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Le Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI IFTIN

Commandant le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale

 

 

17/04/05 - CAMBODGE - Il y a 30 ans des combattants vêtus de noir entraient sans résistance dans Pnom Penh ; le plus grand génocide de l'histoire du Cambodge commençait et durera 4 années !.

Mme Anab HERSI AHMED

Trente ans plus tard, le Cambodge porte les traces de cette " période Khmers Rouges " qui aura laminé en presque quatre années le pays, ses institutions et ses populations.

Les Khmers Rouges (en khmer : Khmaey Krahom), dont le nom officiel fut successivement Parti Communiste du Cambodge et Parti du Kampuchea Démocratique (Autres noms : Parti Communiste du Kampuchéa, PCK, Parti Communiste Khmer, Armée Nationale du Kampuchéa Démocratique, PDK), étaient une fraction communiste qui dirigea le Cambodge de 1975 à 1979. Le surnom de Khmers rouges leur fut initialement donné par le roi Norodom Sihanouk dans les années 1950, il est utilisé couramment en français à travers le monde. Notons que les révolutionnaires eux-mêmes n'utilisaient pas cette dénomination et préféraient le terme " kampuchéen " à khmer, jugé trop à droite.

Parfois considérée comme maoïste d'un point de vue économique et stalinienne d'un point de vue répressif, la période Pol Pot va se caractériser par des méthodes d'une brutalité extrême, dans lesquelles on peut y voir une forme de tentative de suicide d'une nation.

Les Khmers Rouges vont vider les villes du Cambodge de leur population - censées être synonymes de " perdition " et refuge de tous les vices dans une " glorieuse révolution " qui fut le premier acte d'une longue extermination implacable.

Honnissant le maréchal Lon Nol accusé d'être soutenu par les " impérialistes américains ", les Khmers Rouges vont s'acharner à liquider tous les représentants : cadres de haut niveau, militaires, fonctionnaires. Alors que dès le 17 avril 1995 et en une seule journée ils vont vider la capitale Phnom Penh de tous ses habitants - hommes, femmes et enfants - affirmant à près de deux millions de personnes qu'ils ne partent que pour quelques jours et sous le prétexte de bombardements américains imminents qui n'auront jamais lieu.

Le pillage de la capitale va aussitôt commencer après que les populations furent envoyées dans les coopératives pour travailler et être surveillées afin d'éviter une contre-révolution.

En 1976-1977, l'alimentation en commun fut définitivement mise en place pour assurer l'égalité des rations - chose qui ne fut généralement pas respectée. Ce type d'organisation ne fut pas répudié lors des rectifications ultimes de l'année 1978.

Le " Kampuchéa nouveau à tous les égards " chercha à rééduquer l'ensemble de la population pour détruire l'idée de propriété privée. À cette fin, le Parti-État devait - selon Pol Pot - s'immiscer dans tous les recoins de la sociétéavec une police politique ayant droit de vie ou de mort sur l'instant, ce sans jugement.

Même au niveau des ministères, les réunions de critique et d'autocritique fustigeant l'individualisme étaient fréquentes, et les cadres étaient appelés à se reconstruire et à se forger dans le sens d'une soumission à "l'Organisation révolutionnaire" et à la pensée unique.

Il en résultera un contrôle policier des comportements et des pensées particulièrement inquisitorial, ainsi que des appels constants à la vigilance révolutionnaire vis-à-vis des " mauvais éléments " et des ennemis, en même temps que des appels à donner l'illusion de ne pas être trop à gauche (même si le plus important était de ne pas être à droite).

Toutefois, toutes les strates du nouveau pouvoir n'étaient pas contrôlées et les abus de pouvoir de cadres insuffisamment formés ou remis en question furent légions. Le peuple n'avait jamais été éduqué à l'esprit de contradiction et certains cadres ne laissaient pas le peuple s'exprimer.

On assista donc au phénomène prévisible de la dérive autoritaire de la révolution par les mains des révolutionnaires eux-mêmes, tel qu'il fut merveilleusement prédit ou décrit par Georges Orwell dans sa fable politique "La Ferme des Animaux".

La situation économique se dégradant d'année en année,la corruption étatisée, la recherche de boucs émissaires et les tricheries multiples rendirent la situation particulièrement angoissante et invivable. Des gens disparaissaient ailleurs sans qu'on ne les revît plus. La volonté de multiplier les rendements à l'hectare par 3 et la conviction que le premier pas vers l'industrialisation était l'exportation de riz amenèrent Pol Pot à affamer la population cambodgienne pour atteindre ses objectifs.

La nourriture dans les grosses marmites, pour peu qu'elle fût suffisante, n'était jamais savoureuse.

Le pouvoir central du parti avait confiance en sa bonne direction clairvoyante et n'était pas enclin à remettre en question les principes de base de sa ligne (alimentation en commun, autarcie régionale, rendement de trois tonnes de paddy par hectare, absence de rangs dans l'armée, éducation des enfants en commun, rééducation prolongée des intellectuels patriotes...), aussi n'est-ce qu'en 1977 qu'il s'inquiéta de certaines situations.

Incapable idéologiquement de blâmer le peuple (par définition innocent) ou de se remettre en cause (ce qui est le propre de la dictature), il reporta la responsabilité des échecs du système sur le Parti et déclencha des purges au sein de celui-ci. Ce sont ces purges en vue d'une supposée meilleure application de la politique échafaudée en haut lieu qui remplirent, prison après prison, le sinistre centre d'interrogation et d'exécution S-21, construit dans l'ancien lycée de Tuol Sleng.

