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Le Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI IFTIN

Commandant le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale

 

 

13/12/04 - DJIBOUTI - Questions posées et réponses du Chargé de la Jeunesse et de l'Éducation sportive au sein du Gouvernement en Exil de Djibouti.

Comme nous l'avons toujours fait pour des raisons de sécurité des personnes à Djibouti et des membres de leurs familles nous ne ferons pas paraître sa photographie et ne divulguerons pas - dans le cas présent - le nom du Chargé de la Jeunesse et de l'Éducation sportive au sein du GED.

Nous l'appellerons donc M Houssein.

- M Bouh Warsama : " M Houssein, dans le programme de réformes que vous proposez de mettre en œuvre pour l'avenir au niveau de la Jeunesse et de l'Éducation sportive, nous souhaiterions des réponses claires sur divers points de préoccupations abordés par notre jeunesse. Tout d'abord, d'après vous comment a évolué le sport en général à Djibouti ?".

M Houssein : " Je vous remercie d'aborder ce sujet d'une extrême importance qu'est l'avenir de notre jeunesse et de son expression au travers du sport, je devrais plutôt dire de tous les sports. Je précise que je suis fier d'appartenir au GED mais, en même temps, je mesure l'importance de la responsabilité et l'immensité de la tâche qui m'attendrait si je devais me voir affecter ce poste ministériel de la Jeunesse et de l'Éducation sportive, tout comme pour chaque membre de mon équipe.

La première constatation que je fais s'établit par comparaison entre deux périodes de la vie sportive dans notre pays. Dès 1977 nous avons vu émerger de grands sportifs - tels Ahmed Salah et d'autres moins connus. Malgré la faiblesse des moyens financiers mis à la disposition des disciplines sportives il y avait à cette époque un fort engouement naturel et cela était du aussi à un esprit qui était insufflé à nos jeunes par l'encadrement et nos apprentis entraîneurs djiboutiens qui faisaient démonstration d'une véritable abnégation au profit de notre jeunesse.

Je rappelle que la Coopération française avait mis en place des entraîneurs formateurs qui ont fait un excellent travail en profondeur tout à la fois dans la découverte de nouveaux talents - Athlétisme, foot ball, hand ball ... etc, je me dois de remettre en mémoire ces journées de détections qui se déroulaient un peu partout dans l'arrière pays - et de formation alors que nos Armées Nationales, notre Gendarmerie et les Forces Nationales de Police s'investissaient elles aussi ; chacun collaborant avec l'autre pour l'équilibre de l'évolution sportive de nos jeunes. Certes nous étions loin du parfait car il fallait du temps et l'une des grandes carences fut de tous temps le manque d'infrastructures adaptées mais aussi leur maintien en bon état d'utilisation mais d'aucun ne peut contester le fait indéniable qu'il y avait à cette époque un autre esprit que je qualifierai aisément "d'esprit d'entreprendre dans la cohésion"

- M Bouh Warsama : "Qu'est-il advenu de ces jeunes talents" ?.

M Houssein : " La pire des choses qu'il soit pour notre pays et ses populations.

La guerre qui fut fomentée et entretenue contre nos frères Afars aura complètement laminé notre mouvement sportif, ceci quelle que pouvait être la tribu d'appartenance.

Une grande partie des jeunes formés - y compris ceux formés par Ahmed Salah - ont fui le régime politique qui se dessinait au début des années 90 ; ensuite cet exode s'est accéléré au point de créer un vide, un lourd déficit humain qui va d'autant plus s'aggraver que les moyens financiers vont être détournés en toute impunité par des gens peu scrupuleux après le départ du ministre Abdo Block Abdo, condamné à l'exil après une affaire manipulée.

On va donc retrouver ces sportifs soit engagés dans la Légion étrangère, soit dans de grands clubs en France, au Canada, au Royaume Uni, en Belgique, en Allemagne, en Hollande et dans les pays scandinaves ..et qui ont obtenu depuis cette époque de remarquables résultats sportifs. Ils ont souvent pris la nationalité du pays d'accueil, j'entretiens des correspondances avec eux ou ils me contactent sur internet en m'expliquant "qu'ils ont des conditions d'existence bien meilleures, notamment en matière de protection santé, mais ils ont le mal du pays ...!!!".

