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"Si
nos mots sont dérisions à l'égard de la dictature, si nous
la brocardons par nos dessins c'est pour tenter de rendre justice à la
vérité".
D
299 - 19/05/05 - DJIBOUTI - La force de la dictature
policière dans un pays n'est jamais assez forte contre l'information et
la misère qui explose.
M Ahmed ABDI





Toute
censure de la presse et des médias est un aveu d'impuissance : on tente
ainsi de faire taire toutes les vérités à Djibouti.
Dans
le monde, plu de 770 journalistes ont été tués depuis 15
ans ; quant à ceux qui ont pu survivre la liste est longue de ceux qui
portent encore les séquelles psychologiques et physiques provoquées
par les viols dans les prisons dont on sait qu'elles existent, où elles
se trouvent et les méthodes qui y sont pratiqués. Interrogatoires
et tortures les plus diverses par ce que vous avez voulu assumer votre liberté
d'expression. Alors on tente de vous faire plier et on y réussira forcément
- avec le temps et durant votre incarcération - par ces coups de bâton
sur la plante des pieds, sur la tête, par le supplice de la baignoire, ou
des semaines passées dans le noir, les mains attachées dans le dos.
Cette solitude
dans le noir des journées entières dans une prison de Djibouti puis
soudainement on est agrippé, extrait de la cellule et jeté en plein
soleil pour quelques quelques heures passées sous une chaleur intense -
assis sur le sol - avec cette lumière soudaine qui vous aveugle à
en crier. Puis c'est de nouveau le noir le plus complet dans votre cellule, loin
de tout, dans un autre monde. Et comme si cela ne suffisait pas l'administration
de la prison interdit à votre famille de vous rendre visite.
LIBERTÉ
D'EXPRESSION ET RÉALITÉ.
On
pourrait faire remarquer que chacun est libre d'exprimer son opinion par la voie
des journaux. La liberté de la presse est sans cesse proclamée à
grand fracas dans tous les pays démocratiques et plus particulièrement
par les dictatures les plus extrémistes, comme l'un des plus beaux fleurons
de leur couronne.
QU'EN
EST-IL DE LA LIBERTÉ DE LA PRESSE AUX USA ?.
"
Le Congrès ne fera aucune loi qui touche l'établissement ou interdise
le libre exercice d'une religion, ni qui restreigne la liberté de la parole
ou de la presse, ou le droit qu'a le peuple de s'assembler paisiblement et d'adresser
des pétitions au gouvernement pour la réparation des torts dont
il a à se plaindre. "
Le
premier amendement à la Constitution des États-Unis, cité
ci-dessus, est considéré, à juste titre, comme le fondement
de la tradition américaine de liberté de la presse. Ses
auteurs affirmaient ainsi le droit fondamental qu'ont les citoyens d'être
informés de tous les aspects d'une question sans ingérence du pouvoir.
Thomas Jefferson allait même jusqu'à déclarer : "
S'il m'appartenait de décider si nous devrions avoir un gouvernement sans
presse libre ou une presse libre sans gouvernement, c'est la seconde option que
je préférerais. "
La
conviction de l'importance d'une presse libre, exempte de toute intervention gouvernementale,
est demeurée inébranlable tout au long de l'histoire des États-Unis.
C'est l'une des raisons pour lesquelles les USA n'ont pas de ministère
de l'information pour réglementer les activités des journalistes,
pourquoi ces derniers ne sont tenus ni de se faire immatriculer ni d'appartenir
à un syndicat.
Dans
une démocratie dotée d'une économie de marché, c'est
le peuple qui, en définitive, décide de la façon dont la
presse de son pays devrait agir, affirme George Krimsky, ancien chef de l'actualité
pour les services extérieurs de l'Associated Press et auteur de Hold the
Press (The Inside Story on Newspapers).
De
nombreux volumes ont été consacrés au rôle des médias
dans une démocratie. À procéder à tous ces examens,
on court le risque de noyer le sujet dans un marécage de platitudes. Savoir
si une presse libre est le meilleur moyen de communication dans une démocratie
est une question très importante qui mérite d'être examinée
de manière impartiale.
