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modification : le
13-Mai-2002 0:23
(GMT+1 / Bruxelles)
01/05/02
Lettre de Monsieur Aloumekani au Sénateur belge : Monsieur Jean
Cornil pour lui exposez la situation économique à Djibouti.
Monsieur
le Sénateur Jean Cornil
Maison des Parlementaires
Bureau n° 32
21 Rue de Louvain
1009 - Bruxelles
Bruxelles le mercredi 1er mai 2002
Références
: n° 02 - 05 - 01 -A1 / MSA.
Monsieur le Sénateur,
Cher ami,
A titre personnel,
je tiens à vous remercier pour l'excellent accueil que vous me
réservez lors de nos entretiens et pour toute l'attention que
vous portez aux divers problèmes que je soumets à votre
appréciation.
Comme l'a fort bien
souligné le Président Mahamoud Idriss Ahmed dans le courrier
qu'il vous a adressé, le combat que vous menez pour le respect
des droits humains est le nôtre et c'est vraisemblablement pour
cette raison que se sont instaurées entre nous des relations
privilégiées dont le GED ne peut que se satisfaire et
les conforter.
Ce combat pour le
respect des droits humains est par évidente priorité au
profit des plus humbles, de ceux qui ne disposent pas du minimum vital
et qui tentent de survivre, de ceux qui comme nos frères palestiniens
ont droit de vivre décemment et en paix sur leur terre et certes
pas de subir le joug de l'oppresseur, les effets d'une dictature par
les armes et ceux d'un climat de terreur.
Au Moyen-Orient,
l'immense majorité des femmes et des hommes sont de " bonne
volonté ". Je reste intimement convaincu qu'Israéliens
et Palestiniens sont prêts à reprendre la vie commune et
à se côtoyer sans se haïr tout en éduquant
leurs enfants à s'accepter mutuellement.
L'histoire est là
pour le prouver, ils appartiennent à une seule et même
grande famille ; ils sont nés sur la même terre, se sont
abreuvés durant des siècles aux mêmes sources, ils
ont vécu et vivent encore des ressources du même sol.
Depuis plus de 50
ans que ce conflit existe et aussi longtemps que le droit à la
parole sera confisqué par les extrémismes, politiques
et religieux, aussi longtemps cette région sera l'objet des pires
exactions et des actes les plus abjects.
Il est parfois des
fascismes qui ne veulent pas avouer leur nom, cette attitude se retrouve
dans tous les excès et les haines qu'à titre personnel
je condamne.
La spirale infernale
" Attentat - Répression et Actes odieux - Attentats "
est relancée par la volonté de quelques-uns mais nous
ne savons pas hélas comment y mettre un terme.
Ceux qui tentent
de s'approcher au plus près de la Démocratie sont bâillonnés,
la parole est au bruit des armes et à son cortège de victimes
souvent innocentes.
Chacun y va de sa
modeste contribution avec au fond de nos curs cette flamme de
l'espoir d'un retour à la paix au plus tôt.
En ces circonstances,
le Gouvernement en Exil de Djibouti apporte sa modeste contribution
à l'action de paix lancée en réaffirmant qu'il
est tout à fait favorable et encourage de ses voeux l'envoi en
urgence d'une " Commission d'enquête " diligentée
par les Nations Unies, composée de membres d'Etats neutres, afin
que toute la lumière soit faite sur les récents massacres,
sur les actes odieux et les exactions diverses.
Par évidence,
le Gouvernement en Exil de Djibouti marquera de sa présence à
vos cotés toutes les réunions ou manifestations organisées
en Belgique ayant pour but ou vocation de soutenir les droits humains
et vous remercions d'avoir exprimé la volonté que la Nation
djiboutienne y soit représentée.
Dans le domaine
de l'Education et de la formation professionnelle, comme je vous l'ai
précisé lors de nos récents entretiens, je suis
très sensibilisé par les difficultés rencontrés
par nos étudiants à Djibouti et qui souhaitent acquérir
ou conforter un savoir et un savoir faire dans l'une des universités
ou l'une des écoles du Royaume de Belgique.
Là encore
et dans le cadre des bourses qui leurs seraient attribuées, priorité
devrait être donnée aux familles les plus humbles.
Si je me réfère
aux dernières études (non publiées) datant de l'année
2001, près de 92 % de la population serait soit au seuil soit
en situation de pauvreté.
La pauvreté
à Djibouti a un autre sens que celui que l'on peut donner dans
les pays de l'Union Européenne, de plus l'analphabétisme
endémique est l'un des facteurs aggravants.
Monsieur le Sénateur
et cher ami, je vous invite cordialement à vous rendre sur place
afin de constater de visu la situation. Ne vous fiez pas aux artifices
du pouvoir en place mais écartez l'image trompeuse que l'on tentera
de vous imposer.
N'hésitez
pas à aller dans les quartiers, dans les villes et les villages
de l'arrière pays où l'on tentera de vous dissuader d'y
pénétrer en vous affirmant que c'est pour une question
d'insécurité.
Vous y verrez Djibouti
et sa population, celle que l'on ne veut pas montrer.
Dans l'attente de
vous retrouver, je vous prie de croire, Monsieur le Sénateur
et cher Ami, en l'assurance de mes meilleurs sentiments.
Mohamed Saleh Alhoumekani Le Chargé des Affaires étrangères
et de la Coopération Internationale