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Dernière modification : le 23-Mai-2005 21:08 (GMT+1 / Bruxelles)

 

 

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"Si nos mots sont dérisions à l'égard de la dictature, si nous la brocardons par nos dessins c'est pour tenter de rendre justice à la vérité".

 

 

 

D 304 - 23/05/05 - DJIBOUTI - Chronique sur un "Maître Rapace sur son bananier perché...".

M Abdallah H.

Il est incontestable que l'ensemble de la mafia locale à Djibouti est dirigée du haut du Palais de l'Escale et ce depuis l'accession du pays à l'indépendance. Mafia dans le sens le plus péjoratif qu'il soit et dirigée par une sorte de "forum permanent" - association de brigands civils de haut rang et de quelques militaires triés sur le volet parmi les plus dociles mais surtout "magouilleurs" alors que les autres anciens de l'armée française - mis sur la touche - offraient un choix bien différent en qualité et compétences. Forum permanent d'une association de malandrins du "toujours plus" qui dans une forme de névrose collective organisée, négocient et renégocient - entre eux depuis et à l'infini - leur place dans la "nomenklatura" djiboutienne.

LA SOMME DES INTÉRÊTS INDIVIDUELS NE FONT PAS L'UNITÉ.

Ils sont unis par un seul souci commun qui est de protéger au mieux le pouvoir donc par conséquent leurs propres intérêts. Leurs désaccords entre eux sont constants sur tout le reste, car chacun cherche à savoir ce qu'il se passe dans le jardin du voisin, si l'autre a bénéficié plus d'avantages que soi-même alors qu'Ismaïl Omar Guelleh - grand maître du système - arrive de moins en moins à exercer le contrôle de chaque filière d'enrichissement.

Ce groupuscule de mafieux locaux crut habile en un temps passé, de se parer et de se protéger derrière l'aura du Président Hassan Gouled Aptidon - considéré par les populations djiboutiennes comme étant le pionnier de la résistance ; " Celui qui mena le pays sur le chemin de l'indépendance ". Ils savaient - dès 1977 - que ce dernier fermerait les yeux envers la corruption et les trafics de drogues (drogues en provenance d'Asie et retraitées à Djibouti) sur lesquels des royalties lui furent reversées. Les transferts de drogues en provenance d'Asie, retraitées puis transportées et livrées par le véhicule présidentiel à Divonne les Bains ne passèrent pas inaperçus des agents français qui filaient discrètement les déplacements du chef de l'État djiboutien mais auraient reçu " ordre " - à l'époque - d'être les plus discrets possibles, de constater, rendre compte et de ne rien faire d'autre. On retrouve ce même silence sur le trafic d'héroïne en provenance du laboratoire tenu par l'un des frères MUTI dans le Port Autonome International de Djibouti et à destination d'un second frère de la même famille - Premier Conseiller de l'Ambassade de Djibouti à Paris - et utilisant allègrement la "valise diplomatique" sans que les Services des Douanes et de Police spécialisée en France ne puissent intervenir.

Cette "complaisance" pris naissance et fut entretenue par de multiples canaux et dans bien d'autres domaines bien avant le septennat de Giscard à l'époque coloniale car " certains " y trouvaient grand intérêt privé (dont le financement d'ambitions politiques… personnelles). Et atteignit des sommets sous le second vizirat de Charles Pasqua (1993 -1995) - au grand dam d'Alain Juppé qui "voulut mettre de l'ordre dans la maison" et à qui "ON" fera chèrement payer cela plus tard.

En mai 1995, la victoire du groupe des Girondins sur celui des Corses semblait inaugurer une politique plus attentive sur Djibouti et sur ce qu'il s'y passait ; nombreux furent ceux qui espéraient - en France comme à Djibouti - un "nettoyage" au sein des réseaux parallèles, toutes couleurs politiques confondues. Les clans s'affrontèrent au sein de ce qui faisait office de "Coopération française", chacun bloquant l'autre dans les initiatives au profit des populations. Vite handicapé, Alain Juppé est écarté du dossier Djibouti, géré exclusivement par les conseillers de l'Élysée et notamment dans ce qui va devenir l'affaire de l'assassinat du Juge Bernard Borrel dont il n'aurait été informé qu'a posteriori.

Il convenait alors et dans l'urgence de sauver les " apparences " et de couvrir par obligation - car Paris fut mis devant le fait accompli - une élimination décidée par Ismaïl Omar Guelleh ( ou un interrogatoire trop poussé du juge français par trop … " fouineur "?).

Bien au fait des pratiques, il prit la " précaution " d'impliquer pour le moins un membre du " réseau parallèle " des … étrangers à Djibouti ; à savoir celui que nous appelons Alpha Roméo.

