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Le
Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI
IFTIN
Commandant
le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale








14/04/05
- DJIBOUTI - Gagner des élections par la
falsification c'est triompher sans nulle gloire et devrait amener à plus
d'humilité chez Ismaïl OMAR GUELLEH et dans sa propagande dépassant
le ridicule.
Justicia.
Dans
cette mauvaise farce que nous venons de vivre depuis plus de 6 mois et qui a trouvé
son aboutissement le 8 avril de cette année, les termes de " falsification
des Élections présidentielles à Djibouti " sont bien
trop légers comparativement à ce qui fut fait, à ce que nous
avons constaté au quotidien.
On
peut même affirmer que rien ne nous aura été épargné
en matière de " bouffonneries " de la part du pouvoir en place.
Certes de par la force des mauvaises habitudes du passé instaurées
depuis l'accession du pays à l'indépendance, il est difficile d'en
changer si l'on a pas face à soi sur le plan politique une véritable
opposition représentée à l'assemblée nationale.
Dans
l'opposition à Djibouti, on sait tout mais l'on ne peut rien dire, tandis
que dans la minorité au pouvoir l'on ne sait rien ou si peu, mais l'on
peut dire et faire n'importe quoi.
Ce
qu'il faut retenir du scrutin du 8 avril de cette année, c'est que contrairement
à tout ce qui s'était fait par le passé, ces élections
là n'ont pas été "pactées", c'est à
dire qu'elles n'ont pas donné lieu à une régulation qui faisait
l'affaire d'un " quelqu'un "
.mais pas des autres
S'interrogeant
sur le point de savoir si par le passé les partis d'opposition ont eu raison
de participer à tous ces processus électoraux qu'ils savaient être
entachés d'irrégularités, on se doit de répondre par
la négative car en 28 années ce qui aurait pu être les premiers
prémices à l'émergence de la démocratie n'y ont rien
gagné. A défaut de gain .., ce fut la contrainte par la menace et
les emprisonnements à l'égard d'une opposition réduite à
se taire, sans combats électoraux et sans libertés fondamentales.
L'histoire
peu reluisante des gouvernants djiboutiens est devenue un riche trésor
des déshonneurs ne serait-ce que de par le non respect des engagements
gouvernementaux et les promesses non tenues.
On
peut même affirmer que depuis avril 1999, la précarisation comme
les chantages exercés sur l'opposition politique ont connu une très
nette aggravation.
La
méthode imposée par IOG est d'une grande simplicité, presque
puérile.
Hors
période d'élections il a toujours considéré n'avoir
nul besoin de concertation ou d'un dialogue avec l'opposition politique à
qui il a interdit par des pratiques frauduleuses l'accès à une quelconque
instance consultative ou décisionnaire comme il l'a démontré
lors des dernières législatives.
En
période d'Élections, il a la nécessaire contrainte de s'accommoder
pour quelques brèves semaines d'une apparente opposition qui lui permette
d'imposer son jeu tout en servant de caution sur le plan international à
sa propre et impérative réélection.
Le
refus unanime de l'opposition d'entrer dans ce peu pervers pour le simulacre d'Élections
présidentielles de 2005 a complètement désorganisé
la stratégie d'IOG. Habitué à ce que chacun et chacune courbe
l'échine devant lui, le fait que le " boycott " soit opposé
à sa mascarade d'élections lui aurait fait " piquer quelques
colères " au point que les murs de son fragile Palais d'Haramous en
tremblerait encore aux dires de son entourage. Par tradition, les Djiboutiens
et les Djiboutiennes sont heureux de servir et sont accueillants ; ce qui les
répugnent, c'est d'être asservi par un dictateur ; de surcroît
étranger et n'ayant nullement la " fibre locale".
L'HISTOIRE
SE RÉPÈTE ÉTERNELLEMENT
Dans
l'histoire du pays, toutes les élections furent marquées par un
double langage des gouvernants opportunistes et de circonstances. Avec, d'une
part des discours officiels du pouvoir en place promettant TOUT, y compris l'instauration
de la démocratie dans le pays et, d'autre part, une pratique administrative
qui contredisait tous les discours officiels avec des lendemains de scrutins faits
de déceptions, de toutes les déceptions.
