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Dernière modification : le 26-Avr-2005 19:00 (GMT+1 / Bruxelles)

 

 

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Le Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI IFTIN

Commandant le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale

 

 

 

26/04/05 - DJIBOUTI - La force de la démocratie réside dans ses citoyens qui prennent conscience que c'est le meilleur système politique existant, un legs pour les générations à venir.

M Ahmed ABDI.

Charge de cours en Faculté. Membre du GED

Si l'on fait référence à l'idée généralement perçue de la prise en otage des populations dans la région est de l'Afrique et dans les pays limitrophes , il suffit de se pencher quelques instants sur ce qu'il se passe dans des zones du Darfour occidental où une violence accrue avec la présence de milices armées qui prennent en otages des dizaines de milliers de personnes et les empêchent de quitter les camps et les villages.

Femmes et jeunes filles qui osent s'éloigner un peu trop des zones sécurisées et sous contrôle de l'ONU, sont victimes de violences extrêmes, comme de coups, d'enlèvement ou de viol. Si des hommes sortent de la protection des camps, ils risquent la mort.

Loin de nous l'idée où une quelconque volonté dans nos propos de minimiser l'extrême gravité de ce qu'il se passe au Darfour. Ce que l'on peut en dire, c'est qu'il existe ailleurs et toutefois des pratiques plus nuancées de " prises d'otages et de chantages ", pour le moins aussi odieux et aussi condamnables par l'opinion publique internationale.

La nuance étant qu'ils sont plus politiquement corrects, donc "on" ne les observera que du coin de l'œil.

Avec le politiquement correct, on ne dit plus misère noire à Djibouti, mais "membres d'une minorité visiblement en très grande difficulté". Ce qui revient à toujours dire que la gravité est moindre et que les autorités occidentales sont toujours désolées…affligées, consternées, troublées par telle ou telle situation, voire attristées…mais que - rassurons-nous - la diplomatie mettra tout en œuvre pour trouver une solution " acceptable " et dans les meilleurs délais.

Le politiquement ou diplomatiquement correct, devient dès lors la plus tolérable des hypocrisies et lorsque l'argent surgit, tout est forcément très acceptable !.

Affliction, consternation ...exception faite tout de même pour Djibouti où là " tout va bien et dans le meilleur des mondes " car l'ordre règne sous la dictature d'Ismaïl OMAR GUELLEH. Certes il y a des emprisonnements arbitraires et des tortures mais on ne va tout de même pas se quereller et créer un incident diplomatique avec le " maître des lieux " pour de telles peccadilles.

IOG a réussi à transposer ses défauts caractériels en supposées qualités de chef d'État autoproclamé. Il tient fermement le bâton, alors laissons-le faire !. De plus qui peut émerger et fédérer l'opposition ? personne, alors gardons-le...pour l'instant !!!.

Pas assez d'arrestations arbitraires, pas assez de morts pour interpeller les consciences " bien pensantes ".

C'est pour toutes ces raisons que l'on en arrive jusqu'à féliciter la dictature qui vient de se réélire à la présidence dans l'une des plus belles mascarades d'élections que le pays ait connu au cours de sa jeune histoire.

Si le terrorisme en Irak - avec la prise d'otages - entend désormais peser directement sur les politiques extérieures et intérieures des pays en recourant aux actes les plus ignobles, il existe aussi un terrorisme politique et légitimé à Djibouti avec une surenchère dans ce domaine qui paraît sans limite : multiplication des incarcérations et des tortures exclusivement pour des raisons d'ordre politique ou d'appartenance à telle ou telle famille.

Celle d'Ismaïl GUEDI HARED (leader de l'UAD) en fait les frais actuellement. IOG avait le choix entre celui de s'attaquer directement à GUEDI en faisant saisir par l'Etat son patrimoine immobilier sous un fallacieux prétexte, ou celui de prendre sa famille en otage. C'est cette dernière option qu'il a choisie en sachant que - expérience oblige - nul n'a jamais pu lui résister dans le pays, et ce bien avant 1999.

Si l'on comprend parfaitement qu'un pays occidental - tel que la France et les USA ….- mette tout en œuvre pour tenter de sauver la vie de ses compatriotes pris en otage en Irak, il importe d'examiner les arguments que nous avançons sur ce qu'il se passe à Djibouti, mais aussi dans ses prisons et ce dans la quasi indifférence du monde occidental.