Dans
leur sens le plus vaste, les médias désignent l'industrie de l'audiovisuel
(télévision et cinéma), toute la gamme des publications périodiques,
voire les relations publiques et la publicité. La presse proprement dite
passe pour un membre sérieux de cette famille, chargée de présenter
les faits et non l'imaginaire, et de desservir le public le plus vaste possible.
Un bon terme général, pour définir la presse à l'âge
de l'électronique, est celui de " médias de l'information ".
Dans cette définition, l'accent est mis sur le contenu et non pas sur la
technique ou le moyen de transmission utilisé car la presse, du moins dans
les pays industrialisés, peut être consultée à notre
époque sur Internet, sur un télécopieur ou sur les ondes.
Une société
autonome doit, par définition, prendre elle-même ses décisions,
chose qu'elle ne peut faire sans informations sérieuses accompagnées
d'un libre échange de points de vues. Abraham Lincoln exprimait avec concision
ce concept quand il déclarait : " Informez
le public, et le pays sera en sécurité. "
Certains
pourraient juger quelque peu naïf le point de vue de Lincoln, compte tenu
des complexités et des techniques du XXe siècle, mais la nécessité
d'informer le public a toujours été la pierre angulaire du système
américain, pratiquement depuis la naissance des États-Unis.
DJIBOUTI,
TOUT LE MONDE EN PARLE !
Ceux
qui en viennent aujourd'hui à se préoccuper de Djibouti et de ses
populations, de leurs conditions d'existence, de leurs espoirs quant à
l'émergence d'une amorce de liberté d'expression et de penser autrement,
et pour ceux qui ont eu le privilège d'avoir des contacts avec les gens
de ce pays, ce n'est pas seulement naturel, mais c'est inévitable.
Néanmoins,
nous ferions une grave erreur si nous nous concentrions trop étroitement
sur les événements récents des suites de " l'affaire
Borrel " ou même simplement sur les clichés édulcorés
livrés sur le plan international par la propagande du gouvernement actuel.
La
question essentielle pour nous, c'est ce que nous devrions faire - nous Djiboutiens/Djiboutiennes
- par rapport à ce qu'il se passe dans notre pays.
Ce
serait vrai même si nous avons des choix et des responsabilités limités
; et encore plus lorsqu'ils sont énormes et décisifs. Ils le sont
même plus parce que le déroulement de notre terrible histoire depuis
l'accession du pays à l'indépendance était prévisible
depuis longtemps (si nous n'avions pas manqué d'agir pour l'en empêcher).
Et manquer d'agir, c'est ce que nous avons fait. Les leçons sont claires
et tellement importantes qu'elles devraient être le sujet d'articles à
la une des quotidiens de la presse libre.
Oui
mais voilà, il n'y a AUCUNE presse libre à Djibouti, tout est son
contrôle de la police politique (SDS)
y
compris le journal La Nation et d'une RTD aux ordres du pouvoir tenu fermement
par un Ismaïl Omar Guelleh qui n'a ni évolué, ni changé
de méthodes en plus de 6 années d'une présidence autoproclamé
mais tente d'endoctriner toute une Nation..
La
violence n'est pas toujours visible à Djibouti et,
autant une mise en lumière d'une misère profonde peut révolter
tout un peuple, autant les violences les plus quotidiennes peuvent continuer à
être ignorées si elles ne sont pas montrées.
Il
y a, cependant, une violence réelle ; celle qui entretient la misère,
le chômage et toutes les injustices. Si cette violence
n'est pas considérée, ce qui est le lot commun, elle
finit toujours par déchaîner en réponse une autre violence
qui peut ravager un pays.
Le
fait premier ici est bien la présence de centaines de milliers de chômeurs
(sur une population totales estimée à 600 000 personnes), un État
irresponsable favorisant une société déstructurée
; nos anciens savaient déjà que c'est le germe des tyrannies.
