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Dernière modification : le 14-Avr-2005 16:46 (GMT+1 / Bruxelles)

 

 

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Le Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI IFTIN

Commandant le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale

 

14/04/05 - DJIBOUTI - Gagner des élections par la falsification c'est triompher sans nulle gloire et devrait amener à plus d'humilité chez Ismaïl OMAR GUELLEH et dans sa propagande dépassant le ridicule.

Justicia.

 

Dans cette mauvaise farce que nous venons de vivre depuis plus de 6 mois et qui a trouvé son aboutissement le 8 avril de cette année, les termes de " falsification des Élections présidentielles à Djibouti " sont bien trop légers comparativement à ce qui fut fait, à ce que nous avons constaté au quotidien.

On peut même affirmer que rien ne nous aura été épargné en matière de " bouffonneries " de la part du pouvoir en place. Certes de par la force des mauvaises habitudes du passé instaurées depuis l'accession du pays à l'indépendance, il est difficile d'en changer si l'on a pas face à soi sur le plan politique une véritable opposition représentée à l'assemblée nationale.

Dans l'opposition à Djibouti, on sait tout mais l'on ne peut rien dire, tandis que dans la minorité au pouvoir l'on ne sait rien ou si peu, mais l'on peut dire et faire n'importe quoi.

Ce qu'il faut retenir du scrutin du 8 avril de cette année, c'est que contrairement à tout ce qui s'était fait par le passé, ces élections là n'ont pas été "pactées", c'est à dire qu'elles n'ont pas donné lieu à une régulation qui faisait l'affaire d'un " quelqu'un " ….mais pas des autres…

S'interrogeant sur le point de savoir si par le passé les partis d'opposition ont eu raison de participer à tous ces processus électoraux qu'ils savaient être entachés d'irrégularités, on se doit de répondre par la négative car en 28 années ce qui aurait pu être les premiers prémices à l'émergence de la démocratie n'y ont rien gagné. A défaut de gain .., ce fut la contrainte par la menace et les emprisonnements à l'égard d'une opposition réduite à se taire, sans combats électoraux et sans libertés fondamentales.

L'histoire peu reluisante des gouvernants djiboutiens est devenue un riche trésor des déshonneurs ne serait-ce que de par le non respect des engagements gouvernementaux et les promesses non tenues.

On peut même affirmer que depuis avril 1999, la précarisation comme les chantages exercés sur l'opposition politique ont connu une très nette aggravation.

La méthode imposée par IOG est d'une grande simplicité, presque puérile.
Hors période d'élections il a toujours considéré n'avoir nul besoin de concertation ou d'un dialogue avec l'opposition politique à qui il a interdit par des pratiques frauduleuses l'accès à une quelconque instance consultative ou décisionnaire comme il l'a démontré lors des dernières législatives.
En période d'Élections, il a la nécessaire contrainte de s'accommoder pour quelques brèves semaines d'une apparente opposition qui lui permette d'imposer son jeu tout en servant de caution sur le plan international à sa propre et impérative réélection.

Le refus unanime de l'opposition d'entrer dans ce peu pervers pour le simulacre d'Élections présidentielles de 2005 a complètement désorganisé la stratégie d'IOG. Habitué à ce que chacun et chacune courbe l'échine devant lui, le fait que le " boycott " soit opposé à sa mascarade d'élections lui aurait fait " piquer quelques colères " au point que les murs de son fragile Palais d'Haramous en tremblerait encore aux dires de son entourage. Par tradition, les Djiboutiens et les Djiboutiennes sont heureux de servir et sont accueillants ; ce qui les répugnent, c'est d'être asservi par un dictateur ; de surcroît étranger et n'ayant nullement la " fibre locale".

 

L'HISTOIRE SE RÉPÈTE ÉTERNELLEMENT

Dans l'histoire du pays, toutes les élections furent marquées par un double langage des gouvernants opportunistes et de circonstances. Avec, d'une part des discours officiels du pouvoir en place promettant TOUT, y compris l'instauration de la démocratie dans le pays et, d'autre part, une pratique administrative qui contredisait tous les discours officiels avec des lendemains de scrutins faits de déceptions, de toutes les déceptions.

