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Le
Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI
IFTIN
Commandant
le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale

15/04/05
- FRANCE - En dehors du français, il y a
une seule langue nationale que la Constitution tolère et dans laquelle
le " diplomatiquement correct " excelle : c'est " la langue de
bois ".
Bouh
Warsama.
Comment
peut-on interpréter le contenu du message de félicitations que vient
d'adresser le président Jacques Chirac au dictateur Ismaïl OMAR GUELLEH
après qu'il se fut autoproclamé président pour un second
mandat de six années par l'entremise d'une peu élégante mais
grandiose mascarade d'Elections ?.
"Dans
une dictature moribonde, les " cociricos " comme les " bêlements
" des chèvres et les " braiements " des ânes satisfaits
ont le goût amer de l'échec économique, social et politique
qui va inévitablement produire sous peu ses effets désatreux et
confirmer ses conséquences".
L'Elysée
ne peut mesurer quel a été l'impact néfaste de ce message
de félicitations sur l'opinion publique djiboutienne.
Message
de quelques 115 mots qui ont soulevé bien des réactions de rejet
et de condamnation au sein des populations et de l'opposition djiboutiennes dans
leur ensemble. Majoritairement les Djiboutiens et les Djiboutiennes considèrent
- aujourd'hui plus que jamais ils ne furent par le passé - être véritablement
abandonnés par le président d'un grand pays censé être
celui des Droits de l'Homme.
Pays
et ancien colonisateur qui a gravé en un temps si lointain de sa révolution
sur les frontons de ses grands monuments nationaux comme dans les esprits des
Français, des Djiboutiens et des citoyens de ce monde, les Droits de chacun
et de chacune ;
"
LIBERTE - EGALITE - FRATERNITE ".
Cette
Révolution française fut la première fois, dans l'histoire
de l'Europe depuis l'Antiquité, que le principe du régime monarchique
fut renversé.
En
cautionnant obstinément la dictature - donc le régime de la pensée
unique - en pensant ainsi et par l'emploi de tous les moyens maintenir "
l'ordre à Djibouti " :
on
sacrifie la Liberté de l'immense majorité,
on
étouffe l'expression des populations,
avec le risque indubitable qu'en refusant cette nécessaire Evolution on
ne contraigne les Républicains djiboutiens à faire leur Révolution
avec tous ce que cela comportera de conséquences.
Les
Djiboutiens et les Djiboutiennes veulent restaurer la République et l'Etat
de Droit dans leur pays.
A
tous les niveaux de société djiboutienne, beaucoup vous diront
"
Je ne comprends plus !, la France nous a définitivement abandonné
à notre sort, à notre misère. Elle donne un chèque
en blanc à IOG ".
Des
opposants soutenus financièrement et sous la coupe d'un parti politique
de la gauche française iront même jusqu'à affirmer "
La France nous sacrifie à la dictature, alors cédons aux avances
des USA qui sont plus mesurés, plus lucides ! ".
La
compréhension que l'on peut avoir de l'attitude de l'Elysée réside
dans le fait que dans ce que l'on dénomme comme étant le "
langage diplomatique " la diplomatie française ne peut nier l'existence
de filtres qui permettent de moduler le contenu d'un message adressé d'un
Etat à un autre Etat.
C'est
ainsi que bien au-delà de la réaction passionnée de l'instant
desquelles la diplomatie occidentale ne saurait s'accommoder, s'est instaurée
depuis des lustres une forme de code et des filtres - dits de " bienséance
" - qui permettent à un chef d'Etat - de par les termes choisis, la
tournure des phrases et la longueur du contenu de son message - de respecter une
forme d'éthique internationale tout en donnant l'apparence et l'illusion
de féliciter un homologue étranger sans toutefois le cautionner.
C'est
suivant ce sacro-saint principe de la " bienséance " - instauré
depuis que la diplomatie existe - que la grande majorité des messages entre
chefs d'Etats peuvent s'échanger et qu'ils sont une " forme d'art
linguistique codé".
Ce
filtre diplomatique, c'est aussi celui de reporter les décisions jusqu'à
ce que les problèmes se résolvent d'eux-mêmes. A fortiori
lorsqu'une " Affaire " et ses méandres - telle que celle de l'assassinat
du Juge Bernard BORREL - persiste à perturber le " système
établi " que l'on dénommera pudiquement comme étant
" les bonnes relations entre Etats "..
C'est
alors qu'un grain de sable que l'on tentait d'écraser au marteau pilon
devient bloc de granit qui fait grincer les rouages de la " mécanique
trouble" dans la galaxie à hauts niveaux de responsabilités.
A
l'Elysée, les finesses de l'étiquette, les subtilités de
la diplomatie comptent au moins autant que le succès qu'elles vont déterminer.
Elles sont un moyen de temporiser face à une situation que l'on ne maîtrise
pas dans son ensemble ; étant parfois loin de la maîtriser.

