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- 281 - 08/05/05 - DJIBOUTI - La politique d'Ismaïl
OMAR GUELLEH, c'est aussi cela : faire fi de la stabilité dans la région,
avoir
une vision utopique et agir pour
qu'elle se réalise.
M
Bouh WARSAMA.
LE
VIEUX RÊVE D'UN ÉTAT ISSA - QUELLES SONT LES VISÉES D'ISMAÏL
OMAR GUELLEH ?.
Sous
la présidence d'Hassan GOULED APTIDON, le vieux rêve de créer
un "ETAT ISSA" en annexant une partie du nord de la Somalie et la région
éthiopienne de Dire Daoua et d'Harar va resurgir et sera un facteur de
supposée cohésion des Issas.
Ce
rêve, le pouvoir va l'entretenir et le mettre en avant chaque fois qu'il
sera en difficultés et qu'il y aura des conflits d'un autre ordre au sein
de l'ethnie Issa. Bien qui sache que ce rêve est quasiment impossible à
concrétiser, sauf à déstabiliser
les régimes voisins en fomentant des révoltes et à accuser
tout ce qui n'est pas Issa de toutes les subversions, des actes de sabotage et
des attentats.
Observons
qu'IOG a une grande expérience en "manipulations les plus diverses"
tout comme en attentats qu'il va organiser dans la capitale Djibouti et ce pour
diverses raisons qui se conjuguent dans son seul et unique intérêt.
La
première tient au fait qu'il a avec ces attentats
un " outil " pour laisser croire au président Gouled que sa vie
et celle de sa famille est en péril. Il va jouer
très finement et aussi monter de toutes
pièces des complots " avortés "obtenant ainsi les remerciements
et bonnes grâces de Gouled. Dont un renforcement de ses pouvoirs
,
de ses moyens et va dès lors être autonome et quasi incontrôlable.
La
seconde raison est qu'il lui faut gagner la confiance des autorités
locales françaises et des familles encore marquée par l'affaire
de la prise d'otages qui s'était terminée à Loyada avec la
mort de l'enfant Geisbuhler.
Il
va donc monter - là encore et de toutes pièces des attentats dans
divers endroits de la capitale ( bars, restaurants
) réglant
ainsi au passage quelques comptes avec les propriétaires des établissements
et réfractaires à l'idée qu'il puisse succéder à
Hassan GOULED. D'une pierre faisant deux coups car ayant pris la
précaution préalable de choisir les supposés coupables, tout
particulièrement dans le milieu très revendicatif et " remuant
" des jeunes intellectuels Afars et Gadabourçis.
Il
ordonne de grandes rafles avec bouclage et démonstration de force dans
les quartiers pour " impressionner " l'opinion française et occidentale
locales.
Bastonnades
à loisirs et Incarcération dans l'heure d'homme qui seront systématiquement
torturés à l'extrême. En limite
de ce que l'humain peut supporter face à la barbarie, les supposés
coupables avoueront tout ce que l'on veut leur faire dire. Selon les Accords bilatéraux
en matière de Justice agissant sur commission rogatoire dans le cas où
la/les victime (s) était (ent) de nationalité française,
lorsqu'un juge français entendra à la prison de Gabode l'un ou l'autre
des accusés (encore fallait-il qu'il fut vivant), il
aura en face de lui le plus souvent une loque humaine, hébétée
et incapable de prononcer quelques mots cohérents.
Certains
des accusés et faux coupables dans ces divers attentats réussiront
après des mois d'incarcération à quitter Djibouti pour l'exil.
Ils seront porteurs pour beaucoup d'entre-eux
d'irrémédiables séquelles physiques (sans parler du psychosomatique),
d'autres mourront sous la torture ou des suites de leurs blessures.
Peu
ont conservé en mémoire leurs noms.
C'est
donc à ce vieux rêve utopique - de créer un Etat ISSA en annexant
une partie du nord de la Somalie et la région éthiopienne de Dire
Daoua et d'Harar - qu'Ismaïl OMAR et un groupuscule d'hommes triés
sur le volet vont s'atteler avec en premier lieu la création (non officialisée
bien évidemment mais qui est un secret de polichinelle à Djibouti)
d'un " Conseil des annexions !!! " avec
l'élaboration d'un programme dans un document.
Dans
ce Conseil - à forte majorité Issa (originaires de Djibouti et de
la région de Dire Daoua en Ethiopie) - on ne trouvera pas que des Issas
mais aussi quelques somalis (Gadabourçis, Issaks
). Le choix se
fixera à partir de ceux qui sont influents sur leur propre tribu et disposent
d'une " crédibilité " notamment leur réceptivité
à la cupidité comme à acheter des consciences dans leur région
d'origine.
