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Dernière modification : le 15-Avr-2005 18:21 (GMT+1 / Bruxelles)

 

 

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Le Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI IFTIN

Commandant le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale

 

 

15/04/05 - FRANCE - En dehors du français, il y a une seule langue nationale que la Constitution tolère et dans laquelle le " diplomatiquement correct " excelle : c'est " la langue de bois ".

Bouh Warsama.

 

Comment peut-on interpréter le contenu du message de félicitations que vient d'adresser le président Jacques Chirac au dictateur Ismaïl OMAR GUELLEH après qu'il se fut autoproclamé président pour un second mandat de six années par l'entremise d'une peu élégante mais grandiose mascarade d'Elections ?.

"Dans une dictature moribonde, les " cociricos " comme les " bêlements " des chèvres et les " braiements " des ânes satisfaits ont le goût amer de l'échec économique, social et politique qui va inévitablement produire sous peu ses effets désatreux et confirmer ses conséquences".

L'Elysée ne peut mesurer quel a été l'impact néfaste de ce message de félicitations sur l'opinion publique djiboutienne.

Message de quelques 115 mots qui ont soulevé bien des réactions de rejet et de condamnation au sein des populations et de l'opposition djiboutiennes dans leur ensemble. Majoritairement les Djiboutiens et les Djiboutiennes considèrent - aujourd'hui plus que jamais ils ne furent par le passé - être véritablement abandonnés par le président d'un grand pays censé être celui des Droits de l'Homme.

Pays et ancien colonisateur qui a gravé en un temps si lointain de sa révolution sur les frontons de ses grands monuments nationaux comme dans les esprits des Français, des Djiboutiens et des citoyens de ce monde, les Droits de chacun et de chacune ;

" LIBERTE - EGALITE - FRATERNITE ".

Cette Révolution française fut la première fois, dans l'histoire de l'Europe depuis l'Antiquité, que le principe du régime monarchique fut renversé.

En cautionnant obstinément la dictature - donc le régime de la pensée unique - en pensant ainsi et par l'emploi de tous les moyens maintenir " l'ordre à Djibouti " :

on sacrifie la Liberté de l'immense majorité,

on étouffe l'expression des populations,

avec le risque indubitable qu'en refusant cette nécessaire Evolution on ne contraigne les Républicains djiboutiens à faire leur Révolution avec tous ce que cela comportera de conséquences.

Les Djiboutiens et les Djiboutiennes veulent restaurer la République et l'Etat de Droit dans leur pays.

A tous les niveaux de société djiboutienne, beaucoup vous diront

" Je ne comprends plus !, la France nous a définitivement abandonné à notre sort, à notre misère. Elle donne un chèque en blanc à IOG ".

Des opposants soutenus financièrement et sous la coupe d'un parti politique de la gauche française iront même jusqu'à affirmer " La France nous sacrifie à la dictature, alors cédons aux avances des USA qui sont plus mesurés, plus lucides ! ".

La compréhension que l'on peut avoir de l'attitude de l'Elysée réside dans le fait que dans ce que l'on dénomme comme étant le " langage diplomatique " la diplomatie française ne peut nier l'existence de filtres qui permettent de moduler le contenu d'un message adressé d'un Etat à un autre Etat.

C'est ainsi que bien au-delà de la réaction passionnée de l'instant desquelles la diplomatie occidentale ne saurait s'accommoder, s'est instaurée depuis des lustres une forme de code et des filtres - dits de " bienséance " - qui permettent à un chef d'Etat - de par les termes choisis, la tournure des phrases et la longueur du contenu de son message - de respecter une forme d'éthique internationale tout en donnant l'apparence et l'illusion de féliciter un homologue étranger sans toutefois le cautionner.

C'est suivant ce sacro-saint principe de la " bienséance " - instauré depuis que la diplomatie existe - que la grande majorité des messages entre chefs d'Etats peuvent s'échanger et qu'ils sont une " forme d'art linguistique codé".

