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Le
Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI
IFTIN
Commandant
le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale




















D
268 - 29/04/05 - DJIBOUTI - Le gouvernement s'occupe
de l'emploi. Ismaïl OMAR GUELLEH s'occupe personnellement de l'emploi. Surtout
du sien !.
M Ahmed Abdi
A
Djibouti et sous un chantage à la pensée unique qui exerce une pression
permanente, nul ne peut tout à la fois vivre dans la crainte de perdre
son emploi et être capable d'assumer la responsabilité de sa tâche.
Quant à ceux qui sont quelques centaines de milliers de demandeurs d'emploi
depuis des lustres, ils ont bien d'autres préoccupations consistant à
survivre et à nourrir comme ils le peuvent leur famille.
Comment
pourrait-on parler de liberté, de fonder une famille, de trouver sa place
dans la société si on est confronté au chômage qui
perdure et dont les perspectives d'améliorer sa situation sont nulles ou
quasiment impossibles ?.
Chaque
matin et dès le réveil, chacun et chacune se met en quête
d'un hypothétique " petit boulot " occasionnel.
L'ABSENCE
DE FILET SOCIAL NE PEUT EMPÊCHER LA CHUTE DES FAMILLES.
Intenable,
intolérable... Impossible de plus de protéger quelques dizaines
de milliers de jeunes en échec scolaire et à qui nul ne propose
une quelconque formation professionnelle ; encore faudrait-il qu'il y ait des
Centres de Formation professionnelle dignes de ce nom dans le pays. De plus en
plus d'enfants et de très jeunes majeurs, survivent ainsi dans les rues
de la capitale en grande précarité, sans adresse fixe, ballottés
avec leurs familles d'abri en abri précaire, de quartier en quartier. Alors
on vous dira officiellement que ces jeunes là comme leur misère
sont " étrangers au pays ", raison pour laquelle l'État
organise périodiquement des " opérations d'expulsion du pays
".










On
mesure là jusqu'où peuvent aller les mensonges d'un pouvoir qui
en vient à exclure du pays les enfants et les familles djiboutiennes sous
le seul prétexte qu'ils sont miséreux
Sans
toit décent, l'enfant est exposé à tous les dangers. Sans
domicile définitif, c'est l'éclatement familial, la déscolarisation
ce qui est dramatique. Nous assistons impuissants à une explosion de ces
situations. Des enfants dans les squats, à la rue, on imaginait ce mauvais
sort réservé aux familles réfugiées, sans papiers
.Les
Djiboutiens n'y échappent pas.
Ce
phénomène touche aujourd'hui toutes sortes de familles aux origines
sociales et culturelles fort différentes. Toutefois, la constante est la
difficulté économique. Elle est la plus prégnante, elle crée
une fragilité qui amplifie le moindre risque. Il suffit d'un accident de
la vie, d'un accroc dans l'existence, pour que ces gens soient submergés
par un endettement important : c'est la chute dans une situation inextricable.
Certains se débrouillent
pour avoir un job, ils tiennent un moment, mais la précarité du
logement avec les loyers excessifs dans le privé, d'un côté,
et les salaires bas de l'autre, font qu'il est impossible pour eux de faire face.
LE
CHÔMAGE SERAIT UNE FATALITÉ DJIBOUTIENNE
Le
gouvernement djiboutien et ses médias présentent le chômage
comme une fatalité, tout en "proposant" des "solutions"
pour demain et après mais non point pour le présent. Ils peuvent
ainsi justifier les espérances imposées sous la forme d'un véritable
chantage à l'emploi. De par le fait d'une solidarité familiale c'est
ainsi qu'en l'absence de solution on culpabilise les "actifs", et qu'on
les contraint - un peu plus chaque jour - à partager leurs maigres revenus.
Bref, ce
gouvernement de l'inaction s'occupe de l'emploi à sa manière et
sans faire de vagues, sans réelle dynamique et avec une non volonté
de nécessaires et profondes réformes du système à
imposer. Quant à Ismaïl OMAR GUELLEH, dans ses communiqués
et discours vides de sens, il déclare pompeusement et le trémolo
dans la voix qu'il s'occupe personnellement de l'emploi. Oubliant de préciser
que c'est surtout du sien et de sa bonne pérennisation dont il s'occupe
!.
C'est
ainsi que l'on généralise la misère, au nom de la "
solidarité familiale " en prenant bien soin de rajouter " Avec
la volonté d'Allah, le miséricordieux
.qui fera le reste !
