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Le
Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI
IFTIN
Commandant
le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale







Djibouti
2005
16/04/05
- DJIBOUTI - Ni de gauche, ni de droite ; simplement
héritier des valeurs du gaullisme social, en dehors des clivages politiques
et des intérêts cachés.
Africanman.
Djibouti
ne fait hélas pas exception à cette règle de la misère
imposée.
On
pourrait citer plusieurs dizaines de pays - en Afrique et ailleurs - où
des millions d'hommes et de femmes connaissent une misère identique entretenue
par un tyran, souvent dictateur autoproclamé président avec quelques
centaines de " serviteurs " qu'il finance et qui le vénèrent
pour survivre avec quelques privilèges comparativement à l'immense
majorité de la population asservie.
Que
dire de l'Erythrée et de Mogadishio dont le gouvernement et les chefs de
guerre somaliens dépensent des millions de dollars en armement tandis que
les habitants souffrent de la sécheresse, du manque de soin et comptent
parmi les plus démunis de la planète ?
Tant
de souffrances, tant de privations : de pain, de soins, d'éducation, de
liberté, tout simplement d'Amour...
Ces
souffrances ne laissent pas indifférents les occidentaux que nous sommes
qui, après avoir remisé leur culpabilité et leurs émotions,
prennent conscience de leur responsabilité pour que règne davantage
d'harmonie en ce monde.
La
colonisation n'a pas apporté que des aspects négatifs, bien au contraire
!.
La
nature a distribué inégalement, à travers la planète,
l'abondance et les dépôts des matières premières; et
tandis qu'elle a localisé dans cette extrémité continentale
qui est le monde occidental très longtemps une culture inventive, le progrès,
la science d'utilisation des richesses naturelles, elle a concentré les
plus vastes réservoirs de ces matières en Afrique et ailleurs vers
lesquelles le besoin de vivre et de créer aura jeté durant des siècles
et jettera demain encore l'élan des pays dits civilisés. Mais l'humanité
totale doit pouvoir jouir de la richesse totale répandue sur la planète.
Cette richesse est le trésor commun de notre humanité.
C'est
avec confiance et détermination que les occidentaux s'adressent souvent
à leurs représentants politiques afin qu'ils usent de leur influence
pour faire reculer les dictateurs et réfléchir ceux qui les soutiennent.
Mais
qu'en est-il du résultat ?
Nos
gouvernements ont-ils cessé pour autant de s'enrichir du commerce des armes,
ont-ils stoppé leur exploitation des richesses des pays pauvres, ont-ils
cessé de soutenir aveuglément les dictatures et imposé une
amorce de démocratie (car ils en ont le pouvoir), ont-ils veillé
à ce que les droits humains soient respectés partout sur la planète
?
Nos
politiciens nous ont-ils consulté quand il fallait exclure la Russie du
Conseil de l'Europe, quand il était question de bombarder la Serbie ou
quand les est-timorais réclamaient notre aide ? La liste de nos privations
est, elle aussi, bien longue : nourrir, soigner, éduquer nos frères
et surs dans le besoin, rendre sa liberté à celui que l'on
étouffe ne sont pas choses aisées ; Aimer, tout simplement, notre
prochain ne nous est pas permis car nous assistons trop souvent à l'indignité
et à l'ignorance des populations qui souffrent alors que leurs propres
dirigeants s'enrichissent, les exploitent sans vergogne, les prennent en otage
pour obtenir des aides internationales qu'ils détournent à leur
propre profit, ce ouvertement et bien plus encore dans l'exploitation des populations
qu'aurait pu le faire la pire des colonisations d'un temps passé !
Aujourd'hui,
face à l'extrême misère des peuples, les hommes de bonne volonté,
croyants ou non, les défenseurs des droits humains que nous sommes tous
(sans pour cela adhérer forcément à quelconque parti politique
), devons prendre conscience du lien direct qui existe entre la crise morale
et spirituelle qui frappe la civilisation occidentale et la misère dans
laquelle sont plongés des centaines de millions d'êtres humains ailleurs
dans le monde.
Parce
que nous sommes naturellement portés à partager ce que nous possédons,
à combler celui qui manque et à élever celui qui est plus
bas que nous, tout obstacle à cette entreprise fraternelle, toute caution
à la dictature - comme c'est le cas à Djibouti - constitue une atteinte
à l'humanité, une limite insupportable à notre nature.
"
Les êtres humains sont les divers organes d'un seul corps ",
tel fut le message du Muhammad le Prophète.
Plus
qu'un précepte religieux, c'est au fond une plaidoirie pour le dialogue
entre les civilisations afin que la violence et la répression cèdent
la place à la justice universelle et à la compassion.
Point
n'est besoin d'être musulman,
chrétien ou croyant pour ressentir cette vérité qui ne relève
ni de l'intellect ni de la culture : il suffit de laisser parler sa conscience
et de s'ouvrir à l'Autre pour réaliser que nous avons viscéralement
besoin de lui, de son bonheur pour prétendre - nous aussi - être
heureux.
La
raison d'être des sociétés humaines est de se regrouper pour
assurer le bien-être de chacun. La mise en commun de leurs richesses et
de leur savoir a pour but de garantir le bon fonctionnement de ce corps qu'est
l'Humanité. Dès lors qu'un organe - tel, par exemple, un pays -
ne remplit plus sa fonction qui est de participer à l'équilibre
de l'ensemble, il entame un processus d'autodestruction et gangrène l'organisme
qui souffre de dysfonctionnements et de manques...
Alors que nos sociétés se rendent incapables de jouer pleinement
leur rôle en ce domaine et que nous assistons à l'affrontement permanent
des intérêts particuliers, c'est aux humbles atomes que nous sommes
qu'il revient de mettre en place des réseaux subtils par lequel le flux
fraternel pourra s'écouler.
C'est
une question de survie !.
