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Le
Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI
IFTIN
Commandant
le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale


15/12/04
- DJIBOUTI - L'Administration actuelle a montré
tout à la fois son incompétence récurrente comme ses limites
à maîtriser l'expansion de l'insécurité, à contrôler
l'urbanisation sauvage dans la capitale et à fournir les services élémentaires
comme à faire construire des infrastructures adéquates.
Hussein
BOULALEH ABDILLAHI
Le
sentiment d'insécurité qu'exprime clairement aujourd'hui les familles
djiboutiennes, des Forces Françaises comme occidentales vivant dans la
capitale donne une idée assez précise des nouvelles formes de violences
et de délinquances qui n'ont cessé de croître depuis plus
de 5 années.
Dans
toutes les sociétés - qu'elles soient africaines, occidentales ou
autres - avec toutefois des perceptions et expressions des différences
légères, on assiste à une montée de la violence intérieure
qui traduit un indice de confiance de la société concernée
dans ce qu'elle considère de plus important : à savoir, sa tranquillité.
Les mots plus ou moins
forts sont là, fusent et frappent les esprits ; insécurité,
atteintes aux biens, incivilités, viols, hooliganisme. Les discussions
sur la relativité des phénomènes - Sécurité,
Insécurité, Violences - sont ouvertes mais le sentiment d'insécurité
est réel et parfaitement palpable. Il tient non seulement à la délinquance
effective et constatée mais aussi à un large panel de raisons dont
la désagrégation des relations du tissu social, les phénomènes
liées au chômage, l'individualisme, la démission de certains
parents de leurs responsabilités de premiers éducateurs de leurs
enfants.
Si cette vision
de la responsabilité de premier éducateur varie entre sociétés
occidentales, africaines
comme entre couches sociales, nul ne saurait contester
que dans TOUS les cas cette responsabilité incombe d'abord à chaque
parent et que les conditions de son exercice comme de son équilibre détermine
pour majeure partie le comportement futur de l'enfant devenu adulte.
Dans
les sociétés occidentales, nombreux sont les psychiatres, psychologues
et éducateurs ayant mis en avant le lien direct de cas de violences poussées
à l'extrême avec les vidéos et les jeux informatiques glorifiant
la violence et beaucoup ont appelé, à juste titre, à l'interdiction
de ces produits. Néanmoins, ça n'est pas suffisant, car ce n'est
que lorsque l'on a compris la véritable nature de l'origine de cette "
nouvelle violence " que l'on peut en protéger les enfants ; à
Lyon, New York, Londres, Berlin, à Djibouti comme ailleurs.
Les
nouvelles formes de violences n'ont pas de couleur ni de frontière, seules
varient les formes et l'ampleur d'un pays à l'autre, d'une ville à
l'autre, d'un quartier à l'autre.
L'argument
le plus souvent mis en avant est selon lequel les films d'horreur et les jeux
informatiques où l'on s'entraîne à tuer ne débouchent
véritablement sur la violence que chez des jeunes considérés
déjà comme " une population à risques ", alors
qu'une majorité de jeunes dits " normaux " - pour le moins éduqués
dans un contexte social et familiale équilibrés - peuvent faire
usage de ces films d'horreur et des jeux informatiques sans dommage mais avec
discernement et ne représenterait dans leur esprit, au mieux et dans la
grande majorité des cas, qu'une illusion virtuelle dont ils saisissent
parfaitement l'impact dans la vie quotidienne.

Djibouti
et les diverses formes de violences qui se sont aggravées.
Si
d'un point de vue historique, le phénomène des petits délits
tels les vols à l'arraché ou dans les voitures, dans les habitations
particulièrement résidentielles a toujours existé dans la
capitale djiboutienne (ce bien avant l'accession du pays à l'indépendance)
il convient toutefois de relever l'avènement d'une nouvelle violence bien
plus directe et bien plus dangereuse pour les personnes depuis une dizaine d'années.
On
peut parler de lente progression qui n'a pas soulevé de réactions
probantes au niveau de l'État qui s'est limité à des actions
ponctuelles de " bastonnades aveugles " dans les quartiers - pas forcément
les plus à risques - pour laisser croire d'une part que c'était
telle ou telle tribu qui était le creuset de la délinquance et que
d'autre part l'État prenait des mesures pour lutter contre ladite délinquance
et qu'il convenait donc de lui octroyer des aides financières supplémentaires
afin qu'il ait les moyens nécessaires de mieux protéger non pas
les familles djiboutiennes mais les ressortissants étrangers et notamment
les familles françaises.
Subterfuge
et chantage connus de tous à Djibouti comme ailleurs qui s'est traduit
par aucune amélioration de la sécurité dans la capitale mais
qui d'évidence a rempli certains comptes bancaires à l'étranger
et certes pas ceux des Finances publiques djiboutiennes des postes d'imputation
consacrées à l'amélioration de la Sécurité
sous toutes ses formes.
Cette
violence physique - dont l'explosion du chômage et les difficultés
économiques comme sociales en sont des corollaires, provoque une psychose
grandissante au sein des communautés tant djiboutiennes que françaises,
étrangères au pays.

Djibouti
et l'anarchie de son urbanisation.



