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Dernière modification : le 11-Mai-2005 3:14 (GMT+1 / Bruxelles)

 

 

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D 284 - 10/05/05 - DJIBOUTI - La gloire même surfaite d'un homme peut parfois tout effacer, tout excepté le crime.

Justicia

Selon une étude, le crime organisé contrôlerait plus de 80 % de l'économie djiboutienne, la quasi totalité du parc immobilier commercial, les deux tiers des PME et PMI. Pour les observateurs, les " criminels " sont minoritairement djiboutiens, très imaginatifs et bien plus évolués que nombre des mafieux du monde dont ils ont calqué et " amélioré " leur principe de fonctionnement.

La République de Djibouti naissante a attiré dès 1977 une faune qui s'y est installée renforçant l'existant mafieux sur place, y compris dans les métiers du juridique. Cela se ressent dans l'étendue du champ de leurs actions criminelles et dans l'efficacité de leurs méthodes. Ils pratiquent le prêt à taux usurier et exproprient les propriétaires d'espaces et d'habitations qui les intéressent, le meurtre, le détournement de richesses nationales, les trafics d'enfants, d'armes légères et d'explosif, d'armement lourd, celui de la drogue et de la fausse monnaie, et d'autres spécialités comme la fraude sur les assurances de navires, d'aéronefs et - plus éloquente encore - l'escroquerie aux assurances.

Sur ce dernier point, bien des noms nous viennent à l'esprit particulièrement dans ce que l'on appelle " l'escroquerie à l'assurance vie " ; les supposés défunts qui sont souvent des personnes connues dans la capitale décèdent dans des conditions dites naturelles. Le permis d'inhumer étant délivré, elles sont enterrées dans l'urgence mais reviennent … à la vie … un an plus tard sous un autre nom et avec un passeport somalien pour y faire à nouveau commerce dans la capitale ou pour reprendre le contrôle de leur propre entreprise directement ou par cousin, ou un membre de la famille interposé.

Certains ne sont jamais revenus à Djibouti alors que des témoins affirment les avoir rencontrés à Dubaï, à Hargeisa ou à Addis Abeba, installés " confortablement " dans la vie.
C'est d'ailleurs parmi eux que l'on retrouve quelques relais du pouvoir d'Ismaïl Omar à l'étranger.

L'extorsion de fonds fait aussi partie de la panoplie de la mafia criminelle locale, dans un racket que l'on retrouve au plus niveau de l'État alors que des " intermédiaires " mandatés prennent leur commission au passage. Quelques huit cent prostituées qui opèrent officiellement dans plus de 120 bars que comporte la capitale djiboutienne sont sous la double tutelle de proxénètes souvent originaires de la même région, du même village, gérants desdits bars mais aussi sous la tutelle et le contrôle musclé d'une équipe spécialisée d'hommes rattachés aux Services Djiboutiens de Sécurité (SDS). Équipe aussi chargée de " collecter " les fonds… et les " dons "… spontanés auprès des entreprises soumises au racket de l'instant, suivant les volontés du Palais de l'Escale et ses besoins.

MAINMISE DE LA MAFIA LOCALE, UNE ORGANISATION A PLUSIEURS TÊTES

La mainmise de la mafia djiboutienne et étrangère sur le pays et ses activités économiques n'est nullement un mythe à Djibouti. Derrière des images et une propagande idyllique à destination externe du pays qui se veut être édulcorée et rassurante pour les investisseurs potentiels, se cache cette mafia en col blanc, roulant carrosse au sein du " gratin " local constitué majoritairement de nouveaux riches.

En matière de corruption et pour ne prendre qu'un exemple dont beaucoup comprendront ce à quoi il est fait allusion, sur chaque montant de facture de travaux du bâtiment ou d'achat dans le commerce local, un pourcentage est remis au Palais de l'Escale. Cette remise d'argent - exclusivement en espèces - s'effectue souvent par le propriétaire de la société concernée et impliquant le " grand argentier " d'Ismaïl Omar Guelleh, à savoir Abdourahman Boreh qui est de surcroît l'administrateur de toutes les Zones Franches, présentes et à venir dans le pays.

