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Le
Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI
IFTIN
Commandant
le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale







22/04/05
- DJIBOUTI - Les liens entre la République
française et ses anciennes colonies perdurent, sans qu'aucun cadre juridique
ou institutionnel ne régisse démocratiquement la politique de la
France à l'égard des anciens membres de l'Union et de la Communauté
Française.
M Goumati HOUMED GOURAD
Hormis
la déclaration de guerre, tout ce qui relève de la politique étrangère
française appartient par principe admis au domaine réservé
du président de la République. Quelle que fut la couleur politique,
cette règle immuable ne s'est jamais démentie depuis la Constitution
de 1958. Elle s'est même renforcée au fil des années, le parlement
comme les populations françaises restant - quant à eux - totalement
en marge de ces sujets.
Ainsi
observe t-on - tout particulièrement depuis le début des années
80 - une politique irréaliste à l'égard des populations djiboutiennes
avec un soutien marqué et évident - depuis 1999 - au Dictateur autoproclamé
Ismaïl OMAR GUELLEH dont le bilan - sur le plan économique, social
et politique - est catastrophique, comme toutes les conclusions des experts l'illustrent
et le concluent.
Si
Ismaïl OMAR GUELLEH ne saurait être tenu pour responsable de toutes
les erreurs commises avant son autoproclamation en mai 1999 aux plus hautes instances
de l'État, nul ne peut contester que loin de réformer l'État
et ses Institutions il leur a fait perdre toute autorité en leur substituant
celle des affairistes privés pillant le pays, ses finances par des artifices
et s'accaparant les plus values de ses entreprises publiques prises en exploitation.
Le
drame de cette dictature là - et contrairement à d'autres - c'est
qu'elle ne construit pas de ses propres mains mais maintient les populations en
survivance que grâce à l'interventionnisme étranger - civil
et militaire - qui tente de parer au plus pressé face à l'urgence
en matière de social, d'éducatif et de santé publique.
IOG
délègue aussi certains pouvoirs à de " petits sous dictateurs
" importés de sa région d'origine en Ethiopie, ignares et de
circonstances - passant de la conduite du dromadaire ou de l'âne à
celui du 4 X 4 climatisé et chassis long - qui lui reversent majeures parties
de leurs profits. Si le fait de conduire un dromadaire ou un âne n'a rien
de déshonorant en soi, cette dictature là y a choisi en son sein
le plus irréductible inculte, le plus cupide et donne ainsi toute licence
à l'incompétence, aux malades mentaux, aux mégalomanes, aux
méchants, aux malhonnêtes gens d'aller jusqu'au bout de leur inculture
et ignorance, de leur folie, de leur mégalomanie, de leur méchanceté,
de leur malhonnêteté.
Héritage
de 28 années de politique post-décolonisation, la situation que
vivent les populations de la République de Djibouti démontre une
fois encore, et cette fois d'une manière dramatique les dysfonctionnements
et le caractère irrationnel des politiques menées dans le pays et
dans ses finances publiques.
Proportionnellement
à sa population, les aides françaises, américaines (directes
et indirectes) à Djibouti ont décuplé en quelques 3 années
mais ne se traduisent en rien par une amélioration de la situation économique
ou sociale, bien au contraire.
Par
ailleurs, l'amorce de rejet que la politique de la France subit - et non entre
les populations concernées qui ont appris à vivre ensemble - de
la part des Djiboutiens/Djiboutiennes n'est que le contrecoup des années
passées dans un "système global" et pernicieux orchestré
depuis 1981 sous l'ère mitterrandienne aux plus hauts niveaux de l'État.
Cette
politique d'ignorance des libertés publiques locales est destinée
à préserver le leadership géopolitique de la France dans
cette partie du monde au carrefour de deux grands continents, quel qu'en soit
le prix et quels qu'en sont les moyens.
