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D
271 - 02/05/05 - DJIBOUTI - Comment célébrer
la Fête du Travail alors que plus de 85 % de la population en âge
d'avoir un emploi est en situation de chômage ?.
M Saïd ABDO
A
Djibouti, IOG ne permet de dire que ce qu'il veut entendre et que de celui ou
de celle qui ne peut rien changer à cet ordre des choses imposé.
A
l'instar de ce qui se faisait en un temps passé dans les supposées
" démocraties communistes " et de ce qu'il se fait encore de
nos jours à La Havane sous la dictature de Fidel Castro, la journée
mondiale du travail a été célébrée à
Djibouti hier dimanche 1er mai.
Célébrée
est un bien grand mot, disons plutôt qu'une petite Fête a été
organisée sur le budget gouvernemental par ce qui fait office depuis
quelques années d'Union Générale des Travailleurs Djiboutiens
(UGTD) ; et qui n'est dans les faits démontrés
qu'un organisme contrôlé, inféodé et géré
par le pouvoir politique dominant.
Pas
de grande effervescence populaire, pas de grands défilés du monde
dit du travail dans les rues de la capitale (ne serait-ce que dans le calme comme
cela se fait traditionnellement dans les autres pays du monde), donc
pas de banderoles et autres pancartes réclamant l'application des Droits
et notamment le paiement des arriérés de salaires comme de bien
d'autres revendications justifiées mises sous l'étouffoir par le
pouvoir de la dictature à Djibouti.










Nouveau
travestissement et déguisement de façade en cette Fête du
Travail célébrée en toute discrétion au siège
de l'UGTD et certes pas dans les rues (par crainte d'un soulèvement des
populations) avec un ersatz de Secrétaire Général,
M. Abdo Sikieh, rappelant que le 1er mai " ne doit être une journée
de repos mais une manifestation à la mémoire du bouleversement historique
" !!!!.
Se
réclamer de l'Union Générale des Travailleurs, au milieu
d'une centaine de personnes invitées à écouter un discours
vide de sens car trompeur sur la forme et les intentions, a quelque part un côté
guignolesque pour les marionnettes au service du pouvoir et outrancier pour les
Droits fondamentaux des Travailleurs.
La
pire des corruptions n'est pas celle qui brave les lois ; mais celle qui s'en
fait à elle-même et tente de corrompre les consciences des humains.
Certes et
en nul endroit de cette planète les hommes ne naissent tous égaux,
au sens physique ou même moral, mais si les lois du Travail furent créées
et améliorées de siècle en siècle c'est qu'il y avait
bien des raisons. Une infime partie des hommes sont parvenus
à avoir une âme et conserver une dignité, respectant l'humain
comme son travail et en ne versant pas dans la corruption.
Si
la corruption financière peut être combattue et sanctionnée
pour autant que les dirigeants d'un pays veuillent faire respecter les lois, la
corruption des idées telle que pratiquée par les gouvernants de
la pensée unique à Djibouti est plus insidieuse, plus subtile et,
à ce titre, d'une dangerosité plus essentielle.
Ajoutons
à cela que par l'entremise de sa propagande, le gouvernement n'a pas hésité
à faire écrire dans son journal la Nation que l'UGTD serait la plus
grande centrale syndicale djiboutienne, oubliant un peu vite que par ses pratiques
dictatoriales ce gouvernement là a vidé, laminé l'éventail
du monde syndical dans le pays de ce qu'il avait d'essentiel.
Dans
ce désert syndical - créé et façonné à
sa manière et de par la volonté d'un seul homme - la nuit est tombée
d'un coup ; comme s'il avait éteint la lumière. Véritable
drame de l'existence humaine à Djibouti - la forme d'esclavage imposée
a ainsi créé deux choix ; la soumission ou le désir de libération.
