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Dernière modification : le 15-Déc-2004 0:41 (GMT+1 / Bruxelles)

 

 

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Le Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI IFTIN

Commandant le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale

 

 

15/12/04 - DJIBOUTI - L'Administration actuelle a montré tout à la fois son incompétence récurrente comme ses limites à maîtriser l'expansion de l'insécurité, à contrôler l'urbanisation sauvage dans la capitale et à fournir les services élémentaires comme à faire construire des infrastructures adéquates.

Hussein BOULALEH ABDILLAHI

Le sentiment d'insécurité qu'exprime clairement aujourd'hui les familles djiboutiennes, des Forces Françaises comme occidentales vivant dans la capitale donne une idée assez précise des nouvelles formes de violences et de délinquances qui n'ont cessé de croître depuis plus de 5 années.

Dans toutes les sociétés - qu'elles soient africaines, occidentales ou autres - avec toutefois des perceptions et expressions des différences légères, on assiste à une montée de la violence intérieure qui traduit un indice de confiance de la société concernée dans ce qu'elle considère de plus important : à savoir, sa tranquillité.

Les mots plus ou moins forts sont là, fusent et frappent les esprits ; insécurité, atteintes aux biens, incivilités, viols, hooliganisme. Les discussions sur la relativité des phénomènes - Sécurité, Insécurité, Violences - sont ouvertes mais le sentiment d'insécurité est réel et parfaitement palpable. Il tient non seulement à la délinquance effective et constatée mais aussi à un large panel de raisons dont la désagrégation des relations du tissu social, les phénomènes liées au chômage, l'individualisme, la démission de certains parents de leurs responsabilités de premiers éducateurs de leurs enfants.

Si cette vision de la responsabilité de premier éducateur varie entre sociétés occidentales, africaines …comme entre couches sociales, nul ne saurait contester que dans TOUS les cas cette responsabilité incombe d'abord à chaque parent et que les conditions de son exercice comme de son équilibre détermine pour majeure partie le comportement futur de l'enfant devenu adulte.

Dans les sociétés occidentales, nombreux sont les psychiatres, psychologues et éducateurs ayant mis en avant le lien direct de cas de violences poussées à l'extrême avec les vidéos et les jeux informatiques glorifiant la violence et beaucoup ont appelé, à juste titre, à l'interdiction de ces produits. Néanmoins, ça n'est pas suffisant, car ce n'est que lorsque l'on a compris la véritable nature de l'origine de cette " nouvelle violence " que l'on peut en protéger les enfants ; à Lyon, New York, Londres, Berlin, à Djibouti comme ailleurs.

Les nouvelles formes de violences n'ont pas de couleur ni de frontière, seules varient les formes et l'ampleur d'un pays à l'autre, d'une ville à l'autre, d'un quartier à l'autre.

L'argument le plus souvent mis en avant est selon lequel les films d'horreur et les jeux informatiques où l'on s'entraîne à tuer ne débouchent véritablement sur la violence que chez des jeunes considérés déjà comme " une population à risques ", alors qu'une majorité de jeunes dits " normaux " - pour le moins éduqués dans un contexte social et familiale équilibrés - peuvent faire usage de ces films d'horreur et des jeux informatiques sans dommage mais avec discernement et ne représenterait dans leur esprit, au mieux et dans la grande majorité des cas, qu'une illusion virtuelle dont ils saisissent parfaitement l'impact dans la vie quotidienne.

Djibouti et les diverses formes de violences qui se sont aggravées.

Si d'un point de vue historique, le phénomène des petits délits tels les vols à l'arraché ou dans les voitures, dans les habitations particulièrement résidentielles a toujours existé dans la capitale djiboutienne (ce bien avant l'accession du pays à l'indépendance) il convient toutefois de relever l'avènement d'une nouvelle violence bien plus directe et bien plus dangereuse pour les personnes depuis une dizaine d'années.

On peut parler de lente progression qui n'a pas soulevé de réactions probantes au niveau de l'État qui s'est limité à des actions ponctuelles de " bastonnades aveugles " dans les quartiers - pas forcément les plus à risques - pour laisser croire d'une part que c'était telle ou telle tribu qui était le creuset de la délinquance et que d'autre part l'État prenait des mesures pour lutter contre ladite délinquance et qu'il convenait donc de lui octroyer des aides financières supplémentaires afin qu'il ait les moyens nécessaires de mieux protéger non pas les familles djiboutiennes mais les ressortissants étrangers et notamment les familles françaises.

Subterfuge et chantage connus de tous à Djibouti comme ailleurs qui s'est traduit par aucune amélioration de la sécurité dans la capitale mais qui d'évidence a rempli certains comptes bancaires à l'étranger et certes pas ceux des Finances publiques djiboutiennes des postes d'imputation consacrées à l'amélioration de la Sécurité sous toutes ses formes.

Cette violence physique - dont l'explosion du chômage et les difficultés économiques comme sociales en sont des corollaires, provoque une psychose grandissante au sein des communautés tant djiboutiennes que françaises, étrangères au pays.

Djibouti et l'anarchie de son urbanisation.

A l'origine, le découpage des quartiers et des circonscriptions de la capitale respectait la localisation des différentes familles et des tribus par quartier échappant ainsi et pour majeure partie à ces considérations de violences physiques. Si des conflits émergeaient parfois entre familles et individus appartenant à des ethnies et à des tribus différentes, ces divergences avaient le mérite d'être souvent solutionnées le plus souvent réglés par les anciens (les vieux comme disent les Djiboutiens).

