




D
284 - 10/05/05 - DJIBOUTI - La gloire même
surfaite d'un homme peut parfois tout effacer, tout excepté le crime.
Justicia
Selon
une étude, le crime organisé contrôlerait plus de 80 % de
l'économie djiboutienne, la quasi totalité du parc immobilier commercial,
les deux tiers des PME et PMI. Pour les observateurs, les " criminels "
sont minoritairement djiboutiens, très imaginatifs et bien plus évolués
que nombre des mafieux du monde dont ils ont calqué et " amélioré
" leur principe de fonctionnement.
La
République de Djibouti naissante a attiré dès 1977 une faune
qui s'y est installée renforçant l'existant mafieux sur place, y
compris dans les métiers du juridique. Cela se ressent dans l'étendue
du champ de leurs actions criminelles et dans l'efficacité de leurs méthodes.
Ils pratiquent le prêt à taux usurier et exproprient les propriétaires
d'espaces et d'habitations qui les intéressent, le meurtre, le détournement
de richesses nationales, les trafics d'enfants, d'armes légères
et d'explosif, d'armement lourd, celui de la drogue et de la fausse monnaie, et
d'autres spécialités comme la fraude sur les assurances de navires,
d'aéronefs et - plus éloquente encore - l'escroquerie aux assurances.
Sur ce dernier
point, bien des noms nous viennent à l'esprit particulièrement dans
ce que l'on appelle " l'escroquerie à l'assurance vie " ; les
supposés défunts qui sont souvent des personnes connues dans la
capitale décèdent dans des conditions dites naturelles. Le permis
d'inhumer étant délivré, elles sont enterrées dans
l'urgence mais reviennent
à la vie
un an plus tard sous un
autre nom et avec un passeport somalien pour y faire à nouveau commerce
dans la capitale ou pour reprendre le contrôle de leur propre entreprise
directement ou par cousin, ou un membre de la famille interposé.
Certains
ne sont jamais revenus à Djibouti alors que des témoins affirment
les avoir rencontrés à Dubaï, à Hargeisa ou à
Addis Abeba, installés " confortablement " dans la vie.
C'est
d'ailleurs parmi eux que l'on retrouve quelques relais du pouvoir d'Ismaïl
Omar à l'étranger.
L'extorsion
de fonds fait aussi partie de la panoplie de la mafia criminelle locale, dans
un racket que l'on retrouve au plus niveau de l'État alors que des "
intermédiaires " mandatés prennent leur commission au passage.
Quelques huit cent prostituées qui opèrent officiellement dans plus
de 120 bars que comporte la capitale djiboutienne sont sous la double tutelle
de proxénètes souvent originaires de la même région,
du même village, gérants desdits bars mais aussi sous la tutelle
et le contrôle musclé d'une équipe spécialisée
d'hommes rattachés aux Services Djiboutiens de Sécurité (SDS).
Équipe aussi chargée de " collecter
" les fonds
et les " dons "
spontanés auprès
des entreprises soumises au racket de l'instant, suivant les volontés du
Palais de l'Escale et ses besoins.
MAINMISE
DE LA MAFIA LOCALE, UNE ORGANISATION A PLUSIEURS TÊTES
La
mainmise de la mafia djiboutienne et étrangère sur le pays et ses
activités économiques n'est nullement un mythe à Djibouti.
Derrière des images et une propagande idyllique à destination externe
du pays qui se veut être édulcorée et rassurante pour les
investisseurs potentiels, se cache cette mafia en col blanc, roulant carrosse
au sein du " gratin " local constitué majoritairement de nouveaux
riches.
En matière
de corruption et pour ne prendre qu'un exemple dont beaucoup comprendront ce à
quoi il est fait allusion, sur chaque montant de facture de travaux du bâtiment
ou d'achat dans le commerce local, un pourcentage est remis au Palais de l'Escale.
Cette remise d'argent - exclusivement en espèces - s'effectue souvent par
le propriétaire de la société concernée et impliquant
le " grand argentier " d'Ismaïl Omar Guelleh, à savoir Abdourahman
Boreh qui est de surcroît l'administrateur de toutes les Zones Franches,
présentes et à venir dans le pays.
IOG
ne laisse rien au hasard et c'est vraisemblablement ce qui fait la force du chantage
qu'il pourrait exercer actuellement. Un dictateur ne serait qu'une fiction si
son pouvoir ne se disséminait en réalité entre de nombreux
sous-dictateurs anonymes, entre des sous-fifres et sous-fifres de sous-fifres
; irresponsables dont les pratiques de corruption sont un héritage rodé
et éprouvé bien avant l'accession du pays à l'indépendance.