". En mêlant Dieu aux incuries récurrentes d'un pouvoir politique,
on pense ainsi se dédouaner ; jouant ainsi et honteusement de la religion
musulmane et de ses saints préceptes que l'on bafoue au quotidien.
Le
chômage qui affecte Djiboutiens et Djiboutiennes n'est pas un phénomène
nouveau et n'est pas spécifique au pays mais ce que l'on peut affirmer
c'est qu'il s'est considérablement aggravé de part les incohérences
du pouvoir alors que parallèlement la population jeune augmentait de manière
importante depuis le début des années 80.
Incapable
que fut et l'est encore le gouvernement de fixer les populations dans leur région
d'origine en y créant des emplois, l'exode rural forcé a provoqué
la ruine de milliers de familles alors qu'une énorme masse de jeunes et
de moins jeunes sans-travail affluait vers la capitale et ses quartiers en périphérie
pour garnir les rangs des " sans abris ". Exode avec les effets les
plus dévastateurs qu'il soit tant sur la santé et la salubrité
publiques à Djibouti ville que dans les domaines de l'éducation
et de la sécurité.
Il
faut ajouter à cela que durant la période allant de 1977 à
1990, malgré son caractère inhumain, le chômage n'avait pas
la signification tragique qu'il a aujourd'hui, où il apparaît comme
un véritable cancer social.
Avec
le milieu des années 90, le chômage est devenu massif et chronique,
ouvrant une ère de paupérisation absolue. Désormais, les
différents capitaux nationaux ne peuvent survivre qu'en rejetant dans le
chômage un nombre toujours plus grand d'hommes et de femmes d'origine djiboutienne
ou vivant dans le pays depuis des dizaines d'années. Alors que la "
production de services " atteint des niveaux inégalés et que
l'États croule sous un fort endettement, que la guerre commerciale se déchaîne
tous azimuts dans la région, la perspective de "résorber"
le chômage par le biais de "Zones Franches" créatrices
de centaines de dizaines de milliers d'emplois s'avère être un odieux
mensonge.
L'ODIEUX
MENSONGE A l'EMPLOI
En
réalité, face à l'absence de concurrence par la monopolisation
des activités dominantes du secteur privé par un groupe d'affairistes
mafieux, les investisseurs étrangers comme nationaux soucieux de ne pas
céder aux rackets du pouvoir font la désastreuse expérience
- après coup - des " mensonges étatisés ", des
promesses comme des engagements écrits non tenus.
D'évidence,
les constructions ne cessent d'émerger depuis quelques années mais
ne nous y trompons pas, elles sont majoritairement l'uvre des états
étrangers qui agissent là où il y a carence de l'État
djiboutien en créant ainsi d'indispensables lieux de gestion de la Santé,
de l'Éducation, de la Culture et du Social.
Quant
aux rares sociétés qui s'implantent en Zone Franche, elles sont
loin de contribuer de manière notable à l'abaissement des chiffres
du chômage car employant d'une part leurs propres cadres en les faisant
venir de l'étranger et d'autre part ayant obligation de trier avant embauche
leur personnel secondaire et leur main d'oeuvre non spécialisée
- de par une volonté imposée par le système IOG et de la
KABYO - à partir des candidats/ candidates ayant leur carte du parti du
RPP.
La crise
et le chômage ainsi engendré ne sont ni cycliques, ni conjoncturels.
Les promesses d'IOG avaient - parait-il - pour raison d'être essentielles
pour l'avenir de développer les forces productives en généralisant
prioritairement le salariat des Djiboutiens/Djiboutiennes, alors que force est
de constater son incapacité évidente aujourd'hui à donner
du travail à des dizaines de milliers d'entre eux signifie que ce système
est arrivé au bout du rouleau.
Au
"bout du rouleau" !.
Pour preuve une perte de plus de 200 emplois reconnue officiellement et récemment
par un Organisme d'État - avouée presque pudiquement et en minorant
les chiffres pour ne pas inquiéter les investisseurs potentiels. En réalité
le chiffre de pertes d'emplois dépasserait les 600 pour la courte période
considérée. Ce qui signifie que c'est pour le moins 40 PME qui ont
mis la clé sous la porte ..
Non
seulement l'État ne génère pas de créations d'emplois
mais il en perd !.
FORMATION
A L'ÉTRANGER - EXCLUSION DES DJIBOUTIENS.
