers laquelle on semblerait pousser les populations du pays comme en exil) mais oeuvrant ensemble et avant toute chose à une Construction nationale. Nouvelle génération de dirigeants pragmatiques, plus managers que prophètes, qui combineront - non sans efficacité - économie libéralo-sociale et multipartisme politique.

On relèvera alors que le premier âge de l'indépendance aura été comme une imposture de laquelle il conviendra de conserver mémoire non point pour entretenir les haines dans les cœurs et s'en servir comme " arme politique ", mais pour que toutes les erreurs et les horreurs commises par le passé ne se reproduisent plus à l'avenir.

Les dirigeants de ce " futur État djiboutien " devront avoir en commun une homogénéité de comportement, sinon de pensée, loin, par exemple, du comportement dictatorial et affairiste privé devenu le symbole international d'une Afrique détestée voire méprisée. Pour cette équipe dirigeante d'un demain proche, - loin d'un certain afropessimisme occidental - Djibouti doit justement être lancé dans une véritable " renaissance " de l'identité djiboutienne prioritaire dans une république en marche vers la démocratie.

Les futurs dirigeants de Djibouti ne doivent pas rejeter la démocratie en tant qu'" idée occidentale " alors que l'on sait que le pluralisme politique est en soi une valeur universelle et que les élections ne sont pas un luxe hors d'atteinte sans des conditions minimales de bien- être - mais sont le vecteur obligé de la représentation sociale et de la répartition du pouvoir.

A Djibouti comme ailleurs en Afrique, la " règle de la majorité " dans des élections réellement libres et transparentes ne doit plus être remise en question.

En cautionnant le régime d'Ismaïl OMAR GUELLEH sous sa forme actuelle, après avoir creusé sa propre tombe la "Francophonie" risquerait - bien plus vite qu'elle ne le pense - de fabriquer son cercueil dans le pays.

"La République ne transige pas quand l'âme même du peuple français est en question" . M Jacques Chirac.

Simple question :

Les Djiboutiens et les Djiboutiennes ont-ils une âme et dans quel État vivons-nous ?.


 

Secrétariat général du Gouvernement en Exil de Djibouti.

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