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Dernière modification : le 18-Déc-2004 22:52 (GMT+1 / Bruxelles)

 

 

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Le Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI IFTIN

Commandant le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale

 

 

18/12/04 - DJIBOUTI - Ismaïl OMAR GUELLEH fait tirer sur la foule et ose faire écrire par sa presse propagandiste pour le budget de l'État pour l'exercice 2005 : " ……Et pour ce qui est de la Justice, la politique gouvernementale visant le renforcement des institutions judiciaires sera poursuivie dans la volonté de consolidation de l'État de droit…. ".

M Goumati HOUMED GOURAD.

 

Au sein même des Armées, de la Gendarmerie, des Forces Nationales de Police et globalement dans ce que l'on dénomme communément comme étant la fonction publique, les critiques fusent et se font faites très vives ces derniers jours face à une dictature au bord de la déchéance qui n'a pas hésité à faire tirer sur la foule qui manifestait contre les mesures d'exclusion dont elle est l'objet de la part du pouvoir en place.

On ignore le nombre exact de tués et de blessés par balles à la suite des tirs de police lors d'affrontements entre les populations désarmées du quartier d'Arrhiba et les policiers dans la capitale Djibouti.

Aucune ligne, aucun bilan provisoire n'a été ni écrit, ni établi, ni publié par le gouvernement ; comme à l'accoutumée alors qu'au niveau du supposé correspondant de l'AFP c'est - une fois encore - le silence le plus total, hormis ceux et celles qui étaient sous les balles nul n'a su officiellement ce qu'il s'est passé ;

comme si ces événements graves n'avaient aucune espèce d'importance après deux jours d'affrontements graves qui ne sont pas les premiers et ne seront hélas pas les derniers.


Démonstration qui confirme bien que le droit de manifester ses mécontentements est formellement interdit et passible de mort sous ce régime de tous les excès.

Que les " mercenaires " du pouvoir tirent à balles réelles sur des populations sans défense s'inscrit dans une logique qui ne date pas d'hier.

Que des femmes et des enfants soient ainsi assassinés ( le mot est juste) et que chacun se taise, ceci entre dans une logique que l'on ne connaît hélas que trop bien ; c'est la Justice ismaïlienne qui a l'outrecuidance de parler de " Droits de l'Humain ".

L'une des raisons du ras le bol des populations.

Jusqu'en 1993, le choléra n'avait fait que de rares et brèves apparitions dans la République de Djibouti. Depuis cette date plusieurs milliers de cas ont été enregistrés mais aussi des morts enterrés à "la va vite" et sans que leur décès ne soit déclaré car ce sont des parias, donc des exclus par le gouvernement actuel.

Au cours des années 1993 et 1994, la Bioforce (elle fait partie de la Force d'action humanitaire militaire d'intervention rapide des Armées françaises - FAHMIR - créée en 1983) est intervenue à la fois pour porter secours à la population et pour proposer des solutions visant à arrêter la transmission de la maladie.

L'approvisionnement en eau est un énorme problème pour cette population. Dans la partie la mieux équipée de la ville et dans certains quartiers, l'eau est distribuée par l'ONED (Office national des eaux de Djibouti). Elle est obtenue par forage dans la nappe phréatique, filtrée et chlorée.


Plus on s'approche des quartiers pauvres et plus il est fréquent d'observer des ruptures de l'étanchéité des canalisations vétustes..
Les coupures et les chutes de pression y sont fréquentes.

C'est la raison pour laquelle différents "systèmes de fortune " ont été mis au point sur initiative de la population dont le stockage de l'eau dans des fûts, ceci ne correspondant en RIEN à des mesures d'hygiène publique.

Ce sont des centaines de millions de FDJ qui sont investis chaque année dans le cadre des Aides internationales pour tenter de solutionner ce problème d'approvisionnement en eau potable qui est récurrent mais qui reste sans solution depuis des années tant les détournements de fonds internationaux - qui ont atteint 94 % sur l'un des projets de l'UE en 2002 - sont importants et répétitifs sans que nul ne contraigne le gouvernement local à prendre des mesures.