Que pouvait on attendre d'un homme présomptueux et arriviste qui était prêt à TOUT sacrifier pour parvenir à ses fins, un Ismaïl OMAR que je connais bien pour en parler et qui n'hésitera pas à chasser du pouvoir son oncle et protecteur à qui il n'a cessé de mentir pour l'emprisonner dès 1996 dans sa résidence et qui le fait garder par ses hommes des SDS ?.

Quelles qu'ont pu être les grandes erreurs commises par Hassan GOULED, j'ai la conviction profonde que lorsqu'il a compris et a voulu réagir il était déjà trop tard.

Le problème est que notre jeunesse comme nos cadres techniques et nos entraîneurs en font aujourd'hui les frais car la politique et le sectarisme se sont saisis du sport en général et l'étouffent.

Regardons autour de nous, aujourd'hui il faut faire allégeance à Ismaïl OMAR ou à Kadra HAÏD pour pouvoir prétendre exercer un métier dans le milieu du sport.

Nos militaires, gendarmes et policiers résistent encore à la dictature sectaire mais pour combien de temps ?.
Quant aux entraîneurs, non seulement ils n'ont pas de salaires mais ils sont obligés de mendier auprès de l'État pour avoir de quoi survivre.

Cette situation est intolérable, j'insiste sur ce mot.

- M Bouh Warsama : "Quelles mesures proposez-vous et quelles seraient les possibilités offertes pour ce qui concerne le ou les futur (s) statut (s) d'entraîneur et ce quelle que soit la discipline sportive concernée ? ".

M Houssein : "Au sein du GED nous en avons largement débattu pour en arriver à être unanime à convenir qu'être un entraîneur c'est être un employé de l'État, du secteur privé ou être travailleur autonome qui doit absolument avoir un statut reconnu et qui est - comme tout autre employé d'une organisation - une personne qui travaille en contrepartie d'un salaire régulier, l'impôt sur le revenu, les primes d'assurance-emploi et les cotisations aux régimes de pension gouvernementaux étant retenus (dans le cas du statut de fonctionnaire) à la source par le Ministère qui les remet au gouvernement par versements réguliers.

Un entraîneur peut être aussi employé par une entreprise du secteur privé et je pense que l'on doit favoriser cette option qui est favorable au bon développement de l'image de la société concernée. Il doit participer dans ce cas au régime d'avantages sociaux et de pension privée de l'employeur, doit avoir une description précise de poste écrite de même qu'un contrat d'emploi écrit ou une autre convention écrite avec l'employeur ; donc là encore un statut reconnu.

Par ailleurs, un entraîneur qui se veut être un travailleur autonome est un entrepreneur indépendant qui offre des services à un organisme de sport, un club ou un établissement, à une société en contrepartie d'un honoraire convenu. L'entraîneur travailleur autonome peut également conclure un contrat avec des athlètes. Les modalités de la relation entre l'entraîneur travailleur autonome et l'employeur sont établies dans une convention écrite définissant un Statut précis et là encore reconnu. L'employeur verse à l'entraîneur travailleur autonome le plein montant prévu au contrat, selon un calendrier de paiement convenu, et ne retient pas l'impôt sur le revenu et les autres cotisations. L'entraîneur travailleur autonome est essentiellement son propre employeur et il est responsable de verser directement au gouvernement l'impôt et les autres cotisations.

Il y a des avantages et des inconvénients associés à chaque type d'emploi. Souvent, l'entraîneur n'aura pas l'occasion de choisir entre l'un ou l'autre des divers statuts puisque la nature des tâches qu'il aura à accomplir demande un employé plutôt qu'un entrepreneur indépendant, ou vice et versa. Cependant, lorsque l'entraîneur a l'occasion de négocier l'un ou l'autre des arrangements, il voudra considérer soigneusement les avantages et les inconvénients de chacun et s'assurer que le type d'emploi choisi respecte les conditions des tests prévus par la loi.

- M Bouh Warsama : "Vos propositions sont pleines de bon sens mais - juste une question - où irez vous chercher l'argent pour changer les pratiques antédiluviennes du Ministère de la Jeunesse et des Sports ? ".

M Houssein : "En posant cette question, vous connaissiez d'emblée quelle serait ma réponse.

