D
294 - 16/05/05 - DJIBOUTI - En mal de félicitations
pour sa seconde autoproclamation à la présidence de la République
djiboutienne, Ismaïl Omar Guelleh a effectué un voyage de 48 heures
aux États-Unis d'Amérique mais le président
Georges Walker Bush ne l'a pas reçu personnellement.
M
Bouh WARSAMA
A
la lecture des communiqués de presse de l'ADI, ce que l'on peut en dire
c'est que nous sommes véritablement en pleine idéologie de la pensée
unique et dans ce culte de la personnalité qui est d'un autre siècle.
Véritable
dévotion à un tyran qui nous remet en mémoire ce que furent
les pratiques staliniennes en matière de communication.
Celles d'un État abusif et dictatorial qui en est réduit à
la profusion de communiqués et d'articles dans SA presse officielle car
à la recherche d'une crédibilité qu'il n'a jamais eue et
à laquelle il ne saurait prétendre. Dans cette sorte de " mendicité
" manipulatoire des esprits, toutes les tentatives pour endoctriner l'opinion
publique sont "arme de la désespérance" au point que l'excès
des superlatifs - d'après campagne électorale - en arrive à
dépasser de loin le saugrenu pour verser dans le grotesque politicard.
Par
ce qu'elle fait diversion ou confusion au lieu de relater
simplement, d'expliquer pour persuader, cette démarche de communication
est gauche, irresponsable et malintentionnée, de plus cachée maladroitement
derrière un cliché de façade réducteur de toutes les
vérités.
Normal
me direz-vous, ceci s'inscrit dans une logique par principe connu dans un Etat
dictatorial qui ne peut y voir que l'intérêt de quelques-uns et qui
n'a comme finalité que de tenter d'augmenter sa supposée valeur
sur le plan international en s'essayant à redorer un blason largement terni
par toutes les " affaires ", dont celle de l'assassinat du juge Bernard
Borrel en octobre 1995 à Djibouti.
PROPAGANDE
STALINO IOGIENNE, LA PENSÉE UNIQUE A LA VIE DURE
Le
principe de fonctionnement de la " propagande stalino - iogienne " est
de décrire une situation où, selon notre analyse, il y n'a pas forcément
intention de dissimuler un fait mais essentiellement de le travestir pour en modifier
l'impact ; de la pluie en faire un soleil resplendissant, de la grisaille en faire
du blanc plus que blanc. De tenter ainsi d'infléchir l'opinion publique
par quelques lignes puis " d'enfoncer le clou " par un second communiqué
avec des superlatifs mal à propos, s'essayant à tenter de violer
les consciences humaines et de modifier ainsi le jugement d'autrui par une manigance
de la part de ceux que nous citons.

Dans
les écrits qui vont suivre, notre intention est de démontrer qu'il
existe aujourd'hui une tentative de modification psychologique, qui est d'ailleurs
circonstancielle mais répétitive, et qui est aussi du domaine de
l'inconscient. Qui tient du parti-pris, du choix politique extrémisant
et qui ne répond en rien à quelque chose de nouveau que nous ne
connaissions pas déjà ailleurs et que nous nommons pour le besoin
de rangement et d'entendement ; "virtualisme
dictatorial".
ÉLECTIONS
PRÉSIDENTIELLES 2005, UNE MASCARADE BIEN PRÉPARÉE
Le
premier constat que chacun/chacune a fait lors de la préparation et lors
du déroulement des présidentielles 2005 à Djibouti fut un
investissement financier et humain très important décidé
par Ismaïl Omar Guelleh pour sa seconde campagne d'autoproclamation. Contrairement
à ce que nous avions pu observer en avril 1999, tout fut organisé
dans le détail, suivi et manipulé en temps réel. De telle
manière que les quelques " couacs " - constatés sur place
par les observateurs étrangers missionnés pour "contrôler
l'incontrôlable" et n'ayant pas vocation à s'immiscer
plus avant dans les affaires intérieures d'un " pays souverain
" - passèrent pour des " épineux " de peu
d'importance, alors que masquant en fait une véritable forêt
tropicale des falsifications électorales.
Ils
n'y ont vu que ce que le "système en place" a bien voulu leur
montrer.
Ces
élections ont eu ainsi un air spontané, de là vient la force
d'une telle mystification alors que chaque manipulation en fut pensée.
Convaincu
de fraude électorale par l'opposition, Ismaïl Omar Guelleh a du faire
face à de puissantes manifestations au cours desquelles il a fait procéder
à des "bastonnades" et à des tirs sur les opposants, à
des centaines d'arrestations. Puis a conservé en OTAGE
quelques membres de la famille d'Ismaël Guedi Hared - leader des partis d'opposition
- afin qu'il se taise.
C'est
ainsi que monopolisant TOUS les pouvoirs - avant et pendant
- quelques ingrédients savamment agencés et à peine un an
de préparation se révèlent efficaces pour aujourd'hui et
un demain ; mais pour combien de temps ?.
UN
CAPHARNAÜM DE FALSIFICATIONS QUI N'A TROMPÉ
PERSONNE
Les
conditions de préparation et de déroulement de ces élections
- tout comme les résultats ayant valeur de scrutin - n'ont trompé
aucune diplomatie étrangère.
Toutes
les invitations lancées de par le monde pour participer aux cérémonies
d'investiture d'Ismaïl Omar Guelleh II se sont soldées comme seule
réponse par des " félicitations " émanant de quelques
rares chefs d'états étrangers dont les
plus élogieuses ne furent pas forcément les plus sincères.
De Paris,
de Washington, de l'Union Européenne, du Royaume Uni, d'Allemagne, de Russie,
du Japon, de Chine, d'Arabie saoudite, d'Égypte ou de Kenya
nul
ne s'est déplacé pour fêter - et pour cause - la seconde autoproclamation
d'un dictateur, version 2005.
