ACTUALITÉS (bis)
Dernière modification : le 03-Mai-2005 4:43 (GMT+1 / Bruxelles)

 

 

http://www.gouv-exil.org/

 

 

 

D 271 - 02/05/05 - DJIBOUTI - Comment célébrer la Fête du Travail alors que plus de 85 % de la population en âge d'avoir un emploi est en situation de chômage ?.

M Saïd ABDO

 

A Djibouti, IOG ne permet de dire que ce qu'il veut entendre et que de celui ou de celle qui ne peut rien changer à cet ordre des choses imposé.

A l'instar de ce qui se faisait en un temps passé dans les supposées " démocraties communistes " et de ce qu'il se fait encore de nos jours à La Havane sous la dictature de Fidel Castro, la journée mondiale du travail a été célébrée à Djibouti hier dimanche 1er mai.

Célébrée est un bien grand mot, disons plutôt qu'une petite Fête a été organisée sur le budget gouvernemental par ce qui fait office depuis quelques années d'Union Générale des Travailleurs Djiboutiens (UGTD) ; et qui n'est dans les faits démontrés qu'un organisme contrôlé, inféodé et géré par le pouvoir politique dominant.

Pas de grande effervescence populaire, pas de grands défilés du monde dit du travail dans les rues de la capitale (ne serait-ce que dans le calme comme cela se fait traditionnellement dans les autres pays du monde), donc pas de banderoles et autres pancartes réclamant l'application des Droits et notamment le paiement des arriérés de salaires comme de bien d'autres revendications justifiées mises sous l'étouffoir par le pouvoir de la dictature à Djibouti.

 

 

Nouveau travestissement et déguisement de façade en cette Fête du Travail célébrée en toute discrétion au siège de l'UGTD et certes pas dans les rues (par crainte d'un soulèvement des populations) avec un ersatz de Secrétaire Général, M. Abdo Sikieh, rappelant que le 1er mai " ne doit être une journée de repos mais une manifestation à la mémoire du bouleversement historique…… " !!!!.

Se réclamer de l'Union Générale des Travailleurs, au milieu d'une centaine de personnes invitées à écouter un discours vide de sens car trompeur sur la forme et les intentions, a quelque part un côté guignolesque pour les marionnettes au service du pouvoir et outrancier pour les Droits fondamentaux des Travailleurs.

La pire des corruptions n'est pas celle qui brave les lois ; mais celle qui s'en fait à elle-même et tente de corrompre les consciences des humains.

Certes et en nul endroit de cette planète les hommes ne naissent tous égaux, au sens physique ou même moral, mais si les lois du Travail furent créées et améliorées de siècle en siècle c'est qu'il y avait bien des raisons. Une infime partie des hommes sont parvenus à avoir une âme et conserver une dignité, respectant l'humain comme son travail et en ne versant pas dans la corruption.

Si la corruption financière peut être combattue et sanctionnée pour autant que les dirigeants d'un pays veuillent faire respecter les lois, la corruption des idées telle que pratiquée par les gouvernants de la pensée unique à Djibouti est plus insidieuse, plus subtile et, à ce titre, d'une dangerosité plus essentielle.

Ajoutons à cela que par l'entremise de sa propagande, le gouvernement n'a pas hésité à faire écrire dans son journal la Nation que l'UGTD serait la plus grande centrale syndicale djiboutienne, oubliant un peu vite que par ses pratiques dictatoriales ce gouvernement là a vidé, laminé l'éventail du monde syndical dans le pays de ce qu'il avait d'essentiel.

Dans ce désert syndical - créé et façonné à sa manière et de par la volonté d'un seul homme - la nuit est tombée d'un coup ; comme s'il avait éteint la lumière. Véritable drame de l'existence humaine à Djibouti - la forme d'esclavage imposée a ainsi créé deux choix ; la soumission ou le désir de libération. Si l'exil a fait naître le rêve de la délivrance pour des dizaines de milliers de Djiboutiens et de Djiboutiennes, on se doit de constater qu'IOG les a écartés volontairement du pays en les poussant à fuir pour les remplacer par des "collabos" (souvent d'importantion) bien plus dociles.

