ACTUALITÉS (bis)
Dernière modification : le 29-Avr-2005 15:31 (GMT+1 / Bruxelles)

 

 

http://www.gouv-exil.org/

 

 

Le Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI IFTIN

Commandant le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale

 

 

 

 

 

 

 

 

D 268 - 29/04/05 - DJIBOUTI - Le gouvernement s'occupe de l'emploi. Ismaïl OMAR GUELLEH s'occupe personnellement de l'emploi. Surtout du sien !.

M Ahmed Abdi

A Djibouti et sous un chantage à la pensée unique qui exerce une pression permanente, nul ne peut tout à la fois vivre dans la crainte de perdre son emploi et être capable d'assumer la responsabilité de sa tâche. Quant à ceux qui sont quelques centaines de milliers de demandeurs d'emploi depuis des lustres, ils ont bien d'autres préoccupations consistant à survivre et à nourrir comme ils le peuvent leur famille.

Comment pourrait-on parler de liberté, de fonder une famille, de trouver sa place dans la société si on est confronté au chômage qui perdure et dont les perspectives d'améliorer sa situation sont nulles ou quasiment impossibles ?.

Chaque matin et dès le réveil, chacun et chacune se met en quête d'un hypothétique " petit boulot " occasionnel.

L'ABSENCE DE FILET SOCIAL NE PEUT EMPÊCHER LA CHUTE DES FAMILLES.

Intenable, intolérable... Impossible de plus de protéger quelques dizaines de milliers de jeunes en échec scolaire et à qui nul ne propose une quelconque formation professionnelle ; encore faudrait-il qu'il y ait des Centres de Formation professionnelle dignes de ce nom dans le pays. De plus en plus d'enfants et de très jeunes majeurs, survivent ainsi dans les rues de la capitale en grande précarité, sans adresse fixe, ballottés avec leurs familles d'abri en abri précaire, de quartier en quartier. Alors on vous dira officiellement que ces jeunes là comme leur misère sont " étrangers au pays ", raison pour laquelle l'État organise périodiquement des " opérations d'expulsion du pays ".

 

On mesure là jusqu'où peuvent aller les mensonges d'un pouvoir qui en vient à exclure du pays les enfants et les familles djiboutiennes sous le seul prétexte qu'ils sont miséreux…

Sans toit décent, l'enfant est exposé à tous les dangers. Sans domicile définitif, c'est l'éclatement familial, la déscolarisation ce qui est dramatique. Nous assistons impuissants à une explosion de ces situations. Des enfants dans les squats, à la rue, on imaginait ce mauvais sort réservé aux familles réfugiées, sans papiers….Les Djiboutiens n'y échappent pas.

Ce phénomène touche aujourd'hui toutes sortes de familles aux origines sociales et culturelles fort différentes. Toutefois, la constante est la difficulté économique. Elle est la plus prégnante, elle crée une fragilité qui amplifie le moindre risque. Il suffit d'un accident de la vie, d'un accroc dans l'existence, pour que ces gens soient submergés par un endettement important : c'est la chute dans une situation inextricable.

Certains se débrouillent pour avoir un job, ils tiennent un moment, mais la précarité du logement avec les loyers excessifs dans le privé, d'un côté, et les salaires bas de l'autre, font qu'il est impossible pour eux de faire face.

LE CHÔMAGE SERAIT UNE FATALITÉ DJIBOUTIENNE

Le gouvernement djiboutien et ses médias présentent le chômage comme une fatalité, tout en "proposant" des "solutions" pour demain et après mais non point pour le présent. Ils peuvent ainsi justifier les espérances imposées sous la forme d'un véritable chantage à l'emploi. De par le fait d'une solidarité familiale c'est ainsi qu'en l'absence de solution on culpabilise les "actifs", et qu'on les contraint - un peu plus chaque jour - à partager leurs maigres revenus.

Bref, ce gouvernement de l'inaction s'occupe de l'emploi à sa manière et sans faire de vagues, sans réelle dynamique et avec une non volonté de nécessaires et profondes réformes du système à imposer. Quant à Ismaïl OMAR GUELLEH, dans ses communiqués et discours vides de sens, il déclare pompeusement et le trémolo dans la voix qu'il s'occupe personnellement de l'emploi. Oubliant de préciser que c'est surtout du sien et de sa bonne pérennisation dont il s'occupe !.