Un
point significatif du niveau international de désaveu est qu'en cette circonstance,
le président des États-Unis d'Amérique G.W.BUSH ne félicita
pas Ismaïl Omar Guelleh qui - d'après ce qui
nous en fut dit par ses proches - entra dans une grande colère.
"L'intégrité
d'un homme sur le plan international engendrant sa crédibilité,
" l'art et la manière d'IOG " furent toujours de vendre sa crédibilité
avec une livraison future passant ainsi de promesses sans lendemain en engagements
bien vite oubliés".
Désavoué
officieusement par le chef du plus grand État de la planète et par
bien d'autres grands pays, Ismaïl Omar a fait " sonner la charge
" aux fins de prolonger " le grand Carnaval de Djibouti, édition
2005 " donnant ordre à son équipe de propagande afin qu'elle
prépare dans les meilleurs délais des déclarations - plus
hilarantes les unes que les autres. Déclarations attribuées à
des associations de quartiers qu'il finance, à quelques consciences cyclothymiques
et surtout cupides de l'ex opposition, à de hauts fonctionnaires et à
des dignitaires du pouvoir en mal de faveurs et dont on avait presque oublié
qu'ils existaient. Le but étant dans ces déclarations
et écrits mielleux que chaque langue soit plus longue que la précédente
et que le " léchage " aille plus loin encore, au plus profond
de l'avilissement humain que sont l'obséquiosité et la prosternation.
La
finalité de la prolifération d'écrits paraissant dans SA
presse et SES médias, étant que chacun/chacune s'enthousiasme artificiellement
de la réélection à la gloire du seigneur et maître
de Djibouti.
Restait
à régler le problème avec les États-Unis d'Amérique
dont le président G.W.BUSH se serait refusé
à recevoir le dictateur djiboutien à la Maison Blanche et
qui - tel un mendiant politique cherchant
caution - mettra tout en uvre par l'intermédiaire de son
représentant diplomatique à Washington pour que le président
US veuille bien le recevoir officiellement. Stratagème " politiquement
immature " destiné avant tout à ce que - d'évidence
- la propagande d'IOG se saisisse de l'événement, l'exagère
et en fasse des " gorges chaudes " à la gloire du dictateur djiboutien.
C'était
forcer la main du président américain, ce qu'il aurait fort mal
apprécié.
Il
fut donc convenu à très haut niveau des États concernés
qu'Ismaïl Omar Guelleh ne rencontrerait pas G.W.BUSH mais la Secrétaire
d'État américain, Mme Condolezza Rice. Jouant sur le "
diplomatiquement correct " qui est de mise lors d'une visite officielle,
la Secrétaire d'État américain n'avait d'autre alternative
que de féliciter le dictateur autoproclamé pour sa réélection
d'avril 2005.
Imaginez
un instant qu'elle ne le fasse pas, ce serait alors un " affront " incompatible
avec la présence des forces armées américaines à Djibouti.
En
l'absence de félicitations officielles du président G.W.BUSH, la
propagande d'Ismaïl Omar Guelleh s'est donc mise à " broder "
autour du contenu des entretiens entre Mme Condolezza Rice et IOG.
Si
l'on voulait mettre une pointe d'humour, nous pourrions dire que nous avons échappé
de peu aux mensonges habituels dont l'ADI nous abreuve. A savoir qu'au point ou
elle est dans le travestissement des vérités elle aurait pu écrire
" une foule composée d'Américains
et de Djiboutiens en liesse accueillant son excellence le président Ismaïl
Omar Guelleh à sa descente d'avion, pour le porter en triomphe et l'accompagnant
dans les rues d'un New York en délire
. ".
MENDICITÉ
MANIPULATOIRE DES ESPRITS






Du
genre supplique : " Je vous en prie, il faut
croire à tous nos travestissements des vérités; IOG en a
tant besoin pour se rassurer !".
Les
propagandistes d'IOG cherchent à changer la façon dont les gens
comprennent un acte ou une situation, afin de modifier leurs actions et espérances
de manière qu'ils souhaitent. Cette propagande fonctionne parallèlement
à la censure, pour laquelle le même but est réalisé
en filtrant les messages qui entrent et surtout quittent Djibouti de façon
à ne laisser passer que les éléments favorables à
l'interprétation voulue par la pensée unique au
lieu d'imprégner les esprits avec une information libre, juste.
Censure
et propagande sont utilisés dans les mêmes contextes. Ils sont complémentaires
et fonctionne de concert à Djibouti.
Ce
qui distingue cette propagande des autres formes de recommandation c'est la volonté
du propagandiste de tenter de changer la compréhension des personnes qui
lisent ses écrits par diversion ou confusion au lieu d'expliquer et de
tenter de persuader de leur bien-fondé..
Il
faut en accepter l'idée, parce que simplement c'est la réalité
de ce que nous constatons, que l'exemple que nous avons cité plus avant
dans ces écrits sur la visite d'IOG aux USA est un parmi la multitude,
donc d'une valeur exemplaire réelle et que le comportement ainsi mis en
évidence par sa propagande outrancière est
une forme d'obligation policière imposée à
Djibouti, le résultat de pressions, l'effet d'une consigne que l'on tente
de nous contraindre à accepter.
La
fausse gloire qu'un dictateur tente de s'octroyer par la propagande, c'est un
dinosaure qui veut qu'on le nourrisse de louanges et de "léchage
de postérieur" sinon il se fâche et peut vous tuer.
"
Soyons fermes, purs et fidèles ; au bout de nos peines, il y a la plus
grande gloire du monde, celle des hommes qui n'ont pas cédé "
Charles de Gaulle.