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Le Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI IFTIN

Commandant le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale

 

 

 

08/12/04 - DJIBOUTI - Chronique sur un despote affairiste - autoproclamé président en 1999 - acculé aux pires extrémités et qui tente un " Coup de Poker ".

 

M Goumati HOUMED GOURAD

D'où que l'on se place politiquement et économiquement parlant, il est impossible d'esquiver ou de contester l'affirmation suivant laquelle la manne salvatrice dont dispose notre pays et ses populations résultent majoritairement des Aides financières et en moyens - directs et indirects - fournis par les grandes puissances occidentales installées sur notre sol national.

Sous diverses formes, ces Aides financières internationales essentielles à notre Economie sont - proportionnellement et par habitant - les plus importantes versées en ce monde à un pays sous développé ou en voie de développement.

Au premier rang des bailleurs de fonds, il convient de placer la France, sans oublier la participation fondamentale des membres de la communauté que constituent les Forces Françaises de Djibouti et leurs familles qui peut être évaluée à 30 % du PIB, ce qui donne un impact total de l'ordre de plus de 50 % sur notre Economie.

Chaque année, ce sont plus de 276 € (soit plus de 372 USD) par habitant qui entrent directement ou indirectement dans le fonctionnement de l'Economie locale. A cela viennent s'ajouter toutes les dépenses quotidiennes effectuées sur place par les familles françaises.

A ceci s'ajoutent - de plus - toutes les Aides financières fournies aux finances publiques et privés dans le cadre des diverses formes de coopération et notamment par le Groupe de l'Agence Française de Développement dont la mission, depuis plus de soixante ans, est de contribuer au développement économique et social.

Djibouti, "l'enfant chéri" de la France en Afrique.

N'ayons pas peur des mots et parlons vrai, depuis 1977 la République de Djibouti est pour diverses raisons " l'enfant chéri " de la France en terre d'Afrique ce qui ne signifie en rien que toutes les grandes décisions économiques, sociales et politiques doivent ou devraient se prendre unilatéralement à Paris mais bien plus assurément à Djibouti mais par des gouvernants responsables de leurs actes devant notre nation.

Des gouvernants soucieux de maintenir des relations de partenariat tant cohérent que durable avec le gouvernement français, avec tous les autres "bailleurs de fonds" tels que les USA et certes n'étant pas sujets aux " sautes d'humeurs " du moment ; réactions épidermiques et incohérentes qui relèvent bien plus d'un infantilisme déstructuré et capricieux que d'une " gouvernance responsable et active", au sens où nous l'entendons..

La grande majorité de ces aides internationales - dont celles octroyées par la France - n'est hélas une réalité que pour quelques uns au sein d'un pouvoir d'Etat qui s'est élu par la falsification des Elections assisté qu'il est en cela par une " baronnie de l'affairisme international " qui est parvenue à entrer - par un jeu d'équilibriste - dans ce giron du pouvoir pour en partager le " gâteau " alors que cette richesse qui censée être octroyée au pays et à ses populations devrait devenir une réalité tangible pour chaque famille djiboutienne et ce en faveur de son évolution économique mais aussi sociale et politique ; ce qui est loin d'en être le cas !!!.

Nous sommes nombreux - depuis les Elections présidentielles falsifiées d'avril 1999 - à prescrire à l'autorité issue de ce " hold-up électoral " un tableau de bord économique, social et politique avec une feuille de route dans chaque domaine permettant d'avancer - effectivement et entre autres - vers une ouverture à la démocratie.

Les membres du Gouvernement en exil ont une bonne lecture des réalités politiques et sociales de notre pays à la lumière des modèles théoriques qui ont fait la preuve de leur efficacité ailleurs, car le monde est interdépendant. Mais nous ne pouvons concevoir que l'on donne à nouveau et à échéance de 2005, un chèque en blanc à un gouvernement auteur d'une véritable euthanasie politique alors qu'il a distribué en 5 années de la falsification éhontée tous azimuts et des cache misères sur le plan international avec dans un même temps une population djiboutienne que l'on ne saurait voir …par ce qu'asservie par la dictature et la menace constante, restée durablement dans le dénuement.

Nous sommes en plein dans " la pensée unique " - que chacun rejette officiellement mais que certains cautionnent sur le plan international - et dans la monopolisation de tous les pouvoirs tant politiques, publics que du secteur privé.

Les dirigeants politiques - sous le régime actuel et depuis 1999 - se sont coalisés dans l'affairisme privé au détriment de l'Etat en rendant le pays exsangue.

La physionomie de la capitale change ( en apparence mais pas en profondeur) alors que les régions sont laissées quasiment à l'abandon (surtout le nord du pays) ce qui aggrave d'autant la fracture.

Les nouvelles constructions qui poussent, de ci, de là n'apportent rien en terme d'amélioration des conditions de vie des populations djiboutiennes car d'une part les sociétés utilisent une main d'œuvre en quasi-totalité d'origine étrangère (payée à moindre coût et sans respect des textes de lois du travail) et que d'autre part les royalties et les exonérations que s'octroient arbitrairement Ismaïl OMAR GUELLEH et ses amis ne vont pas dans les caisses de l'Etat, donc n'améliorent en RIEN la situation économique et sociale.

