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Le
Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI
IFTIN
Commandant
le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale

05/12/04
- COTE D'IVOIRE - Crise ivoirienne : voici
la solution du président Thabo Mbeki.
Au
nom de la CEDEAO, de l'Union africaine et de l'ONU, le Président sud-africain
Thabo Mbeki, nouveau médiateur dans la crise ivoirienne est à Abidjan
depuis jeudi pour la deuxième fois en l'espace d'un mois. Après
avoir écouté et entendu toutes les parties, il vient cette fois-ci
pour proposer des solutions concrètes et surtout pragmatiques, susceptibles
d'insuffler plus de dynamisme au processus de paix sérieusement mis à
mal par la récente aventure militaire de Laurent Gbagbo qui a violé
unilatéralement le cessez-le-feu.
En
effet, les tergiversations de la classe politique ivoirienne ont fini par contraindre
la Communauté internationale à prendre le taureau ivoirien par les
cornes. Thabo Mbeki, comme le dévoilent certaines indiscrétions
dignes de foi, vient prescrire de "nouveaux médicaments" pour
la sortie de crise. Il vient soumettre la Côte d'Ivoire à un vrai
traitement de choc qui peut susciter des frictions, qui peut ne pas plaire aux
sempiternels activistes du camp présidentiel.
C'est
là peut-être qu'il faut rechercher les causes de l'impressionnant
dispositif de sécurité dont s'est entouré le président
Thabo Mbeki qui est à Abidjan depuis avant-hier. En effet, le président
sud-africain s'est fait précéder d'une escorte sécuritaire
impressionnante en Côte d'Ivoire.
Des
véhicules avant-blindés surmontés de canons d'assaut bi-tube,
des jeeps, des vannes, des hélicoptères de combat, plus d'une centaine
de militaires et de policiers hyper équipés tant en armes qu'en
matériel de communication.
Il
faut être bien naïf pour croire que tout cet arsenal a été
déployé pour juste embellir le cortège de Mbeki ou exprimer
une démonstration de puissance.
Le
Président sud-africain qui séjournera en Côte d'Ivoire pendant
quatre jours, sait qu'il effectue une mission à haut risque, sur un territoire
encore incertain et miné, il a donc pris ses dispositions. Pour parer à
toute éventualité. Car Thabo Mbeki sait ce qu'il y a dans sa mallette
de propositions, il est suffisamment instruit du caractère hautement sensible
du dossier ivoirien, il sait que la situation est extrêmement volatile,
il a donc préféré prendre ses précautions.
A
l'analyse, on pourrait penser que Thabo Mbeki ne croit pas en la possibilité
de Laurent Gbagbo de garantir sa sécurité sinon il n'aurait pas
convoyé à Abidjan tout ce dispositif qui peut ressembler à
un empiétement de notre souveraineté.
A
en croire des indiscrétions dignes de foi, une partie du contingent de
sécurité de Mbeki devrait rester à Abidjan au terme du séjour
du nouveau médiateur de la crise ivoirienne pour constituer une unité
spéciale qui sera chargée d'assurer la sécurité du
Premier ministre Seydou Diarra. Plus de la moitié des hommes (militaires
et policiers) et la quasi totalité du matériel roulant militaire
comme civil.
La
voiture même devra rester en Côte d'Ivoire pour servir, dit-on de
voiture de commandement à Seydou Elimane Diarra. L'idée de la mise
en place de cette force spéciale de sécurité autour du Premier
ministre du gouvernement de réconciliation nationale a été
évoquée lors du récent déplacement de Seydou Diarra
en Afrique du Sud.
La
communauté internationale a compris qu'il faut donner les coudées
franches à Diarra pour travailler avec plus d'efficacité. Selon
des indiscrétions, sur les trois scénarios prévus par la
Communauté Internationale, voici celui qui a toutes les chances d'aboutir
: Au terme de son séjour, Thabo Mbeki aura réussi à convaincre
la classe politique et précisément le Président Gbagbo à
donner, non une partie, mais tous les pouvoirs au Premier Ministre de Réconciliation.
Seydou Diarra gouvernera par ordonnance jusqu'à l'organisation des élections
propres transparentes et ouvertes.
Dans
ce cas de figure, la Constitution et l'Assemblée Nationale pourraient être
mises en veilleuse pour permettre à un gouvernement de technocrates ou
un gouvernement technique de régler les problèmes d'éligibilité,
de nationalité, de la liberté d'expression, de sécurité;
de relancer l'économie et d'organiser des élections propres.
Le
Président Laurent Gbagbo conserverait son poste de Président de
la République sans réelle emprise sur l'exécutif entièrement
confié au Premier Ministre. Il se pourrait aussi que des Institutions comme
lAssemblée Nationale (mais avec un versement de leur salaire et indemnités
mensuelles aux députés jusquà la fin de leur mandat)
la Cour Suprême, le Conseil Constitutionnel, la CEI, le Conseil Economique
et social, l'Inspection Générale de l'Etat soient dissoutes.
Le
problème est maintenant de savoir si ce scénario passera, quand
on sait que des solutions beaucoup moins dures ont été purement
et simplement rejetées par le clan présidentiel ivoirien. Que se
passerait-il alors si Thabo Mbeki devait aussi échouer ? Hier aussi, selon
une source crédible, Thabo Mbeki aurait fait une ouverture à Gbagbo.
Celle qui consiste à lui faire une contre-proposition allant dans le sens
du retour à la paix en Côte dIvoire des accords de Marcoussis.
Une
contre-opposition analysable dici dimanche par ses propres soins. Des sources
concordantes soutiennent même que le Président sud africain a expliqué
au Président ivoirien la nécessité d'une transition immédiate
et sans faux-fuyant et sans conditions.
C'est
sur ce sujet que se tenait hier nuit au moment où nous mettions sous presse,
sur convocation du Président Gbagbo à sa résidence à
Cocody, une réunion de crise avec les chefs et présidents des institutions.
Le Bureau de l'Assemblée Nationale conduite par son président Mamadou
Koulibaly, La Cour Suprême de Tia Koné,
Le
Conseil Constitutionnel de Yapo Yanon, Le Conseil Economique et Social de Laurent
Dona Fologo, l'Inspection Générale d'Etat de Aboudrahamane Sangaré
et la CEI de Camille Hoguié. L'envoyé de la Communauté internationale
aurait exigé aussi que les patriotes aurait eue quittent la rue.
Cest
ce qui expliquerait aussi une réunion que Mamadou Koulibaly, Président
de l'Assemblée Nationale avec les mouvements dits patriotiques hier. Que
nous réserve alors le lendemain du voyage de Mbeki ? Ce week-end est décisif.
Tout
comme les prochains jours après le départ de Thaba Mbeki. Pour lheure
Thabo Mbeki qui a déjà rencontré hier le Président
Laurent Gbagbo et le Premier ministre Seydou Diarra rencontrera ce jour le FPI,
le G7 et les députés avant de se rendre demain à Bouaké
dans le fief des Forces nouvelles.
Akwaba
Saint Clair
Ouattara Chérif