A
l'origine, le découpage des quartiers et des circonscriptions de la capitale
respectait la localisation des différentes familles et des tribus par quartier
échappant ainsi et pour majeure partie à ces considérations
de violences physiques. Si des conflits émergeaient parfois entre familles
et individus appartenant à des ethnies et à des tribus différentes,
ces divergences avaient le mérite d'être souvent solutionnées
le plus souvent réglés par les anciens (les vieux comme disent les
Djiboutiens).
Le problème
de cette autorité "des vieux" - reconnue depuis des siècles
comme facteur d'équilibre - a été volontairement supprimée
par le pouvoir pour lui substituer des fantoches qui n'ont pas acquis d'expérience
et de notabilité mais sont exclusivement là pour se substituer aux
"Sages" et être les "Agents de Propagande" d'Ismaïl
OMAR et de la KABYO.
L'accroissement
démographique dans la capitale a bien entendu généré
initialement un essor dans la construction immobilière, qui, si elle fut
plus ou moins contrôlée dans les années 80, devint de plus
en plus anarchique avec des abris de fortune allant même jusqu'à
occuper de manière " sauvage " des zones inondables classées
dangereuses pour les familles s'y installant.

Que
ce soit au niveau de cette urbanisation anarchique comme sur les conséquences
désastreuses des inondations faisant des dizaines de victimes chaque année
en période de fortes pluies, l'Administration actuelle a montré
tout à la fois son incompétence récurrente comme ses limites
à contrôler l'expansion de la capitale et des quartiers tels que
Balbala - véritable petite ville dans la capitale - et à fournir
les services élémentaires comme à faire construire les infrastructures
adéquates.
D'autre
part et malgré les constructions modernes qui émergent ça
et là, de nombreuses causes expliquent cette dégradation marquée
de la Ville de Djibouti dans son ensemble ; certaines d'ordre social, nécessitant
d'évidence une volonté gouvernementale de bouleverser dans les mentalités
et les comportements, une éducation des populations, d'autres conjoncturelles,
liées aux profondes fluctuations économiques, et d'autres encore,
aux structures rendues depuis les années 1990 potentiellement inadaptées
aux besoins actuels et à venir et vétustes.
Il
en résulte que la population attend vainement les solutions qui sont de
la seule responsabilité d'un État qui se contente d'inscrire les
sujets aux Conseils des Ministres et ce sans que l'on puisse enregistrer depuis
plus de 5 années et sur le terrain une quelconque mesure d'importance en
faveur d'une amorce de résolutions des problèmes d'urbanisation,
d'assainissement et de lutte contre les nouvelles formes de violence qui - quoi
que l'on puisse en penser - ont pour partie une relation directe de causes à
effets les unes par rapport aux autres.
Pour
ne prendre qu'un exemple des plus marquants de cette dégradation globale
il suffit de citer la détérioration des éclairages publics
dans la capitale ce qui ne facilite en rien voire rendent dangereux les déplacements
pédestres de nuit, avec de plus la création de zone souvent points
de passage obligés mais non éclairés ; véritable "
coupe gorges " dans lesquels aucune personne et a fortiori une femme seule
n'ose s'y risquer car il est à noter une augmentation importante des viols
et des rackets depuis 4 années.
Djibouti
est aujourd'hui une ville où nul n'est plus à l'abri de violences,
ni de mort et où de petites bandes organisées agissent ouvertement
- de jour comme de nuit - dans les quartiers populaires, voire en plein centre
ville pour rançonner les passants et vivre de rapines, de vols parfois
avec violences.
L'État
se garde bien de publier les statistiques en matière de petite et de grande
délinquance, de viols et d'agressions afin de ne pas inquiéter la
société djiboutienne, les commerçants et les familles notamment
françaises des Forces Françaises de Djibouti.
Une
fois encore et comme nous le soulignions dans notre constat de la situation et
de notre proposition de programme de gouvernement en matière de sécurité
publique, quasiment RIEN n'a été fait par le gouvernement actuel
depuis plus de 3 années.

"
La sûreté comme l'urbanisation rationnelle sont pour l'édifice
de la République de Djibouti le socle commun nécessaire à
l'exercice de toutes les libertés. Ce sont un seul et même droit
de la citoyenne et du citoyen".
Aucune
stratégie véritable de maîtrise de la ville n'étant
organisée si ce ne sont des plans d'urbanisme de long terme et inappliqués
les infrastructures manquent cruellement, les réseaux d'évacuation
des eaux usées sont soit inexistants soit en très mauvais état
alors que le réseau général d'approvisionnement en eau potable
est vétuste et laisse apparaître des pertes en charges importantes
qui sont - comme pour l'électricité - liées aux "
branchements pirates " mais aussi la conséquence de la vétusté
et du défaut d'entretien des réseaux sur un sol il est vrai géologiquement
défavorable.
La
plupart des voies considérées comme carrossables sont en mauvais
état alors que l'on retrouve des amoncellements de tas d'ordures et d'immondices
jusqu'au centre de la capitale.

Photo
La Nation
Face
à une telle démission des pouvoirs publics on ne s'étonne
pas du manque de civisme de certaines familles.
Sur
le plan de la Sécurité, le " Contrat
Éducatif et de Sécurité " est une réponse aux
incivilités et à la délinquance.
Il
ne peut y avoir de libertés individuelles ou collectives pour nos concitoyennes
et nos concitoyens, si leur sécurité n'est pas garantie.
La
sécurité des personnes et des biens doit être assurée
pour tous et partout. Mais c'est avant tout la première mission de l'État
qui doit être non pas l'initiateur de palabres sans lendemain mais d'actes
concrets et durables sur le terrain au quotidien.
