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304 - 23/05/05 - DJIBOUTI - Chronique sur un
"Maître Rapace sur son bananier perché...".
M Abdallah H.
Il
est incontestable que l'ensemble de la mafia locale à Djibouti est dirigée
du haut du Palais de l'Escale et ce depuis l'accession du pays à l'indépendance.
Mafia dans le sens le plus péjoratif qu'il soit et dirigée par une
sorte de "forum permanent" - association de brigands civils de haut
rang et de quelques militaires triés sur le volet parmi les plus dociles
mais surtout "magouilleurs" alors que les autres anciens de l'armée
française - mis sur la touche - offraient un choix bien différent
en qualité et compétences. Forum permanent d'une association de
malandrins du "toujours plus" qui dans une forme de névrose collective
organisée, négocient et renégocient - entre eux depuis et
à l'infini - leur place dans la "nomenklatura" djiboutienne.
LA
SOMME DES INTÉRÊTS INDIVIDUELS NE FONT PAS L'UNITÉ.
Ils
sont unis par un seul souci commun qui est de protéger
au mieux le pouvoir donc par conséquent leurs propres intérêts.
Leurs désaccords entre eux sont constants sur tout le reste, car chacun
cherche à savoir ce qu'il se passe dans le jardin du voisin, si l'autre
a bénéficié plus d'avantages que soi-même alors qu'Ismaïl
Omar Guelleh - grand maître du système - arrive de moins en moins
à exercer le contrôle de chaque filière d'enrichissement.
Ce
groupuscule de mafieux locaux crut habile en un temps passé, de se parer
et de se protéger derrière l'aura du Président Hassan Gouled
Aptidon - considéré par les populations djiboutiennes comme étant
le pionnier de la résistance ; " Celui qui mena le pays sur le chemin
de l'indépendance ". Ils savaient - dès
1977 - que ce dernier fermerait les yeux envers
la corruption et les trafics de drogues (drogues en provenance d'Asie et retraitées
à Djibouti) sur lesquels des royalties lui furent reversées.
Les transferts de drogues en provenance d'Asie, retraitées puis transportées
et livrées par le véhicule présidentiel à Divonne
les Bains ne passèrent pas inaperçus des agents français
qui filaient discrètement les déplacements du chef de l'État
djiboutien mais auraient reçu " ordre " - à l'époque
- d'être les plus discrets possibles, de constater, rendre compte et de
ne rien faire d'autre. On retrouve ce même silence sur le trafic d'héroïne
en provenance du laboratoire tenu par l'un des frères MUTI dans le Port
Autonome International de Djibouti et à destination d'un second frère
de la même famille - Premier Conseiller de l'Ambassade de Djibouti à
Paris - et utilisant allègrement la "valise diplomatique" sans
que les Services des Douanes et de Police spécialisée en France
ne puissent intervenir.
Cette
"complaisance" pris naissance et fut entretenue par de multiples canaux
et dans bien d'autres domaines bien avant le septennat de Giscard à l'époque
coloniale car " certains " y trouvaient grand intérêt privé
(dont le financement d'ambitions politiques
personnelles). Et atteignit
des sommets sous le second vizirat de Charles Pasqua (1993 -1995) - au grand dam
d'Alain Juppé qui "voulut mettre de l'ordre
dans la maison" et à qui "ON"
fera chèrement payer cela plus tard.
En
mai 1995, la victoire du groupe des Girondins sur celui des Corses semblait inaugurer
une politique plus attentive sur Djibouti et sur ce qu'il s'y passait ; nombreux
furent ceux qui espéraient - en France comme à Djibouti - un "nettoyage"
au sein des réseaux parallèles, toutes couleurs politiques confondues.
Les clans s'affrontèrent au sein de ce qui faisait office de "Coopération
française", chacun bloquant l'autre dans les initiatives au profit
des populations. Vite handicapé, Alain Juppé est écarté
du dossier Djibouti, géré exclusivement par les conseillers de l'Élysée
et notamment dans ce qui va devenir l'affaire de l'assassinat du Juge Bernard
Borrel dont il n'aurait été informé qu'a posteriori.
Il
convenait alors et dans l'urgence de sauver les " apparences " et de
couvrir par obligation - car Paris fut mis devant le fait accompli - une élimination
décidée par Ismaïl Omar Guelleh ( ou un interrogatoire trop
poussé du juge français par trop
" fouineur "?).
Bien
au fait des pratiques, il prit la " précaution " d'impliquer
pour le moins un membre du " réseau parallèle " des
étrangers à Djibouti ; à savoir celui que nous appelons Alpha
Roméo.