Tristes constat que d'observer impuissant que l'on peut laisser mourrir des êtres humains au nom du "Diplomatiquement correct" et de " la non ingérence dans les affaires intérieures d'un pays".!!!!!

C'est un "Chantage à la misère et aux versements de fonds internationaux" qu'imposent Ismaïl OMAR GUELLEH et le clan mafieux des HAÏD.

Le problème étant que les "dilapidateurs " de Fonds et d'Aides ont changé leur fusil d'épaule car n'effectuant plus - exclusivement et ouvertement - leurs détournements depuis quelques deux années mais procèdant par l'établissement de fausses factures utilisant pour ce faire et comme intermédiaires et prestataires de services leurs propres sociétés de travaux ou autres à la tête desquelles ils ont placé un frère, un cousin, voire un ami pour les gérer.

Ce sont ainsi des centaines de millions de FDJ qui "s'évaporent" chaque année. AUCUN projet n'échappe à cette pratique institutionnalisée.

En matière de prévention Santé et traitement des maladies, la Bioforce est omniprésente sur le terrain et le sera encore des années si l'on ne traite pas le mal à la base ?.

En matière de mesures en faveur de la Santé publique, deux épidémies de choléra ont nécessité l'intervention de la Bioforce à Djibouti en 1993 et 1994.

Lors du premier épisode, trois objectifs ont été poursuivis : la mise sur pied d'un centre de réhydratation sous tente, la mise en place d'une surveillance épidémiologique et la formation des personnels locaux aux techniques de traitement et de diagnostic. L'année suivante, une deuxième épidémie faisait suite à d'importantes inondations.

L'analyse épidémiologique montrait que le choléra était devenu endémique dans les quartiers pauvres de la ville et que les bouffées épidémiques étaient favorisées par la contamination des eaux de surface et par les perturbations dans la distribution d'eau potable.

Question : Pourquoi l'État ne fait-il rien ou si peu et pourquoi ne le contraint pas - au niveau des instances internationales - à ASSUMER SES RESPONSABILITÉS ?.

Les récentes épidémies de 1997 et celle de 2004 qui a entraîné une vaste campagne de vaccination, ont fait elles aussi suite à des inondations.


En manifestant pour que cesse une telle situation d'exclusion les populations d'Arrhiba ont voulu exprimer un ras le bol et ont reçu des balles, à défaut de soins et d'initiatives pour l'avenir en matière d'amélioration par les gouvernants des conditions sanitaires dont l'évacuation des eaux usées.

Observons que l'attitude de l'État actuel entre dans une stratégie consistant insidieusement à rejeter hors de la capitale les populations du quartier d'Arrhiba - qu'elle considère comme étrangères - afin de faire raser le quartier pour y installer ensuite des familles qui lui sont bien plus favorables.

C'est par l'entremise d'une forme de génocide - travesti par l'absence de prises de mesures en faveur de l'amélioration des voies et réseaux divers et de vaccinations et soins adaptés - que les gouvernants Ismaïl OMAR GUELLEH et le clan des HAÏD tentent d'en exclure des populations qui ont - autant qu'eux - le droit de revendiquer leur appartenance aux populations dites djiboutiennes.

Rien d'étonnant à ce que les mouvements de protestations et des rejets les plus divers du pouvoir actuels ne cessent de faire tache d'huile et se renforcent alors que cela inquiète gravement un régime décadent, acculé aux pires extrémités et qui n'a comme seul " argument " que les matraquages d'antan remplacés aujourd'hui par le bruit des armes et les balles qui frappent aveuglément femmes et enfants, hommes désarmés et qui n'ont que leurs slogans pour se défendre.


Le régime démontre ainsi son incapacité à maîtriser une quelconque manifestation hormis l'usage des balles dans une forme ismaïlienne de " tir aux pigeons ".

Mais ce n'est plus le seul quartier d'Arrhiba qui risque de s'enflammer et devenir le théâtre de manifestations qui - pour l'instant - restent pacifiques dans leurs revendications - mais aussi d'autres quartiers tels que Balbala qui commencent à gronder.

