ACTUALITÉS (bis)
Dernière modification : le 15-Mai-2005 20:21 (GMT+1 / Bruxelles)

 

 

 

http://www.gouv-exil.org/

 

 

 

D 293 - 15/05/05 - DJIBOUTI - "Tous ces pauvres...qui fouillent et renversent nos poubelles. Ils nous rendent la vie impossible !".

Mme Anab HERSI AHMED et M Ahmed ABDI

Cette phrase fut lâchée malencontreusement par le Ministre djiboutien de l'intérieur s'offusquant peu avant que l'État ne procède à la dernière opération en date d'expulsions de réfugiés. Expulsions au sein desquelles le gouvernement d'Ismaïl Omar Guelleh mêlera une partie de la misère des couches sociales les plus défavorisées de la société djiboutienne.

S'il pouvait expulser librement les familles djiboutiennes qui survivent en dessous du seuil de pauvreté, ce serait alors plus de 80 % de la population qu'il rejetterait au-delà des frontières. Pour que ces familles - pourtant de nationalité djiboutienne - aillent vivre leur grande misère ailleurs et que la capitale du pays n'ait plus ce visage criard et traîne-misère qu'on lui connaît. L'image de l'opulence insultante d'une minorité qui se gave de tout à s'en faire " péter le ventre " confrontée à celle qui saute aux yeux de l'extrême dénuement - et de bien d'autres - étalée au grand jour supplante de loin la première et dérange fortement le cliché édulcoré et combien falsifié qu'IOG veut donner de Djibouti vers l'extérieur.

Aussi paradoxal que ceci pourrait paraître dans l'esprit des occidentaux, cette grande misère entretenue - et les moments culminants de famines comme c'est le cas actuellement - l'État dirigé par Ismaïl Omar Guelleh en a néanmoins le plus grand besoin.

Pourquoi vouloir tout et son inverse ?

Premier point, il tient à ce que le pays reste - au niveau des instances financières internationales - dans le lot des pays très pauvres. Ceci lui permettant d'emprunter des sommes importantes à des taux d'intérêts très bas. En prolongement de cela, pour obtenir des aides et des assistances internationales importantes. Aux fins d'en détourner une partie tout en laissant croire - par l'entremise de sa propagande et des communiqués de presse - que l'ONARS et les composantes humanitaires locales auraient joué pleinement leur rôle et assumé leurs responsabilités.
Loin s'en faut, dans un tel État irresponsable on n'éduque pas à la responsabilisation des rouages du système, tout est fait pour que chacun prélève une forme de " dîme " au passage. Majoritairement, l'humanitaire géré localement est un " commerce " entretenu au même titre que tous les autres.

Qu'ils soient consentants ou pas, tous les directeurs de l'ONARS qui se sont succédés à sa tête furent contraints par IOG et Kadra Haïd de détourner partie des aides internationales. Soit ils se soumettent, soit ils sont démis de leurs fonctions.

Observons qu'en toute illégalité - et que NUL ne saurait contester sur place sans prendre le risque de se trouver incarcéré à Gabode - Kadra Haïd, épouse du président et supposée "première dame du pays" fait ouvertement détourner les dons internationaux en farines, ce au profit de SA boulangerie industrielle située dans l'enceinte du Centre d'accueil "la mère et l'enfant". Cette boulangerie industrielle a été aménagée, équipée à partir d'Aides Internationales et ce au détriment d'une multitude de petits commerces de "boulangerie de proximité" dont elle a fait fermer les portes, y compris en y envoyant les Forces Nationales de Police. Elle s'est accaparée bon nombre de Contrats de fourniture de pain au sein des institutions djiboutiennes et auprès des organismes militaires implantés dans le pays.

L'ESPACE HUMANITAIRE LOCAL EST SCIEMMENT TRÈS ENCOMBRE !

L'espace humanitaire local à Djibouti est aujourd'hui très encombré alors que peu de réels projets sont menés à leur terme. Cet " encombrement " par la diversité des supposées associations locales à vocation humanitaire permettent de fondre les dons en nature et les aides financières internationales pour les rendre incontrôlables de l'extérieur du pays..

Les colloques et les sessions de formation et d'information - au cours desquelles un Ministre en arrive à découvrir la signification d'un " Tableau de bord " - ceci confirmant son faible niveau de connaissances et d'acquisition de compétences - ou les multiples galas mondains au Sheraton tiennent leur raison d'être et leurs moyens financiers d'existence de cet humanitaire sous cette forme.

En l'espèce, nous sommes bien loin du contenu de la citation de Bernard Kouchner " L'information et l'humanitaire sont le remède contre les douleurs extrêmes ". Il est parfois des misères humaines, des douleurs trop grandes pour pleurer ; alors viennent à l'esprit les mots de la révolte, ceux contre le " commerce de la misère".