Elle
met par ailleurs en relief l'indifférence (le mot est faible) avec laquelle
la France a traité les français originaire de l'Afrique de l'Est
depuis des décennies, au bénéfice d'une " générosité
républicaine " très marquée à l'égard
de ceux qui insultent ses institutions dont celle de la Justice, " suicident
" un magistrat, font brûler son drapeau devant son ambassade à
Djibouti
Déconsidérés
car oubliés par le pays des " Droits de l'Homme ", les citoyens/citoyennes
djiboutiens comparent les faits aux belles paroles, ceux de la déliquescence
d'un jeune État qui ne prononce pas son nom, laissant à son seul
président autoproclamé - à la pensée unique et dictatoriale
- l'autorité de diriger sans contrôle un pays placé sous perfusions
financières et constantes de la France.
Ce
sont bien les pratiques mitterrandistes de 1981 en Afrique que les Français/Françaises
payent aujourd'hui, et que dénoncent nombre d'observateurs : en entretenant
des régimes politiques corrompus, en ignorant aussi le Parlement français
qui n'est jamais impliqué dans la politique africaine qui est du seul ressort
de l'exécutif.
Du
fait de ses institutions et de l'usage qu'en ont fait ses gouvernants successifs,
la France s'est lentement discréditée auprès des populations
djiboutiennes pour ne pas avoir su faire éclore - en aucun moment et de
quelque manière que ce soit - une véritable une amorce de démocratie,
et développer un espace de paix et de fraternité dans le pays, un
échange d'égal à égal garantissant un véritable
développement de cet ancien territoire.
Plus
grave encore, elle suscite aujourd'hui, au sein des populations locales un sentiment,
non pas de vengeance, mais de rejet par grande déception, par désespoir.
Alors qu'à partir d'une propagande de fausse volonté d'autosuffisance,
les " gouvernants " djiboutiens actuels entretiennent des rêves
utopiques et fallacieux de progrès imminents et d'emplois au sein d'une
population djiboutienne qui ne sait plus à quel saint se vouer. Familles
djiboutiennes décimées par le chômage et la misère
grandissante ; prises en étau entre une France qui les a abandonnées
à leur triste sort et un dictateur affairiste privé dont elles sont
les otages.
Aussi,
comment aujourd'hui s'adresser à ces hommes et à ces femmes, qu'ils
vivent à Djibouti ou dans le monde occidental et qui constituent parmi
les populations les plus fragilisées, lorsque les rendez-vous avec l'histoire
qui auraient pu permettre de faire naître entre Djibouti et la France une
véritable communauté de destin, ont été ignorés
?.
A
Djibouti, seule l'instauration d'un " État véritablement républicain
" - donc de Droit - permettrait d'élaborer de nouvelles politiques
et d'éviter de persévérer dans les protections que la France
accorde au régime actuel antidémocratique. C'est bien avant tout
d'institutions, de l'autorité restaurée de l'État et de démocratie
dont il est question à Djibouti car le confit État/Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale - dont on voit les prémices de relance dans
tout le pays - renaît de toutes les misères entretenues, de toutes
les impossibilités dictatoriales et non institutionnelles imposées
arbitrairement aux élites politiques d'opposition de se présenter
aux élections en raison de leur origine ou du fait qu'elles sont en exil.
A
l'allure où vont les choses dans " l'État bananier " d'Ismaïl
OMAR GUELLEH, bientôt :
il
n'y aura plus de criminels, mais que des hautes autorités, des collaborateurs
zélés du pouvoir en place ;
plus
de trafiquants d'enfants, de drogues, d'armes et de fausse monnaie, mais
que des commerçants honorablement connus ;
plus
de tortionnaires, mais que des rééducateurs sociaux disposant
d'un diplôme d'État de niveau 1 "Option communication";
plus
de police politique, mais qu'un Service Social, Pédagogique et Démocratique
d'aide aux populations (SSPD) ;
plus
de Nation prise en otage, mais des populations heureuses et consentantes
car importées d'ailleurs et formatées à la pensée
unique.
plus
d'opposants politiques, mais que des délinquants
hautement criminels ; soit en prison, soit en exil forcé...