28
années d'indépendance et nous en sommes encore au chômage
de masse dont les effets désastreux frappent de plein fouet 85 % de la
population dite en âge d'avoir un emploi. Si les révolutions
sont considérées par tous comme de grandes catastrophes, elles ont
commencé longtemps avant : dans un mépris trop longtemps toléré,
elles ont commencé maintenant alors que l'on tente de nous faire taire.
Cette politique de la " chasse à l'exilé opposant "
dont on ne peut acheter la conscience dévore même ceux qui la servent,
à vouloir obstinément ignorer les causes courir en vain après
leurs conséquences foisonnantes. La force d'un
État policier n'est jamais assez forte contre la misère qui explose.
Il
ne faut pas croire le discours officiel d'Ismaïl Omar Guelleh qui assure
que tout est fait pour notre bien, et qu'il suffit de suivre le droit chemin ;
celui de la pensée unique qu'il tente de nous imposer. Le Droit n'est pas
encore réalisé mais seulement sa fiction. Il y a bien une justice
partisane et corrompue, c'est-à-dire un manquement à la justice.
Si l'on se réfère
au Contrat social de Rousseau, c'est la
forme égalitaire qui justifie la validité du droit, et non pas un
contenu théologique abstrait. Mais ce droit reste tout théorique,
comme le "droit au travail" réclamé de plus en plus par
les chômeurs...
Tout
le monde sait bien qu'il n'y a pas de justice dans notre pays, on ne
peut faire respecter ses droits si on n'a pas d'argent, à moins d'une détermination
extrême ou d'avoir les moyens financiers " d'acheter " une décision
de justice qui nous soit favorable, en dépit des lois. On sait comment
les plus grands bandits locaux imposent leurs propres lois, comment les plus riches
au pouvoir et leurs quelques amis échappent à l'impôt comme
au paiement des taxes et des charges sociales. Enfin, cette justice, essentiellement
" commerçante " au service pour pouvoir d'IOG et de ses amis,
ne reconnaît que les écrits. Celui qui fait confiance à
la parole ne peut faire valoir ses droits, on l'en accable par-dessus le marché
car il ne s'est pas conformé au Droit.
Il reste donc une justice
à faire soi-même, c'est ce que pensent beaucoup aujourd'hui qui en
sont réduits à cette extrémité.
Améliorer
le droit n'est cependant pas le supprimer.
L'idée
d'une justice ne permet certes pas n'importe quoi et ne saurait justifier aucune
injustice puisqu'elle doit se vouloir plus juste. Mais c'est l'injustice qui produit
d'abord la violence du refus.
Pour
Aristote "les passions sont produites par une
inégalité, une injustice, qu'elles essaient de rétablir en
juste égalité" (La rhétorique des passions).
Pour Hobbes, au fondement du politique, il y a la possibilité pour tout
homme de tuer tout autre homme. En tout cas, la violence est souvent nécessaire
pour se manifester et défendre ses droits.
Pour
Sorel la violence, qui signifie simplement violation de la loi et non pas brutalité,
est l'expression du peuple dominé, la manifestation de son existence comme
résistance à l'ordre qu'on lui impose. Mais
il faut laisser parler les hommes et non pas les armes ; laisser la force à
la justice, à la parole universelle, et non pas à la menace.
C'est
pour cela que la grève est la véritable violence. Le chômeur
doit choisir une autre violence, celle des manifestations est là pour rappeler
à une calme opulence l'encombrante existence des délaissés
de tous. Sinon qui s'en soucie ?
Face
au terrorisme imposé par l'État d'Ismaïl Omar Guelleh, gardons-nous
du terrorisme, aucune violence ne se justifie lorsqu'existe un mouvement de masse.
Ce
mouvement de masse existe, renforçons-le ensemble !.

Secrétariat
général du Gouvernement en Exil de Djibouti.
50
Avenue des Roses - 54630 - Richardménil - France.
Téléphone
et télécopie : 00 33 (0)3 83 25 77 26.
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