Les rapports Nord-Sud sont appréhendés en termes humanitaires, comme si la charité devait assumer tous les désordres des gouvernants et toutes les détresses de la planète.

L'image de l'enfant décharné par la famine ou amputé par une mine attire l'attention des opinions publiques, au point trop souvent d'obscurcir l'assistance dont ses parents ont besoin pour assumer leur fonction protectrice. En outre, les engagements humanitaires d'urgence ont beaucoup plus de soutien que les efforts de prévention, même dans le cas des famines, qui sont pourtant prévisibles de long mois à l'avance. Voire des années avec les moyens de lecture dont nous disposons comme ceux pour intervenir en préventif et modifier le climat d'une région en "chargeant" les nuages pour en accélèrer les précipitations.

La famine récente et prévisible depuis 3 années, qui affecte Djibouti et s'étend au Somaliland et - où plus grave encore car plus de 300 000 humains risquent de mourir de faim - jusqu'en Éthiopie, sont l'une comme l'autre et l'autre encore une nouvelle expression de cette réalité.
On saisit combien les engagements du gouvernement d'IOG ne sont qu'artifices et notamment quant aux dimensions humanitaires de l'engagement passant à l'arrière-plan. Ainsi, ne recense t-on que tout au plus trois articles de la presse gouvernementale et communiqués de l'ADI sur la grande famine qui frappe particulièrement les populations nomades. Aucune " mobilisation générale " ordonnancée par l'État actuel alors que 10 000 êtres humains - dont 6 000 enfants - risquent de mourir de faim.

A l'impopularité des pratiques de détournements localement instaurées, l'État y apporte sa propre contribution ; son irresponsabilité récurrente vis-à-vis des instances humanitaires internationales qu'il encourage à agir à sa place et loue dans ses communiqués de presse.

DICTATEUR, SOUS-DICTATEURS, SOUS-SOUS DICTATEURS ET AIGREFINS.

La dictature imposée par IOG n'est au fond qu'une fiction. Son pouvoir se dissémine en réalité entre de nombreux sous-dictateurs et sous-sous dictateurs, aigrefins qui se veulent anonymes et irresponsables, dont la tyrannie et la corruption sont devenus leurs seuls moyens d'expression.

N'oublions pas que les populations suivent les exemples qu'ils observent, bien mieux qu'ils n'écoutent les conseils d'une propagande.
Les conseils du gouvernement actuel c'est comme l'huile de ricin : il ne cesse d'en donner mais déteste en ingurgiter ….Car considérant que le meilleur moyen de réussir dans la vie, c'est de ne pas agir selon les conseils qu'il donne aux autres. C'est très curieux : ce sont toujours les dictatures qui se réclament du respect de l'humain alors que les autres agissent.

Partout, dans les villes, les quartiers, au fond des villages, dans les écoles, dans les familles, des hommes, des femmes, des ados ont plus que jamais le sentiment d'être des " laissés pour compte ".
Pourtant, comprendre les " malaises de la société ", les solidarités perdues, les dérives du gouvernement, les exclusions des familles djiboutiennes ou le tribalisme, ceci suppose d'écouter ce qu'un (e) simple homme/femme de la rue, un employé du secteur privé, un fonctionnaire, un militaire, gendarme ou policier, s'exprimant librement sur son existence au quotidien - sur ses souffrances - qui ne sont pas individuelles, mais sociales.

Si l'on laissait à ces hommes/femmes de droit de s'exprimer en toute liberté, alors ce serait à un véritable réquisitoire auquel nous assisterions. Réquisitoire contre la démission de l'État face aux difficultés et le laisser-faire qu'il entretient imposant par conséquent l'exigence émanant des grands pays de ce monde l'instauration d'une " politique réellement démocratique " avec - d'évidence et en premier lieu - la restauration d'un État fort, humain et responsable.

LE HCR NE PEUT RÉSOUDRE - A LUI SEUL - LES PROBLÈMES DES RÉFUGIÉES ET CELUI DE LA MISÈRE HUMAINE.

Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) pousse - sans cesse - de nouveaux cris d'alarme concernant les réfugiés et les déplacés, soulignant que l'accroissement incontrôlable des demandes d'asile dans les pays développés ne pourra diminuer que si la communauté internationale s'attaque véritablement aux racines des conflits et aide des millions de déracinés dans leurs propres régions.
Les pays riches continueront de se heurter aux graves problèmes des réfugiés et de l'immigration clandestine, tant qu'ils ne s'attaqueront pas véritablement aux racines du mal. A Djibouti, ce mal nous le connaissons. Si la disparité entre les nations riches et les nations pauvres ne cesse pas d'augmenter, et si l'on n'impose pas les pays en voie de développement à mettre en place, chez eux, les moyens de protection nécessaires pour enrayer les flots de personnes déplacées et assister ceux qui en ont besoin, alors ces derniers se tourneront, de plus en plus, vers les pays les plus aisés, leur seul espoir. C'est une SPIRALE SANS FIN !.

