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Le
Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI
IFTIN
Commandant
le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale

06/12/04
- USA/KENYA- L'administration américaine
retire un visa de séjour aux USA à M Nicholas Biwott, allié
principal de l'ex président Daniel Arap Moï. Bref historique d'un
régime qui s'est écroulé subitement alors que toutes ses
corruptions sont mises à jour.
M
Bouh WARSAMA.
Sous la présomption
de corruption dont se serait rendu coupable le politicien M Nicholas Biwott -
ex ministre considéré comme très puissant et le dauphin de
l'époque sous le régime de l'ex président du Kenya Daniel
Arap Moï - les autorités américaines
viennent de lui retirer l'attribution d'un visa de séjour aux USA.
Cette
même disposition concerne aussi les autres personnalités politiques
appartenant au parti politique de la KANU ((union nationale africaine du Kenya).qui
furent associées à l'ex président et qui sont l'objet depuis
l'année 2003 de mises en accusation par les Tribunaux de Justice au Kenya
pour des détournements de fonds publics notamment
sur l'affaire "Goldenberg" d'un montant d'environ 700 millions d'USD
entre 1990 et l'année 2000.
De
l'extérieur du pays, on observe avec une grande attention l'évolution
tout à la fois des dossiers de Justice - alors que de nouveaux noms de
personnalités mises en accusation apparaissent - et celle des montants
détournés par des ex ministres kenyans qui sont en augmentation
permanente.
Chaque
semaine apporte son lot de confirmations que le régime politique kenyan
sous M Daniel Arap Moï était une vaste " affaire d'escroqueries
et de corruptions " impliquant une partie de la haute société
du pays.
Il
aura fallu l'élection du nouveau président M Mwaï Kibaki pour
que la Commission anti-corruption - qu'il a aussitôt créée
et qui est dirigée par le juge à la retraite Aaron Ringera - dévoile
enfin les dessous de bien des affaires de détournements de haut niveau
mettant en cause bon nombre de ministres de l'ancien régime qui voient
se fermer, les unes après les autres, toutes les portes censées
s'ouvrir vers un exil possible.
D'après
les estimations, ces détournements porteraient sur plusieurs centaines
de millions, voire de milliards de dollars. Selon un article paru l'an dernier
dans le Financial Times, le quotidien économique britannique, des
hommes politiques et des fonctionnaires impliqués dans ces détournements
auraient individuellement ainsi détourné directement ou reçu
jusqu'à un milliard de dollars.
D'évidence
le contenu de leurs comptes bancaires à l'étranger est " épluché
" par une nouvelle Justice kenyanequi confirme sa
détermination à mener à bien la mission qui lui a été
confiée par M Mwaï Kibaki et qui n'a pas fini de surprendre agréablement
les instances financières internationales, les investisseurs comme les
observateurs économiques et politiques.

Bref
historique d'un régime miné par des détournements faramineux
de Fonds publics et qui s'est écroulé subitement alors que toutes
ses corruptions sont mises à jour, les unes après les autres.