C'est ainsi que ces élections - qui n'en étaient pas - ont vu émerger au fil du temps la méfiance et la désaffection d'un électorat djiboutien dont l'entière responsabilité de ce " boycott " revient à l'État qui n'a nullement voulu l'éduquer à l'apprentissage de la Liberté et de la Démocratie.

Avec une certaine pudeur on peut affirmer que les élections obéissaient à des règles d'un jeu faussé et connues de tous les acteurs politiques qui, à chaque fois d'ailleurs, par le passé, sacrifiaient à ce rite imposé par le pouvoir tout en parlant de "respect de la légalité républicaine" !!!.

Que les différents scrutins se soient passés d'une manière telle relève d'une évidence dans laquelle il était pratiquement exclu qu'ils puissent se dérouler autrement dès l'instant où le pouvoir trouvait dans l'opposition une forme de " caution " à sa propre réélection et qu'il y eut là - durant 28 années - une sorte de fatalité socioculturelle et politique qui ne pouvait générer que ce type de simulacre d'élections.

Référence est faite ici à plusieurs données liées entre elles d'ailleurs: le fort taux d'analphabétisme qui se situe encore à plus de 65 % ;

le rôle de l'argent qui permet l'achat de voix notamment dans les catégories défavorisées et exclus;

sans oublier toute une culture de plus en plus prégnante - même dans l'élite qui a vu lors des dernières Législatives le "marché électoral" avec la désignation par avance des Députés (es) présentés par le pouvoir en place et non élections libres. Marché de dupes prenant une place de premier plan bafouant ouvertement ce qui devrait être - à l'inverse de ce qu'il se fit - l'occasion de l'expression la plus authentique du choix et de la volonté des électeurs.

Lors de chaque difficulté sociale ou économique auxquelles furent confrontés le pays et ses populations dans leur jeune histoire, le pouvoir ressassera la même litanie de mots tels que " Liberté - Progrès - Indépendance…- Respect de l'Humain…Demain tout ira mieux inch'Allah … ". Mais reconnaître l'humain à Djibouti autrement que dans des mots sans lendemain, c'est d'abord le situer dans son univers, non l'en retrancher ou le faire croupir et agoniser dans les prisons d'État ou des SDS.

En l'absence de toute voie démocratique, il y eut impossibilité pour l'opposition de consolider des libertés tout simplement par ce qu'elles n'existaient pas tout comme le refus persistant d'ouvrir des espaces de débat qui furent annihilés par un pouvoir centralisateur et autocrate ne cédant en aucun moment un pouce de terrain.

La raison de cet enfermement en fut que ce régime s'est pensé longtemps assez fort pour imposer ses propres lois - se plaçant au dessus des lois nationales et de la Constitution - et ainsi donc de refuser de véritables élections libres et transparentes. Alors qu'en vérité il vient de confirmer sur le plan de l'opinion internationale et dans ce scrutin du 8 avril 2005 toutes ses mystifications et ses faiblesses accompagnées d'une véritable frayeur de ne pas être reconnu comme étant crédible, internationalement parlant.

Les atermoiements et les longs délais pris pour " féliciter " le seigneur et maître de Djibouti qui vient bis repetita de s'autoproclamer confirment bien ce que nous avançons. Plus de 3 jours après la promulgation des résultats officiels, aucune grande diplomatie n'avait pris l'initiative d'adresser un quelconque message de félicitations ou de soutien au dictateur Ismaïl OMAR GUELLEH qui désespère.

Légitimité

Rien d'étonnant à ce que tous ces scrutins ne pouvaient pas être autres que subterfuges alors que le pouvoir réagissait à sa manière en imposant bien des menées déstabilisatrices tout en ayant l'outrecuidance - par sa propagande délétère et pernicieuse - de se considérer comme respectueux des Droits humains, républicains et en perpétuelle situation de légitime défense…par rapport à une opposition pourtant muselée.

A Djibouti, la force de la Dictature servant l'affairisme privé a toujours résidé dans sa capacité à imposer un changement d'une manière suffisamment lente. Ses buts ont ainsi longtemps échappé à la conscience et ne suscitaient la plupart du temps aucune réaction, aucune opposition, aucune révolte au sein d'un population pacifique.