En agissant ainsi, Ismaïl Omar Guelleh pensait se prémunir en octobre 1995 pour l'avenir contre tout " retour de bâton " émanant de l'Élysée ou de Matignon tout comme éventuellement d'une municipalité et présidence de Conseil Régional puissants situés en région parisienne. Présidence de Conseil Régional qui enverra fréquemment à cette époque et dès 1983 (vraisemblablement avant) des " Techniciens " sur place et qui va soutenir IOG par l'entremise de ses " représentants " à Djibouti. Représentants qui vont déblayer le terrain menant à son accession au pouvoir suprême tout en protégeant les "Affaires" locales des deux "JCM" (pourtant censés être opposés politiquement) ainsi qu'une société d'import/export qui va tomber plus tard dans l'escarcelle d'Abdourahman Boreh, donc dans celle d'IOG.

Certains se sont posés la question de savoir " Pourquoi la France qui soutenait Mohamed Djama Elabeh a-t-elle brusquement changé son fusil d'épaule ? ". Selon nos considérations et pour en avoir parlé avec notre défunt ami (Amin -RIP) l'influence des " amis français " d'Ismaïl Omar Guelleh à Djibouti aura joué un grand rôle quant au discrédit jeté sur le chef de l'opposition que fut MDE à cette époque.

ON va donc utiliser toutes les " ficelles " face à un tendre et par trop naïf chef de l'opposition qui en restera dans son esprit à ce que " TOUT doit rester dans le respect de la légalité républicaine et dans le combat électoral loyal ". Cette loyauté, ce respect du combat électoral suivant des valeurs républicaines, fera le malheur de Mohamed Djama Elabeh.

A cette époque et sur un autre sujet, les premiers attentats en France (sur lesquels pèse un soupçon de manipulation) provoqueront la rentrée en grâce de Charles Pasqua, au détriment d'Alain Juppé. C'est contraint et forcé que Jacques Chirac choisira alors de cautionner Ismaïl Omar Guelleh - qu'on lui présentera comme étant le seul ayant la capacité de succéder au président Gouled tout en préservant (globalement...) les intérêts de la France à Djibouti.
La priorité étant d'avoir un " homme au bâton " pour diriger le pays, dès l'instant où la France a cet homme là, on fermera les yeux sur le reste…

On peut noter par contre que les révélations - preuves en mains - sur la vraie nature du dauphin Ismaïl Omar Guelleh furent souvent mises en évidence majoritairement au sein de l'entourage mamassan du président Hassan Gouled qui ne voulut rien entendre.

Le sort de Djibouti illustre un paradoxe, dont ne se réjouissent guère la majeure partie des Djiboutiens/Djiboutiennes. A cette époque, plus il recevra d'aides financières externes (majoritairement françaises), plus il sera ruiné. A ceci s'ajoutent tous les trafics d'armes de grande ampleur, de drogues et la lutte au couteau entre le milieu local " corse et libanais " pour l'accès aux royalties issues de la mainmise sur les bars, restaurants.... Ou plus exactement au pouvoir d'escompter les recettes futures de ces établissements alors que Djibouti hérite ainsi du triptyque : armées et police transformées en milices claniques - pillage économique - décomposition de l'État
Soucieux d'améliorer ce bel ordinaire, Ismaïl Omar Guelleh parraine la production et le trafic de drogues alors que ses miliciens de la Police politique (SDS) n'en sont que plus violents et prennent le "contrôle du port" en remplacement de la Gendarmerie Nationale devenue trop curieuse, trop dérangeante.

Les Djiboutiens/Djiboutiennes ne sont pas les seuls responsables de leurs malheurs, tant sont nombreux ceux qui profitent de leur faiblesse et leurs rivalités alors que les affaires des pétroliers vont bon train ; les trafiquants d'armes peu ou prou liés au narco-trafic ; quelques requins de la finance qui viennent " blanchir l'argent sale " à Djibouti par l'entremise de sociétés bidons et de banques pas très regardantes à cette époque.

DEFENSE D'Y VOIR QUOI QUE CE SOIT !

Après celles du Togo, du Cameroun, du Gabon et de Côte d'Ivoire, c'est dans un autre bastion du " champ " francophone, Djibouti, que les élections présidentielles tourneront systématiquement à la sinistre farce.
On sait que la caste au pouvoir est impliquée dans le trafic d'armes, de drogue et d'enfants, ainsi que dans le blanchiment d'argent dans les hôtels et casino local. Elle n'en recueille pas moins la sympathie officielle du RPR, parti politique dont les " amis " locaux en périphérie du pouvoir ont quasiment TOUS la carte du parti tout comme ils avaient celle du Parti Socialiste, parfois les deux ensemble et à la même époque !!!.