Ce filtre diplomatique, c'est aussi celui de reporter les décisions jusqu'à ce que les problèmes se résolvent d'eux-mêmes. A fortiori lorsqu'une " Affaire " et ses méandres - telle que celle de l'assassinat du Juge Bernard BORREL - persiste à perturber le " système établi " que l'on dénommera pudiquement comme étant " les bonnes relations entre Etats "..

C'est alors qu'un grain de sable que l'on tentait d'écraser au marteau pilon devient bloc de granit qui fait grincer les rouages de la " mécanique trouble" dans la galaxie à hauts niveaux de responsabilités.

A l'Elysée, les finesses de l'étiquette, les subtilités de la diplomatie comptent au moins autant que le succès qu'elles vont déterminer. Elles sont un moyen de temporiser face à une situation que l'on ne maîtrise pas dans son ensemble ; étant parfois loin de la maîtriser.

Nul ne saurait contester que les rapports entre Paris et Washington ont considérablement changé depuis la chute du mur de Berlin et les drames de septembre 2001.

Apparemment absente du terrain africain (en apparence seulement) dont elle avait " concédé momentanément la garde " à la France car bien plus préoccupée qu'elle fut longtemps par la menace soviétique, l'administration américaine avait toutefois préparé minutieusement son apparition en Afrique.
Sans s'étendre sur ce sujet, force est de constater que furent et sont encore de nos jours formés aux USA des étudiants africains - francophones et chrétiens - choisis parmi l'environnement immédiat de l'élite au pouvoir dans des pays considérés comme étant des " bastions français " en Afrique de l'Ouest et du Centre.

Depuis quelques 15 années par l'entremise de sa diplomatie, de l'USAID, de ses spécialistes formés aux langues et coutumes locales… etc... et leur fournissant de gros moyens financiers, l'administration américaine a lancé une forme d'OPA sur ces bastions francophones en Afrique et plus récemment à Djibouti. Choix se fixant sur Djibouti non point pour les ressources de son sous sol mais par son importance géopolitique et le fait que cette jeune " supposée " république constitue une " porte d'entrée " incontournable pour l'accès à l'Afrique de l'Est et Centrale mais aussi vers le Soudan.

La présence des Etats-Unis à Djibouti résulte d'une certaine logique que lui conteste officieusement l'Elysée sans le laisser paraître, pour le moins ouvertement. Ce combat qui oppose Paris et Washington est bien plus âpre qu'il n'y parait.

La diplomatie française est une vielle école rompue à tous les " combats " internationaux comme aux coups bas ; si elle appris à en recevoir, elle sait aussi en donner et ne s'en prive pas.

Ont peut donc avoir une autre lecture du message du président Jacques Chirac.

Contrairement aux apparences, l'Elysée pourrait bien avoir pris le parti de la " langue de bois " à l'égard d'Ismaïl OMAR GUELLEH en occultant momentanément et en apparence - seulement en apparence - toutes les divergences profondes qui l'opposent au squatter du Palais de l'Escale.

Autrefois on dansait et l'on chantait, maintenant on nous fait chanter !!!

Autrefois les Djiboutiens chantaient en coeur autour d'une table, celle de l'indépendance du 27 juin 1977 ; maintenant c'est un seul homme qui chante, non pas pour la raison absurde qu'il chanterait mieux mais simplement par ce qu'il est passé maître - presque docteur honoris causa - dans le difficile exercice de " faire chanter " toute une nation prise en otage… et quelques autres.

Si la dictature continue de l'emporter à Djibouti sur la raison et sur une opposition politique empêtrée dans ses " états d'âme ", ses intérêts individuels et ses sempiternelles palabres, un seul homme rira, parce qu'il rira mieux que les autres de l'odieuse farce qu'il impose.

Il a pour nom Ismaïl OMAR GUELLEH !!!.

 

 

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