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Dernière modification : le 15-Déc-2004 20:58 (GMT+1 / Bruxelles)

 

 

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Le Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI IFTIN

Commandant le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale

 

 

16/12/04 - DJIBOUTI - Consciemment ou inconsciemment le régime politique actuel - dit de la matraque plombée " - fait un curieux amalgame entre "Sécurité nationale - Protection des personnes, des biens" et se saborde.

Mme Aicha WARSAMA AÏDID

En sapant les Institutions nationales publiques au bénéfice d'intérêts privés exclusivement mafieux qui annihilent toute initiative locale de " libre entreprise ", en bloquant toute action de Police et de Justice par ce que non conforme à la " pensée unique ", Ismaïl OMAR GUELLEH et le clan des HAÏD ont créé depuis plus de 5 années toutes les conditions globales d'un sabordage du pays.

Il et elle ont installé une diaspora de quelques étrangers au pays et des privilèges indûment acquis, dans un régime inégalitaire et antirépublicain. Les multiples intérêts de cette élite mafieuse et corrompue se sont substitués à l'intérêt collectif, aux droits et aux besoins des populations djiboutiennes maintenues sous la " loi du bâton " et de la " botte de qat " largement distribués, dans un cas comme dans l'autre..

Ainsi, en est-il de ce sabordage du à l'irresponsabilité notamment dans l'Éducation Nationale et dans la Formation professionnelle, dans la Santé publique ou dans l'égal accès de tous, à la communication à l'énergie, à l'eau potable, aux transports, bref à l'évolution et au progrès social inhérent à toute population..

Dans ce contexte, la neutralisation des Institutions publiques, des Armées, de la Gendarmerie et des Forces Nationales de Police est en cours alors que commencent à émerger des formes variées de milices politico privées avec le renforcement des Services Djiboutiens de Sécurité dirigés - dans les faits constatés - non pas par Hassan SAÏD KAIREH mais par l'épouse du président autoproclamé Kadra MAHAMOUD HAÏD qui s'est positionnée comme étant "incontournable" dans la vie publique .. et parfois privée, y compris dans les scandales émergeant de par son attitude outrancière.

Depuis l'avènement de la République mafieuse avec un Ismaïl OMAR GUELLEH qui s'est autoproclamé président par la falsification éhontée lors des élections présidentielles d'avril 1999, Djibouti va d'auto rémissions permanentes en récessions économiques, sociales et politiques.

Ismail OMAR a TOUT compris !, à Djibouti il ne faut pas "Faire" mais dire que "Cela a été fait !" pour rassurer les instances internationales et laisser la propagande gouvernementale faire le reste ....

L'un des exemples symptomatique de la récession des Droits est l'artificielle ouverture au pluralisme politique qui se trouve d'autant confirmée chaque jour par l'omniprésente mainmise d'une " diaspora d'apparatchiks " minoritaire mais régnant en maître sur le pays.

Chacun et chacune agit dans un domaine considéré comme étant son territoire privé alors que de son bureau, du Palais de l'Escale - fait des artifices et des mensonges étatisés - le despote règle les bêlements à l'unisson d'une petite troupe de chèvres de l'alimentaire qui œuvrent très majoritairement à son profit et surtout à celui de ses comptes bancaires à l'étranger.

Quand on parle de sécurité des populations et de leurs biens, Ismaïl OMAR fait sonner la charge ....

L'incompréhension des termes " Sécurité des personnes et des biens dans le cadre des relations sociales", n'est pas nouvelle à Djibouti.

Son traitement, en revanche, a pris un tournant décisif à partir des années 2000, avec un détournement sémantique progressif de la notion de "Protection des biens et des personnes" vers celui de la " Sécurité nationale " que l'on va utiliser à toutes les sauces.

Son sens se polarise aujourd'hui sur une construction idéologique pernicieuse occultant les erreurs récurrentes voire les crimes du pouvoir en place, fondée sur " la peur comme le levier principal du système politique actuel dans le pays " et la diffusion d'une propagande suivant laquelle " Demain cela pourrait être bien pire encore ! ".

Depuis les années 2000 on assiste ainsi à une inflation des pratiques supposées sécuritaires, policières et bien plus assurément répressives à l'encontre de toute revendication suivant une seule et même méthode rééditée qui est l'envoi de Forces dites de Sécurité aux fins de procéder à un matraquage en règle et à l'incarcération des " meneurs ". Le pouvoir en étant même arrivé à faire tirer sur les Anciens Combattants handicapés venus réclamer le paiement de leurs pensions et à faire " matraquer " les vieux travailleurs.

