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Le
Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI
IFTIN
Commandant
le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale

16/12/04
- DJIBOUTI - Consciemment ou inconsciemment le
régime politique actuel - dit de la matraque plombée " - fait
un curieux amalgame entre "Sécurité nationale - Protection
des personnes, des biens" et se saborde.
Mme Aicha WARSAMA AÏDID
En
sapant les Institutions nationales publiques au bénéfice d'intérêts
privés exclusivement mafieux qui annihilent toute initiative locale de
" libre entreprise ", en bloquant toute action de Police et de Justice
par ce que non conforme à la " pensée unique ", Ismaïl
OMAR GUELLEH et le clan des HAÏD ont créé depuis plus de 5
années toutes les conditions globales d'un sabordage du pays.
Il
et elle ont installé une diaspora de quelques étrangers au pays
et des privilèges indûment acquis, dans un régime inégalitaire
et antirépublicain. Les multiples intérêts de cette élite
mafieuse et corrompue se sont substitués à
l'intérêt collectif, aux droits et aux besoins des populations djiboutiennes
maintenues sous la " loi du bâton " et de
la " botte de qat " largement distribués, dans un cas comme dans
l'autre..
Ainsi,
en est-il de ce sabordage du à l'irresponsabilité notamment dans
l'Éducation Nationale et dans la Formation professionnelle, dans la Santé
publique ou dans l'égal accès de tous, à la communication
à l'énergie, à l'eau potable, aux transports, bref à
l'évolution et au progrès social inhérent à toute
population..
Dans
ce contexte, la neutralisation des Institutions publiques, des Armées,
de la Gendarmerie et des Forces Nationales de Police est en cours alors que commencent
à émerger des formes variées de milices politico privées
avec le renforcement des Services Djiboutiens de Sécurité dirigés
- dans les faits constatés - non pas par Hassan SAÏD KAIREH mais par
l'épouse du président autoproclamé Kadra MAHAMOUD HAÏD
qui s'est positionnée comme étant "incontournable" dans
la vie publique .. et parfois privée, y compris dans les scandales émergeant
de par son attitude outrancière.

Depuis
l'avènement de la République mafieuse avec un Ismaïl OMAR GUELLEH
qui s'est autoproclamé président par la falsification éhontée
lors des élections présidentielles d'avril 1999, Djibouti va d'auto
rémissions permanentes en récessions économiques, sociales
et politiques.
Ismail
OMAR a TOUT compris !, à Djibouti il ne faut pas "Faire" mais
dire que "Cela a été fait !" pour rassurer les instances
internationales et laisser la propagande gouvernementale faire le reste ....
L'un
des exemples symptomatique de la récession des Droits est l'artificielle
ouverture au pluralisme politique qui se trouve d'autant confirmée
chaque jour par l'omniprésente mainmise d'une " diaspora d'apparatchiks
" minoritaire mais régnant en maître sur le pays.
Chacun
et chacune agit dans un domaine considéré comme étant son
territoire privé alors que de son bureau, du Palais de l'Escale - fait
des artifices et des mensonges étatisés - le despote règle
les bêlements à l'unisson d'une petite troupe de chèvres de
l'alimentaire qui uvrent très majoritairement à son profit
et surtout à celui de ses comptes bancaires à l'étranger.