"L'AMI" ... ISMAÏL OMAR GUELLEH

Les relations de Jacques Chirac avec Ismaïl Omar Guelleh sont récentes car souvenons-nous qu'au Sommet de la Francophonie de 1995, il précisa sa position par cette phrase du genre " La France ne veut pas d'Ismaïl Omar Guelleh à la tête du pays". les "choses" ont bien changé depuis. Non par la volonté de l'Elysée mais tout simplement par ce qu'IOG a écarté - à sa manière - les postulants potentiels à la présidence djiboutienne et qui affirmerait même en privé avoir largement "contribué" à la campagne présidentielle de Jacques Chirac en 2002.

On aurait pu penser qu'un récent rapport alarmant - entre autres sur "La criminalisation en Afrique subsaharienne et orientale" aurait incité le président Jacques Chirac à plus de retenue dans son message de félicitations pour la seconde autoproclamation d'IOG en mai 2005, envers un dictateur et faux-monnayeur patenté - entre autres menus défauts....

Mais Ismaïl Omar Guelleh a su laminer l'opposition politique locale et se présenter comme le pivot incontournable du grand jeu occidental en Afrique de l'Est. Se disant courtisé par Paris lorsqu'il est en visite à Washington et reçu par la Secrétaire d'Etat US (alors que le président US G.W.BUSH et le vice-président Dick CHENNEY refusent de le recevoir) et par Washington lorsqu'il est en visite et reçu à l'Elysée ; Ismaïl Omar Guelleh joue sur les deux tableaux.
Quant aux bonnes relation qu'entretiendrait IOG avec les Français à Djibouti, ce n'est pas du tout l'avis de la communauté française sur place. Les Djiboutiens/Djiboutiennes, ils ne sont guère ravis de cette seconde autoproclamation de la dictature ; véritable désastre national perpétué et qui à l'aplomb de se réclamer d'être une république francophone.

MANIPULATEUR, MAÎTRE CHANTEUR ET BIEN PLUS QUE CELA ...

Dès qu'il prit ses fonctions de Directeur des Services Djiboutiens de Sécurité et des Renseignements Extérieurs, Ismaïl Omar Guelleh comprendra très vite le profit financier qu'il peut tirer par les chantages qu'il peut exercer sur chaque Ministre qui se rendra coupable de malversations. Sans s'impliquer directement, il va les " piéger " un à un en les laissant agir librement dans un premier temps puis il fera mener discrètement une enquête sur leur train de vie, sur les mouvements d'argent sur leurs comptes bancaires comme sur les fausses factures et frais divers dans chaque ministère.

Homme de l'ombre, il va se fabriquer de toute pièce et vis-à-vis de la communauté française une image de " redresseur de torts " et de justicier à la Che Guevara alors qu'à l'inverse et dans la réalité des faits constatés il en est aux antipodes.

Suivant une méthode de " maître chantage " inspirée du KGB (rappelons qu'il y effectuera plusieurs stages) il va ensuite convoquer chaque ministre et haut fonctionnaire " ripoux ", pour leur présenter dans son bureau au Palais de l'Escale les preuves des malversations. Dès lors le marché est clair, ces hommes vont devenir ses otages car c'est un chantage minutieusement préparé qu'il va exercer sur les uns et les autres du genre " Soit vous me reversez une part sur vos profits obtenus par détournements de fonds et de biens publics, soit c'est Gabode avec les détenus de droit commun ? ".

Nul ne va résister à IOG, c'est ainsi qu'il va se créer un large réseau de ministres, hauts fonctionnaires et militaires de haut rang qui vont se soumettre dès 1982 à son autorité et qui vont le soutenir dans sa marche vers le pouvoir car conservant leurs avantages et privilèges tout en lui reversant une part importante sur leurs détournements qui sera décidée par lui, et lui seul.

Il va élargir son chantage à ceux des Ministres et hauts fonctionnaires djiboutiens comme aux étrangers, homosexuels, pédophiles et présents à Djibouti parfois coupables de viols perpétrés sur des jeunes filles mineures.

C'est au sein même du RPP et parmi ces jeunes filles mineures qui furent violées qu'il va faire minutieusement collecter tous les témoignages d'agression sexuelle et qui feront l'objet d'autant de dossiers plaintes qui serviront à son chantage qui s'avérera TOUJOURS d'une grande efficacité.