L'ex
président Daniel Arap Moï qui doit aujourd'hui
s'expliquer devant
la Justice de son pays
Daniel
Arap Moi aura résisté vingt quatre années aux bouleversements
de la région des Grands Lacs avant de plier devant
la montée des mécontentements des populations et face à un
opposant déterminé à " faire le ménage "
à haut niveau de l'État..
Dictateur
légitimé sur le plan international entre 1978 à 2002,
il a dû tolérer - mais sans la reconnaître ni l'intégrer
au jeu politique - une opposition que les bailleurs de
fonds internationaux ne pouvaient plus ignorer tant
la corruption et la violation des droits de l'homme comme les éliminations
physiques d'opposants étaient devenues flagrantes dans le pays.
Manoeuvrant
avec habileté, M Daniel Arap Moï va instaurer durant 10 années
un pluralisme factice pour "donner le change" aux instances internationales..
Il instaurera par ailleurs une violence administrative qui sera
une pratique courante vis à vis des opposants contre qui il va organiser
- d'autre part et en utilisant ses médias interposés - de grandes
"chasses" par l'usage de la manipulation médiatisée (
à défaut de fusil ) en essayant de les impliquer indirectement dans
des scandales qu'il va créer..
La
tactique du parti du président Moï, la Kanu, s'est rodée au
fil des multiples élections partielles et falsifiées contraignant
bien des membres de l'opposition à la défection sous la menace d'élimination
physique ou en les corrompant par l'argent ou l'octroi de terres qu'offre le patronage
politique de Moi aux " opposants repentis "..
Après
ces défections, le scénario s'est inlassablement répété
depuis 1993 : menaces du pouvoir contre d'éventuels troubles causés
par l'opposition ; terreur développée par les militants Kanu, ou
meurtres perpétrés par de mystérieux gangs que
la police ne parviendra pas officiellement à identifier, localiser et à
saisir.
Arrestations
et violences contre l'opposition et ses sympathisants, les agressions et l'intimidation
ayant comme conséquence de faire chuter la participation électorale
et dissuaderont par la menace non voilée de voter pour l'opposition. Ces
violences continueront, comme en témoignera la répression des émeutes
de juillet 1997 ou celle de la grève générale du 8 août
de la même année, ainsi que les violences à caractère
"ethnique" - qui auront fait trente-sept morts à Mombasa - fief
de l'opposition - et à Malindi.
Politiquement,
les barons Kanu joueront à plein de la "victimisation" - habilement
entretenue - des minorités qui se sentent marginalisées démographiquement
et économiquement : les groupes kalenjin, massaï, turkana et samburu
qui ont donné l'acronyme Kamatusa.
Le
schéma est simpliste :
-
aux populations kamatusa la riche Vallée ;
-
aux côtiers, la Côte ;
-
aux Kikuyu, la Province centrale ;
-
aux Luo, les régions de l'Ouest.
A
chaque ethnie son "jimbo", son "lieu naturel", sa propriété
"tribale", au mépris des réalités historiques et
sociologiques élémentaires.
A
cette vision tribale et archaïque de la société, à cette
mafia du pouvoir et des intérêts privés se conjuguera durant
plus de 7 années une violence raciste qui ne cessera d'ensanglanter le
Kenya depuis les clashs ethniques de 1991 et d'attiser les haines intercommunautaires
fomentées et entretenues.
M
Daniel Arap Moï fera sien le vieux diction "Diviser par l'utilisation
de tous les moyens, pour régner en maître absolu sur le Kenya !".
Cette
haine s'exercera essentiellement envers les groupes numériquement majoritaires
Kikuyu et Luo, affiliés d'ailleurs à l'opposition. Les Kikuyu seront
traités d'"envahisseurs", "d'occupants" de la Vallée
du Rift qu'il faudra chasser par tous les moyens, y compris par les armes ; ce
dont le régime en place ne va pas se priver..
Nicholas
Biwott, ex-dauphin de Moi, les accusera à cette époque de "jouer
le jeu du chameau et de la tente, voulant dominer maintenant ceux-là même
qui, jadis, les ont accueillis dans la Vallée du Rift " alors
que le ministre du gouvernement local d'alors, W. Ole Ntimama, dont les déclarations
haineuses ont contribué au déclenchement des violences de 1993 à
Enoosupukia (circonscription de Kajiado Nord) qui ont chassé dix mille
personnes à la suite des attaques de guerriers massaï (ou supposés
tels) contre des fermiers kikuyu, déclarera par la suite n'avoir
"aucun
regret concernant les morts d'Enoosupukia".
Cette
idéologie majimbo formulée par la ligne dure de la Kanu constituera
bien plus qu'une menace sérieuse contre la démocratie, elle tentera
de la balayer des esprits.
Daniel
Arap Moï lancera un simulacre de constitution d'unité nationale, prônant
le respect des droits de l'homme, la liberté des élections, l'élaboration
d'une démocratie plurielle, le respect du multipartisme, le libre accès
- en tout lieu -, à tous les emplois et le respect de la diversité
nationale dans la composition du gouvernement et de l'État
alors qu'il rejettera tout dialogue avec ceux de l'opposition qui ne lui sont
pas asservis politiquement et
financièrement.
Entretenant
les factions, clivages et frictions, sous la houlette de M Daniel Arap Moï
l'opposition restera divisée durant 10 années et subira la dérive
"ethniciste" de la vie politique kenyane.
Quoi
qu'il en fut, il est évident que la capacité de survie de ce régime
rôdé à la violence et à toutes les corruptions - et
si longtemps soutenu par la communauté internationale - sera
mise à mal lors des présidentielles de décembre 2002 avec
l'avènement d'un nouveau régime dirigé par M Mwaï Kibaki
dont la plus grande préoccupation sera dès lors de
restaurer les institutions et tout particulièrement la Justice au sein
de laquelle il va faire procéder en préalable à un "
nettoyage dans les règles ".