Quand
on parle de sécurité des populations et de leurs biens, Ismaïl
OMAR fait sonner la charge ....
L'incompréhension
des termes " Sécurité des personnes
et des biens dans le cadre des relations sociales", n'est pas
nouvelle à Djibouti.
Son
traitement, en revanche, a pris un tournant décisif à partir des
années 2000, avec un détournement sémantique progressif
de la notion de "Protection des biens et des personnes" vers celui de
la " Sécurité nationale " que l'on va utiliser à
toutes les sauces.
Son
sens se polarise aujourd'hui sur une construction idéologique pernicieuse
occultant les erreurs récurrentes voire les crimes du pouvoir en place,
fondée sur " la peur comme
le levier principal du système politique actuel dans le pays " et
la diffusion d'une propagande suivant laquelle " Demain cela pourrait être
bien pire encore ! ".
Depuis
les années 2000 on assiste ainsi à une inflation des pratiques supposées
sécuritaires, policières et bien plus assurément répressives
à l'encontre de toute revendication suivant une seule et même méthode
rééditée qui est l'envoi de Forces dites de Sécurité
aux fins de procéder à un matraquage en
règle et à l'incarcération des " meneurs ". Le
pouvoir en étant même arrivé à faire tirer sur les
Anciens Combattants handicapés venus réclamer le paiement de leurs
pensions et à faire " matraquer " les vieux travailleurs.
Ces
actes - commis sur ordre du pouvoir - et les énoncés transformés
par une propagande de tous les mensonges d'État, maladroitement véhiculés
et orchestrés tant au travers des discours politiques que médiatiques,
ce travestissement d'une artificielle vision sécuritaire de la société
introduit une perception de menace, de dangerosité pour le pays et ses
populations (autres que celles qui sont les accusées donc à matraquer)
que le pouvoir tente de peu à peu d'enraciner
dans l'imaginaire symbolique, au point de permettre la construction d'un
grand et gros mensonge légalisé qui devient la réalité
officielle ; celle du pouvoir.
C'est
ainsi que le pouvoir en place créé depuis 5 années les conditions
idéales d'un amalgame entre " Revendications
justifiées et Menace pour la Sécurité " pour
que cette dernière prenne le pas sur les vérités et qu'à
l'intérieur du pays on condamne toute manifestation en la décrivant
comme étant systématiquement une atteinte à la Sécurité
intérieure et dirigée par " une bande d'excités "
pilotés de l'extérieur du pays.
Djibouti
vit et perdure ainsi dans un contrôle généralisé de
la société placée sous surveillance,
le recours à la dénonciation et " aux repentis " qui n'est
pas sans rappeler les pratiques du régime de Fidel Castro à La Havane,
la stigmatisation des basses et moyennes classes sociales en " classes dangereuses
" avec la totale occultation des droits à se défendre, l'impossibilité
chronique d'une remise en cause de l'indépendance et du statut des juges,
la confirmation du déclin de l'autonomie des juridictions, quand ce n'est
pas l'orchestration de leurs jugements.
Ce
choix de politique mise en place vers les années 95 participe d'une logique
de " combat jusqu'au-boutiste" par rapport à tout ce qui a pour
nom respect de l'humain, des libertés publiques et couleur de GED et de
MDLN.
Ce
choix signe clairement " le recours accru à l'incarcération
des opposants et de ceux qui ne réclament que le respect de leurs Droits
fondamentaux" et à son corollaire, l'enfermement
carcéral dans des conditions de survie intolérables à Gabode
avec d'évidence les séances de tortures pourtant interdites et condamnées
par les Conventions internationales en vigueur.
L'incarcéré
avouera ainsi TOUT et bien plus qu'il ne sait.
Excluant,
par ailleurs, toute prise en considération d'un contexte socio-économique
qui ne cesse de plonger vers le fond du gouffre et générant des
situations de nouvelles misères alors que les délinquances politico-financières,
usant de la loi imposée de monopole du plus fort sur tous les secteurs
d'activités privés avec les méthodes mafieuses que l'on connaît
et restent impunies. Ces mesures d'exception, qui se multiplient, témoignent
d'une régression et d'une atteinte aux droits fondamentaux et aux libertés
individuelles particulièrement menaçantes et qui ont largement dépassé
" le point de non retour ".

