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Dernière modification : le 05-Jan-2005 22:01 (GMT+1 / Bruxelles)

 

 

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Le Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI IFTIN

Commandant le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale

 

05/01/05 - DJIBOUTI - Le Mouvement de Libération Nationale est une arme à laquelle on contraint les démocrates pour se faire entendre et rétablir un état de droit dans leur pays.

M Abdi Hassan

Après avoir désigné les députés pour son Assemblée nationale dans une parodie d'Élections législatives du 10 janvier 2002, Ismaïl OMAR GUELLEH s'apprête à s'autoproclamer président pour un second mandat dans des Élections qui nous remettent en mémoire les propos que tenait le président congolais Pascal LISSOUBA :

"on n'organise pas des élections pour les perdre".

Ce qui signifie que "Tous les moyens sont bons - surtout les plus illégaux - pour parvenir à ses fins !". Où se trouve alors la démocratie et le respect de la légalité républicaine, dans ceux qui trichent ou dans ceux qui s'y opposent ?.

Le trucage électoral - suivant les mêmes pratiques suivant un " modèle déposé " made in dictateur africain - est massivement pratiqué dans la plupart des pays africains avant, pendant et après les élections. A Djibouti, Ismaïl OMAR GUELLEH a tout préparé, tout prévu jusqu'aux résultats en pourcentage…

Tout prévu ? peut être pas ! car il semblerait bien que le Mouvement Djiboutien de Libération réserve - en l'espèce au dictateur de l'État policier - une bien désagréable surprise.

Reproche est parfois fait - ça et là - au gouvernement en exil de ne pas s'exprimer dans l'une ou l'autre des manifestations devant les Ambassades à Paris, Bruxelles ou ailleurs. Le GED a pris le parti de travailler, d'agir en arrière plan et sans concession aucune au régime d'Ismaïl OMAR et de la Kabyo.

A Djibouti, il ne se passe pas un jour sans que des groupuscules de toutes sortes, de toutes natures et financées par le pouvoir ne s'exprime à travers la presse. Les tentatives de manipulations vont bon train alors que quelques " pantins de service " tentent de s'exprimer au nom de groupes dont ils ne sont en aucun cas représentatifs.

L'histoire récente nous enseigne dans le monde et en Afrique que les peuples triomphent toujours des dictatures, cela est une donnée dialectique incontournable.

En Afrique, l'Empereur Bokassa, Moussa Traoré, Mobutu, Idi Amine Dada, Siad Barré, Menguitsu, Charles Taylor, Sani Abacha... qui ont marqué dans la négation l'évolution du continent, sont aujourd'hui dans les poubelles de l'histoire, certains attendent de passer devant des juridictions internationales.

Tous ces errements des dictateurs africains ont conduit partout sur le continent à des situations explosives (impunité, corruption, misère, chômage massif des jeunes, Sida...) à la désintégration et au délabrement des services essentiels de base sous les injonctions du F.M.I. et de la Banque Mondiale à travers leur P. A. S, (santé, éducation...).

"Le secteur de la santé est un des plus typiques de ce délabrement. Seuls les privilégiés ont une protection et un accès à un minimum de soins de qualité alors que la grande majorité de la population n'a accès qu'à des soins payants et de très mauvaise qualité ; encore faudrait il qu'à Djibouti les familles aient les moyens financiers de payer.

La corruption et le favoritisme règlent partout les relations avec les soignants. Cabinets privés et colportage illicite, détournements de médicaments offerts par des ONG étrangères prospèrent alors que le service public de santé est dans la profonde misère.

Mais le tableau de l'enseignement, de plus en plus dégradé du primaire au supérieur n'est guère meilleur. Ni celui de la justice, discréditée par sa vénalité et sa soumission aux ordres du pouvoir.

Aucune des fonctions essentielles d'un État n'est véritablement remplie dans bien des pays d'Afrique, aucun des services qu'un État doit rendre aux citoyens n'y est assuré de façon tant soit peu satisfaisante.

De coalitions en fronts, l'opposition fait son petit bonhomme de chemin nimbée d'incertitude, d'incompréhension et de querelles intestines comme d'ambition.

Les coalitions tiennent à peine une saison et les fronts volent en éclats à peine crées ; le résultat est que c'est le peuple qui en pâti, on se demande si l'opposition djiboutienne toute tendance confondue se bat réellement pour le bien être du peuple ou si elle veut juste se mettre à la nouvelle mode en cours en Afrique depuis l'écroulement du mur de Berlin.

Elle multiplie dans un carrousel à donner le tournis au plus chevronné derviche tourneur turc. Tantôt les leaders amorcent une stratégie, tantôt ils la récusent et tournent en rond sans pouvoir sortir du cercle alors qu'Ismaïl OMAR GUELLEH s'est fabriqué une " opposition d'opérette " qu'il finance pour laisser croire à l'opinion publique qu'il y a un réel multipartisme politique dans notre pays.

Les populations djiboutiennes sont volontairement maintenues dans l'ignorance, sans formation particulière aux techniques électorales ou au fonctionnement de la démocratie avant le déroulement des élections. Ismaïl OMAR sait bien que s'il n'y avait pas tous ses " tripatouillages " électoraux il aurait quasiment aucune chance d'être élu par une population qui le rejette par ce qu'il l'asservit en la maintenant sous sa dépendance alimentaire.

Les élections présidentielles de 2005 - qu'il prépare et avant lesquelles il pourrait avoir une bien désagréable surprise - n'ont aucune "valeur pédagogique", de même que les législatives de janvier 2002.

Dans le cas plus général, les élections que les régimes despotiques d'Afrique sont contraints d'organiser depuis 1990 n'ont aucune "valeur pédagogique". Pas seulement parce qu'elles sont préparées dans un climat de mensonge et de manipulation qui favorisent la fraude massive mais aussi parce que les modalités de leur organisation en font un simple moyen de restauration et de légitimation de régimes politiques décriés par les populations.

La seule leçon qu'imposent ces élections est qu'elles ont pour fonction de maintenir le statu quo en Afrique aux dépens du grand mouvement de revendication démocratique, en prolongeant la durée de vie des vielles dictatures sur le continent.

Voir une valeur pédagogique dans ces pseudo-élections qu'aucun peuple civilisé n'admettrait chez lui révèle une certaine vision de l'Afrique, des Africains et de leurs rapports actuels avec les puissances du Nord.

Une vision d'un autre âge, d'un autre siècle.

Il ne font donc pas s'étonner que dans telles situations d'insultes aux valeurs républicaines et aux Droits de l'humain émergent - ça et là - des Mouvements de Libération Nationale ; arme à laquelle on contraint les démocrates pour se faire entendre et rétablir un état de droit dans leur pays.


Secrétariat général du Gouvernement en Exil de Djibouti.
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