Une
fois encore le pouvoir djiboutien va utiliser le clientélisme et les finances
publiques du pays pour atteindre son but. Le pouvoir va nommer ces hommes à
des responsabilités de haut niveau dans l'appareil d'Etat. Il les laissera
détourner partie des enveloppes budgétaires affectées à
leur service ou ministère et serviront le moment venu de relais pour
fomenter des attentats en Somalie du nord (Somaliland) comme ce fut le cas dans
le port de Berbera et à diverses reprises à Hargeïsa et dans
la région mais aussi dans la région de Dire Daoua et d'Harar.
Il
est à noter que le " chef opérationnel " des actions menées
en Région de Dire Daoua et dans la capitale Addis Abeba n'est autre qu'un
ex colonel des " services spéciaux " somaliens avant la chute
de Syad Barre. Un précédent article est paru sur ce site.
L'homme
vit dans une superbe résidenceà Dire Daoua et disposerait - pour
le moins - de deux autres lieux de refuge dans la région. IOG lui aurait
offert en 1994 un terrain à Arta.
Les
réseaux d'agitateurs étant structurés, les dépôts
d'armes et d'explosifs étant en place, Ismaïl OMAR GUELLEH va lancer
son " opération Oromos " qu'il a mûrement
préparée.








État
(ville) | Capitale | Population
2004 | Superficie |
OROMIA | Finfine | 25
125 000 | 353
632 km2 |
AMHARA | Bahir-Dar | 18
555 200 | 156
960 km2 |
MERIDIONAL
(Southern) | Awassa
| 13
918 200 | 112
727 km2 |
SOMALIA | Jijiga
| 4
537 700 | 279
252 km2 |
TIGRE
(Tigré) | Mekele |
4 206 500 | 50
286 km2 |
ADDIS
ABEBA | Addis
Abeba |
2 833 700 | 546
km2 |
AFAR | Aysaita
| 1
483 900 | 96
708 km2 |
BENI-SHANGUL | Assosa
| 617
600 | 50
248 km2 |
DIRE
DAOUA | Dire
Daoua | 337
800 | 1
025 km2 |
GAMBELLA | Gambella | 243
900 | 25
369 km2 |
HARAR | Harare | 175
900 | 374
km2 |
TOTAL
ÉTHIOPIE | Addis-Abeba
| 72
035 400 | 1
127 127 km2 |
S'il
choisira les Oromos comme ethnie et région privilégiées pour
ses tentatives de déstabilisation du régime en Éthiopie ce
n'est point pas pour une quelconque sympathie qui pourrait leur vouer. Mais
plus assurément par le fait que leur territoire représente le quart
de l'Éthiopie et que leur population est d'environ 30 % comparativement
à la population totale du pays. De surcroît et tenant compte
du fait qu'il doit contourner le sud du pays Afar et que les régions de
Dire Doua, d'Harar et de l'Oromia sont limitrophes les unes par rapport aux autres,
il aura toute facilité à partir de ces deux premières d'approvisionner
en armes, munitions et explosifs la troisième qui est l'Est du pays Oromo.
Il a toute latitude pour
ainsi y créer des réseaux sur place en Oromia ; coupant Addis Abeba
de la région de l'Ogaden.
C'est
ce dont il ne se prive pas, notamment depuis mai 1999.
Invitant
à Djibouti une dizaine de responsables de l'OLF ( Front de Libération
Oromo) en 1995, peu avant le départ des Oromos du gouvernement éthiopien
il va conclure des accords avec eux et leur attribuera bien des privilèges
depuis - dont l'octroi de passeports diplomatiques sous
des noms d'emprunts. On peut affirmer qu'Ismaïl OMAR GUELLEH a mis et met
tout en uvre pour déstabiliser le régime du PM Meles Zenawi.
LE
MOUVEMENT FÉDÉRALISTE ET DÉMOCRATIQUE OROMO (OFDM) EST SOUTENU
PAR ISMAÏL OMAR GUELLEH.
Lors
des rencontres entre M Meles Zenawi et Ismaïl OMAR GUELLEH, traditionnellement
le PM d'Éthiopie aborde le sujet des soutiens financiers et logistiques
qu'apporte IOG à l'opposition et à la subversion en Éthiopie
notamment au Mouvement Fédéraliste et Démocratique Oromo
(OFDM) et ce à partir de la capitale Djibouti. Les hommes ne sont jamais
tombés d'accord sur ce sujet.
