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Dernière modification : le 24-Oct-2002 19:08 (GMT+1 / Bruxelles)

24/10/02 Lettre ouverte de M Mohamed Saleh Alhoumékani, porte-parole du Gouvernement en Exil de Djibouti, à M. Abdi Ibrahim Absieh, supposé Ministre de l’Éducation Nationale et de l’Enseignement supérieur de la République de Djibouti


Monsieur,

Suite au mouvement de grève de la semaine passée que vous avez considéré comme impromptu, lors d’une récente intervention télévisée vous avez pris l’initiative d’exhorter nos Enseignants à plus de pondération.

Bien que ce juste mouvement de revendications, très largement suivi par nos Enseignants, ait été décidé dans les temps impartis et qu’il en fut fait publicité, vous avez eu l’outrecuidance de prétendre devant la presse télévisée qu’il fut imprévu alors que vous-même et vos services en étiez parfaitement informés et en préalable.

De qui vous moquez-vous M. Abdi Ibrahim Absieh pour proférer de telles contre vérités alors que le ministère qui vous fut confié et celui de l’Éducation, par conséquent celui de l’exemplarité des comportements ?.

L’incohérence de vos propos et le décalage comparativement au vécu sur le terrain par nos Enseignantes et leurs élèves n’ont d’égal que vos incompétences reconnues dont il convient de souligner qu’elles font amèrement sourire vos propres collaborateurs comme tout un chacun et à tous les échelons de responsabilité du ministère.

Le mouvement de revendications lancé à juste titre par nos Enseignants dépasse de très loin les problèmes institutionnalisés de retards de versements des salaires dont ils et elles sont les seules victimes.

De quelle sollicitude du Gouvernement parlez-vous ?. Le droit de tout salarié, de tout enseignant n’est-il pas d’obtenir un juste versement de son salaire à date fixe, intégralement et de plus sans retard ?.

La gabegie qui perdure au niveau de l’État dirigé par ISMAEL OMAR GUELLEH trouve ses prolongements cautionnés au niveau du Gouvernement et jusqu’au sein mime de votre supposé ministère.

Alors que les Enseignants espèrent chaque mois qu’au moins majeure partie de leur salaire leur soit octroyé par un geste « d'ineffable bonté du Gouvernement », d’après ce que nous en comprenons dans vos propos ; vos propres salaires, indemnités et avantages indûment octroyés vous sont versés et là sans contestation d’aucune sorte de votre part.

Les difficultés économiques doivent-elles être supportées exclusivement par nos Enseignants ?

et leur supposé ministre en est-il exempté M. Abdi Ibrahim Absieh ?

doit-il bénéficier d’un régime de « nanti » qui continue de dilapider les finances publiques affectées à l’Éducation Nationale et à l’Enseignement supérieur ?.

Le Gouvernement en Exil de Djibouti réaffirme clairement, une fois encore sa volonté inébranlable de créer les conditions qui permettront à tous et à toutes de disposer des moyens nécessaires à l'accomplissement de la mission d’Éducation qui est un rôle prioritaire affecté aux Enseignants avec la Participation des autres partenaires du monde éducatif.

Les réponses apportées par le ministère de l’Éducation Nationale et de l’Enseignement supérieur de la République de Djibouti aux revendications justifiées de nos Enseignants sont absurdes, ineptes et constituent une atteinte grave à la Liberté d’enseigner et au simple droit d’expression des fonctionnaires de l’État qui ont pour partie la charge d’éduquer et de former les hommes et les femmes de demain.

Comme nous l’avons déjà exprimé à maintes reprises, nous sommes formellement opposés à toutes les initiatives actuelles qui visent à remplacer systématiquement nos enseignants par des homologues d'origine étrangère au seul motif qu'ils seraient plus faciles 'à gérer' en cas de conflit social.

Vous générez les conflits sociaux au sein du Ministre de l’Éducation Nationale et de l’Enseignement supérieur mais n’avez pas la capacité ni la volonté de les gérer.

Vos errements, le mot est faible, et ceux de l'État djiboutien sont inadmissibles et inexcusables, car ils obèrent gravement l'avenir de notre jeunesse, sanctionnent de manière arbitraire nos Enseignants sans en justifier les raisons sur le plan de la légalité.

Face à cette situation déplorable et à partir des documents qui nous parviennent tout en conservant une totale confidentialité quant aux noms des Enseignants, des fonctionnaires et des étudiants qui portent témoignage et nous attribuent leur confiance, nous allons constituer un dossier que nous soumettrons dans les meilleurs délais à l’appréciation des hautes autorités de l’Union européenne ainsi qu’aux représentants à Bruxelles des pays concernés.

Dors et déjà, le Gouvernement en Exil de Djibouti vous met directement en accusation devant la population de notre pays pour les motifs de détournements des deniers publics dont vous vous étés rendu coupable jusqu’à ce jour.

Le jour est proche, M. Abdi Ibrahim Absieh, où la Justice de la Nation djiboutienne viendra vous demander directement des comptes sur la gestion du ministère qui vous a été affecté.

Fait à Bruxelles le mercredi 23 octobre 2002.

 

M Mohamed Saleh Alhoumekani
Porte-parole du Gouvernement
Chargé des Affaires étrangères
et de la Coopération internationale



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