Il suffisait pour cette dictature de trouver des exutoires aux difficultés qu'elle faisait naître dans le pays ; exutoires qu'elle montrait d'un doigt vengeur dépassant l'indécence et jetés tant de fois en pâture à la vindicte populaire les rendant responsables de tous les maux dont souffrait et souffre encore le pays. Une fois accoutumés à de tels maîtres qui ne sont - sur le fond comme dans la forme - que des manipulateurs des consciences s'appuyant sur la xénophobie de ceux et celles qu'ils dirigent en sous main, les populations djiboutiennes ont mis bien des années pour arriver enfin à comprendre qu'ils pouvaient s'en passer

On peut donc affirmer que toutes les élections furent confirmatives : elles furent falsifiées parce que c'était la méthode la plus efficace pour imposer le rôle qu'elles devaient jouer.
Pourquoi? Depuis 1999, il s'est agi de maintenir un déséquilibre politique flagrant afin d'entériner un programme défini par Ismaïl OMAR GUELLEH et qui devait être appliqué non point au profit de l'État mais de l'affairisme privé.

C'est ainsi que durant six années il a pu se prémunir contre les surprises électorales ainsi que d'un conflit éventuel de légitimité entre lui même et une majorité cohérente d'opposition au sein de la représentation nationale.

Point d'opposition au sein d'une Assemblée nationale dont les Députés (es) sont désignés par lui et lui seul, IOG s'est ainsi garanti pour un temps une tranquillité certaine de ce point de vue. Illustration parfaite aussi de l'utilité de la falsification des suffrages pour la préservation d'une fausse privatisation -l'argent- et une forme de sous-traitance des scrutins confiée à ses " serviteurs ". Serviteurs grassement rémunérés et investis de pouvoir ponctuels et illimités pour mener à bien une campagne pour la réélection - dans un fauteuil et par TOUS les moyens - d'un homme et surtout d'un système, celui de toutes les corruptions et perversions.

Que de tels hommes et de telles femmes aient l'outrecuidance de se prétendre musulmans, " bons croyants " et pratiquants de l'Islam, a quelque chose d'insultant pour le message du prophète MUHAMMAD et pour les saints versés d'Al Küran qu'il a légué à l'histoire.

Pour en revenir sur le passé, on ne peut mettre en relief un quelconque bénéfice politique que tiraient les partis d'opposition lors de ces élections tronquées de leurs essentiels car il y eut de plus et dans le pays une quasi absence de véritable éducation à la politisation des populations, ni véritable recrutement élargi et durable lors des campagnes électorales, ni consécration des traditions de la résistance civique à la dictature de la pensée unique.

En maintenant les populations dans l'analphabétisme et l'incompréhension des réels enjeux, les pouvoirs qui se sont succédés à la tête du pays ont créé toutes les conditions de leur réélection factice. Les périodes d'Élections prenaient alors des allures de fête du moment pour un peuple asservi et pris en otage. Une fois les élections passées, Djibouti retombait dans sa torpeur.

Pour attirer les foules supposées soutenir la réélection de l'homme au pouvoir - constituées quasiment exclusivement de la grande misère des quartiers défavorisés de la capitale - c'est toujours la même recette qui fut utilisée. Recette consistant à envoyer dans chaque quartier des groupes propagandistes invitant les populations miséreuses à ce rendre à tel meeting organisé par le RPP avec promesse de distribution sur place de demis bottes de khat, d'un peu d'argent, d'alimentation (détournée à partir des stocks de denrées attribuées par les pays donateurs à l'Office National d'Aide aux Réfugiés et Apatrides- ONARS)….

Les gouvernants qui échappent aux misères de la pauvreté qu'ils imposent aux populations n'échappent pas à celles de l'orgueil qui les anime avec l'utilisation des actes les plus vils et des gestes les plus bas pour parvenir à leur fin..

Certes Ismaïl OMAR GUELLEH a gagné sa mascarade d'élections ! mais maintenant que va t-il faire ?.

Plus que jamais, IOG est face à son destin. L'Etat est en pleine déliquescence, son autorité est contestée, les finances publiques sont exsangues alors que l'on note ces derniers jours l'exil de bon nombre de familles djiboutiennes notamment vers l'Éthiopie et le Somaliand alors que d'autres se préparent à rejoindre le monde occidental.

Quelle va être l'attitude des grandes diplomaties à son égard ?.

 

 

Secrétariat général du Gouvernement en Exil de Djibouti.

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Téléphone et télécopie : 00 33 (0)3 83 25 77 26.

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