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Dernière modification : le 01-Mai-2005 19:11 (GMT+1 / Bruxelles)

 

 

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Le Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI IFTIN

Commandant le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale

 

 

 

 

 

D 270 - 01/05/05 - TOGO et DJIBOUTI - Quand la supposée volonté de non ingérence dans les affaires intérieures d'un pays arrange les "affaires privées" des gouvernants de circonstances et de leurs amis occidentaux.

M Souleïman A

 

L'élection présidentielle au Togo ayant eu lieu dimanche 24 avril comme prévu, malgré les insuffisances constatées dans l'organisation du processus électoral aussi bien par l'opposition que par plusieurs observateurs indépendants dans ce pays d'Afrique, le pays s'enfonce davantage dans le chaos.

Le mercredi 27 avril 2005 était normalement jour de fête nationale au Togo. Mais, cette journée restera sans doute comme l'une des plus tristes de l'histoire de ce petit pays d'Afrique de l'Ouest.

Ce mercredi, le Togo est devenu le seul pays au monde ayant trois présidents : un président intérimaire chargé de conduire une transition plutôt délicate, un deuxième président déclaré élu à l'élection présidentielle et dirigeant le pays en sous-main, et un troisième président autoproclamé, régnant sur la rue en ébullition.

Les manifestations qui s'en sont suivies ont déjà fait des dizaines de morts. Craignant pour sa vie le ministre Togolais de l'Intérieur a dénoncé toutes les falsifications de ce scrutin avant de trouver refuge à l'ambassade d'Allemagne.

Un bilan précis des victimes reste impossible à faire. Mais, les correspondants de presse s'accordent à dire qu'au moins 22 personnes (plus assurément une centaine) ont été tuées dans la seule ville de Lomé lors de ces émeutes qui ont également atteint plusieurs autres villes du pays.

On enterre les morts à la hâte et nulle famille n'ose les déclarer décédées aux autorités de crainte de recevoir la visite des Forces de Sécurité.

Gilchrist Olympio dénonçait - dès mardi - "une fraude massive" et craignait des dérapages
à la suite de la proclamation de Faure Gnassingbé. Il a également prévenu, dans une déclaration faite à l'AFP, que la situation dans Lomé menaçait d'être incontrôlable.

Coup de théâtre mercredi à Lomé, le candidat de la coalition de l'opposition, Emmanuel Akitani Bob, se proclame président de la République du Togo, au lendemain de la proclamation officielle de Faure Gnassingbé par la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

Faure Gnassingbé, le nouvel homme fort du Togo et fils du président Gnassingbé Eyadéma , était au centre de la préparation d'un dispositif établi de longue date et mis en place par son père pour lui succéder au pouvoir. Ceci, nul ne l'ignorait ; ici comme ailleurs dans les pays occidentaux. Agé de 39 ans, il a suivi des études de finances et de gestion en France et aux Etats-Unis, où il a obtenu un Master en Business Administration (MBA), avant de rentrer au pays au milieu des années 1990.

"Faure", comme l'appellent communément ses proches, a exercé jusqu'à la mort de son père les fonctions de ministre des Mines, de l'Equipement et des Télécommunications.

Il était surtout le "grand argentier" et conseiller financier de son père, dans les domaines des phosphates, de la téléphonie ou de la prospection pétrolière. Homme discret, réputé habile, Faure Gnassingbé est considéré comme le chef du "clan des progressistes" au sein du Rassemblement du peuple togolais (RPT), parti au pouvoir fondé par son défunt père, dont il est également député pour la circonscription de Blitta (centre).

Outre l'armée, il peut en théorie compter sur le soutien de plusieurs ministres du gouvernement de son père.
Celui qui hérite aujourd'hui du pouvoir à Lomé est le seul enfant du général Eyadéma a être entré en politique, à l'instigation de son père qui refusait que ses autres enfants - estimés à au moins une cinquantaine - entrent dans l'arène publique.

Djibouti, Togo comme ailleurs .. c'est la même schématique qui est appliquée et contre laquelle les populations ne peuvent rien ou si peu.

Même habileté des " gouvernants de circonstances " qui instaurent et préservent les intérêts " de la famille " au sein d'une multitude d'entreprises "privatisées" et installées dans les zones franches comme c'est le cas à Lomé où elle est dirigée par le frère de Faure Gnassingbé, Kpatcha Gnassingbé.

A Djibouti, comme à Lomé et en pareilles circonstances, l'action du politique français n'est pas ignorée. Le rôle de Paris est grand, à l'image de la vive polémique ouverte depuis ces soit disantes élections entre parti au pouvoir, l'UMP, et le parti socialiste. La crise togolaise consécutive était en débat entre l'Union interafricaine des droits de l'homme (UIDH), l'association "Survie" et la presse nationale, jeudi dernier, au siège de la première nommée.

Dés hier, le calme semblait être revenu à Lomé. Dans la capitale qui s'était enflammée ces jours derniers, la population nettoyait les rues sous la surveillance étroite des forces de sécurité togolaises. A mains nues, avec des balayettes ou des balais de roseaux, de nombreux habitants, affirmant avoir été contraints à la tâche par la police et l'armée, débarrassaient les rues du quartier de Bé, des dernières traces de violences.

A Djibouti comme au Togo, " l'ordre règne " ! alors que l'opposition ne l'entend pas ainsi et ne baissera pas pavillon aussi longtemps que " le pouvoir du peuple " ne sera pas respecté.


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