Informé par ailleurs des méthodes utilisées par Moumin Bahdon Farah et de Ahmed Boulale - dit gabayo - qui usent de leur influence auprès de jeunes filles mineures au sein du RPP, leur promettant un emploi et des stages à l'étranger facilitant leur carrière professionnelle et obtenant ainsi leurs " faveurs ", IOG va là encore les " piéger ", faire constituer des dossiers de plaintes contre eux et les menacer de les faire incarcérer à Gabode. C'est ainsi que chaque fois que Moumin Bahdon Farah va vouloir s'opposer à Ismaïl Omar Guelleh, ce dernier n'aura que quelques mots à prononcer pour qu'il baisse la tête et rentre dans les rangs, ; dans les rangs d'IOG.

Pour ne prendre qu'un cas parmi tant d'autres en ce qui concerne les machinations d'IOG. Un matin et sur ordre d'Ismaïl Omar Guelleh, les hommes des SDS procédèrent à l'arrestation de M Abdo Roble - infirmier au service d'hygiène - et le fit incarcérer sans mandat de dépôt à Gabode sous l'accusation de " pédophilie ". La personnalité de M Abdo Roble - d'origine Issa Saad Moussa et proche de M Ismaël Guedi Hared - ne se prêtant pas à ce genre de comportement pervers, il fut néanmoins incarcéré durant 3 mois dans les pires conditions qu'il soit.

Présenté devant un tribunal pour jugement, l'avocat de la défense eut tôt fait de démonter la supercherie de l'accusation avec un Procureur de la R épublique qui entra dans le jeu imposé par IOG et présenta pourtant pas moins de 10 enfants fréquentant les rues de la capitale et supposés avoir été les victimes des supposées perversités sexuelles de M Abdo Roble.
A ceci s'ajoute le fait que M Abdo Roble avait eu vent - quelques jours avant son incarcération à Gabode - d'une tentative en préparation pour un empoisonnement de M Ismaël Guedi Hared par le docteur Ahmed Hassan, directeur du service d'hygiène.
Rien d'étonnant quant à cette tentative d'empoisonnement - qui va finalement avorter - si l'on sait que ledit docteur n'est autre que " l'approvisionneur " de Kadra Mahamoud Haïd, sa proche parente et épouse de M Ismaïl Omar Guelleh, en matière de drogues "particulières" et surtout de poisons vraisemblablement prélevés discrètement sur la dotation du Service d'Hygiène sociale dans la capitale.

Pour conclure ce chapitre, on observera que tous les moyens sont bons pour IOG pour atteindre, par personnes interposées, Ismaël Guedi Hared qui prévenu reste très prudent car il sait que sous une telle dictature et s'il était décidé de l'éliminer physiquement il ne trouverait quasiment personne à Paris pour s'opposer aux sinistres desseins d'IOG.

LA COOPÉRATION LORSQU'ELLE EST BANANIERE

La " coopération lorsqu'elle est bananière " n'a certes pas la religion de l'efficacité. Elle a toujours eu plutôt jusqu'ici le culte des comptes en Suisse, celui de ses " porteurs de valises" dont un avocat étranger et son épouse bien connus à Djibouti sont très actifs dans ce domaine pour abriter le produit de ses détournements économico-politiques.

Problème : la coopération judiciaire franco-helvète avec des juges de courage devenant trop efficace, ceci menaçait de mettre au jour des filières fort compromettantes, il fallait trouver d'autres lieux de dépôts intermédiaires ce qui fut fait à La Réunion et plus récemment à Dubaï où le " secret bancaire " est pour le moins aussi protégé qu'il ne l'est en Suisse et où les investissements sur place sont d'une grande rentabilité. Les résidences de très haut standing voire les Palais résidentiels entrent presque dans la banalité tant ils sont nombreux.

LORSQUE LA JUSTICE...

Certains Chefs d'États supportent mal la perspective d'être jugés pour leurs crimes - tant leurs placards, leurs caves et greniers, en sont encombrés.
Ce début de millénaire succédant à un demi-siècle d'incompétence et d'impuissance résolues face aux répétitions des engrenages génocidaires fait sens. Cela devrait finir par inquiéter le citoyen ordinaire, qui se croit protégé du retour d'Auschwitz par l'arsenal juridique international et les grands discours sur le bannissement du génocide, quel qu'il soit et quelle que soit sa forme : l'arsenal étant savamment saboté, il est en fait totalement vulnérable.

Si tout le monde s'acharne à occulter ou éteindre la lumière de la justice, on désespérera les résistants. Mais au fond, ne serait-ce pas cela que l'on recherche ?.


 

Secrétariat général du Gouvernement en Exil de Djibouti.

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