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Le
Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI
IFTIN
Commandant
le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale

13/04/05
- DJIBOUTI - Djibouti AUTREMENT !.
M Idriss ABDI KORAH.
Après
cette mascarade d'élections présidentielles du 8 avril 2005, ayant
valeur de grande et mauvaise pièce théâtrale sous la houlette
d'Ismaïl OMAR GUELLEH, la grande question que l'on se pose est de savoir
:
"
En dépit de l'illégitimité des falsifications constatées,
les grandes diplomaties occidentales présentes à Djibouti vont-elle
légaliser cette réélection fantoche d'IOG, donc infliger
un nouveau camouflet aux familles djiboutiennes et aux opposants politiques qui
ont un ferme espoir qu'émerge enfin une amorce de démocratie dans
leur pays ?".
Tout
d'abord et afin de mieux comprendre ce que l'on appelle le " diplomatiquement
correct " et les incompréhensions qu'il peut susciter dans les esprits
, il convient de se référer à la Charte de l'ONU qui est
on ne peut plus claire.
Cette
Charte prône le respect de la souveraineté des États qu'elle
reconnaît.
Ceci
veut tout dire ; aucune opposition politique voire rébellion n'est et ne
sera membre de l'ONU.
Pour
preuve de ce que nous avançons, l'organisation internationale n'a jamais
empêché une armée de se déployer à l'intérieur
de ses propres frontières et de procéder parfois aux pires exactions
sur des populations asservies par une dictature ; comme ce fut le cas à
l'époque de la guerre entre le FRUD et l'État djiboutien. Et ce
malgré que cette guerre fut fomentée à partir du Palais de
l'Escale par quelques affairistes privés qui en ont tiré d'énormes
profits financiers.
"Aucune
disposition de la présente Charte ne porte atteinte au droit naturel de
légitime défense, individuelle ou collective, dans le cas où
un Membre des Nations Unies est l'objet d'une agression armée, jusqu'à
ce que le Conseil de sécurité ait pris les mesures nécessaires
pour maintenir la paix et la sécurité internationales", stipule
clairement la Charte des Nations-Unies, en son article 51.
"Les
Membres de l'Organisation s'abstiennent, dans leurs relations internationales,
de recourir à la menace ou à l'emploi de la force, soit contre l'intégrité
territoriale ou l'indépendance politique de tout État, soit de toute
autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies",
affirme la même Charte, en son article 2.
Au-delà
de ce "verrouillage" du droit international avec la non prise en compte
des droits naturels de chacun/chacune à aspirer à la liberté
d'expression tout comme aux Droits de l'Humain, la France
ne pourrait pas imposer une résolution allant contre la réélection
fantoche d'Ismaïl OMAR GUELLEH. Les États-Unis s'opposeraient sans
doute à une telle résolution, pour éviter à la communauté
internationale un enlisement que veut éviter la France elle-même.
Ceci signifierait-il
que l'on pourrait trouver outre-Atlantique moins d'humanisme qu'en France ou en
Europe ? loin de là de lancer une telle idée. Il faut savoir que
l'administration américaine finance des " Fondations " qui ont
vocation d'analyse des situations en Afrique et de conseils. Il suffit de consulter
les rapports émis épisodiquement par des organismes dépendant
du Département d'État US pour constater que pour ce qui concerne
la situation à Djibouti les analyses sont pertinentes et ne s'accordent
d'aucune caution au régime dictatorial d'Ismaïl OMAR GUELLEH. C'est,
sur ce point, une leçon de pertinence et de lucidité que donnent
les " fondations " de l'administration américaine à la
vieille Europe et tout particulièrement à la France.
Mais,
car il y a un mais,
"
Quels qu'en soient les moyens utilisés, l'Ordre doit régner à
Djibouti ".
Emergence
d'une Résolution allant
contre la réélection fantoche d'Ismaïl OMAR GUELLEH ?. D'où
qu'elle puisse venir une telle résolution serait vraisemblablement vouée
à l'échec car nul n'a intérêt
à ce qu'un tel précédent voit le jour.
Cette
apparente " ignorance " de la situation à Djibouti semblerait
toutefois s'infléchir de plus en plus sous la pression de l'opinion publique
internationale car tous les embrasements qui se succèdent ailleurs sont
autant de signes supplémentaires de la crise grave que traverse l'ensemble
de l'Afrique dite " francophone ", avec souvent des États défaits,
des armées mutinées, des élections contestées à
justes raisons, des populations en survivance et déshérence.
A
ceci s'ajoute le fait incontesté que bien plus que ne pourraient être
les amitiés, le commerce et les énormes profits sont devenus le
plus grand de tous les intérêts politiques.
Mais la voix de la sagesse affirme aujourd'hui bien haut que, si elle ne veut
pas décevoir autant que lors de l'arrivée de la gauche au pouvoir
en 1981, la diplomatie française actuelle doit prendre en compte la signification
non pas de la " révolution " d'un peuple pacifique asservi et
pris en otage mais de son impérative "ÉVOLUTION" sous
peine de voir le pays s'embraser à très court terme, car toutes
les conditions sont réunies.