En
agissant ainsi, Ismaïl Omar Guelleh pensait se prémunir en octobre
1995 pour l'avenir contre tout " retour de bâton " émanant
de l'Élysée ou de Matignon tout comme éventuellement d'une
municipalité et présidence de Conseil Régional puissants
situés en région parisienne. Présidence de Conseil Régional
qui enverra fréquemment à cette époque et dès 1983
(vraisemblablement avant) des " Techniciens " sur place et qui va soutenir
IOG par l'entremise de ses " représentants " à Djibouti.
Représentants qui vont déblayer le terrain menant à son accession
au pouvoir suprême tout en protégeant les "Affaires" locales
des deux "JCM" (pourtant censés être opposés politiquement)
ainsi qu'une société d'import/export qui va tomber plus tard dans
l'escarcelle d'Abdourahman Boreh, donc dans celle d'IOG.
Certains
se sont posés la question de savoir " Pourquoi la France qui soutenait
Mohamed Djama Elabeh a-t-elle brusquement changé son fusil d'épaule
? ". Selon nos considérations et pour en avoir parlé avec
notre défunt ami (Amin -RIP) l'influence des "
amis français " d'Ismaïl Omar Guelleh à Djibouti aura
joué un grand rôle quant au discrédit jeté sur le chef
de l'opposition que fut MDE à cette époque.
ON
va donc utiliser toutes les " ficelles " face à un tendre et
par trop naïf chef de l'opposition qui en restera dans son esprit à
ce que " TOUT doit rester dans le respect de la légalité
républicaine et dans le combat électoral loyal ". Cette
loyauté, ce respect du combat électoral suivant des valeurs républicaines,
fera le malheur de Mohamed Djama Elabeh.
A
cette époque et sur un autre sujet, les premiers attentats en France (sur
lesquels pèse un soupçon de manipulation) provoqueront la rentrée
en grâce de Charles Pasqua, au détriment d'Alain Juppé. C'est
contraint et forcé que Jacques Chirac choisira alors de cautionner Ismaïl
Omar Guelleh - qu'on lui présentera comme étant le seul ayant
la capacité de succéder au président Gouled tout en préservant
(globalement...) les intérêts de la France à Djibouti.
La
priorité étant d'avoir un " homme au bâton " pour
diriger le pays, dès l'instant où la France a cet homme là,
on fermera les yeux sur le reste
On
peut noter par contre que les révélations - preuves en mains - sur
la vraie nature du dauphin Ismaïl Omar Guelleh furent
souvent mises en évidence majoritairement au sein de l'entourage mamassan
du président Hassan Gouled qui ne voulut rien
entendre.
Le
sort de Djibouti illustre un paradoxe, dont ne se réjouissent guère
la majeure partie des Djiboutiens/Djiboutiennes. A
cette époque, plus il recevra d'aides financières externes (majoritairement
françaises), plus il sera ruiné.
A ceci s'ajoutent tous les trafics d'armes de grande ampleur, de drogues
et la lutte au couteau entre le milieu local " corse et libanais " pour
l'accès aux royalties issues de la mainmise sur les bars, restaurants....
Ou plus exactement au pouvoir d'escompter les recettes futures de ces établissements
alors que Djibouti hérite ainsi du triptyque : armées et police
transformées en milices claniques - pillage économique - décomposition
de l'État
Soucieux d'améliorer ce bel ordinaire, Ismaïl
Omar Guelleh parraine la production et le trafic de drogues alors que ses miliciens
de la Police politique (SDS) n'en sont que plus violents et prennent le "contrôle
du port" en remplacement de la Gendarmerie Nationale devenue trop curieuse,
trop dérangeante.
Les
Djiboutiens/Djiboutiennes ne sont pas les seuls responsables de leurs malheurs,
tant sont nombreux ceux qui profitent de leur faiblesse et leurs rivalités
alors que les affaires des pétroliers vont bon train ; les trafiquants
d'armes peu ou prou liés au narco-trafic ; quelques requins de la finance
qui viennent " blanchir l'argent sale " à Djibouti par l'entremise
de sociétés bidons et de banques pas très regardantes à
cette époque.
DEFENSE
D'Y VOIR QUOI QUE CE SOIT !
Après
celles du Togo, du Cameroun, du Gabon et de Côte d'Ivoire, c'est dans un
autre bastion du " champ " francophone, Djibouti, que les élections
présidentielles tourneront systématiquement à la sinistre
farce.
On sait que la caste au pouvoir est impliquée dans le trafic
d'armes, de drogue et d'enfants, ainsi que dans le blanchiment d'argent dans les
hôtels et casino local. Elle n'en recueille pas moins la sympathie officielle
du RPR, parti politique dont les " amis " locaux en périphérie
du pouvoir ont quasiment TOUS la carte du parti tout comme ils avaient celle du
Parti Socialiste, parfois les deux ensemble et à la même époque
!!!.