La contestation s'est élargie, gagnant des couches dites moyennes avec des protestations tous azimuts notamment contre les hausses de prix et l'explosion du chômage, conséquences de la crise dont la responsabilité incombe aux gouvernants actuels.

Si les injonctions du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque Mondiale (BM) passées sous silence en matière de réductions importantes des effectifs dans la Fonction Publique rencontrent de fortes réticences au sein du clan Ismaïl OMAR GUELLEH - Kadra HAÏD c'est que du haut de leur Palais d'Haramous ils se savent à chaque instant sous la menace d'une explosion sociale, véritable raz de marée émanant simultanément de plusieurs quartiers de la capitale comme des villes de l'arrière pays.

Ceci ne pourrait déboucher que sur une dégradation encore plus grave de la situation, explosion soudaine avec une jeunesse déferlant dans les rues et confrontée aux balles des " mercenaires " du pouvoir qui ne connaissent que le matraquage systématique et l'usage des armes, tant est malsaine la situation sociale actuelle dans un pays survivant exclusivement grâce aux perfusions financières de son Économie.

Les gouvernants actuels utilisent toutes les promesses pour …. l'exercice budgétaire 2005 mais sans pour cela définir un Tableau de bord précis et sans donner de date de prises d'effets des mesures envisagées..

L'important étant de tenter persuader les "Bailleurs de fonds" que des mesures économiques et sociales adaptées à la situation ....seraient prises en 2005 ... inch'Allah.

Dans un récent article publié par le journal La Nation et d'évidence non signé par un quelconque journaliste car nul ne veut se " mouiller " dans ces contre vérités, la propagande gouvernementale actuelle a l'aplomb de prétendre que …. pour l'exercice 2005, le gouvernement prévoit " Inch'Allah " un " Maintien du pouvoir d'achat et une consolidation des acquis sociaux… ".

Si nous n'étions pas habitués aux pires mensonges de l'État actuel, aux manipulations des chiffres qui mettent en évidence une artificielle croissance du Produit Intérieur Brut à 3,5 % (???) avec de surcroît une supposée inflation à 3% alors qu'elle est bien supérieure et à deux chiffres, on pourrait croire aux " promesses mirobolantes " d'un gouvernement dans un prévisionnel de budget 2005 que la propagande gouvernementale ose qualifier " de part du lion accordée au social ".


Le lion - s'il y a lieu de parler de lion - est bien malade alors que sa boulimie apparente est inversement proportionnelle à la pauvreté qu'il entretient par des promesses dans le pays.

Est venu le temps où les mots et les promesses ne suffisent plus, ils sont usés par les réalités. Il ne suffit plus de lancer ainsi des termes évasifs sans s'expliquer clairement sur les mesures qui seront prises tels que " confirme la tendance d'une meilleure mobilisation des ressources intérieures et d'un plus grand redéploiement des crédits budgétaires au profit des secteurs sociaux notamment l'éducation, la santé, l'eau, la justice et la jeunesse. ".

" ….meilleure mobilisation des ressources intérieures et d'un plus grand redéploiement des crédits budgétaires… " ceci n'a aucun sens si les gouvernants ne s'expliquent pas, or le but n'est pas pour eux de s'en expliquer mais d'utiliser des phrases toutes faites - redondantes et nébuleuses - sur lesquelles les "alimentaires" de l'Assemblée nationale n'oseront pas oser poser une question.

Aucune opposition n'est représentée à l'assemblée nationale et ce depuis le 27 juin 1977, alors chacun et chacune se tait !!!.

Telle est la démocratie à Djibouti.

Comment ces "gouvernants de circonstances " pourraient s'expliquer ? alors que chaque année il ne produisent aucun bilan mais relancent les mêmes mots qui ne trouvent que le vide. Le vide de leurs incohérences et trucages, déformations récurrentes de situations qu'ils ne sauraient avouer face au peuple.