IOG ne laisse rien au hasard et c'est vraisemblablement ce qui fait la force du chantage qu'il pourrait exercer actuellement. Un dictateur ne serait qu'une fiction si son pouvoir ne se disséminait en réalité entre de nombreux sous-dictateurs anonymes, entre des sous-fifres et sous-fifres de sous-fifres ; irresponsables dont les pratiques de corruption sont un héritage rodé et éprouvé bien avant l'accession du pays à l'indépendance. Dès le but des années 80 Ismaïl Omar Guelleh comprendra les " subtilités " locales de fonctionnement et du parti qu'il peut tirer de la corruption en général et en particulier de celle de certains fonctionnaires étrangers - notamment en place à Djibouti depuis bien des années.

Directeur des Services Djiboutiens de Sécurité à cette époque et formé aux méthodes des Renseignements Généraux français mais aussi dans les pays du bloc soviétique, il va ouvrir des dossiers individualisés ; dossiers constitués d'une fiche par personnalité politique, sur chaque fonctionnaire djiboutien et étranger. Dossier individuel très documenté - y compris des photographies - sur toute personne étant décisionnaire à son niveau en matière d'affection de marchés publics ou détenant un pouvoir de signature, responsable et payeur en matière de travaux du bâtiment et d'achat divers dans le secteur commercial à Djibouti.

Le Trésorier Payeur Général (TPG) français d'une certaine époque passée n'échappera pas à la mise sous surveillance alors que les Procés Verbaux des Gendarmes et des Policiers Djiboutiens pour des "Infractions" commises dans son véhicule (qui seraient passibles d'une incarcération immédiate sous les lois françaises et d'une forte peiune de prison) vont venir grossir un dossier déjà conséquent.

IOG va donc se constituer et faire usage des dossiers contenant les pièces justificatives des malversations à tous les niveaux, vraisemblablement exercer des chantages par pressions exercées sur les personnes concernées selon ses intérêts du moment. Mais sans pour cela s'impliquer - pour ce qui le concerne et directement - dans lesdites malversations.

QUEL INTÉRÊT DE CES DOSSIERS PEUT PENSER EN TIRER ISMAÏL OMAR GUELLEH ?

IOG travaille sur le long terme à cette époque, il sait que bon nombre de membres du bureau politique du RPP - anciens compagnons d'Hassan Gouled notamment issus de la LPAI - tenteront de s'opposer à lui le moment venu dans sa marche qu'il veut être inexorable vers le pouvoir suprême dans le pays. Les dossiers qu'il détient et qu'il va conforter au fil des années lui permettront d'écarter le moment venu et par chantage voire en faisant incarcérer bien des postulants à la succession de Gouled, tels que Moumin Bahdon Farah et Aden Robleh Awaleh ou des hauts fonctionnaires impliqués jusqu'au cou dans des malversations par trop visibles. Hommes qui n'auront d'autre alternative que soit de s'exiler dans l'urgence, soit de lui prêter serment d'allégeance s'ils veulent continuer leurs " petites affaires " tout en lui versant - par évidence - une confortable commission dont il en fixera le pourcentage.

Homme prudent et doté d'une très bonne perception de l'humain et de la cupidité (vraisemblablement instinctive chez lui), IOG ne s'impliquera jamais directement et ouvertement dans une quelconque malversation d'importance comme il ne procédera jamais directement à l'élimination d'un gêneur ou d'un fouineur. Chaque homme, chaque femme se plaçant ou qu'il a placé sous sa protection donc sous son autorité ne fut, n'est et ne sera qu'un paravent mais aussi un possible " fusible " le moment venu si le besoin s'en faisait sentir. La toile d'araignée étant en place mais aussi en perpétuelle évolution, il n'hésiterait pas à faire exécuter un membre de sa propre famille qui s'opposerait à lui ou serait susceptible de lui " faire de l'ombre ". IOG est au fond un grand solitaire doté d'une intelligence machiavélique mais d'une intelligence certaine pour le moins celle des situations Admettons- le !.

Alors qu'il nous avait habitué par le passé à donner à ses actes - y compris et surtout les plus pervers - une certaine " professionnalisation " et personnalisation dans leur préparation, sa grande erreur fut lorsque pris vraisemblablement sous la menace directe du Juge Bernard Borrel, il va être déstabilisé et réagir à l'instinct. C'est tout un édifice mafieux et très lucratif qui risque de s'écrouler à cette époque de septembre/octobre 1995, de plus il sait parfaitement que le Juge Bernard Borrel a pour habitude d'aller au fond d'un dossier même si dans le cas présent il l'a découvert par le fait du hasard d'un fil qu'il a remonté.