"L'AMI"
... ISMAÏL OMAR GUELLEH
Les
relations de Jacques Chirac avec Ismaïl Omar Guelleh sont récentes
car souvenons-nous qu'au Sommet de la Francophonie de 1995, il précisa
sa position par cette phrase du genre " La France ne veut
pas d'Ismaïl Omar Guelleh à la tête du pays".
les "choses" ont bien changé depuis. Non par la volonté
de l'Elysée mais tout simplement par ce qu'IOG a écarté -
à sa manière - les postulants potentiels à la présidence
djiboutienne et qui affirmerait même en privé avoir largement "contribué"
à la campagne présidentielle de Jacques Chirac en 2002.
On
aurait pu penser qu'un récent rapport alarmant - entre autres sur "La
criminalisation en Afrique subsaharienne et orientale" aurait incité
le président Jacques Chirac à plus de retenue dans son message de
félicitations pour la seconde autoproclamation d'IOG en mai 2005, envers
un dictateur et faux-monnayeur patenté - entre autres menus défauts....
Mais
Ismaïl Omar Guelleh a su laminer l'opposition politique locale et se présenter
comme le pivot incontournable du grand jeu occidental en Afrique de l'Est.
Se disant courtisé par Paris lorsqu'il est en visite à Washington
et reçu par la Secrétaire d'Etat US (alors
que le président US G.W.BUSH et le vice-président Dick CHENNEY refusent
de le recevoir) et par Washington lorsqu'il est en visite et reçu
à l'Elysée ; Ismaïl Omar Guelleh joue sur les deux tableaux.
Quant
aux bonnes relation qu'entretiendrait IOG avec les Français à Djibouti,
ce n'est pas du tout l'avis de la communauté française sur place.
Les Djiboutiens/Djiboutiennes, ils ne sont guère ravis de cette seconde
autoproclamation de la dictature ; véritable désastre national perpétué
et qui à l'aplomb de se réclamer d'être une république
francophone.
MANIPULATEUR,
MAÎTRE CHANTEUR ET BIEN PLUS QUE CELA ...
Dès
qu'il prit ses fonctions de Directeur des Services Djiboutiens de Sécurité
et des Renseignements Extérieurs, Ismaïl Omar Guelleh comprendra très
vite le profit financier qu'il peut tirer par les chantages qu'il peut exercer
sur chaque Ministre qui se rendra coupable de malversations. Sans
s'impliquer directement, il va les " piéger
" un à un en les laissant agir librement dans un premier temps puis
il fera mener discrètement une enquête sur leur train de vie, sur
les mouvements d'argent sur leurs comptes bancaires comme sur les fausses factures
et frais divers dans chaque ministère.
Homme
de l'ombre, il va se fabriquer de toute pièce et vis-à-vis de la
communauté française une image de " redresseur de torts "
et de justicier à la Che Guevara alors qu'à l'inverse et dans la
réalité des faits constatés il en est aux antipodes.
Suivant
une méthode de " maître chantage " inspirée du KGB
(rappelons qu'il y effectuera plusieurs stages) il va ensuite convoquer chaque
ministre et haut fonctionnaire " ripoux ", pour leur présenter
dans son bureau au Palais de l'Escale les preuves des malversations.
Dès lors le marché est clair, ces hommes vont devenir ses otages
car c'est un chantage minutieusement préparé qu'il va exercer sur
les uns et les autres du genre " Soit vous me reversez une part sur vos profits
obtenus par détournements de fonds et de biens publics, soit c'est Gabode
avec les détenus de droit commun ? ".
Nul
ne va résister à IOG, c'est ainsi qu'il va se créer un large
réseau de ministres, hauts fonctionnaires et militaires de haut rang qui
vont se soumettre dès 1982 à son autorité et qui vont le
soutenir dans sa marche vers le pouvoir car conservant leurs avantages et privilèges
tout en lui reversant une part importante sur leurs détournements qui sera
décidée par lui, et lui seul.
Il
va élargir son chantage à ceux des Ministres et hauts fonctionnaires
djiboutiens comme aux étrangers, homosexuels, pédophiles et présents
à Djibouti parfois coupables de viols perpétrés sur des jeunes
filles mineures.
C'est
au sein même du RPP et parmi ces jeunes filles mineures qui furent violées
qu'il va faire minutieusement collecter tous les témoignages d'agression
sexuelle et qui feront l'objet d'autant de dossiers plaintes qui serviront
à son chantage qui s'avérera TOUJOURS d'une grande efficacité.