LE
MOUVEMENT FEDERALISTE ET DÉMOCRATIQUE OROMO (OFDM) EST PEU REPRÉSENTATIF
AU SEIN DES PEUPLADES OROMOS
Il
dispose néanmoins d'une logistique et de fonds financiers importants attribués
par IOG, donc la capacité à recruter des mercenaires dans une région
fréquemment touchée par la famine.
Les
populations Oromos étant originaires d'Ethiopie, Addis Abeba abritait à
la fois la capitale fédérale et la capitale de l'Etat d'Oromia depuis
la création en 1991 d'une administration fédérale basée
sur les ethnies. Mais en 2003, le parlement régional d'Oromia a voté
pour le transfert de la capitale ce qui avait soulevé des contestations
au sein d'un milieu étudiant Oromo.
L'OLF
( Front de Libération Oromo) a participé au gouvernement de transition
en Éthiopie pendant la période 1991-95, après la chute du
régime marxiste du colonel Menguistu Haïlé Mariam.
Il avait
ensuite quitté le gouvernement et réclama la création d'un
État indépendant qui se serait appelé Oromia, à la
frontière entre l'Éthiopie, le Kenya et la Somalie ce que ne lui
a pas concédé le gouvernement et le parlement éthiopiens.
On
peut penser que si la création d'un État indépendant Oromia
devenait effective à moyen terme, ceci arrangerait bien les " affaires
" d'Ismaïl OMAR GUELLEH qui par un Front de Libération de la
Région de Dire Daoua et d'Harar interposé (et créé
pour la circonstance) tenterait d'obtenir le même privilège. Une
partie du rêve d'un grand État Issa serait ainsi réalisé.
LES
OROMOS A DJIBOUTI
Les
Oromos sont présents à Djibouti, tout particulièrement dans
les quartiers Afars et à Arrhiba. On localise cette population dans plusieurs
secteurs d'activités bien ciblés qui sont :
-
une forte représentativité dans la main d'uvre dans tous les
secteurs du bâtiment (environ 80 % de la MO dans le pays - estimations 2003)
;
-
dans le gardiennage des propriétés (environ 60 % des gardiens sont
Oromos - estimations 2003) ;
-
dans le secteur d'activités des employées de maison ( aucune estimation
mais forte représentativité - ce que l'on sait c'est que des Cartes
d'identités de défuntes djiboutiennes leur sont revendues afin d'éviter
une expulsion )
-
on trouve quelques petits commerçants de proximité qui sont surtaxés
et rackettés, eux aussi pour éviter l'expulsion du pays :
-
dans la gérance d'établissements dits de nuit (peu nombreux).
-
une forte représentativité dans la prostitution connue dans de nombreux
établissements dits de nuit et dans la prostitution dite " sauvage
" des quartiers les plus miséreux de la capitale. Prostitution que
nul ne veut voir, pourtant lieu de concentration des maladies graves, dont le
sida
C'est
sur plus de 120 établissements de nuit que comporte la capitale qu'Ismaïl
OMAR exerce depuis les années 80 un " contrôle ", disons
plutôt un " racket " organisé. Quelques bars sont tenus
par des gérants d'origine Oromo et qui furent le plus souvent et par le
passé des agents de renseignements de Menguistu Haïlé Mariam.
DE
L'ÉPOQUE DE L'EMPEREUR HAÏLE SELASSIE A NOS JOURS
Rappelons
qu'en 1974 et dans un contexte de soulèvement général de
la population, l'empereur Haïlé Sélassié fut déposé,
la révolution proclamée, et un "comité militaire d'administration
provisoire" prendra le pouvoir. Il sera bientôt dirigé par le
lieutenant colonel Menguistu Haïlé Mariam.
En
1975, bien plus gênant vivant que mort pour le nouveau pouvoir marxiste,
le Négus mourra étouffé sur ordre de Menguistu dans la chambre
à coucher de l'un de ses ex palais, à Addis, où le nouveau
régime le retenait prisonnier. C'est à cette époque que le
Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) sera créé
dans la région du Tigré, dans le nord de l'Ethiopie et dès
lors va prendre de plus en plus d'importance malgré toutes les opérations
militaires lancées contre lui par Menguistu Haïlé Mariam. Menguistu
qui fera passer le pays dans la période de la "terreur rouge"
au cours de laquelle des dizaines de milliers de personnes seront massacrées
ou exécutées sur place.
La
grande majorité de la population sombrera dans la pauvreté puis
dans la famine qui fera des millions de morts, Meles
Zenawi prendra alors la direction du Front de libération du peuple du Tigré
(TPLF).
En
1991, les opposants réalisant enfin une alliance qui se fait attendre,
Meles Zenawi entre dans Addis-Abeba à la tête des guérilleros
du TPLF et de leurs alliés du Front de libération du peuple érythréen
(EPLF), d'Issayas Afeworki.