Ce
dont nous faisons reproche à Ismaïl OMAR GUELLEH et à Kadra
HAÏD ce n'est point d'envoyer en formation des étudiants en France,
USA, Royaume Uni, Allemagne
.. c'est de n'y envoyer que les membres de leur
propre famille et de leurs amis. En
matière d'éducation et de formation professionnelle, l'exclusion
des plus méritants est un signe précurseur de l'obscurantisme ;
et si cette exclusion envahit l'école et ce dès l'enfance, la nation
y perd ses repères.
Ismaïl
OMAR GUELLEH et Kadra HAÏD ont pris récemment de nouvelles dispositions
en envoyant leurs proches au Royaume Uni, au Canada, en Inde, en Malaisie, au
Japon et en Israël afin qu'il y apprennent la langue anglaise et suivent
une formation poussée de cadres de Zone Franche et du futur Port de Doraleh.
Les
... autres .. CIRCULEZ ! il n'y a RIEN pour vous. Nous ne situons clairement dans
un sectarisme clanique et de copinages et bien éloigné du respect
de l'éducation et de la formation professionnelle dans l'égalité
des chances.
Pour
ce qui concerne spécifiquement les étudiants/étudiantes envoyés
au Royaume Uni, ce ne sont point des Djiboutiens/Djiboutiennes qui bénéficient
de ces stages linguistiques et de formation, ce sont
des Somaliens/Somaliennes "djiboutiannisés", originaires
des régions de Guerissa et de Loghaya et dont les familles vivent à
Hol Hol, à Ali Adeh, des régions du Somaliland (dont Kadra HAÏD
est originaire) et d'Éthiopie (dont IOG est originaire).
Ceci
confirme bien que le processus d'exclusion des Djiboutiens et des Djiboutiennes,
comme des populations locales, opposés à la pensée unique
du Palais de l'Escale est lancé depuis des mois alors que dans la capitale
la physionomie d'occupation des quartiers évolue à notre détriment.
UN
ENJEU POUR L'EMPLOI
Cet
enjeu essentiel serait d'oeuvrer pour que l'accès au droit individuel soit
effectif pour les salariés des PME, et aussi encouragé dans les
grandes entreprises pour les salariés à faible niveau de formation
initiale.
Aujourd'hui,
en effet, le taux d'accès à la formation continue est nul à
Djibouti que l'on travaille dans une petite entreprise et que l'on soit peu diplômé
ou sorti depuis longtemps du système scolaire. Le
pari implicite sur de nouvelles dispositions serait de briser cette loi d'airain
qui réduit souvent au minimum la formation de ces salariés et contribue
à les exposer, le moment venu, aux risques du chômage.
Un
accord vaut cependant ce que les acteurs de sa mise en oeuvre engagent concrètement,
dans la durée. Sans accompagnement des entreprises
" Partenaires de l'État" mais aussi sans prise de
conscience des salariés eux-mêmes, ce texte n'aurait que peu d'impact
et il risquerait même de susciter des effets pervers, renvoyant totalement
aux salariés la prise en charge de leur avenir.
Du
côté des entreprises, une profonde inflexion de la gestion des ressources
humaines s'avère donc nécessaire, pour la généraliser
et la rééquilibrer au profit de tous les salariés ; sans
exception aucune. Elle est en effet encore souvent partielle et asymétrique,
privilégiant certaines populations choisies, individualisant la performance
attendue plus que le développement de chacun. Elle devrait aussi personnaliser
ses modes d'action. Concrètement, la mise en oeuvre réussie de cet
accord demanderait aux entreprises de renforcer leur dispositif d'évaluation
et de suivi de leur personnel, afin de l'orienter vers le repérage des
" décrochages " professionnels.
Autrement
dit, il s'agirait d'orienter les salariés autant que de les évaluer.
De
leur côté, pour exercer ce droit nouveau, les salariés vont
devoir progressivement faire preuve de plus d'initiative et de responsabilité
dans la gestion de leur vie professionnelle. L'enjeu serait de faire de cet accord
la première pierre d'une relation contractuelle plus équilibrée
et plus dynamique.
Au
niveau du droit social et des pratiques d'entreprise, nous formons le voeu que
cet accord puisse émerger un jour prochain, inaugurer et promeuve des approches
préventives et personnalisées, à partir des trajectoires
individuelles.
Le
pari engagé est de favoriser le développement de chacun/chacune,
en lui reconnaissant un droit individuel et en l'aidant à l'exercer.
Utopie,
diront certains... mais il est des utopies raisonnables
et surtout hautement productives.