Informé
par ailleurs des méthodes utilisées par Moumin Bahdon Farah et de
Ahmed Boulale - dit gabayo - qui usent de leur influence auprès de jeunes
filles mineures au sein du RPP, leur promettant un emploi
et des stages à l'étranger facilitant leur carrière professionnelle
et obtenant ainsi leurs " faveurs ", IOG va là encore
les " piéger ", faire constituer des dossiers de plaintes contre
eux et les menacer de les faire incarcérer à Gabode. C'est
ainsi que chaque fois que Moumin Bahdon Farah va vouloir s'opposer à Ismaïl
Omar Guelleh, ce dernier n'aura que quelques mots à prononcer pour qu'il
baisse la tête et rentre dans les rangs, ; dans les rangs d'IOG.
Pour
ne prendre qu'un cas parmi tant d'autres en ce qui concerne les machinations d'IOG.
Un matin et sur ordre d'Ismaïl Omar Guelleh, les hommes des SDS procédèrent
à l'arrestation de M Abdo Roble - infirmier au service d'hygiène
- et le fit incarcérer sans mandat de dépôt à Gabode
sous l'accusation de " pédophilie ". La
personnalité de M Abdo Roble - d'origine Issa Saad Moussa et proche de
M Ismaël Guedi Hared - ne se prêtant pas à ce genre de comportement
pervers, il fut néanmoins incarcéré
durant 3 mois dans les pires conditions qu'il soit.
Présenté
devant un tribunal pour jugement, l'avocat de la défense eut tôt
fait de démonter la supercherie de l'accusation avec un Procureur de la
R épublique qui entra dans le jeu imposé par IOG et présenta
pourtant pas moins de 10 enfants fréquentant les rues de la capitale et
supposés avoir été les victimes des supposées perversités
sexuelles de M Abdo Roble.
A
ceci s'ajoute le fait que M Abdo Roble avait eu vent - quelques jours avant son
incarcération à Gabode - d'une tentative en préparation
pour un empoisonnement de M Ismaël Guedi Hared par le docteur Ahmed Hassan,
directeur du service d'hygiène.
Rien d'étonnant quant à
cette tentative d'empoisonnement - qui va finalement avorter - si
l'on sait que ledit docteur n'est autre que " l'approvisionneur
" de Kadra Mahamoud Haïd, sa proche parente et épouse
de M Ismaïl Omar Guelleh, en matière de drogues "particulières"
et surtout de poisons vraisemblablement prélevés
discrètement sur la dotation du Service d'Hygiène sociale dans la
capitale.
Pour
conclure ce chapitre, on observera que tous les moyens sont bons pour IOG pour
atteindre, par personnes interposées, Ismaël Guedi Hared qui prévenu
reste très prudent car il sait que sous une telle dictature et s'il était
décidé de l'éliminer physiquement il ne trouverait quasiment
personne à Paris pour s'opposer aux sinistres desseins d'IOG.
LA
COOPÉRATION LORSQU'ELLE EST BANANIERE
La
" coopération lorsqu'elle est bananière " n'a certes pas
la religion de l'efficacité. Elle
a toujours eu plutôt jusqu'ici le culte des comptes en Suisse, celui de
ses " porteurs de valises" dont un avocat étranger et son épouse
bien connus à Djibouti sont très actifs dans ce domaine pour abriter
le produit de ses détournements économico-politiques.
Problème
: la coopération judiciaire franco-helvète
avec des juges de courage devenant trop efficace, ceci menaçait de mettre
au jour des filières fort compromettantes, il fallait trouver d'autres
lieux de dépôts intermédiaires ce qui fut fait à La
Réunion et plus récemment à Dubaï où
le " secret bancaire " est pour le moins aussi protégé
qu'il ne l'est en Suisse et où les investissements sur place sont d'une
grande rentabilité. Les résidences de très haut standing
voire les Palais résidentiels entrent presque dans la banalité tant
ils sont nombreux.
LORSQUE
LA JUSTICE...
Certains
Chefs d'États supportent mal la perspective d'être jugés pour
leurs crimes - tant leurs placards, leurs caves et greniers, en sont encombrés.
Ce
début de millénaire succédant à un demi-siècle
d'incompétence et d'impuissance résolues face aux répétitions
des engrenages génocidaires fait sens. Cela devrait finir
par inquiéter le citoyen ordinaire, qui se croit protégé
du retour d'Auschwitz par l'arsenal juridique international et les grands discours
sur le bannissement du génocide, quel qu'il soit et quelle que soit sa
forme : l'arsenal étant savamment saboté,
il est en fait totalement vulnérable.
Si
tout le monde s'acharne à occulter ou éteindre la lumière
de la justice, on désespérera les résistants. Mais
au fond, ne serait-ce pas cela que l'on recherche ?.