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Dernière modification : le 06-Déc-2004 1:18 (GMT+1 / Bruxelles)

 

 

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Le Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI IFTIN

Commandant le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale

 

 

06/12/04 - KENYA - Net recul de la corruption selon un récent rapport.

Bouh WARSAMA.

L'organisation Transparency International - qui est basée à Berne en Suisse - a produit récemment un rapport portant sur une évaluation du niveau de corruption dans les différents pays du monde. Selon le document, la campagne lancée par le gouvernement kenyan pour lutter contre ce fléau économique semble donner des premiers résultats probants.

Ce sondage indique que les sommes en pots-de-vin divers que versent les Kenyans ont baissé d'un tiers durant l'année 2003 alors que - par ailleurs - le montant de chaque pot de vin semble quant à lui être en augmentation ; ceci confirmant les conclusions d'une série d'enquêtes de Justice, des procédures d'arrestations et des incarcérations qui en ont découlé notamment dans les milieux de la Police ces derniers mois.


Croisade gouvernementale

Rappelons que dès son accession à la présidence du Kenya, le président M Mwaï Kibaki a été confronté à deux grands héritages politiques des plus difficiles consistant,

d'une part le fait que les bailleurs des Fonds internationaux - tel le FMI - avaient suspendu leur aide au pays depuis l'année 2000 sous l'ancien président Daniel Arap Moï pour des raisons de corruptions endémiques qui ont longtemps gangrené l'Économie nationale et de la société kenyanes,

d'autre part il avait sur les bras la tristement célèbre affaire Goldenberg, qui impliquait l'exportation fictive d'or et de diamant du Kenya au début des années 1990 pour un montant de 600 millions d'USD qui s'étaient volatilisés ....

L'ancien président Daniel Arap Moï

Cette somme fut soutirée des coffres du gouvernement à la suite de l'escroquerie, qui a contribué à la décision conjointe prise par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale (BM) en 2000 de suspendre l'aide au Kenya, alors que l'ex président Daniel Arap Moï a été impliqué dans le scandale Goldenberg.

L'actuel chef de l'État Mwaï Kibaki, avait annoncé lors de sa campagne pour les élections que la lutte anti-corruption serait une de ses priorités. A son actif, le gouvernement a créé une commission anti-corruption qui est dirigée par le juge à la retraite Aaron Ringera qui très vite va faire procéder à l'incarcération de plus de 25 juges et Magistrats mis en accusation pour corruption et qui s'étaient refusés à "rentrer dans le rang".

L'ancien président de Tribunal du Kenya, John Githongo, a également été nommé secrétaire permanent de l'éthique et de la gouvernance.


Corruption en baisse

Le rapport de Transparency international est formel : : l'organisation a constaté une "baisse significative" de la corruption.

Le nombre des cas où des pots-de-vin ont été sollicités est tombé selon elle de 65 % à 40%. La somme moyenne versée chaque mois par les Kenyans dans ce genre de paiements, autrefois de 3,905 shillings (environ 25 000 francs CFA), n'est plus que de 1261 shillings (environ 8000 francs CFA).

Mais le montant de chaque versement individuel est passé en moyenne de 28 dollars (environ 14 500 CFA) à 48 dollars (près de 25 000 CFA).

Premiers résultats suite aux Commissions rogatoires et aux investigations internationales lancées par la nouvelle Justice du Kenya.

Le gouvernement kenyan vient d'indiquer qu'il a retrouvé la trace d'une très forte somme d'argent en millions d'USD dans les comptes étrangers de trois Kenyans dont les noms n'ont pas été révélés.

Le ministre de la Justice Kiraitu Murungi a déclaré que bien qu'ils soit parfaitement identifiés, la divulgation des noms des trois individus concernés au stade actuel des investigations pourrait compromettre le bon déroulement de l'enquête.

Il a par ailleurs affirmé clairement que l'argent avait été soustrait hors du Kenya lors d'affaires de corruptions sous l'ancien régime du président Daniel Arap Moï.

Le Président Mwai Kibaki a quant à lui rappelé qu'il s'est engagé publiquement devant les populations du Kenya à faire du combat contre la corruption l'un des axes principaux de son programme de redressement économique.

Le président Mwaï Kibaki

Le ministre de la Justice Kiraitu Murungi a ajouté que des investigateurs spécialisés et basés en Grande-Bretagne avaient été missionnés pour examiner la situation, et pourraient confirmer officiellement la découverte de sommes bien plus importantes déposées par les hommes d'affaires kenyans dans des comptes étrangers tout en ajoutant que ceci générerait des frais importants pour récupérer les sommes détournées.

La semaine dernière, quatre hauts fonctionnaires kenyans ont été suspendus de leurs fonctions et mis en arrestation suite aux résultats des investigations menées par la Justice.

Le bruit circule quant à l'implication éventuelle de deux ministres qui seraient sur la sellette.

Quoi qu'il en soit, en nommant une Commission anti-corruption qui est dirigée par le juge à la retraite Aaron Ringera, le président Mwaï Kibaki a respecté ses engagements politiques.

Il commence a obtenir les premiers résultats en matière de redressement de l'Économie du pays qui va de pair avec la lutte contre la corruption qui avait gangrené l'État sous son prédécesseur Daniel Arap Moï tout en faisant fuir du pays les investisseurs locaux comme étrangers.

Reconnaissons au présidant Mwaï Kibaki un grand courage et une prise de risque politique.