Ces arguments ne vont pas de soi.
Il ne s'agit pas seulement de leurs effets auprès d'IOG, - qui, à ce jour, les a toujours ignorés tout en le dérangeant fortement -, mais de l'image que la France donne d'elle-même aux autres pays démocratiques en ignorant sciemment la dictature et ses effets désastreux dans notre pays. Plus fondamentalement, c'est la façon dont la société française réagit à ces réalités à Djibouti et perçoit les enjeux pour un demain proche, qui est en question.

D'évidence, on ne peut que féliciter ceux qui ont le courage de dénoncer toutes les atteintes à la dignité, comme le fait Monsieur NOEL ABDI Jean-Paul - président de la LDDH. Il a notre soutien dans toutes ses démarches en faveur du respect des droits humains à Djibouti et notamment dans la plus récente d'entre elles qui est à l'adresse du Ministre de la Justice.

Cette intervention a pour objectif qu'il soit procédé à la libération de trois détenus politiques, à savoir ; M Houssein ROBLEH DABAR, M Awad ROBLEH et M Abdi OSMAN dit Indha Bur.

Féliciter le président de la Ligue Djiboutienne des Droits Humains pour les actions qu'il mène, c'est aussi comprendre qu'il a les mains liées. Il en est rendu à un rôle d'observateur, d'informateur et de sonnette d'alarme sur le plan international, mais hormis cela il sait qu'il doit être prudent et se cantonner à un cadre précis, avec des limites imposées par Ismaïl OMAR GUELLEH.

 

PHILOSOPHIE, INTELLECTUALISME ET DICTATURE NE FONT PAS "BON MÉNAGE" CAR ILS NE SONT PAS ALLÉS A LA MÊME ÉCOLE DE LA VIE.

On ne doit pas s'attendre à ce que la dictature se mette à philosopher, ou que des philosophes deviennent des dictateurs ; ce n'est pas non plus désirable parce que détenir le pouvoir - sous de tels principes - corrompt inévitablement le libre jugement de la raison.

Mais que des États ou des peuples libres - qui se gouvernent eux-mêmes d'après des lois d'égalité - ne permettent pas que la classe des philosophes disparaisse ou devienne muette, et les laissent au contraire s'exprimer librement, voilà qui est aux uns comme aux autres indispensable pour apporter de la lumière à leurs affaires, et parce que cette classe, du fait de son caractère même, est incapable de former des cabales et de se rassembler en clubs, elle ne peut être suspectée d'être accusée de propagande.

Un changement de pouvoir n'est pas nécessairement démocratique mais se doit de l'être, pour le moins s'en approcher au plus près et libérer les énergies actives et constructives dans l'intérêt national. Il faut pour cela qu'il soit porté par la société dans son ensemble. Si à une élite de la pensée unique en succède une autre, qui clame haut et fort son attachement à la démocratie mais qui dans un même temps s'accorde privilèges et passe-droits (pour le moins tout autant), sommes-nous toujours dans un État de droit ?

Le discours des autorités et les promesses d'antan sont alors caducs, et la démocratie devient une coquille vide.

Si des idéologies extrémistes, de droite comme de gauche et selon des schémas d'importation étrangère, occupent le devant de la scène politique, vous êtes en présence d'une dictature soit au pouvoir, soit en perspective de l'être ; véritable ou larvée, c'est selon.

L'amorce de démocratie n'est pas affaire de discours, de gesticulations ou de bonne volonté mais se fait par une volonté d'Union de la classe politique d'opposition . Elle ne se décide pas à coup de décrets que - de plus - on ne respecte pas mais imposés aux autres comme le pratique IOG. On ne peut la brader au nom d'idéaux mercantilistes et d'affairisme privé. Elle n'a pas pour vocation et pour fonction d'enrichir une élite, mais d'améliorer les conditions de vie du plus grand nombre.

On ne peut mentir indéfiniment, car l'artifice est l'arme des dictatures ; à force de l'utiliser comme seul argument pour temporiser, on s'y perd !.

La force de la démocratie réside dans ses citoyens qui prennent conscience que c'est le meilleur système politique existant, un legs pour les générations à venir.


Secrétariat général du Gouvernement en Exil de Djibouti.

50 Avenue des Roses - 54630 - Richardménil - France.

Téléphone et télécopie : 00 33 (0)3 83 25 77 26.

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