Dès le but des années 80 Ismaïl Omar Guelleh comprendra les
" subtilités " locales de fonctionnement et du parti qu'il peut
tirer de la corruption en général et en particulier de celle de
certains fonctionnaires étrangers - notamment en place à Djibouti
depuis bien des années.
Directeur
des Services Djiboutiens de Sécurité à cette époque
et formé aux méthodes des Renseignements Généraux
français mais aussi dans les pays du bloc soviétique, il va ouvrir
des dossiers individualisés ; dossiers constitués d'une fiche par
personnalité politique, sur chaque fonctionnaire djiboutien et étranger.
Dossier individuel très documenté - y compris des photographies
- sur toute personne étant décisionnaire à son niveau en
matière d'affection de marchés publics ou détenant un pouvoir
de signature, responsable et payeur en matière de travaux du bâtiment
et d'achat divers dans le secteur commercial à Djibouti.
Le
Trésorier Payeur Général (TPG) français d'une certaine
époque passée n'échappera pas à la mise sous surveillance
alors que les Procés Verbaux des Gendarmes et des Policiers Djiboutiens
pour des "Infractions" commises dans son véhicule (qui seraient
passibles d'une incarcération immédiate sous les lois françaises
et d'une forte peiune de prison) vont venir grossir un dossier déjà
conséquent.
IOG
va donc se constituer et faire usage des dossiers contenant les pièces
justificatives des malversations à tous les niveaux, vraisemblablement
exercer des chantages par pressions exercées sur les personnes concernées
selon ses intérêts du moment. Mais sans pour cela s'impliquer - pour
ce qui le concerne et directement - dans lesdites malversations.
QUEL
INTÉRÊT DE CES DOSSIERS PEUT PENSER EN TIRER ISMAÏL OMAR GUELLEH
?
IOG
travaille sur le long terme à cette époque, il sait que bon nombre
de membres du bureau politique du RPP - anciens compagnons d'Hassan Gouled notamment
issus de la LPAI - tenteront de s'opposer à lui le moment venu dans sa
marche qu'il veut être inexorable vers le pouvoir suprême dans le
pays. Les dossiers qu'il détient et qu'il va conforter au fil des années
lui permettront d'écarter le moment venu et par chantage voire en faisant
incarcérer bien des postulants à la succession de Gouled, tels que
Moumin Bahdon Farah et Aden Robleh Awaleh ou des hauts fonctionnaires impliqués
jusqu'au cou dans des malversations par trop visibles. Hommes qui n'auront d'autre
alternative que soit de s'exiler dans l'urgence, soit de lui prêter serment
d'allégeance s'ils veulent continuer leurs " petites affaires "
tout en lui versant - par évidence - une confortable commission dont il
en fixera le pourcentage.
Homme
prudent et doté d'une très bonne perception de l'humain et de la
cupidité (vraisemblablement instinctive chez lui), IOG ne s'impliquera
jamais directement et ouvertement dans une quelconque malversation d'importance
comme il ne procédera jamais directement à l'élimination
d'un gêneur ou d'un fouineur. Chaque homme, chaque femme se plaçant
ou qu'il a placé sous sa protection donc sous son autorité ne fut,
n'est et ne sera qu'un paravent mais aussi un possible " fusible " le
moment venu si le besoin s'en faisait sentir. La toile d'araignée étant
en place mais aussi en perpétuelle évolution, il n'hésiterait
pas à faire exécuter un membre de sa propre famille qui s'opposerait
à lui ou serait susceptible de lui " faire de l'ombre ". IOG
est au fond un grand solitaire doté d'une intelligence machiavélique
mais d'une intelligence certaine pour le moins celle des situations Admettons-
le !.
Alors
qu'il nous avait habitué par le passé à donner à ses
actes - y compris et surtout les plus pervers - une certaine " professionnalisation
" et personnalisation dans leur préparation, sa grande erreur fut
lorsque pris vraisemblablement sous la menace directe du Juge Bernard Borrel,
il va être déstabilisé et réagir à l'instinct.
C'est tout un édifice mafieux et très lucratif qui risque de
s'écrouler à cette époque de septembre/octobre 1995, de plus
il sait parfaitement que le Juge Bernard Borrel a pour habitude d'aller au fond
d'un dossier même si dans le cas présent il l'a découvert
par le fait du hasard d'un fil qu'il a remonté.