Au
cours de la même année, l'indépendance de l'Erythrée
est proclamée. Dés lors et prenant comme motifs - entre autres un
désaccord de délimitation des frontières entre l'Ethiopie
et l'Erythrée - un conflit va naître entre les deux pays et qui fera
plus de 100 000 morts.
En
Ethiopie et au cours de l'année 2000, la coalition menée par Meles
Zenawi, le Front démocratique révolutionnaire des peuples d'Ethiopie
(FDRPE), remporte les élections générales et entreprend un
difficile travail d'unité et de reconstruction nationale qui
va être sans cesse contrecarré notamment par Ismaïl OMAR GUELLEH.
En
octobre 1996, souvenons-nous que l'associé d'Abdourahman BOREH dans certaines
" Affaires de trafics d'Armes " et surtout de matières dangereuses
en provenance des pays de l'Est de l'Europe et stockées en Ethiopie, le
vice-Premier ministre et ministre de la Défense d'Éthiopie, Tamrat
Layne, fut officiellement destitué pour corruption, trafics divers
et incarcéré deux mois plus tard.
Depuis
cette époque, la Justice éthiopienne coure toujours après
le " témoin clé " et tente vainement d'entendre
Abdourahman BOREH sur cette affaire.
Autoproclamé
à la présidence de la République de Djibouti depuis mai 1999,
après un simulacre d'élections, IOG " l'homme fort " du
nouveau régime djiboutien - qui a poussé Gouled vers la retraite
et le mettra dès lors en " résidence surveillée "
dans son palais doré à Haramous - va relancer le Mouvement fédéraliste
et démocratique oromo (OFDM) tout en écartant
les plus modérés et notamment les intellectuels afin de créer
une véritable et structurée subversion en Ethiopie.
S'appuyant
sur les moyens que lui procurent par personnes interposées les détournements
des aides internationales affectées aux finances djiboutiennes mais aussi
sur la part des marges bénéficiaires qui lui sont reversées
à Djibouti - Drogue par le clan des MUTI qui dispose
d'un laboratoire dans le Port, fausse monnaie en divers points de la capitale,
armes avec le duo des " JCM " par l'entremise d'une société
écran à Djibouti et qui sera récupérée plus
tard par Abdourahman BOREH
- Ismaïl OMAR GUELLEH va s'atteler
à tenter de déstabiliser l'Etat éthiopien dirigé par
le véritable " patron " qu'est le PM Meles Zenawi.
Les
attentats que va fomenter IOG directement en Ethiopie et sur le réseau
ferroviaire djibouto-éthiopien par un groupuscule spécialisé
des Services Djiboutiens de Sécurité (intégrant quelques
Oromos placés sous contrôle permanent) vont
constituer épisodiquement autant d'actes de chantage (entre autres augmentation
arbitraire des tarifs de prestations dans le port), de pression mais aussi de
tentative de déstabilisation politique du gouvernement de Meles Zenawi.
Il
est de notoriété publique que les deux hommes ne s'apprécient
guère et que - comme l'on dit - ils sont loin d'envisager de " passer
leurs vacances ensemble ".






L'ÉTHIOPIE,
UN PAYS ENCLAVE
Le
problème crucial auquel est confronté le PM Meles Zenawi tient au
fait que depuis l'indépendance de l'Erythrée, l'Ethiopie ne dispose
plus d'ouverture sur la mer pour ses Importations/Exportations - essentielles
à son économie - et qu'il a donc obligation de passer
par le Port Autonome International de Djibouti qui est sous la coupe et le contrôle
permanent d'IOG - affairiste privé - qui impose ses tarifs et ses propres
lois.
Par
ailleurs, suite aux divers attentats perpétrés sur ordre d'IOG dans
le port de Berbera au Somaliland, outre le fait que ce port ne dispose pas des
installation portuaires comparables à celles de Djibouti, la région
est considérée comme "zone de guerre". Les tarifs des
primes d'assurances pour les propriétaires de navires sont disproportionnées
donc dissuasives avec la perpective qu'une nouvelle opération de sabotage
soit ordonnée depuis le Palais de l'Escale à Djibouti.
A
ceci s'ajoute le fait que campé dans son artificiel et précaire
Palais des artifices et du chantage économique Ismaïl OMAR GUELLEH
se protège derrière des accords de défense dibouto-français.
Véritable outil de persuasion
si un militaire éthiopien venait à prendre la liberté de
poser un pied dans le territoire djiboutien.
Jamais l'oppression
économique n'ont affecté autant d'êtres humains dans la région.
Si la vie réelle y est un chaos, en revanche une terrible logique gouverne
l'imagination d'IOG.