Le " on dit que … " qu'ils balancent sont des termes bien pratiques pour une propagande qui ne se mouille pas mais confirme bien que ce gouvernement, en dehors de ses incapacités notoires - qu'il est seul à ne pas vouloir voir - confirme que tout est BON pour repousser les échéances et qu'il va même jusqu'à tout promettre pour 2005 comme il l'avait fait pour l'exercice 2004..

C'est ainsi que malgré les signes évidents de ses inerties et ses échecs, la propagande écrit " ….d'abord l'éducation nationale, le gouvernement poursuit ainsi sa politique visant en grandes lignes dans ce domaine… " ce qui ne veut absolument rien dire pour autant que ne soient pas publiés les bilans et expliciter ce que l'on définit comme étant les grandes lignes ???.

" Concernant le secteur spécifique à la jeunesse, le gouvernement compte continuer sur la même ligne politique visant le renforcement des structures afin de redynamiser le tissu des associations, des fédérations des sports et des centres de développement communautaires ". Ceci signifiant que le gouvernement actuel va financer quelques " Associations bidons ", quant aux supposés Centre de Développement communautaires c'est - là encore - un grand vide qui est celui des incohérences et des mots sans suite comme des organismes qui ne publient aucun bilan.

Des mots, toujours des mots et que des mots tels " il est ainsi prévu… " seulement prévu et sans indication de date d'effectivité, le pire étant de tenter de laisser croire que Djibouti serait un État de Droit (alors que l'on donne ordre de tirer sur une foule désarmée, faisant des morts et des blessés) " Et pour ce qui est de la Justice , la politique gouvernementale visant le renforcement des institutions judiciaires sera poursuivie dans la volonté de consolidation de l'État de droit ".

"Dans le domaine de la santé maintenant, le gouvernement prévoit dans ce budget 2005 l'affectation conséquente de crédits importants pour la réhabilitation des infrastructures hospitalières et la lutte contre les pandémies sida, tuberculose et paludisme.".

Par ce " maintenant " ceci signifierait-il que rien n'a été fait ou si peu jusqu'à présent. Une fois encore il faut s'attendre à ce que les " travaux de réhabilitation " soit confiés à des entreprises tous corps d'état …. qui appartiennent aux gouvernants et que seuls 15 à 20 % ( c'est déjà un ...exploit) desdits travaux ne soient effectivement réalisés alors que les factures inhérentes seront - quant à elles - INTÉGRALEMENT payées dès le premier jour du lancement des travaux.

Cette pratique de ne réaliser que 10 % des travaux - par ailleurs payés dans leur totalité rubis sur l'ongle avec des surfacturations dépassant les 300 % - est courante et permet chaque année d'inscrire à nouveau au budget les mêmes travaux que l'on va agrémenter de quelques suppléments alors que les infrastructures restent dans le quasi même état de délabrement.

L'insécurité politico-idéologique n'est jamais nommée comme telle mais se traduit par l'immense propagande idéologique voulue par le monde politique djiboutien en complicité avec le monde économique et financier car étant le même ; un seul monde où se mêlent pouvoir et faux opposants d'opérette.

Toutes les familles djiboutiennes subissent cette idéologie et ses conséquences depuis environ trois décennies. Cette propagande a consisté à jeter l'esprit humain dans une totale confusion, dans un inversement absolu des valeurs et même du sens des mots.

Ainsi, là où Ismaïl OMAR GUELLEH parle de " modernité, progrès social et économique ", la réalité s'appelle " régression " à coups de bâtons si nécessaire et uniquement cela" ;

lorsqu'il parle de " réformes et de mobilisation des ressources intérieures ", la réalité s'appelle " destruction " du tissu social au profit d'une infime minorité d'esclavagistes" ;

lorsqu'il parle de " rentabilité et de compétitivité ", la réalité appliquée aux populations djiboutiennes s'appelle uniquement " nouvelle forme d'esclavage ", etc...


Le travail lamentable et tragique des médias propagandistes inféodés à l'exécrable régime djiboutien actuel est-il si efficace pour que la grande foule que constitue l'opinion internationale entende le bruit d'une souris mais n'entende pas le bruit de la tempête qui se prépare et les cris des torturés dans la prison de Gabode ?


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