Le Ministère de la Jeunesse et des Sports actuel dans notre pays est à l'image de ce qu'est l'État et du mauvais exemple qui vient d'en haut tout particulièrement depuis 5 années et qui montre aux Djiboutiens et aux Djiboutiennes ce qu'il ne faut pas faire.

Prévarications, corruptions diverses, forfaitures, confusions entre comptes bancaires du Ministère et comptes bancaires personnels ; c'est à partir de cela qu'une petite équipe de " gangsters organisés " pillent les fonds publics - y compris au Ministère - et détournent partie des Aides financières externes et se répartissent ensuite le produit de leurs vols.

- M Bouh Warsama : "Qui est pénalisé" ?

M Houssein : "C'est l'ensemble du mouvement sportif djiboutien.
Il suffit pour cela de se remettre en mémoire ne serait ce que les arrestations de certains responsables ministériels de la Jeunesse et des Sports et de l'Éducation Nationale au mois de septembre et octobre de cette année pour mesurer pleinement les réalités qui sont symptomatiques de la situation actuelle et révélatrices pour comprendre comment cela fonctionne depuis au moins 5 années.

- M Bouh Warsama : "Aujourd'hui plus personne ne parle plus de cette affaire et des arrestations à leur descente d'avion. Pourquoi " ?.

M Houssein : "Les voies des méandres gouvernementales sont impénétrables. Vous observerez que ni l'ADI ni La Nation n'ont écrit une seule ligne sur le sujet, c'est la vision... information objective et démocratique du pouvoir actuel !!!"

Par ailleurs, je puis vous assurer que si la chance m'était offerte de prendre en charge le portefeuille de la Jeunesse et de l'Éducation sportive, mon premier acte serait d'ordonner un large audit financier y compris dans les comptes du Comité Olympique Djiboutien.

D'autre part, ce n'est pas le fait du hasard si le sponsoring tend à disparaître dans notre pays, les chefs d'entreprises sont d'un côté étouffés par les prélèvements du fisc et constatent de l'autre côté qu'ils sont les " vaches à lait " du sport djiboutien dans son ensemble alors que nos Armées, notre gendarmerie et les FNS sont obligés de prélever sur leur budget les moyens financiers pour payer les entraîneurs et aider nos jeunes athlètes.

Les moyens financiers existent, il convient de mieux les répartir et de les gérer en temps réels.

- M Bouh Warsama : "Comment pourriez-vous définir ce que devrait être le Ministère de la Jeunesse et de l'Éducation sportive pour un demain très proche ? ".

M Houssein : " La République de Djibouti n'est pas un grand pays, mais à coup sûr, c'est un pays qui recèle un potentiel humain important - tant sportif que technique et d'encadrement - qui sur le fond n'a rien à envier à nos voisins.

L'équipe de Dirigeants que je compte mettre en place au sein du Ministère sera solide, l'encadrement technique sera de grande valeur, avec l'encadrement administratif nous aurons la volonté d'assainir les finances du Ministère et du COD et de les équilibrer.

Le Ministère est une entreprise et doit donc être géré comme telle et de plus nous ne sommes pas productifs d'argent mais utilisateurs.

Il nous faut certes laisser à la future Justice le soin de régler les excès du passé à haut niveau de responsabilités qui doivent l'être alors qu'il nous faudra regarder devant nous et aborder avec enthousiasme et en équipe ce demain pour notre jeunesse sportive.

Personnellement j'attacherai une importance à toutes les disciplines sportives, tout particulièrement aux associations est aux clubs forts, structurés et à leur avenir car ils sont un maillon essentiel du Mouvement Sportif djiboutien et doivent proposer des objectifs sportifs ambitieux.

En effet malgré la modestie des résultats qui seront obtenus au début , il devra exister toujours des marges de progrès...

Sans présager du travail de réflexion, je crois pouvoir dire qu'un effort doit être fait sur le recrutement des jeunes sportifs qui devront eux aussi pouvoir bénéficier d'un statut. Les effectifs des clubs et des associations doivent rapidement progresser tout à la fois en nombre mais aussi en qualité et ceci grâce à un encadrement technique qui devra pertuellement se remettre en cause.

J'ai établi de discrets contacts avec des clubs étrangers de haut niveau afin que nos techniciens et nos administratifs dans les clubs puissent bénéficier des "contrôles de connaissances acquises" et de formations adaptées à leurs progressions.