C'est ainsi que l'on généralise la misère, au nom de la " solidarité familiale " en prenant bien soin de rajouter " Avec la volonté d'Allah, le miséricordieux ….qui fera le reste ! ". En mêlant Dieu aux incuries récurrentes d'un pouvoir politique, on pense ainsi se dédouaner ; jouant ainsi et honteusement de la religion musulmane et de ses saints préceptes que l'on bafoue au quotidien.

Le chômage qui affecte Djiboutiens et Djiboutiennes n'est pas un phénomène nouveau et n'est pas spécifique au pays mais ce que l'on peut affirmer c'est qu'il s'est considérablement aggravé de part les incohérences du pouvoir alors que parallèlement la population jeune augmentait de manière importante depuis le début des années 80.

Incapable que fut et l'est encore le gouvernement de fixer les populations dans leur région d'origine en y créant des emplois, l'exode rural forcé a provoqué la ruine de milliers de familles alors qu'une énorme masse de jeunes et de moins jeunes sans-travail affluait vers la capitale et ses quartiers en périphérie pour garnir les rangs des " sans abris ". Exode avec les effets les plus dévastateurs qu'il soit tant sur la santé et la salubrité publiques à Djibouti ville que dans les domaines de l'éducation et de la sécurité.

Il faut ajouter à cela que durant la période allant de 1977 à 1990, malgré son caractère inhumain, le chômage n'avait pas la signification tragique qu'il a aujourd'hui, où il apparaît comme un véritable cancer social.

Avec le milieu des années 90, le chômage est devenu massif et chronique, ouvrant une ère de paupérisation absolue. Désormais, les différents capitaux nationaux ne peuvent survivre qu'en rejetant dans le chômage un nombre toujours plus grand d'hommes et de femmes d'origine djiboutienne ou vivant dans le pays depuis des dizaines d'années. Alors que la " production de services " atteint des niveaux inégalés et que l'États croule sous un fort endettement, que la guerre commerciale se déchaîne tous azimuts dans la région, la perspective de "résorber" le chômage par le biais de "Zones Franches" créatrices de centaines de dizaines de milliers d'emplois s'avère être un odieux mensonge.

L'ODIEUX MENSONGE A l'EMPLOI

En réalité, face à l'absence de concurrence par la monopolisation des activités dominantes du secteur privé par un groupe d'affairistes mafieux, les investisseurs étrangers comme nationaux soucieux de ne pas céder aux rackets du pouvoir font la désastreuse expérience - après coup - des " mensonges étatisés ", des promesses comme des engagements écrits non tenus.

D'évidence, les constructions ne cessent d'émerger depuis quelques années mais ne nous y trompons pas, elles sont majoritairement l'œuvre des états étrangers qui agissent là où il y a carence de l'État djiboutien en créant ainsi d'indispensables lieux de gestion de la Santé, de l'Éducation, de la Culture et du Social.

Quant aux rares sociétés qui s'implantent en Zone Franche, elles sont loin de contribuer de manière notable à l'abaissement des chiffres du chômage car employant d'une part leurs propres cadres en les faisant venir de l'étranger et d'autre part ayant obligation de trier avant embauche leur personnel secondaire et leur main d'oeuvre non spécialisée - de par une volonté imposée par le système IOG et de la KABYO - à partir des candidats/ candidates ayant leur carte du parti du RPP.

La crise et le chômage ainsi engendré ne sont ni cycliques, ni conjoncturels. Les promesses d'IOG avaient - parait-il - pour raison d'être essentielles pour l'avenir de développer les forces productives en généralisant prioritairement le salariat des Djiboutiens/Djiboutiennes, alors que force est de constater son incapacité évidente aujourd'hui à donner du travail à des dizaines de milliers d'entre eux signifie que ce système est arrivé au bout du rouleau.

Au "bout du rouleau" !. Pour preuve une perte de plus de 200 emplois reconnue officiellement et récemment par un Organisme d'État - avouée presque pudiquement et en minorant les chiffres pour ne pas inquiéter les investisseurs potentiels. En réalité le chiffre de pertes d'emplois dépasserait les 600 pour la courte période considérée. Ce qui signifie que c'est pour le moins 40 PME qui ont mis la clé sous la porte ..

Non seulement l'État ne génère pas de créations d'emplois mais il en perd !.

FORMATION A L'ÉTRANGER - EXCLUSION DES DJIBOUTIENS.