Quand
on parle de sécurité, de quoi s'agit-il ?
De
sécurité des biens ou des personnes ?
Quand
on parle de danger, c'est de danger pour qui dont on parle ? C'est du danger pour
les jeunes eux-mêmes ?
C'est
du danger pour les populations rencontrées par les jeunes ?
Premier
point, si on parle de sécurité - insécurité
par rapport à des actes de délinquance, phénomènes
de bande etc. puisque c'est le phénomène déclencheur, il
est très important, si on veut mener une analyse là dessus, de distinguer
la notion d'insécurité de la notion de délinquance et distinguer
cette notion de délinquance de la notion de délinquance juvénile
ou délinquance des mineurs.
Il
y a trois aspects qui sont à distinguer systématiquement. Le grand
problème c'est qu'on les distingue rarement et qu'on en arrive à
des simplismes et des mélanges qui sont inacceptables.
Tout
cela çà veut dire quoi ? Cela veut dire que l'insécurité
est un phénomène global de sociabilité de société.
Si
l'on veut résoudre pour majeure partie les problèmes d'insécurité,
de délinquance, de vol ..., il convient pour les supposés "gouvernants"
de balayer devant leur porte !.
Mais
qu'est-ce qui fait l'insécurité aujourd'hui à Djibouti ?,
çà
n'est pas que la délinquance des mineurs, c'est aussi la délinquance
en col blanc - qui augmente de façon vertigineuse et qui fait l'actualité
quotidienne (sauf au niveau des organes de presse et médias propagandistes
du pouvoir actuel recruté par le pouvoir exclusivement dans le milieu des
sourds-muets-aveugles ).
La
délinquance en col blanc et la délinquance politique occupent complètement
le centre de l'information, donc elles contribuent grandement au sentiment d'insécurité,
autant que les bandes qui agissent ponctuellement et surtout dans la capitale.
Deuxième
aspect, la délinquance en termes de rackets, de crimes de sang augmentent
notamment dans la capitale et cela c'est un dangereux constat qui est fait mais
dont les statistiques officielles ne sont pas publiées.
Au
niveau du pouvoir on tait les informations comme si elles n'existaient pas alors
que c'est l'un des grandis sujets de préoccupations en ce moment dans les
familles donc et par ce que le pouvoir veut les ignorer -
donc ne prend aucune mesure susceptible d'améliorer la situation et par
conséquent de rassurer les familles - les
dites informations viennent alimenter un phénomène d'insécurité
de société. Et là, il n'y a rien à voir avec la délinquance
juvénile.
Et
le troisième point, c'est la délinquance des jeunes. Quand la
presse gouvernementale parle de délinquance des jeunes ou de délinquance
juvénile, ceci se résume à quelques
lignes banales relatant un fait divers sans qu'un seul journaliste ait le Courage
d'émettre en proposition une quelconque mesure et surtout de poser les
"bonnes questions" du genre
"Que
comptez vous faire Monsieur le Ministre de l'Intérieur ?"....
De
plus il faut bien faire la distinction entre cette délinquance générale
et la délinquance des mineurs parce que quand des jeunes de vingt-cinq,
trente ans se bagarrent, on dit classiquement ce sont les jeunes du quartier.
Mais cette problématique est à distinguer complètement de
celle des mineurs.
Enfin,
le dernier point, c'est la délinquance des mineurs. On ne peut pas le nier,
elle est en progression, le plus inquiétant c'est que l'âge des mineurs
qui commettent des délits diminue, ce sont
souvent des plus jeunes qui sont pris dans des actes de délinquance.
Mais
une fois qu'on a dit çà, il ne faut surtout pas s'arrêter
à se dire " oui, on constate objectivement une augmentation ",
il faut immédiatement faire une autre analyse. Et cette analyse complémentaire
démarre sur le fait que notre dispositif judiciaire et de
société est inefficace car désorganisé et corrompu
socialement parlant, de plus il n'a qu'un rôle répressif ; le judiciaire
est dévalorisé par les gouvernants actuels par rapport à
la délinquance en général et des mineurs en particulier.
Nous
sommes le pays de la Corne Est de l'Afrique où il y a le plus de mineurs
incarcérés (souvent avec les adultes de droits communs
ce qui provoque des situations de viols) comparativement à la population
alors qu'hormis l'incarcération que le dispositif de sévérité
et de punition ne fonctionne pas donc il ne réduit pas la délinquance.
Nous sommes
dans un pays avec une justice et un dispositif de réinsertion quasiment
inexistants, avec des emprisonnements de jeunes réels souvent pour de motifs
presque futiles mais surtout dans les conditions indignes et sans possibilité
de réinsertion sociale. Et cette analyse là, concomitante avec l'augmentation
des chiffres de la délinquance est jamais menée.
Notre
supposée république est celle du matraquage, de la bastonnade et
de l'incarcération, pas celle consistant à préparer notre
jeunesse délinquante à une réinsertion sociale donc à
un avenir plus serein.
Enfin,
dernier point, c'est cette dangerosité de
la délinquance des mineurs. Mais il faut aussi être capable d'analyser
que c'est aussi une dangerosité avant tout pour eux, pour les mineurs eux-mêmes,
avec un taux élevé des suicides d'adolescents à Djibouti
et des phénomènes de dangerosité.
Un
point sur lequel il nous semble très important d'insister, c'est
l'absence de tout dispositif cohérent de protection, d'encadrement et d'éducation
de l'enfance en matière de lutte contre la délinquance, pour les
raisons d'ignorance des pouvoirs publics djiboutiens.

Réhabilitons
les Institutions nationales et restaurons notre Justice dans un État de
Droit.
Le
Gouvernement en exil de Djibouti a un tout autre concept et approche de ce qu'il
conviendrait de mettre en oeuvre afin de tenter de résoudre les problèmes
d'incivismes et de petite et de moyenne délinquance.
Cet
accroissement de la délinquance, des incivilités les plus diverses
et, entre autres, d'un "commerce de stupéfiants" installé
à deux pas de nos maisons et de nos enfants et dans nos écoles n'est,
pour le pouvoir en place et une fois encore, que l'opportunité de solliciter
des Aides de ses partenaires extérieures et des organismes internationaux
sans proposer pour autant un programme cohérent de mesures
susceptibles de répondre à toutes ces formes de délinquance.
Pour
ces raisons, le Gouvernement en Exil de Djibouti propose depuis bien des années
un panel de dispositifs regroupés dans "
Un Contrat Éducatif et de Sécurité " qui,
même s'il n'a pas la prétention de résoudre tous les problèmes
de délinquance d'un hypothétique coup de baguette magique, a le
mérite de réunir autour d'une seule et même table tous
les Acteurs éducatifs de la capitale djiboutienne comme des villes
et villages de l'intérieur autour d'un projet viable, cohérent car
appliqué ailleurs avec un souci de clarté et de pédagogie
accessibles à tous et à toutes, spécialistes et non spécialistes,
tout en maintenant sur le fond la nécessaire technicité de la méthode
Quelle
société souhaitons-nous laisser à nos enfants et à
nos petits-enfants ?
Quels
changements voulons-nous apporter durablement dans la vie des femmes et des hommes
?
Ces
deux questions, simples et intemporelles, constituent l'essence même de
l'action et de la réflexion politique.
Elles
nous interrogent sur ce que nous voulons transmettre, aussi bien individuellement
que collectivement, après nous.