En janvier 1979, le Vietnam mit fin à ce régime qui refusait de coopérer économiquement après avoir perdu sa confiance en son voisin et grand frère en révolution. Les incidents de frontières s'étaient multipliés, en partie en raison de la pénurie qui y régnait. Sans doute la République Socialiste du Vietnam avait-elle perçu, par le biais de défections de cadres et de ses propres incursions en territoire cambodgien, que les fruits de la révolution tant célébrés étaient définitivement moisis et que le régime du Kampuchéa Démocratique tomberait quasiment de lui-même après un petit coup de pouce.

L'invasion commença en décembre 1978 et Phnom Penh tombait le 7 janvier 1979. Contre toute attente (la peur de la domination vietnamienne étant traditionnellement ancrée dans les esprits cambodgiens), l'armée vietnamienne est aidée par de nombreuses défections d'activistes Khmers rouges.

Le pouvoir central se replira alors le long de la frontière Thaï (officieusement protégé par des éléments de l'armée thaïlandaise).

En 1985 Khieu Samphan va succèder officiellement à Pol Pot en tant que leader Khmer Rouge. Les États-Unis et d'autres gouvernements occidentaux, ainsi que la Chine, continuent de reconnaître le Kampuchéa Démocratique comme gouvernement du Cambodge pour marquer leur désapprobation de l'occupation vietnamienne, soutenue par l'URSS.

La Chine lance alors une invasion punitive au Nord-Vietnam. Les États-Unis soutiennent la résistance Khmer Rouge par l'intermédiaire d'alliés thaïlandais. Alors que dès 1980 les vietnamiens contrôlent l'est et le centre du Cambodge, les combats se poursuivent à l'ouest pendant toutes les années 1980 et des millions de mines sont disséminées.

Au terme d'une décennie de combats, toutes les factions politiques cambodgiennes signent un traité en 1991 instaurant des élections et le désarmement. Pourtant les Khmers rouges reprennent les armes en 1992 et rejettent le résultat des élections l'année suivante. Des défections en masse ont lieu en 1996 et la moitié des combattants restant (environ 4000) quitte le mouvement.

Des luttes internes mènent au procès et à l'incarcération de Pol Pot par les Khmers rouges eux-mêmes en 1997.

Pol Pot décède en avril 1998 et Khieu Samphan se rend en décembre de la même année. Le 29 décembre 1998, les leaders Khmers rouges restant présentent leurs excuses pour les morts des années 1970.

En 1999, la plupart des membres se sont rendus ou ont été capturés. La capture de Ta Mok en mars 1999 marquera le point final de l'histoire des Khmers rouges.

On se souvient en général des Khmers Rouges pour leurs exactions qui sont la cause de la mort d e plus d'un million cinq cent mille de personnes, selon les estimations, ce qui représente l'un des massacres les plus violents du XXe siècle en terme de morts par rapport à la population totale.

À ce jour, aucun des leaders Khmers Rouges n'a été jugé.

Trente ans plus tard, soit par ce qu'ils furent éliminés physiquement, soit par ce qu'ils ont réussi à fuir en se réfugiant dans l'un des pays du monde occidental dans lequel ils ont fondé une famille et occupent généralement des emplois de très bon niveau, le Cambodge souffre de la perte de ses élites et vit avec le plus grand traumatisme de son histoire.


La civilisation occidentale serait-elle réticente aux meurtres particuliers, mais permissive aux génocides et résignée au meurtre général d'une population asservie par la dictature en Afrique ou ailleurs ?.

Si sur la forme la comparaison entre le génocide cambodgien et ce qui se fait à Djibouti depuis 1999 sous le régime d'Ismaïl OMAR GUELLEH a peu d'éléments de comparaison, on est en droit d'admettre tout de même que sur le fond les intentions sont très proches et étendues sur une plus grande période afin de ne pas éveiller les " consciences internationales ".

En effet, depuis quelques 6 années Ismaïl OMAR GUELLEH et Kadra HAÏD ont lancé une grande opération d'exclusion des populations djiboutiennes réticentes à la pensée unique qu'ils veulent imposer. Ce sont ainsi quelques dizaines de milliers de Djiboutiens et de Djiboutiennes qui furent et sont encore chassées de leur quartier dans la capitale par l'insécurité qu'y fait régner le pouvoir en place pour les contraindre à occuper des zones insalubres en les repoussant en périphérie, loin des secteurs stratégiques, loin des regards que l'on peut avoir de la capitale.

Ces populations djiboutiennes n'ont d'autre alternative que de se soumettre à cette stratégie du pouvoir ou de s'exiler dans un pays occidental si elles en ont encore les moyens financiers de le faire.

Dés leur départ et "maison par maison" (disons plutôt espace de survie en espace de survie) dans la capitale (comme dans les régions de l'intérieur du pays) les populations originaires de Djibouti où qui y étaient installées depuis des dizaines d'années sont remplacées en leur lieu, place et identité djiboutienne par des familles étrangères..............

bien plus malléables car fuyant l'extrême famine et les conflits incessants qui sévissent dans leur pays d'origine.

 

"L'utopie n'est que le nom donné aux fausses réformes d'une Dictature aveugle et cautionnée et qui vous contrait à la révolution et non à l'évolution, au progrès dans la paix pour changer "l'ordre des choses " imposé à toute une Nation".

Secrétariat général du Gouvernement en Exil de Djibouti.

50 Avenue des Roses - 54630 - Richardménil - France.

Téléphone et télécopie : 00 33 (0)3 83 25 77 26.

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