Ce dont nous faisons reproche à Ismaïl OMAR GUELLEH et à Kadra HAÏD ce n'est point d'envoyer en formation des étudiants en France, USA, Royaume Uni, Allemagne ….. c'est de n'y envoyer que les membres de leur propre famille et de leurs amis. En matière d'éducation et de formation professionnelle, l'exclusion des plus méritants est un signe précurseur de l'obscurantisme ; et si cette exclusion envahit l'école et ce dès l'enfance, la nation y perd ses repères.

Ismaïl OMAR GUELLEH et Kadra HAÏD ont pris récemment de nouvelles dispositions en envoyant leurs proches au Royaume Uni, au Canada, en Inde, en Malaisie, au Japon et en Israël afin qu'il y apprennent la langue anglaise et suivent une formation poussée de cadres de Zone Franche et du futur Port de Doraleh.

Les ... autres .. CIRCULEZ ! il n'y a RIEN pour vous. Nous ne situons clairement dans un sectarisme clanique et de copinages et bien éloigné du respect de l'éducation et de la formation professionnelle dans l'égalité des chances.

Pour ce qui concerne spécifiquement les étudiants/étudiantes envoyés au Royaume Uni, ce ne sont point des Djiboutiens/Djiboutiennes qui bénéficient de ces stages linguistiques et de formation, ce sont des Somaliens/Somaliennes "djiboutiannisés", originaires des régions de Guerissa et de Loghaya et dont les familles vivent à Hol Hol, à Ali Adeh, des régions du Somaliland (dont Kadra HAÏD est originaire) et d'Éthiopie (dont IOG est originaire).

Ceci confirme bien que le processus d'exclusion des Djiboutiens et des Djiboutiennes, comme des populations locales, opposés à la pensée unique du Palais de l'Escale est lancé depuis des mois alors que dans la capitale la physionomie d'occupation des quartiers évolue à notre détriment.

UN ENJEU POUR L'EMPLOI

Cet enjeu essentiel serait d'oeuvrer pour que l'accès au droit individuel soit effectif pour les salariés des PME, et aussi encouragé dans les grandes entreprises pour les salariés à faible niveau de formation initiale.

Aujourd'hui, en effet, le taux d'accès à la formation continue est nul à Djibouti que l'on travaille dans une petite entreprise et que l'on soit peu diplômé ou sorti depuis longtemps du système scolaire. Le pari implicite sur de nouvelles dispositions serait de briser cette loi d'airain qui réduit souvent au minimum la formation de ces salariés et contribue à les exposer, le moment venu, aux risques du chômage.

Un accord vaut cependant ce que les acteurs de sa mise en oeuvre engagent concrètement, dans la durée. Sans accompagnement des entreprises " Partenaires de l'État" mais aussi sans prise de conscience des salariés eux-mêmes, ce texte n'aurait que peu d'impact et il risquerait même de susciter des effets pervers, renvoyant totalement aux salariés la prise en charge de leur avenir.

Du côté des entreprises, une profonde inflexion de la gestion des ressources humaines s'avère donc nécessaire, pour la généraliser et la rééquilibrer au profit de tous les salariés ; sans exception aucune. Elle est en effet encore souvent partielle et asymétrique, privilégiant certaines populations choisies, individualisant la performance attendue plus que le développement de chacun. Elle devrait aussi personnaliser ses modes d'action. Concrètement, la mise en oeuvre réussie de cet accord demanderait aux entreprises de renforcer leur dispositif d'évaluation et de suivi de leur personnel, afin de l'orienter vers le repérage des " décrochages " professionnels.

Autrement dit, il s'agirait d'orienter les salariés autant que de les évaluer.

De leur côté, pour exercer ce droit nouveau, les salariés vont devoir progressivement faire preuve de plus d'initiative et de responsabilité dans la gestion de leur vie professionnelle. L'enjeu serait de faire de cet accord la première pierre d'une relation contractuelle plus équilibrée et plus dynamique.

Au niveau du droit social et des pratiques d'entreprise, nous formons le voeu que cet accord puisse émerger un jour prochain, inaugurer et promeuve des approches préventives et personnalisées, à partir des trajectoires individuelles.

Le pari engagé est de favoriser le développement de chacun/chacune, en lui reconnaissant un droit individuel et en l'aidant à l'exercer.

Utopie, diront certains... mais il est des utopies raisonnables et surtout hautement productives.


Secrétariat général du Gouvernement en Exil de Djibouti.

50 Avenue des Roses - 54630 - Richardménil - France.

Téléphone et télécopie : 00 33 (0)3 83 25 77 26.

exildj@gouv-exil.org