EN ENTRETENANT LA PAUVRETÉ, VOIRE LA MISÈRE, LE GOUVERNEMENT DJIBOUTIEN LES EXPLOITE AU PROFIT D'UN SYSTÈME, DIRIGÈ PAR QUELQUES UNS.

Il est incontestable que - malgré et de par ses artifices de façade - le gouvernement djiboutien actuel incite les populations locales à immigrer pour les remplacer par des familles originaires d'autres pays limitrophes et plus favorables à la politique menée par Ismaïl Omar Guelleh.

Lorsque l'on vit dans la guerre et dans la misère, la pauvreté dans le pays d'à côté devient " eldorado " et c'est ainsi que l'on va servir les intérêts des gouvernants, ne serait-ce qu'au moment des élections où l'on va être " djiboutiannisé " pour la circonstance.

Avec le maintien des conflits dans la Corne Est de l'Afrique, de plus en plus d'étrangers - triés sur le volet et par famille complète - se tournent vers le système imposé par IOG. Ils entrent dans le pays pour se substituer dans les quartiers de la capitale - tout comme à Tadjourah et en pays Afar - aux populations locales ; y compris dans les rares emplois disponibles.

Ces familles sont regroupées et contrôlées au sein d'associations locales - à vocations diverses - que l'État va aider à survivre notamment en leur fournissant des denrées alimentaires essentielles ponctionnées sur les Aides internationales et des bottes de khât de basse qualité. C'est par cette méthode d'achat des consciences humaines, qu'hommes et femmes - originaires des pays limitrophes - vont constituer une masse informe mobilisable comme " Djiboutiens/Djiboutiennes " pour toutes les manifestations organisées par le pouvoir en soutien au dictateur Ismaïl Omar Guelleh.

La preuve en fut faite lors du simulacre d'Élections présidentielles du 8 avril dernier, le pouvoir en place allant chercher dans les quartiers les plus défavorisés de la capitale, ces nouveaux/nouvelles " Djiboutiens/Djiboutiennes " en leur promettant de leur offrir - sur place et lors des meetings - des denrées alimentaires, un peu d'argent et des demi-bottes de khât de basse qualité

C'est ainsi que de par l'accroissement du chômage qu'il ne peut maîtriser, la déréglementation sauvage en matière de salaires, l'utilisation à son profit des étrangers importés, l'exclusion des familles djiboutiennes qui fuient le pays, l'État dirigé par IOG passe sciemment à côté des obligations internationales et nationales qu'il a vis-à-vis des personnes djiboutiennes ayant un réel besoin de protection et le droit de vivre dans LEUR pays d'appartenance.

L'ÉTAT DJIBOUTIEN ACTUEL N'EST PAS COUPABLE, CAR NUL NE SERAIT RESPONSABLE PARAIT-IL !

Le gouvernement djiboutien, et non les associations supposées charitables dont il se sert pour en tirer larges profits qui lui sont indirectement reversés, a pour fonction première de protéger les gens démunis. Il doit, en particulier, s'efforcer de prémunir les travailleurs et leur famille contre les risques de la vie professionnelle, de la maladie, des accidents, du chômage et de la vieillesse.

L'État djiboutien dispose t-il des moyens financiers nécessaires ? la réponse est OUI, vu la diversité et le volume des aides internationales qu'il reçoit !.
Remède ? faire baisser la corruption de manière notable en restaurant l'État de Droit et la Justice comme cela s'est fait - et se fait encore - au Kenya sous la présidence de Mwaï Kibaki !.

Malgré les aides internationales, les dons et l'endettement constant, ce gouvernement djiboutien là n'a comme seul résultat effectif à porter à son " passif " et contrôlable que " les retards incessants de versements des salaires " auxquels s'ajoute une décision de rayer arbitrairement et en dépit des lois ses dettes concernant le non versement d'arriérés de salaires sur plus de 6 mois.

Dans une tempête du désert des incohérences provoquée par le pouvoir d'IOG, aucun gain de sable ne se sent jamais responsable ; c'est cela la subtilité du régime qu'il a instauré.

Comme l'a fort bien écrit Myriam Revault d'Allonnes dans un ouvrage :

"Une humanité qui n'a d'autre appartenance qu'à la "nature humaine" est une humanité déshumanisée".

Mais cela c'est le piètre des soucis de son Excellentissime le Dictateur Ismaïl Omar Guelleh !!! comme de la " charmante " Kadra Mahamoud Haïd qui se réfugie de plus en plus souvent dans son somptueux appartement parisien, à deux pas de la place Vendôme.

 

 


 

Secrétariat général du Gouvernement en Exil de Djibouti.

50 Avenue des Roses - 54630 - Richardménil - France.

Téléphone et télécopie : 00 33 (0)3 83 25 77 26.

exildj@gouv-exil.org

 

 

 

w