C'est
ainsi que ces élections - qui n'en étaient pas - ont vu émerger
au fil du temps la méfiance et la désaffection d'un électorat
djiboutien dont l'entière responsabilité de ce " boycott "
revient à l'État qui n'a nullement voulu l'éduquer à
l'apprentissage de la Liberté et de la Démocratie.
Avec
une certaine pudeur on peut affirmer que les élections obéissaient
à des règles d'un jeu faussé et connues de tous les acteurs
politiques qui, à chaque fois d'ailleurs, par le passé, sacrifiaient
à ce rite imposé par le pouvoir tout en parlant de "respect
de la légalité républicaine" !!!.
Que
les différents scrutins se soient passés d'une manière telle
relève d'une évidence dans laquelle il était pratiquement
exclu qu'ils puissent se dérouler autrement dès l'instant où
le pouvoir trouvait dans l'opposition une forme de " caution " à
sa propre réélection et qu'il y eut là - durant 28 années
- une sorte de fatalité socioculturelle et politique qui ne pouvait générer
que ce type de simulacre d'élections.
Référence
est faite ici à plusieurs données liées entre elles d'ailleurs:
le
fort taux d'analphabétisme qui se situe encore à plus de 65 % ;
le
rôle de l'argent qui permet l'achat de voix notamment dans les catégories
défavorisées et exclus;
sans
oublier toute une culture de plus en plus prégnante - même dans l'élite
qui a vu lors des dernières Législatives le "marché
électoral" avec la désignation par avance des Députés
(es) présentés par le pouvoir en place et non élections libres.
Marché de dupes prenant une place de premier plan bafouant ouvertement
ce qui devrait être - à l'inverse de ce qu'il se fit - l'occasion
de l'expression la plus authentique du choix et de la volonté des électeurs.
Lors
de chaque difficulté sociale ou économique auxquelles furent confrontés
le pays et ses populations dans leur jeune histoire, le pouvoir ressassera la
même litanie de mots tels que " Liberté - Progrès - Indépendance
-
Respect de l'Humain
Demain tout ira mieux inch'Allah
". Mais
reconnaître l'humain à Djibouti autrement que dans des mots sans
lendemain, c'est d'abord le situer dans son univers, non l'en retrancher ou le
faire croupir et agoniser dans les prisons d'État ou des SDS.
En
l'absence de toute voie démocratique, il y eut impossibilité pour
l'opposition de consolider des libertés tout simplement par ce qu'elles
n'existaient pas tout comme le refus persistant d'ouvrir des espaces de débat
qui furent annihilés par un pouvoir centralisateur et autocrate ne cédant
en aucun moment un pouce de terrain.
La
raison de cet enfermement en fut que ce régime s'est pensé longtemps
assez fort pour imposer ses propres lois - se plaçant au dessus des lois
nationales et de la Constitution - et ainsi donc de refuser de véritables
élections libres et transparentes. Alors qu'en vérité il
vient de confirmer sur le plan de l'opinion internationale et dans ce scrutin
du 8 avril 2005 toutes ses mystifications et ses faiblesses accompagnées
d'une véritable frayeur de ne pas être reconnu comme étant
crédible, internationalement parlant.
Les
atermoiements et les longs délais pris pour " féliciter "
le seigneur et maître de Djibouti qui vient bis repetita de s'autoproclamer
confirment bien ce que nous avançons. Plus de 3 jours après la promulgation
des résultats officiels, aucune grande diplomatie n'avait pris l'initiative
d'adresser un quelconque message de félicitations ou de soutien au dictateur
Ismaïl OMAR GUELLEH qui désespère.
Légitimité
Rien
d'étonnant à ce que tous ces scrutins ne pouvaient pas être
autres que subterfuges alors que le pouvoir réagissait à sa manière
en imposant bien des menées déstabilisatrices tout en ayant l'outrecuidance
- par sa propagande délétère et pernicieuse - de se considérer
comme respectueux des Droits humains, républicains et en perpétuelle
situation de légitime défense
par rapport à une opposition
pourtant muselée.
A
Djibouti, la force de la Dictature servant l'affairisme privé a toujours
résidé dans sa capacité à imposer un changement d'une
manière suffisamment lente. Ses buts ont ainsi longtemps échappé
à la conscience et ne suscitaient la plupart du temps aucune réaction,
aucune opposition, aucune révolte au sein d'un population pacifique.