Nul
ne saurait contester que les rapports entre Paris et Washington ont considérablement
changé depuis la chute du mur de Berlin et les drames de septembre 2001.
Apparemment
absente du terrain africain (en apparence seulement) dont elle avait " concédé
momentanément la garde " à la France car bien plus préoccupée
qu'elle fut longtemps par la menace soviétique, l'administration américaine
avait toutefois préparé minutieusement son apparition en Afrique.
Sans
s'étendre sur ce sujet, force est de constater que furent et sont encore
de nos jours formés aux USA des étudiants africains - francophones
et chrétiens - choisis parmi l'environnement immédiat de l'élite
au pouvoir dans des pays considérés comme étant des "
bastions français " en Afrique de l'Ouest et du Centre.
Depuis
quelques 15 années par l'entremise de sa diplomatie, de l'USAID, de ses
spécialistes formés aux langues et coutumes locales
etc...
et leur fournissant de gros moyens financiers, l'administration américaine
a lancé une forme d'OPA sur ces bastions francophones en Afrique et plus
récemment à Djibouti. Choix se fixant sur Djibouti non point pour
les ressources de son sous sol mais par son importance géopolitique et
le fait que cette jeune " supposée " république constitue
une " porte d'entrée " incontournable pour l'accès à
l'Afrique de l'Est et Centrale mais aussi vers le Soudan.
La
présence des Etats-Unis à Djibouti résulte d'une certaine
logique que lui conteste officieusement l'Elysée sans le laisser paraître,
pour le moins ouvertement. Ce combat qui oppose Paris et Washington est bien plus
âpre qu'il n'y parait.
La
diplomatie française est une vielle école rompue à tous les
" combats " internationaux comme aux coups bas ; si elle appris à
en recevoir, elle sait aussi en donner et ne s'en prive pas.
Ont
peut donc avoir une autre lecture du message du président Jacques Chirac.
Contrairement
aux apparences, l'Elysée pourrait bien avoir pris le parti de la "
langue de bois " à l'égard d'Ismaïl OMAR GUELLEH en occultant
momentanément et en apparence - seulement en apparence - toutes les divergences
profondes qui l'opposent au squatter du Palais de l'Escale.

Autrefois
on dansait et l'on chantait, maintenant
on nous fait chanter !!!
Autrefois
les Djiboutiens chantaient en coeur autour d'une table, celle de l'indépendance
du 27 juin 1977 ; maintenant c'est un seul homme qui chante, non pas pour la raison
absurde qu'il chanterait mieux mais simplement par ce qu'il est passé maître
- presque docteur honoris causa - dans le difficile exercice de "
faire chanter " toute une nation prise en otage
et quelques autres.
Si
la dictature continue de l'emporter à Djibouti sur la raison et sur une
opposition politique empêtrée dans ses " états d'âme
", ses intérêts individuels et ses sempiternelles palabres,
un seul homme rira, parce qu'il rira mieux que les autres de l'odieuse farce qu'il
impose.
Il a pour
nom Ismaïl OMAR GUELLEH !!!.
