





D
283 - 09/05/05 - DJIBOUTI - Djibouti sous Ismaïl
OMAR GUELLEH n'est pas exactement l'endroit le plus brillant où l'on puisse
rêver de vivre actuellement. C'est une espèce d'étrange carnaval
où il y a pas mal de douleurs et de misère humaine.
Libertyman.
Considéré
comme l'une des plus grandes fêtes populaires de la planète, le Carnaval
de Rio est l'une des facettes à travers laquelle le Brésil est connu
à l'étranger. Ce carnaval recouvre une grande diversité allant
du grand spectacle-vitrine - auquel participent des personnalités et des
célébrités venues du monde entier - aux traditions populaires
et folkloriques du Carnaval de Recife.
IOG
N'EST PAS EN RESTE ET NOUS PROPOSE UN CARNAVAL PERMANENT !
A
l'instar ...de ce qu'il se fait là bas en Amérique du Sud,
les gouvernants djiboutiens ne sont pas en reste et nous proposent tous les 6
ans et depuis 1999 - au mois d'avril et de mai - un
spectacle grandiose qui offre la particularité d'être la synthèse
du style carnavalesque développé durant près de 2190 jours
d'un sextennat de spectacles les plus cocasses et que peu de pays arrivent à
égaler.
Sous
l'impulsion de sa Seigneurie, Excellentissime, Sérénité,
Sainteté et Grandeur Ismaïl OMAR GUELLEH, la capitale prend alors
des allures de fêtes et cela durant deux bons mois.
Plus
de 60 jours au cours desquels c'est le spectacle " grand guignol
" et amuseur public avec des points forts d'animation que sont quelques
meetings festifs où l'on va tenter de faire oublier dans les esprits des
populations locales près de 2190 journées hautes en couleur et en
misères humaines.
C'est
le simple mot d'ordre " IOG "
qui prévaut sur toute autre préoccupation du moment,
y compris sur une catastrophe humanitaire non encadrée et qui mène
à une grande famine comme c'est le cas actuellement. On ignore l'origine
de cette abréviation IOG, diversement justifiée et l'on suppute
dans les milieux bien informés que ceci signifierait "
Inimitable Organisateur de Gaudrioles ".
Durant
cette période, il en vient à faire danser, s'amuser, se défouler
la misère qui sévit dans la capitale, quitte à lui envoyer
les Services Djiboutiens de Sécurité qui - eux aussi - participent
de bon gré à la grande fête carnavalesque.
Deux
grands piliers des institutions nationales méritent tout de même
une palme. Ils sont les premiers défenseurs de ce Carnaval permanent (
de réputation planétaire) ; il s'agit du directeur des SDS - Hassan
SAÏD KAIREH - et du truculent animateur de la Justice locale ; je veux parler
du Procureur contumaceur Djama SOULEÏMAN.
Bien
qu'ils soient invités "cordialement" depuis de longs mois à
Versailles pour faire une démonstration de leurs compétences en
matière d'organisation et de gestion de " Grand Carnaval ", les
deux hommes ont décliné l'offre qui leur était faite pour
se consacrer - corps et âme - à la seconde édition du Grand
Carnaval d'Ismaïl OMAR GUELLEH.
Enivrement
des corps et des âmes, sous forme d'apothéose dans les couloirs du
Palais d'Haramous, rien n'est oublié pour préparer le point culminant
de cette grande fête qui peut rivaliser avec Rio de Janeiro mais un autre
registre.
| Un
Carnaval sans la KABYO n'aurait rien d'un Carnaval |
Alors,
il faudra sambar (danser la samba). Car, selon le
vieux dicton bien connu au Palais de l'Escale, "celui
qui n'aime pas IOG n'est pas un type normal, ou bien il est malade de la tête
ou bien il est malade des pieds" (en portugais ceci se traduit par : quem
não gosta de IOG, bon sujeito não é, é ruim da cabeça
ou doente do pé).
On
va sambar...certes mais tous ensemble et pour sambar dans les meetings on
va aller chercher hommes et femmes dans les quartiers les plus miséreux
de la capitale à qui - dans son ineffable et grandiose, indéfectible
bonté - IOG va offrir un peu de nourriture, un peu d'argent. Très
peu d'argent car lui-même est de condition modeste et n'a pas oublié
d'où il vient, même s'il ne sait pas où il va et avec qui
il y va !!. Ajoutons à cela une demi botte de khât
.de basse
qualité et tout le monde est content !.
Puis
vient le point culminant de la grande parade et des festivités qui cette
année était fixé au 8 avril. Ce jour là,
il s'agissait d'entrer dans un jeu, une sorte de vote afin d'élire pour
6 années le futur " Grand Guignol ".
Le
choix fut vite fait car il n'y avait qu'un candidat, de plus candidat à
sa propre succession donc organisateur de ce que l'on va dénommer comme
étant la mascarade de 2005..
Les opposants au Carnaval ayant fait bloc,
Ismaïl OMAR GUELLEH s'est retrouvé seul en lice et d'évidence
est sorti vainqueur du scrutin pour se succéder à lui-même,
ce pour six années de plus à la tête de la " grande guignolade
".
Comme
l'a précisé l'Agence Djiboutienne d'Information dans son communiqué
de Presse :
,"
tôt au matin du 7 mai 2005, une immense foule (de 1 500 personnes)
s'est agglutinée autour de l'esplanade du Palais du peuple (où
il y avait distribution de khât, d'un peu d'argent et de denrées
de première nécessitée). Une foule qui jusqu'à
l'arrivée des officiels n'a cessé de scander ( " IOG
- Grand Guignol pour 6 ans " ) sous un soleil de plomb. ...............
Plus
tard, IOG a prêté serment sur le Saint Coran avant de prononcer sous
l'émotion une allocution qui restera dans les anales
de
l'histoire du pays. NDLR : On
observera - là encore - une superbe coquille de l'ADI qui devrait savoir
que même "une émotion dans une allocution" par les
"voies anales" est condamnée dans les versets d'Al Küran.
Même
si Ismaïl OMAR GUELLEH sort vainqueur de l'absence de lutte dans ces "festivités"
dont il ne saurait tirer une quelconque gloire, la seconde édition du Carnaval
n'aura pas rencontré un grand succès ni soulevé un grand
enthousiasme auprès des Chefs d'États étrangers.
Ismaïl
OMAR a la puissance de l'État dictatorial, donc tous les moyens de tenter
de créer de la réalité avec des sornettes, de faire passer
pour bleu ce qui est rouge, de transformer les vessies en lanternes. Il lui manque
le talent de la persuasion, et cela on l'a ou on ne l'a pas !!!.






Qui
pourrait m'en empêcher ?