Il
suffisait pour cette dictature de trouver des exutoires aux difficultés
qu'elle faisait naître dans le pays ; exutoires qu'elle montrait d'un doigt
vengeur dépassant l'indécence et jetés tant de fois en pâture
à la vindicte populaire les rendant responsables de tous les maux dont
souffrait et souffre encore le pays. Une fois accoutumés à de tels
maîtres qui ne sont - sur le fond comme dans la forme - que des manipulateurs
des consciences s'appuyant sur la xénophobie de ceux et celles qu'ils dirigent
en sous main, les populations djiboutiennes ont mis bien des années pour
arriver enfin à comprendre qu'ils pouvaient s'en passer
On
peut donc affirmer que toutes les élections furent confirmatives : elles
furent falsifiées parce que c'était la méthode la plus efficace
pour imposer le rôle qu'elles devaient jouer.
Pourquoi? Depuis 1999,
il s'est agi de maintenir un déséquilibre politique flagrant afin
d'entériner un programme défini par Ismaïl OMAR GUELLEH et
qui devait être appliqué non point au profit de l'État mais
de l'affairisme privé.
C'est
ainsi que durant six années il a pu se prémunir contre les surprises
électorales ainsi que d'un conflit éventuel de légitimité
entre lui même et une majorité cohérente d'opposition au sein
de la représentation nationale.
Point
d'opposition au sein d'une Assemblée nationale dont les Députés
(es) sont désignés par lui et lui seul, IOG s'est ainsi garanti
pour un temps une tranquillité certaine de ce point de vue. Illustration
parfaite aussi de l'utilité de la falsification des suffrages pour la préservation
d'une fausse privatisation -l'argent- et une forme de sous-traitance des scrutins
confiée à ses " serviteurs ". Serviteurs grassement rémunérés
et investis de pouvoir ponctuels et illimités pour mener à bien
une campagne pour la réélection - dans un fauteuil et par TOUS les
moyens - d'un homme et surtout d'un système, celui de toutes les corruptions
et perversions.
Que
de tels hommes et de telles femmes aient l'outrecuidance de se prétendre
musulmans, " bons croyants " et pratiquants de l'Islam, a quelque chose
d'insultant pour le message du prophète MUHAMMAD et pour les saints versés
d'Al Küran qu'il a légué à l'histoire.
Pour
en revenir sur le passé, on ne peut mettre en relief un quelconque bénéfice
politique que tiraient les partis d'opposition lors de ces élections tronquées
de leurs essentiels car il y eut de plus et dans le pays une quasi absence de
véritable éducation à la politisation des populations, ni
véritable recrutement élargi et durable lors des campagnes électorales,
ni consécration des traditions de la résistance civique à
la dictature de la pensée unique.
En
maintenant les populations dans l'analphabétisme et l'incompréhension
des réels enjeux, les pouvoirs qui se sont succédés à
la tête du pays ont créé toutes les conditions de leur réélection
factice. Les périodes d'Élections prenaient alors des allures de
fête du moment pour un peuple asservi et pris en otage. Une fois les élections
passées, Djibouti retombait dans sa torpeur.
Pour
attirer les foules supposées soutenir la réélection de l'homme
au pouvoir - constituées quasiment exclusivement de la grande misère
des quartiers défavorisés de la capitale - c'est toujours la même
recette qui fut utilisée. Recette consistant à envoyer dans chaque
quartier des groupes propagandistes invitant les populations miséreuses
à ce rendre à tel meeting organisé par le RPP avec promesse
de distribution sur place de demis bottes de khat, d'un peu d'argent, d'alimentation
(détournée à partir des stocks de denrées attribuées
par les pays donateurs à l'Office National d'Aide aux Réfugiés
et Apatrides- ONARS)
.
Les
gouvernants qui échappent aux misères de la pauvreté qu'ils
imposent aux populations n'échappent pas à celles de l'orgueil qui
les anime avec l'utilisation des actes les plus vils et des gestes les plus bas
pour parvenir à leur fin..
Certes
Ismaïl OMAR GUELLEH a gagné sa mascarade d'élections ! mais
maintenant que va t-il faire ?.
Plus
que jamais, IOG est face à son destin. L'Etat est en pleine déliquescence,
son autorité est contestée, les finances publiques sont exsangues
alors que l'on note ces derniers jours l'exil de bon nombre de familles djiboutiennes
notamment vers l'Éthiopie et le Somaliand alors que d'autres se préparent
à rejoindre le monde occidental.
Quelle
va être l'attitude des grandes diplomaties à son égard ?.