A
cette époque et bien que fréquentant la bourgeoisie locale - djiboutienne
et étrangère - le juge français n'a pas beaucoup de véritables
amis à Djibouti alors que les membres du (ou des) " réseau
(x) parallèle (s) " étranger (s) - civils et quelques militaires,
militaires en retraite ou en ..disponibilité - ne le tiennent pas forcément
en très haute estime de par cette habitude qu'il a de " fourrer son
nez " où cela ne sent pas le parfum de rose. Difficile d'imposer le
silence à un tel Juge !.
Il
semblerait que lorsque la décision " d'interroger" Bernard Borrel
en le faisant tomber dans un piège (vraisemblablement dans une villa à
Arta ?) fut prise, IOG avait déjà décidé d'impliquer
directement l'un des membres du " réseau parallèle ",
afin de servir de couverture et jouer ce rôle du " Français
de service ". Utilisable comme éventuel outil de chantage le moment
venu si Ismaïl Omar Guelleh venait à être inquiété
dans d'éventuelles suites....................
L'homme
du " réseau parallèle " est un petit truand local de faible
envergure et très primitif, ce n'est pas un " homme d'affaires ",
seulement de "petites affaires" liouches, mais le nom de famille dont
il est porteur est honorablement connu à Djibouti comme à l'Élysée.
La présence de cet homme - que nous appellerons Alpha Roméo - lors
de ce que nous supposons être un interrogatoire à l'initial de Bernard
Borrel pourrait être - à l'époque et vu les circonstances
- aussi une caution apportée à IOG par le " réseau parallèle
" influant auprès du Palais de l'Escale.
Message
personnel : Si nous avions un conseil à donner à Alpha Roméo,
nous lui suggérerions de ne pas effectuer de trop longues marches dans
les montagnes de Corse - où il s'est réfugié - et surtout
de ne pas s'approcher des précipices car un accident est toujours possible.
Outre le fait que cela pourrait lui remettre en mémoire une certaine falaise
à Djibouti un soir d'octobre 1995, qu'il l'admette ou qu'il le réfute
il n'est qu'un " fusible " important dans l'affaire de l'assassinat
du Juge Bernard Borrel. Fusible important, nous en sommes d'accord ! mais il n'est
et reste - répétons-le - qu'un simple fusible. D'autres ont "sauté"
dans d'autres "affaires" et des plus solides que lui. Qu'il se réfère
aux méandres de l'affaire Boulin - ministre décédé
dans des conditions controversées - et il saisira pleinement le sens donné
à ces quelques lignes qui n'ont nullement valeur de menace mais de conseil
d'un "ancien ami" soucieux de sa santé .
La
grande erreur d'Ismaïl Omar en octobre 1995 va être d'octroyer une
totale liberté d'action à Hassan Saïd Kaireh pour "l'interrogatoire
poussé" (l'élimination ?) dans l'urgence du Juge " fouineur
" et de penser que son adjoint a la capacité de choisir " judicieusement
" les tortionnaires mais surtout l'encadrement de " l'opération
". Sur le plan du déroulement et des prises de décisions sur
l'instant, ce sera un fiasco alors que " l'équipe dirigée par
le Colonel Mahdi " fera démonstration d'un amateurisme que n'aurait
pas eu IOG s'il l'avait dirigé personnellement.
Lorsque
je lis certains écrits sur le net suggérant que l'élimination
de Bernard Borrel aurait pû être réalisée par un groupe
du service action de la DGSE, j'ose affirmer que c'est bien mal connaître
ce service. A la condition qu'ils aient reçu ordre d'éliminer une
quelconque personne, ces " spécialistes " ont à leur disposition
mille et une façons " d'effacer proprement " la personne concernée
sans verser dans le scénario ridicule de mauvais film que nous a imposé
le Colonel Mahdi.
Chez
un être déstructuré promu Colonel de par la " Promotion
Bonux ", l'absence d'éducation et de compréhension de ce qu'est
l'honneur d'un soldat suscite l'égoïsme, la crétinerie, la
cruauté et la bestialité. Il lui reste aujourd'hui qu'une chose
à faire qui est celle de prier !.
Selon
mes considérations, l'affaire de l'assassinat du Juge Bernard Borrel fut
certainement au départ une opération d'interrogatoire puis de torture
pour récupérer un dossier d'importance qu'il était vraisemblablement
en instance d'acheter auprès d'un intermédiaire. L'interrogatoire
va se solder par un geste barbare d'un tortionnaire connu pour son psychisme particulier.
BLANCHIMENT
D'ARGENT, LA MACHINE A LAVER DJIBOUTIENNE !