Ces actes - commis sur ordre du pouvoir - et les énoncés transformés par une propagande de tous les mensonges d'État, maladroitement véhiculés et orchestrés tant au travers des discours politiques que médiatiques, ce travestissement d'une artificielle vision sécuritaire de la société introduit une perception de menace, de dangerosité pour le pays et ses populations (autres que celles qui sont les accusées donc à matraquer) que le pouvoir tente de peu à peu d'enraciner dans l'imaginaire symbolique, au point de permettre la construction d'un grand et gros mensonge légalisé qui devient la réalité officielle ; celle du pouvoir.

C'est ainsi que le pouvoir en place créé depuis 5 années les conditions idéales d'un amalgame entre " Revendications justifiées et Menace pour la Sécurité " pour que cette dernière prenne le pas sur les vérités et qu'à l'intérieur du pays on condamne toute manifestation en la décrivant comme étant systématiquement une atteinte à la Sécurité intérieure et dirigée par " une bande d'excités " pilotés de l'extérieur du pays.

Djibouti vit et perdure ainsi dans un contrôle généralisé de la société placée sous surveillance, le recours à la dénonciation et " aux repentis " qui n'est pas sans rappeler les pratiques du régime de Fidel Castro à La Havane, la stigmatisation des basses et moyennes classes sociales en " classes dangereuses " avec la totale occultation des droits à se défendre, l'impossibilité chronique d'une remise en cause de l'indépendance et du statut des juges, la confirmation du déclin de l'autonomie des juridictions, quand ce n'est pas l'orchestration de leurs jugements.

Ce choix de politique mise en place vers les années 95 participe d'une logique de " combat jusqu'au-boutiste" par rapport à tout ce qui a pour nom respect de l'humain, des libertés publiques et couleur de GED et de MDLN.

Ce choix signe clairement " le recours accru à l'incarcération des opposants et de ceux qui ne réclament que le respect de leurs Droits fondamentaux" et à son corollaire, l'enfermement carcéral dans des conditions de survie intolérables à Gabode avec d'évidence les séances de tortures pourtant interdites et condamnées par les Conventions internationales en vigueur.

L'incarcéré avouera ainsi TOUT et bien plus qu'il ne sait.

Excluant, par ailleurs, toute prise en considération d'un contexte socio-économique qui ne cesse de plonger vers le fond du gouffre et générant des situations de nouvelles misères alors que les délinquances politico-financières, usant de la loi imposée de monopole du plus fort sur tous les secteurs d'activités privés avec les méthodes mafieuses que l'on connaît et restent impunies. Ces mesures d'exception, qui se multiplient, témoignent d'une régression et d'une atteinte aux droits fondamentaux et aux libertés individuelles particulièrement menaçantes et qui ont largement dépassé " le point de non retour ".


Quand on parle de sécurité, de quoi s'agit-il ?

De sécurité des biens ou des personnes ?

Quand on parle de danger, c'est de danger pour qui dont on parle ? C'est du danger pour les jeunes eux-mêmes ?

C'est du danger pour les populations rencontrées par les jeunes ?

Premier point, si on parle de sécurité - insécurité par rapport à des actes de délinquance, phénomènes de bande etc. puisque c'est le phénomène déclencheur, il est très important, si on veut mener une analyse là dessus, de distinguer la notion d'insécurité de la notion de délinquance et distinguer cette notion de délinquance de la notion de délinquance juvénile ou délinquance des mineurs.

Il y a trois aspects qui sont à distinguer systématiquement. Le grand problème c'est qu'on les distingue rarement et qu'on en arrive à des simplismes et des mélanges qui sont inacceptables.

Tout cela çà veut dire quoi ? Cela veut dire que l'insécurité est un phénomène global de sociabilité de société.

Si l'on veut résoudre pour majeure partie les problèmes d'insécurité, de délinquance, de vol ..., il convient pour les supposés "gouvernants" de balayer devant leur porte !.

Mais qu'est-ce qui fait l'insécurité aujourd'hui à Djibouti ?,

çà n'est pas que la délinquance des mineurs, c'est aussi la délinquance en col blanc - qui augmente de façon vertigineuse et qui fait l'actualité quotidienne (sauf au niveau des organes de presse et médias propagandistes du pouvoir actuel recruté par le pouvoir exclusivement dans le milieu des sourds-muets-aveugles ).

La délinquance en col blanc et la délinquance politique occupent complètement le centre de l'information, donc elles contribuent grandement au sentiment d'insécurité, autant que les bandes qui agissent ponctuellement et surtout dans la capitale.

Deuxième aspect, la délinquance en termes de rackets, de crimes de sang augmentent notamment dans la capitale et cela c'est un dangereux constat qui est fait mais dont les statistiques officielles ne sont pas publiées.

Au niveau du pouvoir on tait les informations comme si elles n'existaient pas alors que c'est l'un des grandis sujets de préoccupations en ce moment dans les familles donc et par ce que le pouvoir veut les ignorer - donc ne prend aucune mesure susceptible d'améliorer la situation et par conséquent de rassurer les familles - les dites informations viennent alimenter un phénomène d'insécurité de société. Et là, il n'y a rien à voir avec la délinquance juvénile.