Par
ce que les autres pays de l'UE et les États-Unis ont lancé une initiative
en direction de ce petit État dit " du bout du monde ", la France
n'est plus le "gardien exclusif" économique et politique de Djibouti
et doit donc de ce fait tirer les leçons d'un séisme économique
et social en préparation qui concourt à modifier les axes géopolitiques
susceptibles d'avoir une incidence sur le continent et avant tout sur sa présence
dans ses anciennes possessions coloniales devenues " Républiques ou
États francophones ".
Par
ailleurs, le fait que l'on pourrait ne réduire l'événement
historique en cours à Djibouti qu'en une lutte d'influence entre Américains
et Français serait trompeur car le problème djiboutien est bien
plus diversifié que cela.
De fait, l'histoire retiendra sans doute que,
pour la première fois depuis l'accession du pays à l'indépendance,
une crise de grande ampleur émerge véritablement sur la scène
internationale mais à l'inverse de ce qu'il se passe ailleurs, elle devrait
être réglée dans les meilleurs délais par les Djiboutiens
eux-mêmes.
Non
point par un parti politique français aux véritables desseins inavoués
mais exclusivement par toute l'opposition réunie autour d'un seul leader
car c'est une affaire de Djiboutiens avant tout, avec une forte implication diplomatique
de l'Union européenne qui doit se poser en partenaire privilégié
et même en " parrain " (au sens noble) du nouveau pouvoir restant
à définir et à constituer.
Au
sens où nous l'entendons, être " parrain " de Djibouti
c'est imposer une restauration de l'État et de la puissance publique mais
aussi d'harmoniser les grandes décisions avec les traditions locales -
culturelles ancestrales, sociales et religieuses.
En
ouvrant démocratiquement et sans délais la porte à une opposition
républicaine structurée et responsable, l'histoire se souviendrait
alors que, pour la première fois depuis le 27 juin 1977 et sans rébellion
armée, les intervenants externes faisant uvre de " bons offices
" auraient restauré en quelques mois un rapport de forces. Réussissant
là où tous avaient échoué par le passé (voulaient-ils
véritablement réussir ou s'octroyer quelques privilèges ?),
donnant ainsi un avertissement à ceux qui, occupés ailleurs en Afrique
à retarder les échéances, à tricher avec les lois
et les Constitutions nationales et à maltraiter leurs oppositions, risqueraient
d'être désormais confrontés à une condamnation sur
le plan international.
Force
est d'admettre qu'avec ou sans " médiation sincère ",
c'est bien une " autre Afrique " qui tente de s'imposer sur la scène
continentale, avec ces nouveaux paramètres : une moindre attention accordée
aux partages territoriaux et découpages idéologiques qui ont fait
longtemps les beaux jours et la paralysie de l'Organisation de l'unité
africaine (OUA). La montée des enjeux autour des matières premières
minérales, redevenues essentielles à mesure que les autres ressources
économiques du continent s'épuisaient, sous l'effet de l'effondrement
des cours des produits agricoles, de la démographie, de la désertification,
etc.
La
République de Djibouti doit montrer le bon exemple à suivre en étant
incarnée par une nouvelle génération de dirigeants responsables,
non pas légitimés par la lutte armée de libération
(extrémité vers laquelle on semblerait pousser les populations du
pays comme en exil) mais oeuvrant ensemble et avant toute chose à une Construction
nationale. Nouvelle génération de dirigeants pragmatiques, plus
managers que prophètes, qui combineront - non sans efficacité -
économie libéralo-sociale et multipartisme politique.
On
relèvera alors que le premier âge de l'indépendance aura été
comme une imposture de laquelle il conviendra de conserver mémoire non
point pour entretenir les haines dans les curs et s'en servir comme "
arme politique ", mais pour que toutes les erreurs et les horreurs commises
par le passé ne se reproduisent plus à l'avenir.
Les
dirigeants de ce " futur État djiboutien " devront avoir en commun
une homogénéité de comportement, sinon de pensée,
loin, par exemple, du comportement dictatorial et affairiste privé devenu
le symbole international d'une Afrique détestée voire méprisée.
Pour cette équipe dirigeante d'un demain proche, - loin d'un certain afropessimisme
occidental - Djibouti doit justement être lancé dans une véritable
" renaissance " de l'identité djiboutienne prioritaire dans une
république en marche vers la démocratie.
Les
futurs dirigeants de Djibouti ne doivent pas rejeter la démocratie en tant
qu'" idée occidentale " alors que l'on sait que le pluralisme
politique est en soi une valeur universelle et que les élections ne sont
pas un luxe hors d'atteinte sans des conditions minimales de bien- être
- mais sont le vecteur obligé de la représentation
sociale et de la répartition du pouvoir.

A
Djibouti comme ailleurs en Afrique, la "
règle de la majorité " dans des élections réellement
libres et transparentes ne doit plus être remise en question.
En
cautionnant le régime d'Ismaïl OMAR GUELLEH sous sa forme actuelle,
après avoir creusé sa propre tombe la "Francophonie" risquerait
- bien plus vite qu'elle ne le pense - de fabriquer son cercueil dans le pays.
"La
République ne transige pas quand l'âme même du peuple français
est en question" . M Jacques Chirac.
Simple
question :
Les
Djiboutiens et les Djiboutiennes ont-ils une âme et dans quel État
vivons-nous ?.