Si l'exil a fait naître le rêve de la délivrance pour des dizaines
de milliers de Djiboutiens et de Djiboutiennes, on se doit de constater qu'IOG
les a écartés volontairement du pays en les poussant à fuir
pour les remplacer par des "collabos" (souvent d'importantion) bien
plus dociles.
A
Djibouti il ne permet de dire que ce qu'il veut entendre et qu'à celui
ou celle qui ne peut rien changer à cet ordre des choses imposé.
Arrestations,
emprisonnements arbitraires furent sans cesse mis en exergue ces dernières
années et dénoncés par les Instances internationales et les
syndicats étrangers unanimes sur ce point et n'ayant eu de cesse d'exiger
la libération des hommes incarcérés. Hommes qui eurent le
courage de rester debout face au pouvoir d'Ismaïl OMAR GUELLEH et le payèrent,
hélas et souvent, très cher.
Ceux
qui furent mis en place sur ordre d'IOG - pour gérer les affaires de l'Union
Générale des Travailleurs Djiboutiens (UGTD) - ont tout intérêt
pour leur présent et leur avenir à suivre ses consignes sans créer
de mouvements de revendications des " travailleurs " et en récitant
- mot pour mot et dans leurs discours - ce que leur impose scrupuleusement la
propagande au service du pouvoir.
Du
discours - entre quatre murs - du Secrétaire
Général de l'UGTD, M. Abdo Sikieh on ne retiendra que quelques souhaits
et notamment :
"
.Il a appelé à ce qu'il soit procédé de manière
effective à la régularisation des arrières des salaires et
a déploré la situation catastrophique et désastreuse que
traverse le CDE qui constitue un monument historique et pour lequel, a-t-il dit,
nous recommandons vivement à ce que des mesures appropriés puissent
être déployées par le gouvernement pour sortir de cette compagnie
de l'impasse actuelle ".
"
.que les employeurs puissent mettre à la disposition des travailleurs
sidéens des postes de travail qui conviennent à leur aptitude physique
".
"
il a attiré sur l'attention des autorités compétentes
que les chauffeurs djiboutiens travaillent sur le long du corridor djibouto -
éthiopien qui sont sujets à des discriminations au détriment
d'une main d'uvre étrangère, soient favorisés sur le
plan du recrutement des chauffeurs
".
Les
discours non suivis d'actes, les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent
et sont pareilles aux vagues de la mer : ils meurent aussi vite qu'ils naissent.
Déclaration
par trop facile et qui n'exige RIEN du pouvoir et certes pas l'application ni
le respect des droits élémentaires du Travail. Quand
on sent ce besoin chez le Secrétaire Général de l'UGTD fantôme,
c'est qu'il tente de solidifier des sentiments et une représentativité
qu'il a perdus.
Mais
là où on atteint les sommets de cette tartuferie du 1er mai s'appuyant
sur de justes revendications exclusivement confinées aux locaux de l'UGTD
(afin d'en limiter le bruit) c'est lorsqu'il a l'outrecuidance de déclarer
avec un bel aplomb que l'UGTD
"
qu'il intensifiera ses efforts pour promouvoir les droits des travailleurs
" sans toutefois avoir le courage et l'honnêteté d'une
part de se justifier sur son bilan et d'autre part de s'expliquer plus avant sur
les dispositions et moyens qu'il compte déployer pour qu'une fois - au
moins une fois - les mots des discours et des engagements ne se perdent pas dans
l'immensité du désert ; celui par trop facile de toutes les incohérences.
De
par la méconnaissance voire de l'ignorance de leurs Droits - imposée
aux travailleurs en matière de travail, l'UGTD actuelle entretient le mépris
des Droits de l'Humain, homme et femme.
Ceci
conduit ses clownesques dirigeants - à la solde inconditionnelle du pouvoir
et de sa propagande - à cautionner des actes du gouvernement actuel qui
révoltent la conscience de l'Organisation Internationale du Travail et
des Syndicats Internationaux.