Et le troisième point, c'est la délinquance des jeunes. Quand la presse gouvernementale parle de délinquance des jeunes ou de délinquance juvénile, ceci se résume à quelques lignes banales relatant un fait divers sans qu'un seul journaliste ait le Courage d'émettre en proposition une quelconque mesure et surtout de poser les "bonnes questions" du genre

"Que comptez vous faire Monsieur le Ministre de l'Intérieur ?"....

De plus il faut bien faire la distinction entre cette délinquance générale et la délinquance des mineurs parce que quand des jeunes de vingt-cinq, trente ans se bagarrent, on dit classiquement ce sont les jeunes du quartier. Mais cette problématique est à distinguer complètement de celle des mineurs.

Enfin, le dernier point, c'est la délinquance des mineurs. On ne peut pas le nier, elle est en progression, le plus inquiétant c'est que l'âge des mineurs qui commettent des délits diminue, ce sont souvent des plus jeunes qui sont pris dans des actes de délinquance.

Mais une fois qu'on a dit çà, il ne faut surtout pas s'arrêter à se dire " oui, on constate objectivement une augmentation ", il faut immédiatement faire une autre analyse. Et cette analyse complémentaire démarre sur le fait que notre dispositif judiciaire et de société est inefficace car désorganisé et corrompu socialement parlant, de plus il n'a qu'un rôle répressif ; le judiciaire est dévalorisé par les gouvernants actuels par rapport à la délinquance en général et des mineurs en particulier.

Nous sommes le pays de la Corne Est de l'Afrique où il y a le plus de mineurs incarcérés (souvent avec les adultes de droits communs ce qui provoque des situations de viols) comparativement à la population alors qu'hormis l'incarcération que le dispositif de sévérité et de punition ne fonctionne pas donc il ne réduit pas la délinquance.

Nous sommes dans un pays avec une justice et un dispositif de réinsertion quasiment inexistants, avec des emprisonnements de jeunes réels souvent pour de motifs presque futiles mais surtout dans les conditions indignes et sans possibilité de réinsertion sociale. Et cette analyse là, concomitante avec l'augmentation des chiffres de la délinquance est jamais menée.

Notre supposée république est celle du matraquage, de la bastonnade et de l'incarcération, pas celle consistant à préparer notre jeunesse délinquante à une réinsertion sociale donc à un avenir plus serein.

Enfin, dernier point, c'est cette dangerosité de la délinquance des mineurs. Mais il faut aussi être capable d'analyser que c'est aussi une dangerosité avant tout pour eux, pour les mineurs eux-mêmes, avec un taux élevé des suicides d'adolescents à Djibouti et des phénomènes de dangerosité.

Un point sur lequel il nous semble très important d'insister, c'est l'absence de tout dispositif cohérent de protection, d'encadrement et d'éducation de l'enfance en matière de lutte contre la délinquance, pour les raisons d'ignorance des pouvoirs publics djiboutiens.

Réhabilitons les Institutions nationales et restaurons notre Justice dans un État de Droit.

Le Gouvernement en exil de Djibouti a un tout autre concept et approche de ce qu'il conviendrait de mettre en oeuvre afin de tenter de résoudre les problèmes d'incivismes et de petite et de moyenne délinquance.

Cet accroissement de la délinquance, des incivilités les plus diverses et, entre autres, d'un "commerce de stupéfiants" installé à deux pas de nos maisons et de nos enfants et dans nos écoles n'est, pour le pouvoir en place et une fois encore, que l'opportunité de solliciter des Aides de ses partenaires extérieures et des organismes internationaux sans proposer pour autant un programme cohérent de mesures susceptibles de répondre à toutes ces formes de délinquance.

Pour ces raisons, le Gouvernement en Exil de Djibouti propose depuis bien des années un panel de dispositifs regroupés dans " Un Contrat Éducatif et de Sécurité " qui, même s'il n'a pas la prétention de résoudre tous les problèmes de délinquance d'un hypothétique coup de baguette magique, a le mérite de réunir autour d'une seule et même table tous les Acteurs éducatifs de la capitale djiboutienne comme des villes et villages de l'intérieur autour d'un projet viable, cohérent car appliqué ailleurs avec un souci de clarté et de pédagogie accessibles à tous et à toutes, spécialistes et non spécialistes, tout en maintenant sur le fond la nécessaire technicité de la méthode

Quelle société souhaitons-nous laisser à nos enfants et à nos petits-enfants ?

Quels changements voulons-nous apporter durablement dans la vie des femmes et des hommes ?

Ces deux questions, simples et intemporelles, constituent l'essence même de l'action et de la réflexion politique.

Elles nous interrogent sur ce que nous voulons transmettre, aussi bien individuellement que collectivement, après nous.


Secrétariat général du Gouvernement en Exil de Djibouti.
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