A
ceci s'ajoute pour le crime organisé, le blanchiment d'argent à
partir de nombreuses sociétés installées sur la place et
qui bien qu'ayant largement dépassé les limites du dépôt
de bilan à chaque fin d'exercice annuel continuent néanmoins - encore
de nos jours - d'exercer leurs activités. Tout en bénéficiant
d'une artificielle exemption des taxes, des charges sociales et d'autres impôts
qu'ils doivent à l'État et pour autant que ces sociétés
appartiennent au pouvoir ou en soient proches.
Les
ramifications de cette mafia sont nombreuses et étendues jusqu'au plus
haut sommet de l'Etat comme le reflète parfaitement les accusations de
corruption qui pèsent notamment depuis 1999 sur la famille d'Ismaïl
OMAR GUELLEH, à l'encontre de son épouse Kadra Mahamoud Haïd
et de son clan. On estimait en 2004 que quotidiennement et globalement les "
manques à gagner " pour les Finances publiques se situaient dans une
fourchette se situant entre 100 et 200 millions de FDJ. Le plus souvent ces sommes
sortent du pays, ou sont versées de compte à compte à l'étranger
sans qu'ils transitent par Djibouti alors que les " porteurs de valises "
à destination des pays de l'Occident, de l'ïle de La Réunion
....et d'ailleurs comme le sud de l'Afrique se font de plus en plus discrets mais
sont non moins efficaces pour les déplacements de fortes sommes en espèces..
Toujours
dans le domaine du blanchiment d'argent d'origine plus de douteuse, souvenons-nous
des scandales à répétition dans les années 80/90 et
plus récemment dans les banques de la place (telle la BDMO) - scandales
qui éclatèrent mais furent bien vite étouffés. Certaines
de ces banques furent créées pour recevoir des aides avant de s'évanouir
avec l'argent, d'autres servir de relais et de point de blanchiment pour les réseaux
intégristes dans la Corne Est de l'Afrique et affiliés à
Al Itihad et consorts.
Le
Centre américain d'études stratégiques et internationales
détiendrait des " dossiers conséquents " spécifiquement
sur le Djibouti de ces 10 dernières années. Dossiers dont le contenu
récent inquiéterait fortement les experts.
Se
situerait-on dans une situation similaire au Chicago des années trente
?. Les experts américains des " Foundation " - rattachées
au Secrétariat d'État US - pourraient bientôt nous répondre
sur ce sujet en publiant un document d'analyse pertinent.
DJIBOUTI,
RECORD DE DÉCÈS EN QUELQUES 10 ANNÉES.
On
observera qu'en 10 années, une vingtaine de responsables politiques, militaires,
policiers, gendarmes et fonctionnaires - parfois non des moindres - et des chefs
d'entreprises djiboutiennes ont disparu ; le plus souvent dans des conditions
sujettes à caution.
Rupture
d'anévrisme, arrêt cardiaque, accident de la circulation, meurtre
dans la rue devant témoins (qui ne seront jamais entendus car aucune information
judiciaire ne sera ouverte par le Parquet du Procureur dans AUCUN des décès),
suicide inexpliqué
alors que - bien heureux pour eux - nombreux
ont senti le vent venir et se sont exilés dans l'urgence.
Peu
importe que le défunt soit un politique, un proche du pouvoir lui servant
de paravent, ou une personnalité connue ; dans TOUS les cas aucune information
ne sera ouverte pour connaître les véritables causes du décès.
La personne décédée sera enterrée dans les délais
les plus brefs sous le motif que les conditions climatiques font obligation d'agir
ainsi. C'est le motif bien pratique invoqué et d'évidence sans JAMAIS
qu'il n'y ait possibilité d'autopsie. A cela on pourrait nous répondre
" Nous n'avons pas de médecine spécialisée dans ce domaine
! ".
UN
AMI S'EN EST ALLÉ, PEUT-ÊTRE EN SAVAIT-IL TROP COMME LE LT COLONEL
LADIEH, QUI ... LUI EST VIVANT MAIS POUR COMBIEN DE TEMPS ?
De
même, le décès du Juge Saad Ahmed Cheick, ces derniers jours,
laisse perplexe bon nombre de ses amis. Là encore et comme ce fut le cas
pour le Général Yacin Yabeh, c'est un " associé "
d'Ismaïl Omar Guelleh qui disparaît prématurément ce
qui tombe - une fois encore - à point nommé pour Ismaïl Omar
Guelleh, actionnaire principal et propriétaire en sous main du groupe
SAAD Business.
Il
est ainsi des coïncidences qui de tout temps ont arrangé ses "
affaires " !!!.