Le problème de cette autorité "des vieux" - reconnue depuis des siècles comme facteur d'équilibre - a été volontairement supprimée par le pouvoir pour lui substituer des fantoches qui n'ont pas acquis d'expérience et de notabilité mais sont exclusivement là pour se substituer aux "Sages" et être les "Agents de Propagande" d'Ismaïl OMAR et de la KABYO.

L'accroissement démographique dans la capitale a bien entendu généré initialement un essor dans la construction immobilière, qui, si elle fut plus ou moins contrôlée dans les années 80, devint de plus en plus anarchique avec des abris de fortune allant même jusqu'à occuper de manière " sauvage " des zones inondables classées dangereuses pour les familles s'y installant.

Que ce soit au niveau de cette urbanisation anarchique comme sur les conséquences désastreuses des inondations faisant des dizaines de victimes chaque année en période de fortes pluies, l'Administration actuelle a montré tout à la fois son incompétence récurrente comme ses limites à contrôler l'expansion de la capitale et des quartiers tels que Balbala - véritable petite ville dans la capitale - et à fournir les services élémentaires comme à faire construire les infrastructures adéquates.

D'autre part et malgré les constructions modernes qui émergent ça et là, de nombreuses causes expliquent cette dégradation marquée de la Ville de Djibouti dans son ensemble ; certaines d'ordre social, nécessitant d'évidence une volonté gouvernementale de bouleverser dans les mentalités et les comportements, une éducation des populations, d'autres conjoncturelles, liées aux profondes fluctuations économiques, et d'autres encore, aux structures rendues depuis les années 1990 potentiellement inadaptées aux besoins actuels et à venir et vétustes.

Il en résulte que la population attend vainement les solutions qui sont de la seule responsabilité d'un État qui se contente d'inscrire les sujets aux Conseils des Ministres et ce sans que l'on puisse enregistrer depuis plus de 5 années et sur le terrain une quelconque mesure d'importance en faveur d'une amorce de résolutions des problèmes d'urbanisation, d'assainissement et de lutte contre les nouvelles formes de violence qui - quoi que l'on puisse en penser - ont pour partie une relation directe de causes à effets les unes par rapport aux autres.

Pour ne prendre qu'un exemple des plus marquants de cette dégradation globale il suffit de citer la détérioration des éclairages publics dans la capitale ce qui ne facilite en rien voire rendent dangereux les déplacements pédestres de nuit, avec de plus la création de zone souvent points de passage obligés mais non éclairés ; véritable " coupe gorges " dans lesquels aucune personne et a fortiori une femme seule n'ose s'y risquer car il est à noter une augmentation importante des viols et des rackets depuis 4 années.

Djibouti est aujourd'hui une ville où nul n'est plus à l'abri de violences, ni de mort et où de petites bandes organisées agissent ouvertement - de jour comme de nuit - dans les quartiers populaires, voire en plein centre ville pour rançonner les passants et vivre de rapines, de vols parfois avec violences.

L'État se garde bien de publier les statistiques en matière de petite et de grande délinquance, de viols et d'agressions afin de ne pas inquiéter la société djiboutienne, les commerçants et les familles notamment françaises des Forces Françaises de Djibouti.

Une fois encore et comme nous le soulignions dans notre constat de la situation et de notre proposition de programme de gouvernement en matière de sécurité publique, quasiment RIEN n'a été fait par le gouvernement actuel depuis plus de 3 années.


" La sûreté comme l'urbanisation rationnelle sont pour l'édifice de la République de Djibouti le socle commun nécessaire à l'exercice de toutes les libertés. Ce sont un seul et même droit de la citoyenne et du citoyen".

Aucune stratégie véritable de maîtrise de la ville n'étant organisée si ce ne sont des plans d'urbanisme de long terme et inappliqués les infrastructures manquent cruellement, les réseaux d'évacuation des eaux usées sont soit inexistants soit en très mauvais état alors que le réseau général d'approvisionnement en eau potable est vétuste et laisse apparaître des pertes en charges importantes qui sont - comme pour l'électricité - liées aux " branchements pirates " mais aussi la conséquence de la vétusté et du défaut d'entretien des réseaux sur un sol il est vrai géologiquement défavorable.

La plupart des voies considérées comme carrossables sont en mauvais état alors que l'on retrouve des amoncellements de tas d'ordures et d'immondices jusqu'au centre de la capitale.

Photo La Nation

Face à une telle démission des pouvoirs publics on ne s'étonne pas du manque de civisme de certaines familles.

Sur le plan de la Sécurité, le " Contrat Éducatif et de Sécurité " est une réponse aux incivilités et à la délinquance.

Il ne peut y avoir de libertés individuelles ou collectives pour nos concitoyennes et nos concitoyens, si leur sécurité n'est pas garantie.

La sécurité des personnes et des biens doit être assurée pour tous et partout. Mais c'est avant tout la première mission de l'État qui doit être non pas l'initiateur de palabres sans lendemain mais d'actes concrets et durables sur le terrain au quotidien.


Secrétariat général du Gouvernement en Exil de Djibouti.
50 Avenue des Roses - 54630 - Richardménil - France.
Téléphone et télécopie : 00 33 (0)3 83 25 77 26.
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