L'éclosion
d'une république djiboutienne nouvelle, refondant le lien qui unit les
peuples à leurs institutions est aujourd'hui une nécessité,
d'une part pour que l'aide au développement du pays soit plus efficace,
d'autre part pour que les populations émigrées qui vivent en exil
et qui sont parfois victimes de discriminations ne se sentent plus rejetées
par les pays occidentaux. Car aujourd'hui comme hier, ces citoyens français
(ou pas), ayant parfois opté pour la nationalité du pays d'accueil
et issus de l'émigration djiboutienne font preuve d'une grande solidarité
à l'égard de leurs racines et n'hésitent pas à se
priver d'une partie de leurs ressources pour en faire profiter leurs familles
restées au pays, et ce, malgré la précarité de leurs
situations et la pauvreté qui les touchent.
Ainsi,
cette politique africaine qui fit honneur à la France, celle emprunte de
générosité et de confiance dans l'avenir de Djibouti, ce
sont ces citoyens là qui la portent aujourd'hui et restent vraisemblablement
les seuls à y croire encore.
Face
à cette réalité, les divergences des politiques menées
à Djibouti entre le ministère de la défense et celui des
affaires étrangères pour user de leur influence sur l'Élysée
sont pathétiques et dramatiques, car elles ne sont que la confirmation
de la fuite en avant dans laquelle s'engage un certain obscurantisme parisianiste
pour ne jamais remettre en cause ses méthodes. Et tant pis si les gens
meurent, et tant pis si un juge est suicidé, et tant pis
et tant
pis... et tant pis encore car la présence française à Djibouti
doit s'imposer.
Aussi,
l'assistance, le conseil, le soutien, et l'encouragement du " grand frère
" la France ne sont pas à négliger, et bien au contraire, à
modifier et à développer d'une façon intelligente, cohérente
et pérenne. Car un " jeune frère " qu'on assiste en permanence,
mais que l'on écoute pas et que l'on frustre, finit toujours, un jour ou
l'autre, par se révolter. Par partir ou s'imposer sous les conseils soit
de ses "nouveaux amis", soit au travers des contraintes et des frustrations
accumulées.
Djibouti
a besoin d'une liberté vraie et responsable.
Dans
le dernier aliéna du préambule de la constitution de 1946 - dont
le Général Charles de Gaulle fut l'un des initiateurs - il était
indiqué que,
"
fidèle à sa mission traditionnelle, la France entend conduire les
peuples dont elle a pris la charge à la liberté de s'administrer
eux-mêmes et de gérer démocratiquement leur propres affaires.
"
et
certes pas :
"
Au sortir d'une guerre qui vit les soldats d'Afrique - demi
Français - verser leur sang pour sauver la mère
patrie, la France entend laisser les populations livrées à
leur sort et être administrées par des dictatures cautionnés
et de la pensée unique, aptes à gérer antidémocratiquement
leurs propres affaires et point celles du pays qu'ils sont censés diriger
en responsables
... "
Cette
dette qu'impose l'histoire, la France doit la regarder dans les yeux et la solder
aujourd'hui, sous peine de constater dans les années à venir un
rejet de plus en plus violent des populations djiboutiennes mais aussi africaines
envers l'État français sur toutes les parties du globe.
Elle
doit avoir le courage de regarder la réalité en face pour que s'instaure
à Djibouti un État républicain responsable de ses actes devant
la Nation, devant les institutions et les pays qui le financent.
Un
État de Droit garantissant les libertés publiques et pour qu'il
n'y ait plus de conflits dévastateurs et de morts absurdes.
"Les
hommes, avec des lois sages, ont toujours eu des coutumes insensées".
Voltaire.