A Djibouti il ne permet de dire que ce qu'il veut entendre et qu'à celui ou celle qui ne peut rien changer à cet ordre des choses imposé.

Arrestations, emprisonnements arbitraires furent sans cesse mis en exergue ces dernières années et dénoncés par les Instances internationales et les syndicats étrangers unanimes sur ce point et n'ayant eu de cesse d'exiger la libération des hommes incarcérés. Hommes qui eurent le courage de rester debout face au pouvoir d'Ismaïl OMAR GUELLEH et le payèrent, hélas et souvent, très cher.

Ceux qui furent mis en place sur ordre d'IOG - pour gérer les affaires de l'Union Générale des Travailleurs Djiboutiens (UGTD) - ont tout intérêt pour leur présent et leur avenir à suivre ses consignes sans créer de mouvements de revendications des " travailleurs " et en récitant - mot pour mot et dans leurs discours - ce que leur impose scrupuleusement la propagande au service du pouvoir.

Du discours - entre quatre murs - du Secrétaire Général de l'UGTD, M. Abdo Sikieh on ne retiendra que quelques souhaits et notamment :

" ….Il a appelé à ce qu'il soit procédé de manière effective à la régularisation des arrières des salaires et a déploré la situation catastrophique et désastreuse que traverse le CDE qui constitue un monument historique et pour lequel, a-t-il dit, nous recommandons vivement à ce que des mesures appropriés puissent être déployées par le gouvernement pour sortir de cette compagnie de l'impasse actuelle ".

" ….que les employeurs puissent mettre à la disposition des travailleurs sidéens des postes de travail qui conviennent à leur aptitude physique… ".

" …il a attiré sur l'attention des autorités compétentes que les chauffeurs djiboutiens travaillent sur le long du corridor djibouto - éthiopien qui sont sujets à des discriminations au détriment d'une main d'œuvre étrangère, soient favorisés sur le plan du recrutement des chauffeurs… ".

Les discours non suivis d'actes, les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent et sont pareilles aux vagues de la mer : ils meurent aussi vite qu'ils naissent.

Déclaration par trop facile et qui n'exige RIEN du pouvoir et certes pas l'application ni le respect des droits élémentaires du Travail. Quand on sent ce besoin chez le Secrétaire Général de l'UGTD fantôme, c'est qu'il tente de solidifier des sentiments et une représentativité qu'il a perdus.

Mais là où on atteint les sommets de cette tartuferie du 1er mai s'appuyant sur de justes revendications exclusivement confinées aux locaux de l'UGTD (afin d'en limiter le bruit) c'est lorsqu'il a l'outrecuidance de déclarer avec un bel aplomb que l'UGTD

" qu'il intensifiera ses efforts pour promouvoir les droits des travailleurs… " sans toutefois avoir le courage et l'honnêteté d'une part de se justifier sur son bilan et d'autre part de s'expliquer plus avant sur les dispositions et moyens qu'il compte déployer pour qu'une fois - au moins une fois - les mots des discours et des engagements ne se perdent pas dans l'immensité du désert ; celui par trop facile de toutes les incohérences.

De par la méconnaissance voire de l'ignorance de leurs Droits - imposée aux travailleurs en matière de travail, l'UGTD actuelle entretient le mépris des Droits de l'Humain, homme et femme.

Ceci conduit ses clownesques dirigeants - à la solde inconditionnelle du pouvoir et de sa propagande - à cautionner des actes du gouvernement actuel qui révoltent la conscience de l'Organisation Internationale du Travail et des Syndicats Internationaux.

 


Secrétariat général du Gouvernement en Exil de Djibouti.

50 Avenue des Roses - 54630 - Richardménil - France.

Téléphone et télécopie : 00 33 (0)3 83 25 77 26.

exildj@gouv-exil.org