Je proposerai également que nous fassions quelques démonstrations de force, par des participations massives, sur des épreuves ciblées et suivant un calendrier cohérent en intégrant nos très jeunes enfants, dès l'âge de 7 ou 8 ans. Ce doit être bon pour le moral de chacun et pour développer des valeurs de solidarité...., d'efforts, de récompenses notamment chez l'enfant.

Éduquer c'est aussi cela !.

L'athlétisme qui est la base du sport en général doit être ludique et collectif ou bien il ne sera pas...

Je souhaite créer une véritable commission " communication / médias ", " sponsoring / promotion du sport " qui sera élargie aux associations et aux clubs à Djibouti mais aussi créer une commission du " lien social ".

Le sport n'est pas la propriété du seul Ministre, c'est l'affaire de tous ; donc chacun doit être porteur d'idées novatrices et constructives ; écoutons notre jeunesse, elle a beaucoup à dire.

Pour réaliser ce vaste programme, nous ferons appel à toutes les bonnes volontés. Il n'est pas besoin d'appartenir au Ministère pour participer à l'oeuvre collective. Il n'est pas nécessaire d'avoir des connaissances particulières pour s'engager à nos côtés..., il suffit déjà d'aimer cette jeunesse et de vouloir un mieux être pour elle !.

Relisez les droits de l'homme et ceux de l'enfant, inspirez vous des saints versets du Coran ou de la Bible. Tout ceci y est gravé de manière indélébile et pour l'éternité.

Pour tout cela, je proposerai le moment venu de travailler dans la bonne humeur mais avec méthode et rigueur tout en invitant chacun et chacune à un idéal commun au sein du sport qui est la convivialité dans le respect.

Nous devrons développer l'esprit d'équipe à tous les niveaux du Ministère comme dans les clubs y compris d'Athlétisme, même si, pour un sport individuel par essence cela peut paraître paradoxal, je vous assure cela marche !!!

Autrement dit, nous mettrons en place le terreau, le cadre d'accueil, l'environnement propice à l'éclosion et à l'expression de tous les jeunes à qui nous devons dispenser le goût de l'effort, l'abnégation, les valeurs de solidarité, le respect de l'adversaire, la connaissance de soi...apprendre à connaître la victoire, comme accepter la défaite du moment...

Dernier point qui me parait être d'importance. Dans mon esprit il n'est nullement question de lancer une " Chasse aux Sorcières ". La Justice fera son travail, nous ferons le notre avec humilité mais détermination..

Le Ministère est dans mon esprit à l'image d'une équipe de Foot ball avec un arbitre qui tient le sifflet et les cartons… "

- M Bouh Warsama : " Est-ce à dire que vous aurez le sifflet à la bouche en permanence ? "

M Houssein : "Non car ce n'est pas mon genre et de plus je suis un adepte de la main de fer dans un gant velours. Toutefois, ceux et celles qui développeront un esprit d'équipe en oeuvrant avec méthode et rigueur au profit du développement sportif de notre jeunesse pourront prétendre à l'octroi de promotions.

Promouvoir la compétence sera l'une de mes priorités ".

- M Bouh Warsama : " Quant à ceux qui ont été promus par le régime actuel et que l'on ne voit que rarement à leur poste, ou pour ainsi dire jamais ; quelles mesures prendrez vous à leur égard ... si mesures il doit y avoir ? ".

M Houssein : " S'ils persistent tout à la fois dans l'incompétence et dans l'absentéisme ce sera le carton jaune puis le carton rouge définitif. Nous n'aurons nul besoin d'improductifs mais de gens qui travailleront et seront responsables.

Je ne veux ni improductifs incompétents, ni dilapidateurs des fonds publics dans mon Ministère si la chance de le diriger m'est offerte.

Nous aurons un énorme challenge à relever, on se mettra donc tous au travail ce qui n'empêchera nullement la confrontation des idées et de rester à l'écoute car je n'ai nullement la prétention de détenir toutes les vérités en matière d'Éducation sportive de notre jeunesse ".

- M Bouh Warsama : " Merci M Houssein pour toutes ces réponses, voici un discours qui a le mérite d'être on ne peut plus clair quant à vos intentions ! ".


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