A cette époque et bien que fréquentant la bourgeoisie locale - djiboutienne et étrangère - le juge français n'a pas beaucoup de véritables amis à Djibouti alors que les membres du (ou des) " réseau (x) parallèle (s) " étranger (s) - civils et quelques militaires, militaires en retraite ou en ..disponibilité - ne le tiennent pas forcément en très haute estime de par cette habitude qu'il a de " fourrer son nez " où cela ne sent pas le parfum de rose. Difficile d'imposer le silence à un tel Juge !.

Il semblerait que lorsque la décision " d'interroger" Bernard Borrel en le faisant tomber dans un piège (vraisemblablement dans une villa à Arta ?) fut prise, IOG avait déjà décidé d'impliquer directement l'un des membres du " réseau parallèle ", afin de servir de couverture et jouer ce rôle du " Français de service ". Utilisable comme éventuel outil de chantage le moment venu si Ismaïl Omar Guelleh venait à être inquiété dans d'éventuelles suites....................

L'homme du " réseau parallèle " est un petit truand local de faible envergure et très primitif, ce n'est pas un " homme d'affaires ", seulement de "petites affaires" liouches, mais le nom de famille dont il est porteur est honorablement connu à Djibouti comme à l'Élysée. La présence de cet homme - que nous appellerons Alpha Roméo - lors de ce que nous supposons être un interrogatoire à l'initial de Bernard Borrel pourrait être - à l'époque et vu les circonstances - aussi une caution apportée à IOG par le " réseau parallèle " influant auprès du Palais de l'Escale.

Message personnel : Si nous avions un conseil à donner à Alpha Roméo, nous lui suggérerions de ne pas effectuer de trop longues marches dans les montagnes de Corse - où il s'est réfugié - et surtout de ne pas s'approcher des précipices car un accident est toujours possible. Outre le fait que cela pourrait lui remettre en mémoire une certaine falaise à Djibouti un soir d'octobre 1995, qu'il l'admette ou qu'il le réfute il n'est qu'un " fusible " important dans l'affaire de l'assassinat du Juge Bernard Borrel. Fusible important, nous en sommes d'accord ! mais il n'est et reste - répétons-le - qu'un simple fusible. D'autres ont "sauté" dans d'autres "affaires" et des plus solides que lui. Qu'il se réfère aux méandres de l'affaire Boulin - ministre décédé dans des conditions controversées - et il saisira pleinement le sens donné à ces quelques lignes qui n'ont nullement valeur de menace mais de conseil d'un "ancien ami" soucieux de sa santé .

La grande erreur d'Ismaïl Omar en octobre 1995 va être d'octroyer une totale liberté d'action à Hassan Saïd Kaireh pour "l'interrogatoire poussé" (l'élimination ?) dans l'urgence du Juge " fouineur " et de penser que son adjoint a la capacité de choisir " judicieusement " les tortionnaires mais surtout l'encadrement de " l'opération ". Sur le plan du déroulement et des prises de décisions sur l'instant, ce sera un fiasco alors que " l'équipe dirigée par le Colonel Mahdi " fera démonstration d'un amateurisme que n'aurait pas eu IOG s'il l'avait dirigé personnellement.

Lorsque je lis certains écrits sur le net suggérant que l'élimination de Bernard Borrel aurait pû être réalisée par un groupe du service action de la DGSE, j'ose affirmer que c'est bien mal connaître ce service. A la condition qu'ils aient reçu ordre d'éliminer une quelconque personne, ces " spécialistes " ont à leur disposition mille et une façons " d'effacer proprement " la personne concernée sans verser dans le scénario ridicule de mauvais film que nous a imposé le Colonel Mahdi.

Chez un être déstructuré promu Colonel de par la " Promotion Bonux ", l'absence d'éducation et de compréhension de ce qu'est l'honneur d'un soldat suscite l'égoïsme, la crétinerie, la cruauté et la bestialité. Il lui reste aujourd'hui qu'une chose à faire qui est celle de prier !.

Selon mes considérations, l'affaire de l'assassinat du Juge Bernard Borrel fut certainement au départ une opération d'interrogatoire puis de torture pour récupérer un dossier d'importance qu'il était vraisemblablement en instance d'acheter auprès d'un intermédiaire. L'interrogatoire va se solder par un geste barbare d'un tortionnaire connu pour son psychisme particulier.

BLANCHIMENT D'ARGENT, LA MACHINE A LAVER DJIBOUTIENNE !