Le président autoproclamé Ismaïl OMAR GUELLEH cède ainsi gratuitement à l'affairiste mafieux Ismaïl OMAR GUELLEH et à ses amis des portions du sol national tout comme les monopoles sur les Etablissements publics privatisés pour la circonstance alors que les Finances publiques ne perçoivent quasiment rien des taxes et autres impôts qu'il reste lui devoir au titre de l'exploitation privée des EPIC.

Pressentant le danger imminent, le président affairiste en vient à TOUT promettre aux demandeurs d'emplois pour un demain avec un problème gravissime que constitue le chômage, la misère et la faim en constante augmentation et qui dès lors le balaieront indubitablement.

Face à toutes ses falsifications des vérités, arrêtons de nous laisser abuser par les promesses d'un " mieux vivre " sans lendemain alors que l'indicateur le plus flagrant des échecs du gouvernement est son incapacité à tenter de lancer une amorce cohérente de résolution des problèmes que posent tout à la fois le chômage, l'Education, la formation professionnelle et la Santé ; domaines essentielles qui se sont considérablement aggravés en 5 années d'irresponsabilités !.

Le Djiboutien n'est ni opposant à la République, ni à l'ordre public ni pour une quelconque nostalgie d'un époque révolue, ni pour l'on ne sait quel passé colonial ou colonialiste actuel. Chaque famille djiboutienne veut vivre décemment et élever ses enfants alors que force est de constater hélas la grande désolation de toutes les couches sociales intermédiaires et les plus basses qui se sont considérablement paupérisées

Si le milieu des jeunes intellectuels d'opposition ne réagit pas en incitant chaque couche sociale à répondre et à rester debout, pour quel que peu ces couches sociales dans l'obscurantisme pour se nourrir et boire dans l'assiette de la propagande, ce perpétuel exode vers des terres d'accueil dans le monde occidental persistera.

Sartre ne faisait-il pas remarquer que

" Nous devenons des momies à force de nous laisser embaumer ! ".

S'opposer à la "choloroformisation", ce n'est nullement autre chose pour le Mouvement Djiboutien de Libération Nationale que de croire qu'il est possible de faire du territoire djiboutien- pour les Djiboutiens et avec les Djiboutiens - le laboratoire d'expérimentation des réformes républicaines de fond et de Restauration de l'autorité de l'Etat.

Réformes indispensables prônant un libéralisme économique " intelligent et équitable ", une valeur fondamentale d'un gouvernement d'Union nationale apte à résoudre les échecs manifestes et répétés de ses prédécesseurs qui ont confondu et confondent encore de nos jours " finances publiques " et " finances personnelles ".

Les Djiboutiens et les Djiboutiennes sont capables d'apporter leur contribution au relèvement d'un tel défi n'en déplaise aux " forces occultes ".

Nous ne sommes pas le seul pays pauvre au monde mais nous sommes parmi les plus pauvres car nos gouvernants actuels se complaisent dans la médiocrité étatisée quant à l'utilisation des moyens existants pour nous sortir du marasme économique, social et politique.

Parti politique dominant (monopartisme de façade contrairement aux apparences), baronnies civiles et militaires confondus ne nous ont proposé aucune alternative sérieuse pour nous sortir de l'ornière de la pauvreté.

Par l'alternative qu'offre un gouvernement d'Union nationale, nous entendons un programme chiffré avec des obligations de résultats, géré en temps réel et étalé dans le temps, crédible et susceptible de permettre qu'un village ou une commune périurbaine sache et maîtrise les mesures nécessaires à prendre pour que ses habitants vivent à l'abri de la faim et offrent à leurs enfants des perspectives d'avenir pour le moins en matière d'Education, de Formation et de Santé publique.

Depuis trop longtemps ces supposées excellences et ces plénipotentiaires ont mis dans le crâne des familles djiboutiennes que la pauvreté est un fatalisme donc le résultat d'une condamnation divine plutôt que le résultat des choix politiques qui se sont succédés ( les forfaitures de tous ordres et la prévarication ; nos incurables maux ).

La pauvreté est certes économique, mais elle touche en fait à tous les domaines de la vie.

Même s'il y a un fond de vérité dans certaines affirmations de la classe politique djiboutienne, le regard que pose le commun des mortels djiboutien sur la pauvreté est réducteur.

Il ne réalise pas ou réalise timidement que la pauvreté a des causes multifactorielles et que le coup de main ponctuel que nous offrons à nos parents et à nos proches, en application du devoir d'assistance et de solidarité, est certes indispensable dans l'urgence actuelle, mais finit par - en ce qui les concerne - les maintenir dans la dépendance et de diminuer leurs capacités d'initiative.

Ce coup de main que l'on s'offre mutuellement en famille est non seulement un coup d'épée dans l'eau car, ne s'attaquant sur l'instant qu'à l'effet et ne cherchant pas à éradiquer la cause de la misère.

Il finit par nous épuiser, voire par tarir nos capacités et plomber nos ailes au point de nous empêcher de décoller.