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Le
Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI
IFTIN
Commandant
le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale

21/04/05
- VATICAN - Benoît XVI, le nouveau pape.
Le Conclave a élu un cardinal allemand pour succéder à Jean-Paul
II. Un conservateur pur et dur.
Ambroise
EBONDA
L'Eglise
catholique a un nouveau chef.
Comme
Jean-Paul II auquel il succède, le 265ème souverain pontife de l'histoire
de la chrétienté n'est pas Italien ; il n'a pas non plus le visage
noir que des millions d'Africains espéraient.
C'est
un Allemand : le cardinal Joseph Ratzinger. Il a été élu
mardi au soir du deuxième jour du conclave, par les 115 cardinaux enfermés
dans la Chapelle Sixtine au Vatican, dix-sept jours après la mort de Jean
Paul II. Son élection a été annoncée comme prévue,
par une fumée blanche sortie de la cheminée de la Chapelle Sixtine,
et confirmée dix minutes plus tard par les cloches du Vatican sonnant à
toute volée.
Une
fumée noire avait annoncé lundi, l'échec du premier vote
des 115 cardinaux électeurs, suivie par une autre fumée noire mardi
matin. Ce qui semblait confirmer les prévisions des vaticanistes prévoyant
une lutte acharnée entre conservateurs et progressistes, et annonçant
un conclave d'au moins trois jours.
Il
n'aura finalement fallu aux cardinaux que 24 heures à peine et quatre tours
de scrutin, lors de ce premier conclave du troisième millénaire,
pour élire le successeur de Jean-Paul II, mort le 2 avril 2005, après
un pontificat de près de 27 ans, le troisième le plus long de l'histoire.
Ce
conclave apparaît ainsi, comme le plus court depuis 100 ans. Il témoigne
sans doute de ce que la longue agonie de Jean-Paul II a permis aux princes de
l'Eglise catholique de réfléchir longtemps à l'avance à
sa succession. Leur choix s'est d'ailleurs porté sur celui parmi eux qui
s'est montré le plus entreprenant durant les derniers mois de la longue
maladie du pape défunt.
Joseph
Ratzinger
Né
le 16 avril 1927 à Marktl am Inn, dans l'Etat de Bavière, en Allemagne,
Joseph Ratzinger avait été ordonné prêtre le 29 juin
1951, fait archevêque de Munich en mars 1977 et cardinal quatre mois plus
tard, le 27 juin 1977, par le pape Paul VI.
Doyen
des cardinaux, il était dans ce conclave, l'un des trois cardinaux électeurs
à ne pas devoir sa pourpre cardinalice à Jean Paul II. Et donc aussi,
l'un des rares à avoir l'expérience des deux précédents
conclaves en 1978.
Brillant
et fin théologien, Joseph Ratzinger s'était fait remarquer lors
du Concile Vatican II (1962 - 1965), au cours duquel il était apparu comme
un théologien libéral. Il n'a cessé de gagner en influence
sous le pontificat de Jean-Paul II qui lui avait confié la direction de
la puissante congrégation pour la doctrine de la foi. Autant d'atouts qui
faisaient de lui l'un des grands favoris, sinon, le favori du conclave attendu
après la mort de Jean-Paul II.
Sa
candidature est montée en puissance durant la période préparatoire
au conclave, marquée par 12 congrégations générales
qu'il a dominées par sa forte personnalité. A l'ouverture du conclave
lundi, des vaticanistes le créditaient déjà d'une quarantaine
de suffrages sur les 77 nécessaires pour être élu pape.
L'héritage
Joseph
Ratzinger hérite de la lourde tâche de succéder à Jean
Paul II, le premier pape de la mondialisation, dont les obsèques, le 8
avril, ont fait accourir au Vatican la plupart des dirigeants de la planète
- à l'exception notable des dirigeants russe et chinois - , des représentants
de toutes les grandes religions, ainsi que des centaines de milliers de fidèles.
L'extraordinaire charisme de Jean Paul II a masqué la fragilité
de l'Eglise catholique dans un monde en mutation.
Ratzinger
sera confronté à des enjeux redoutables liés à la
chute des vocations, à la concurrence des autres religions.
En effet,
malgré les apparences, l'Eglise catholique est aujourd'hui plus faible
qu'au début du pontificat de Jean Paul II il y a 27 ans: seulement 17%
de la population mondiale se réclame du catholicisme contre 17,75% en 1978
et le nombre de baptisés croît désormais moins vite que les
naissances.
En
revanche l'islam, les courants évangéliques inspirés du protestantisme
et l'indifférence religieuse sont en pleine progression.
Aujourd'hui,
les trois quarts des catholiques se trouvent hors d'Europe, le continent de son
expansion initiale, où son influence est en perte de vitesse. La vitalité
du catholicisme en Asie et en Afrique ne permet plus de compenser la chute des
vocations dans le Vieux continent autrefois missionnaire: on comptait 416.329
prêtres en 1978, ils n'étaient plus que 405.450 en 2003.
Au
sein de l'Eglise, beaucoup pensent que la fin du célibat des prêtres
et l'ordination des femmes pourraient endiguer cette crise des vocations. Ce qui
est loin de faire l'unanimité.
Gardien
du dogme
On
attend également l'attitude du nouveau pape face aux questions de société
telles que la moralité sexuelle, l'avortement, l'euthanasie ou la bioéthique.
Tout comme on verra comment il arbitrera le rapport de force entre la Curie romaine
et les évêques au sein de l'Eglise. Aujourd'hui, nombre d'évêques
contestent le centralisme romain et souhaitent une direction plus collégiale
de l'Eglise catholique.
Le
pape doit-il rester la référence en matière de doctrine,
ou chaque évêque possède-t-il sa propre liberté d'interprétation
? Sur toutes ces questions, on ne devrait peut-être pas s'attendre à
des révolutions dans le discours du Vatican. Le nouveau pape, Joseph Ratzinger
qui a choisi le nom de Benoît XVI, a la réputation d'être un
conservateur pur et dur, le gardien intransigeant du dogme contre les dérives
d'une Eglise devenue selon lui, une " barque qui prend l'eau ".
Ses
partisans l'ont fièrement surnommé " le grand inquisiteur "
et saluent son action pour " réduire au silence les théologiens
dissidents " et " écraser les hérésies ".
Chargé
cette année par Jean Paul II de rédiger les textes de méditation
du chemin de croix pour la semaine sainte, le cardinal Ratzinger a livré
un véritable réquisitoire dans lequel il a fustigé "
les souillures ", " l'orgueil " et " l'autosuffisance "
au sein de l'Eglise.
De 1981 à son élection, ses interdits ne se comptent plus: non à
l'ordination des femmes, non au mariage des prêtres, non à l'homosexualité,
non au communisme. Ses prises de position tranchantes ont souvent menacé
de provoquer des crises politiques.
En
2004, par exemple, il s'est opposé à l'intégration de la
Turquie musulmane dans l'Union européenne, la qualifiant " d'énorme
erreur " et de " décision contre l'histoire ".
Voilà
le berger qui est appelé à diriger 1,1 milliard de catholiques disséminés
aux quatre coins du monde. Son âge fort avancé, 78 ans, qui fait
de lui le pape élu le plus âgé depuis plus d'un siècle,
ainsi que ses problèmes de santé, laissent penser qu'en portant
leur choix sur lui, après le long pontificat de Jean-Paul II, les cardinaux
électeurs ont voulu avant tout un pape de transition, en attendant un nouveau
souverain qui viendra réformer l'Eglise catholique.