A ceci s'ajoute pour le crime organisé, le blanchiment d'argent à partir de nombreuses sociétés installées sur la place et qui bien qu'ayant largement dépassé les limites du dépôt de bilan à chaque fin d'exercice annuel continuent néanmoins - encore de nos jours - d'exercer leurs activités. Tout en bénéficiant d'une artificielle exemption des taxes, des charges sociales et d'autres impôts qu'ils doivent à l'État et pour autant que ces sociétés appartiennent au pouvoir ou en soient proches.

Les ramifications de cette mafia sont nombreuses et étendues jusqu'au plus haut sommet de l'Etat comme le reflète parfaitement les accusations de corruption qui pèsent notamment depuis 1999 sur la famille d'Ismaïl OMAR GUELLEH, à l'encontre de son épouse Kadra Mahamoud Haïd et de son clan. On estimait en 2004 que quotidiennement et globalement les " manques à gagner " pour les Finances publiques se situaient dans une fourchette se situant entre 100 et 200 millions de FDJ. Le plus souvent ces sommes sortent du pays, ou sont versées de compte à compte à l'étranger sans qu'ils transitent par Djibouti alors que les " porteurs de valises " à destination des pays de l'Occident, de l'ïle de La Réunion ....et d'ailleurs comme le sud de l'Afrique se font de plus en plus discrets mais sont non moins efficaces pour les déplacements de fortes sommes en espèces..

Toujours dans le domaine du blanchiment d'argent d'origine plus de douteuse, souvenons-nous des scandales à répétition dans les années 80/90 et plus récemment dans les banques de la place (telle la BDMO) - scandales qui éclatèrent mais furent bien vite étouffés. Certaines de ces banques furent créées pour recevoir des aides avant de s'évanouir avec l'argent, d'autres servir de relais et de point de blanchiment pour les réseaux intégristes dans la Corne Est de l'Afrique et affiliés à Al Itihad et consorts.

Le Centre américain d'études stratégiques et internationales détiendrait des " dossiers conséquents " spécifiquement sur le Djibouti de ces 10 dernières années. Dossiers dont le contenu récent inquiéterait fortement les experts.

Se situerait-on dans une situation similaire au Chicago des années trente ?. Les experts américains des " Foundation " - rattachées au Secrétariat d'État US - pourraient bientôt nous répondre sur ce sujet en publiant un document d'analyse pertinent.

DJIBOUTI, RECORD DE DÉCÈS EN QUELQUES 10 ANNÉES.

On observera qu'en 10 années, une vingtaine de responsables politiques, militaires, policiers, gendarmes et fonctionnaires - parfois non des moindres - et des chefs d'entreprises djiboutiennes ont disparu ; le plus souvent dans des conditions sujettes à caution.

Rupture d'anévrisme, arrêt cardiaque, accident de la circulation, meurtre dans la rue devant témoins (qui ne seront jamais entendus car aucune information judiciaire ne sera ouverte par le Parquet du Procureur dans AUCUN des décès), suicide inexpliqué … alors que - bien heureux pour eux - nombreux ont senti le vent venir et se sont exilés dans l'urgence.

Peu importe que le défunt soit un politique, un proche du pouvoir lui servant de paravent, ou une personnalité connue ; dans TOUS les cas aucune information ne sera ouverte pour connaître les véritables causes du décès. La personne décédée sera enterrée dans les délais les plus brefs sous le motif que les conditions climatiques font obligation d'agir ainsi. C'est le motif bien pratique invoqué et d'évidence sans JAMAIS qu'il n'y ait possibilité d'autopsie. A cela on pourrait nous répondre " Nous n'avons pas de médecine spécialisée dans ce domaine ! ".

UN AMI S'EN EST ALLÉ, PEUT-ÊTRE EN SAVAIT-IL TROP COMME LE LT COLONEL LADIEH, QUI ... LUI EST VIVANT MAIS POUR COMBIEN DE TEMPS ?

De même, le décès du Juge Saad Ahmed Cheick, ces derniers jours, laisse perplexe bon nombre de ses amis. Là encore et comme ce fut le cas pour le Général Yacin Yabeh, c'est un " associé " d'Ismaïl Omar Guelleh qui disparaît prématurément ce qui tombe - une fois encore - à point nommé pour Ismaïl Omar Guelleh, actionnaire principal et propriétaire en sous main du groupe SAAD Business.

Il est ainsi des coïncidences qui de tout temps ont arrangé ses " affaires " !!!.

 


 

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